Orsu Ghjuvanni Caporossi

Cronica di A CORSICA

















1701:

Le notable bastiais DUMENICU FIGARELLI est podestat de Bastia.
PETRU ANDRIA FORCIOLI est député d'Aiacciu.
Un crédit de 400 lires est accordé par les Génois aux Jésuites afin de créer et de maintenir une école de philosophie à Bastia.
ANTONIU GHJUSEPPU LECA CRISTINACCE, d'Occhjatana, est Doctor Utriusque Jure de la Sapienza de Rome.
A Bastia, naissance de SALVATORE VIALE, futur armateur et banquier.
A Aiacciu, la corporation des laboureurs, qui se louent avec leur attelage pour effectuer les travaux des champs, se met en grève pour obtenir le réajustement de leurs salaires.
FELICITANU LEONI, de Belgudé, est capitaine au service du Royaume de Naples.
A Bastia, naissance de SALVATORE de VARESE, descendant de la famille génoise da Varèse et futur archidiacre du diocèse de Mariana-Accia.
2 Décembre: Rapport du Gouverneur de Corse au Sénat de Gênes à propos du droit de port d'armes à feu, notamment des arquebuses à rouet, à briquet et à mèche.



1702:

FILIPPO ADORNO est gouverneur de la Corse.
GHJUVANNI BATTISTA MASSEI est podestat de Bastia.
PETRU MORATI (voir 1692) commence la rédaction de sa Prattica Manuale (voir 1635).
29 Mai: A Pinu, les habitants, en élisant les Paceri, leur donnent en outre le droit de trancher, comme juges, les différents allant jusqu'à 10 lires.
Nouvelle grande disette en Corse due à des mauvaises conditions météorologiques.
La colonie des Grecs de Paomia prospérant (voir 1676), Gênes lui accorde près de 300 hectares sur les territoires de Sulana et Revinda.
GHJUSEPPU BUONAPARTE, fils de CARLU, est Anzianu de la ville d'Aiacciu.
Huit compagnies corses, soit 1130 hommes en tout, avec leurs propres officiers, forment plus de la moitié des troupes génoises.



1703:

Le notable bastiais MONTESORO est podestat de Bastia.
Mort de l'évêque du Nebbiu, GIOVANNI GERONIMO DORIA (voir 1671). TOMASO GIUSTINIANI lui succède.
Nouvelle disette en Corse due aux mauvaises récoltes.
Procès verbal de délimitation des pièves de Bucugnà, de Tavera, d'Alata et d'Appietu. On clôture pour éviter les errances des troupeaux... et aussi pour exclure les étrangers.
28 Août: Requête des habitants de Rutali concernant l'élection des gardiens de vignes.



1704:

PIETRO FRANCESCO (ETTORE ?) FIESCHI est gouverneur de la Corse.
GHJUVANNI BATTISTA MASSEI est podestat de Bastia.
Mort de l'évêque de Mariana-Accia, GIOVANNI CARLO de MARI (voir 1686).
L'évêque d'Aleria, MARIO EMMANUELLE DURAZZO (voir 1674) devient évêque de Mariana-Accia.
RAFFAELLO RAGGI, savant et prédicateur génois, est nommé évêque d' Aleria.
Le Génois LUIGI SAULI s'installe sur les terres communales de Galeriaque lui a attribué la République de Gênes. Les bergers du Niolu ne tolèrent pas cette colonie et saccagent le domaine.
A Aiacciu, les Pères de la Confrérie de la Doctrine Chrétienne assurent l'enseignement primaire.
A Calvi, naissance de GHJUVANNI LURENZU QUESTA, fils de LURENZU et plusieurs fois consul et syndic de la ville de Calvi.
A Soriu, construction, dans l'église San Francescu, d'un maître hôtel en marbre polychrome.
Lettres patentes de LOUIS XIV conférant le titre de comte à CARLU et GHJUVANNI AMBROGHJU FREDIANI, de A Penta di Casinca.



1705:

Le notable bastiais GIOVANNI BATTISTA da LEVANTE est podestat de Bastia.
Le tableau des recettes et des dépenses en Corse donne un excédent de plus de 122000 lires.
Deux célèbres chefs de bande, les frères BATTESTI, règnent en maître et en toute impunité sur le territoire de A Padulella, (piève de Moriani), allant jusqu'à organiser des réseaux d'émigration et à recruter pour le compte du Roi de France LOUIS XIV, hostile à Gênes.
Nouvelle disette en Corse due à des mauvaises récoltes.
Le fils d'ALI ORSINI (voir 1642)est proclamé Bey de Tunis.
Le montant des recettes perçues en Corsepar Gênesprovient, pour près de 80%, des droits de circulation, de la vente des marchandises et des diverses taxes.
A Corti, naissance de DUMENICU BALDACCI, futur Général au service de l'Autriche.
Le Régiment de Peri Corse Infanterie (voir 1690) se couvre de gloire en Europe.



1706:

Le notable bastiais DUMENICU FIGARELLI est podestat de Bastia.
Mort de l'évêque de Mariana-Accia, MARIO EMMANUELLE DURAZZO (voir 1704).
Le Génois ANDREA della ROCCA est nommé évêque de Mariana-Accia.
LUIGGI GIAFFERI est choisi comme Oratore di Corsica.
28 Juin: Arrêté du Gouverneur de la Corse concernant la récompense revenant à celui qui tuera un bandit ou le livrera vivant aux mains de la justice.
30 Mars: GHJUVANNI BATTISTA d'ISTRIA (voir 1661) fait son testament, instituant comme uniques héritiers ses quatre fils ANTONE GUGLIELMU, BERNARDINU, GHJACUMU et FRANCESCU.
7 Septembre: Requête de DUMENICU CERVONI, de Castifau, pour que les Pacificatori de Moltifau soient autorisés à faire une saisie.
Procès verbal de délimitation des pièves de U Pratu di Ghjuvellina et d'Upulasca. On clôture pour éviter les errances des troupeaux... et aussi pour exclure les étrangers.
Le notable bastiais CARLU LURENZU BIGUGLIA exige, dans son testament, que la totalité de son patrimoine soit légué au collège des Jésuites de la ville.



1707:

GIROLAMO VENOROSO est Gouverneur de la Corse.
GIROLAMO VENOROSO se trouve de son propre aveu face à une désorganisation dal che son natie saran per nascere de'gravissimi inconvenienti.
GHJULIU GHJUVANNI POZZO est podestat de Bastia.
AMBROGHJU LEONI est Babbu di U Cumunu de Belgudé.
FRANCOIS REGNIER-DESMARETS (1632-1713), membre de l'Académie Française, écrit Histoire des démélés de la Cour de France avec la cour de Rome au sujet de l'affaire des Corses (voir 1662).



1708:

GHJUVANNI BATTISTA MASSEI est podestat de Bastia.
17 Février: Un arrêté précise que seuls I Nobili Sei du Dilà ont le privilège de donnerl'eau bénite au gouverneur de la Corse lorsque celui ci est en visite à Aiacciu.
Décret, en dix points, punissant les auteurs de crimes par Vindetta , ou les homicides commis au cours d'une trêve.
Le gouverneur GIROLAMO VENOROSO (surnommé Le Doux) offre à Bastia une statue de marbre blanc représentant Saint Ignace de Loyola.
Relation de la mort de SAMPIERU CORSU par un auteur génois, FILIPPO CASONI, dans Annali della Republica di Genova.
A Calvi, installation d'une congrégation de religieux spécialisés dans l'enseignement. Leur établissement, Scuole pie di Calvi, forme une partie de la jeunesse balanine.
La Corse compte 120000 habitants.



1709:

FILIPPO CATTANEO de MARINI est gouverneur de la Corse.
PAULU FARINOLA est podestat de Bastia.
Le gouverneur FILIPPO CATTANEO de MARINI interdit le territoire de Paomia (voir 1702) à tout Corse qui n'aurait pas obtenu une autorisation dûment consentie par les Grecs.
13 Mai: Un décret punit sévèrement l'Attaccamentu dei Donne (qui consiste à s'attacher, d'une façon rapide et irrévocable, une personne désirée, en la compromettant en public par un acte désobligeant ou impudique) délit grave et passible d'une forte amende (100 à 300 lires), du bannissement de un à trois ans, et jusqu'à cinq années de galères.
La municipalité de Bastia promeut Saint Pascal Baylon comprotettore de la ville.
Nouvelle année de disette en Corse.
PIERRE ALFONSI, de Bordeaux, petit-fils de JEAN (voir 1627), est blessé à la bataille de Malplaquet (Nord).
Vague de violences sur l'Ile, qui est facilitée notamment par l'invraisemblable disponibilité des armes à feu chez les Corses.
Construction de l'église San Mighele, à Valle di Rustinu.



1710:

Le notable bastiais PAULU IGNAZIU ZERBI est podestat de Bastia.
23 Février: L'évêque d'Aiacciu PIETRO SPINOLA (voir 1697) pose la première pierre d'un grand séminaire qu'il dédie à l'Immaculata Cuncezzione.
Requêtes de l'Oratoredes Nobili Dodeci du Diquà auprès du gouvernement génois.
Edition d'une carte de la Corse de GERARD Van KEULEN, hydrographe, fabricant d'instruments et éditeur à Amsterdam.
A Bastia, naissance de CARLU ROSTINI, futur abbé, et auteur notamment deMémorie delle Rivoluzioni di Corsica.
A Munticellu, naissance de FRANCESCU ORTICONI, futur chevalier, capitaine des Grenadiers avec rang de lieutenant-colonel au Régiment Royal Corse et chevalier de l'Ordre de Saint Louis.
Confirmation de noblesse de la famille Colonna de Cesari Rocca.



1711:

NEGRONE RIVAROLA est gouverneur de la Corse.
Le notable bastiais CASEVECCHIE est podestat de Bastia.
2 Décembre: Devant la recrudescence des homicides, I Nobili Dodeci du Diquà chargent leur Oratore ANGHJULU LUIGGI MATRA, de solliciter du gouvernement génois, l'interdiction des armes à feu, et de l'assortir de la peine de mort.
D'après l'évêque d'Aiacciu PIETRO SPINOLA, en Corse, les prêtres n'enseignent pas le catéchisme, marient les concubins, baptisent des enfants dont les parrains et marraines ignorent tout de la religion…
Lettres patentes établissant la filiation de BERNARDINU PAOLI, de Fuzzà, depuis CARLU di FUZZA.



1712:

Le notable bastiais GHJUVAN BATTISTA MARENGO est podestat de Bastia.
Mort de RAFFAELLO RAGGI, l'évêque d'Aleria (voir 1704).
A Bastia, ouverture d'un marché à Terra Vechja, secondant celui de La Chjappa, plus important et beaucoup plus ancien, installé à Terra Nova. L'économie de ces deux marchés est gérée par le Magistrato dell'Abondanza, sous l'autorité de la communauté de la ville. On y trouve blé, huile, fruits et légumes. Ouverture également d'un marché aux poissons à Chjappa Nova.
CARLO MARIA GUISEPPE FORNARI succède à RAFFAELLO RAGGI comme évêque d'Aleria.
GHJACINTU PAOLI est Pacificatore de Merusaglia.
PADOVANU CROCE (voir 1683) est sous les ordres de maréchal de VILARS.
A Zuani, naissance du prêtre Don GHJUVANNI MARCU LUIGI qui exercera son sacerdoce à Calinzana, et sera un missionnaire inspiré de TEOFALU di CORTI (voir 1698).
Edition d'une carte de la Corse de JOANNIS MONTECARLERIO, ecclésiastique et géographe à Milan.



1713:

PAOLO FRANCESCO SPINOLA est gouverneur de la Corse.
NICOLAO GAETANO APROSIO est évêque du Nebbiu après TOMASO GIUSTINIANI (voir 1703).
GHJUVANNI BATTISTA MASSEI est podestat de Bastia.
Edition d'une carte de la Corse, ainsi que des plans de Calvi, Aiacciu, Bunifaziu et Porti Vechju, dessinés par le Français HENRI MICHELOT, hydrographe à Marseille.
Décembre: Une colonie de Ligures (120 familles), de Chiavari (près de Gênes), est transportée par les Génois sur la côte sud du golfe d'Aiacciu, dans le territoire de Coti, autour de la plage de Verghja. Cette colonie fonde un bourg auquel elle donne le nom de son pays d'origine, Coti Chjavari.
Nouvelle disette en Corse due à des mauvaises récoltes.
A Bastia, naissance de ETIENNE BUSTORO, futur assesseur civil et criminel de la juridiction royale du Capicorsu à Ruglianu.
PADOVANU CROCE est à la prise du château de Fribourg.
Le prêtre BARTOLOMEU LIMPERANI (voir 1650) écrit La Redenzione, poème épique et religieux, en Italien.
JACQUES FRANCESCHI, dont la famille est originaire de Centuri, petit-fils de JEAN BAPTISTE FRANCESCHI, dit Franciscou , se fixe à la Martinique.



1714:

Le notable bastiais MONTESORO est podestat de Bastia.
DOMINICO GIOVANNI CAVAGNARI est évêque de Sagone. Il succède à GIOVANNI BATTISTA COSTA (voir 1688).
De 1683 à 1714, 28715 homicides ont été commis en Corse; plus de 900 chaque année sur une population de 120000 habitants. I Nobili Dodeci, du Diquà, pour enrayer ce fléau, chargent à nouveau (voir 1711) leur Oratore,le père jésuite MURATI, de solliciter du gouvernement génois, l'interdiction des armes à feu, et de l'assortir de la peine de mort.
10 Juillet: Confirmation de noblesse de la famille Tomei, de Luri.
22 Août: A Bastia, fondation de la Confrérie des Barbiers et Chirurgiens. Elle est placée sous la protection de San Cosmu et San Damianu.
11 Septembre: Le Sénat de Gênes rappelle au gouverneur de la Corse qu'il a le droit de faire des ordonnances de non procedatur en matière criminelle (soustraire une affaire aux juges ordinaires ou arrêter définitivement toutes poursuites) à condition de les soumettre auparavant à la Seigneurie
Les Capucins comptent 18 couvents en Corse, avec 300 religieux.
En réponse à la demande des I Nobili Dodeci, Gênes impose une loi interdisant les armes à feu.
Décès de l'évêque de Sagone, GIOVANNI BATTISTA COSTA (voir 1688).
La famille di Bozzi est exemptée à nouveau de l'impôt de la taille par le Sénat de Gênes.



1715:

MARCO AURELO REBUFFO est gouverneur de la Corse.
GHJULIU GHJUVANNI POZZO est podestat de Bastia.
Décès présumé de PETRU MORATI (voir 1702).
Décès de l'évêque d'Aiacciu PIETRO SPINOLA (voir 1697). AGOSTINO SPINOLA lui succède.
AGOSTINO SALUZZO est nommé évêque d'Aleria. Il succède à CARLO MARIA GUISEPPE FORNARI.
Incidents entre Corses de Vicu, Rennu et Letia, appuyés par des Niolinchi, et Grecs de Paomia.
I Nobili Sei, les représentants des Corses du Dilà, font la même demande que I Nobili Dodeci, du Diquà concernant l'interdiction des armes à feu (voir 1714).
27 Mai: Suite à la réponse faite aux Nobili Dodeci, concernant l'interdiction des armes à feu, Gênes fixe, pour une durée de cinq ans, une taxe annuelle, dite des Due Seini, par famille, en plus de l'impôt ordinaire, afin de compenser la perte de rentrées occasionnée par la suppression des patentes de port d'armes.
Quatre pères jésuites viennent en Corse avec le commissaire ALESSANDRO PALLAVICINI, prôner le désarmement général des Corses.
16 Octobre: Les armes blanches (couteaux, petits poignards, stylets...) sont interdites. L'infraction à cette loi peut coûter dix années de galères.
13 Novembre: Réforme du mode d'élection des Nobili Dodeci: la désignation de représentants du peuple ne se fera plus aux votes, mais par tirage au sort. Décision, qui selon Gênes, a pour objet d'éviter les fraudes et toutes combinaisons électorales. On met dans un vase 36 noms, auparavant soumis à l'approbation du gouverneur (12 pour chaque terzieru), dont 6 Caporali et 6 Populari, et on en tire 12.
3 Décembre: Un décret du Sénat de Gênes divise la Corse en deux gouvernements, Aiacciu devenant le siège du gouverneur du Dilà.
Les Génois déclarent découvrir un réseau d'espionnage français à Calvi.
Gênesdonne l'affermage du bois de la forêt d'Aïtone (voir 1676), pour 2800 lires, à des praticiens génois.
A I Perelli di Alisgiani, naissance de PETRU GIOVANNI, plus connu sous le surnom de Grossu Minutu.
Nouvelle disette en Corse due aux mauvaises récoltes.
Les Génois affirment que durant les 32 années précédentes, 28715 homicides ont été commis en Corse par des armes à feu.
Fuzzà compte 368 habitants.
Le Régiment de Peri Corse Infanterie (voir 1705) est dissout.



1716:

GHJUVANNI BATTISTA MASSEI est podestat de Bastia.
Aggravation des charges génoises sur la population.
ANTONIU GHJUSEPPU LECA CRISTINACCE est protonotaire apostolique à Rome.
DURAZZU di FUZZA est nommé capitaine du bataillon de Campu Moru, pour la défense contre les corsaires, par le commissaire général génois ALESSANDRO PALLAVICINI.



1717:

GIOVANNI STEFANO SPINOLA est gouverneur de la Corse.
Le notable bastiais di BIGUGLIA est podestat de Bastia.
15 Mars: Décision du Sénat de Gênes interdisant la fabrication, le port et la détention de certaines armes blanches.
26 Mars: Le père jésuite IGNAZIO CONSTANZA rassemble prés de 10000 personnes sur l'esplanade du couvent des Servites de A Casabianca d'Ampugnani.
2 Avril: Le révérend Don ANTONIU GAFFORI, de Corti, est reçu Docteur en Droit à Rome.
Août: Visite à Algaiola du gouverneur GIOVANNI STEFANO SPINOLA. Les procureurs généraux de la province de Balagna, CARLU AITELLI et ANTONIU CARLI, présentent une requête pour l'aménagement d'une nouvelle prison à Algaiola, les prisons utilisées étant insalubres (notamment celle de Fondu di Torre).
GHJUVANNI CARLU COLONNA d'ISTRIA est nommé capitaine d'une compagnie corse au service de Gênes.
Le Doge de Gênesécrit au Gouverneur pour interdire les armes à feu, même aux Magnifici Cittadini et aux gentilshommes, et même aux soldats et gens de police, excepté durant leur service.



1718:

Le notable bastiais de VARESE est podestat de Bastia.
13 Septembre: Rappel de la décision du Sénat de Gênes interdisant la fabrication, le port et la détention de certaines armes blanches.



1719:

BARTOLOMEO da PASSANO est gouverneur de la Corse.
Le notable bastiais ANGELI est podestat de Bastia.
Edition d'une carte de la Corse, dessinée par les Français HENRI MICHELOT et LAURENT BREMOND, hydrographes à Marseille.
Mise en place d'un ex-voto dans la chapelle de San Ciprianu, à Curbara.



1720:

Le notable bastiais GHJUVAN FRANCESCU MARENGO est podestat de Bastia.
Décès de BARTOLOMEU LIMPERANI (voir 1713).
CAMILLO de MARI est nommé évêque d' Aleria.
ANTONIU FORCIOLI est capitaine de la ville d'Aiacciu.
AGOSTINO SALUZZO (voir 1715) est nommé évêque de Mariana-Accia. Il succède à ANDREA della ROCCA (voir 1706.
La loi de 1715 interdisant les armes à feu (avec l'impôt des Due Seini) est prolongée pour 5 ans.
16 Juin: Etablissement et signature d'un traité de paix à Canavaghja.
Construction, par l'architecte milanais DOMENICO BAINA, du campanile au crépi doré de La Porta d'Ampugnani.
Dans la forêt d'Aïtone, les Niolinchi attaquent une maison qui sert de refuge aux bûcherons travaillant pour les Génois.
Edition d'une carte de la Corse de RENIERet JOSUA OTTENS, éditeurs et libraires à Amsterdam.
Des émigrés du Sud de la Corse commencent à peupler la Gallura sarde.
ANTONIU FRANCESCU d'ANGELIS, de Nonza, est Consul de France à Bastia. Il est un des descendants de PIETRO d'ANGELIS.
SEBASTIANU BUONAPARTE, fils de GHJUSEPPU, (voir 1702), est Anzianu de la ville d'Aiacciu.



1721:

L'évêque d'Aiacciu AGOSTINO SPINOLA asure l'intérim de gouverneur de la Corse.
Le notable bastiais CRISTOFINI est podestat de Bastia.
A la suite d'incidents répétés entre Grecs et Corses de Paomia, ces derniers doivent momentanément quitter leur territoire.
Décès de JEAN-BAPTISTE de PERI, chevalier, seigneur de la Neuville, près de Chartres, lieutenant général des Armées du Roi et chevalier de l'Ordre de Saint Louis.
la communauté de Spiluncatu demande à ne plus avoir à assurer avec Ochjatana et Belgudè la garde de la tour de L'Osari.



1722:

ANTONIO de NEGRONI est gouverneur de la Corse.
L'évêque d'Aiacciu AGOSTINO SPINOLA est nommé évêque de Sagone. Il succède à DOMINICO GIOVANNI CAVAGNARI (voir 1714).
Le notable bastiais PAULU IGNAZIU ZERBI est podestat de Bastia.
A Lucques, publication d'un manuscrit sur la Province Observante de Corti, par l'abbé PETRU, de La Rocca di Rustinu.
7 Avril: A Bastia, naissance de GHJUSEPPE MARIA FABIANI, fils de SIMONE, futur lieutenant-colonel d'infanterie au service de la France et Chevalier de l'Ordre de saint Louis.
Le Génois FELICE PINELLI écrit Annotazioni particolari per il Governo di Corsica.



1723:

Le notable bastiais FELICE CARDI est podestat de Bastia.
CARLO MARIA LOMELLINO est nommé évêque d'Aiacciu. Il succède à AGOSTINO SPINOLA (voir 1715).
1er Juin: Les Génois autorisent les Grecs de Paomia à porter des armes à feu, et à fournir à la tour d'Omigna une garde armée pour la défense des terres de la colonie (voir 1721).
7 Septembre: A Zicavu, naissance de GHJACUMU PETRU ABBATUCCI, fils de SEVERINU.
1er Décembre: La République génoise partage la Corse en deux gouvernements (voir 1715): le Deçà des Monts (U Diquà), ayant pour chef lieu Bastia, et le Delà des Monts (U Dilà), ayant pour chef lieu Aiacciu. Cette division, faite à titre expérimental et pour une durée limitée à dix ans, assurant, aux dires des Génois, une meilleure administration et un meilleur gouvernement des peuples.
MATTEU d'ANGELIS, de Nonza, est piuvanu de Santa Ghjulia à Nonza. Il est un des descendants de PIETRO d'ANGELIS.
A A Venzulà, naissance de GHJUVANNI QUILICU de CASABIANCA, futur général.
Les marchands de vin étant tenus de déclarer leur réserve, il y a en Corse 11 déclarants pour 620 barils recensés.



1724:

NICOLO est gouverneur de la Corse.
Le notable bastiais DUMENICU RIVAROLA est podestat de Bastia.
Une amnistie générale est accordée à tous les bannis, volontaires ou obligés, désireux de rentrer dans leur pays. La seule condition étant qu'ils en fassent la demande et qu'ils aient dédommagé leurs victimes. Parmi ces bannis, FABIU VINCIGUERRA, de Loretu di Casinca, mêlé dans la Vindetta des Marcacci contre les Ghjuvan Gavinacci, DARIU ANTONIU BATTAGLINI, de Talasani, ancien soldat déserteur de la garnison de Savone, et ANGHJULU MARIA ORECCHIONE, de Vallecalle, qui sème la terreur dans le Nebbiu et le Capicorsu.
Les Corses commencent à se plaindre ouvertement, et cherchent à secouer le joug de la République. L'orage gronde...



1725:

Le notable bastiais PAULU IGNAZIU ZERBI est podestat de Bastia.
12 Janvier: Intervention des Padri di U Cumunu de Merusaglia concernant les voisins d'auteurs de Vindetta.
6 Avril: Naissance, à La Stretta, hameau de Merusaglia, de FILIPPU ANTONIU PASQUALE PAOLI, fils cadet de GHJACINTU PAOLI, de Merusaglia, et de DIANISIA VALENTINI, née d'une famille de Caporali de Pastureccia. Il est le quatrième enfant, après MARIA FRANCESCA, CLEMENTE et MARIA CHJARA .
GHJACINTU PAOLI, IGNAZIU AITELLI, et PURIFICAZIU VENTURINI, sont chargés de régler un différend entre deux habitants de U Salgetu di Rustinu et les Padri di U Cumunu de la localité.
GHJUSEPPU MARIA MASSEI est Anzianu de la ville de Bastia.
La loi interdisant les armes à feu (avec l'impôt des Due Seini) est prolongée pour une durée de cinq ans (voir 1720), soit jusqu'en 1730.
Les Corses demandent aux Génois un minimum de libéralisation du marché du sel (voir 1589). Ces derniers refusent.
BLASIU di SIGNORI (TEOFALU di CORTI, voir 1712) est envoyé en Corse afin d'y établir des couvents de stricte observance. Sa mission est très difficile et il ne peut établir que le couvent de Zuani.
GHJUVAN BATTISTA LEONI, de Belgudé, est membre du Parlement Corse.
Gênes fait payer un droit au bâtiments français qui abordent sur les côtes corses (Droit des trois tours). Les patrons français s'en plaignent et demandent l'abolition de cette taxe au Consul de France à Gênes.
Edition de deux cartes de la Corse, dessinées par PIETRE Van Der AA, hydrographe, éditeur et libraire à Leyde.



1726:

ANTONIO de NEGRONI est gouverneur de la Corse.
Le notable bastiais BUTTAFUOCO est podestat de Bastia.
Le Génois PIER MARIA GIUSTINIANI est nommé évêque de Sagone. Il succède à AGOSTINO SPINOLA (voir 1722).
Un jeune habitant de Suveria, porteur d'une arme blanche prohibée, est emprisonné à Corti. Son père, accompagné d'un grand nombre de ses amis, parvient à le délivrer. La troupe génoise intervient, le drame est évité de justesse.
Juin: A Loretu di Casinca, arrestation de dix bandits par le capitaine génois BARTOLOMEO PENSA.
9 Octobre: GHJUVANNI CARLU COLONNA d'ISTRIA est nommé commissaire général par les Génois, afin de ramener l'ordre dans le fief d'Istria.
A Santa Maria Siché, naissance de FRANCESCU MARIA d'ORNANO, fils de LUCA d'ORNANO.
GHJACINTU de PAOLI, de Merusaglia, est Nobile Dodeci du Diquà.
A Ficaghja d'Ampugnani, le Corse PICCHIOLU prend les armes contre Gênes, car la justice s'est prononcée en faveur de la fraction de la famille Sarrochi, avec laquelle il est en querelle.
Les Observants disposent de 30 couvents en Corse, les Réformés , 14, les Capucins 17, soit, en tout, un millier de Religieux, sans compter les Jésuites.
A Nuvella, décès du capitaine GHJUVAN TOMASU MASSIANI. Il est à l'origine de la famille Massiani, de Nuvella.
Bastia compte 5747 habitants, Aiacciu, 3504.



1727:

Le notable bastiais IGNAZIU FRANCESCU ROSSI est podestat de Bastia.
Le notable bastiais CARLU GHJACINTU POGGI est podestat de Bastia.
Nouvelle disette en Corse due aux mauvaises récoltes. A cela vient se greffer un contexte épidémiologique effrayant.
Bastia est en partie approvisionné en blé grâce au patron de Centuri DUMENICU FRANCESCHI.
ALESSANDRO SALUZZO est nommé gouverneur de la Corse.
15 Juin: L'évêque de Sagone PIER MARIA GIUSTINIANI interdit l'autorisation aux prêtres de porter une lance (voir 1614).
23 Août: A Ruglianu, décès de SIMONE PETRU MARCHI, premier notable victime de l'épidémie dans le Capicorsu.
18 Novembre: Acte de reconnaissance de noblesse de la famille Battistini, de Bastia, de la part les magistrats de Bastia.
FABIU VINCIGUERRA est impliqué dans des querelles sanglantes à Loretu di Casinca (voir 1724). Le gouverneur le fait arrêter, avec ses partisans, et les incorpore dans l'armée génoise.
La colonie de Ligures, installée à Coti Chjavari (voir 1713) est décimée par la malaria. Seul reste le nom du lieu. les survivants fuient vers Aiacciu.
A Bastia, naissance de ANTONIU BUSTORO, futur capitaine au Régiment Royal Italien.
Les ecclésiastiques corses font la demande (en vain), à Rome, afin que Sainte Dévote soit proclamée Patronne de la Corse.
L'évêque de Sagone PIER MARIA GIUSTINIANI adresse à ses piévans une sorte de mandement annonçant sa prochaine tournée épiscopale. Pour préparer cette visite, il leur communique un questionnaire concernant les mœurs de ses paroissiens.



1728:

ALESSANDRO SALUZZO est gouverneur de la Corse.
Le notable bastiais ANGELI est podestat de Bastia.
Les récoltes sont mauvaises, la misère très grande. Les épidémies frappent toujours. Gênes fait remise d'une partie de l'impôt, mais ses agents, ne tenant aucun compte de cette mesure, exigent l'impôt dans sa totalité. Les Corses en sont vivement irrités, et dans plusieurs cantons, ils décident de ne pas le payer.
Dans le Capicorsu, le capitaine et gentilhomme d'origine génoise, MARCO AURELIO VIVALDI, perd pratiquement toute sa famille dans les épidémies qui frappent la Corse.
Dans le Capicorsu, à Ruglianu, décès, lors des épidémies, de TERAMU TERAMI, noble de Quarcioli.
Décès de GUGLIELMU GUGLIELMI, né à E Piazzole d'Orezza. Prêtre et poète, un des premiers à écrire en langue corse, auteur de Poesie Scelte et Terzine Corse (voir 1644).
ISAIA GRIMALDI, de E Valle di Campulori, est Provincial des Franciscains pour la Corse.
FABIU VINCIGUERRA, de Loretu di Casinca, emprisonné pour Vindetta et vol, et évadé de Sagone, rentre en Corse pour régler une Vindetta (voir 1724), et se met à la tête d'une bande, à Merusaglia. Il deviendra un des meneurs de la révolte qui couve.
On note, à Ghisoni, la présence d'un maçon génois et de deux maçons suisses.
En Corse, Gênes reçoit 628938 livres et en dépense 496862. La République fait donc un bénéfice de 131176 livres.
A Finale, territoire ligure de Gênes, cinq soldats corses au service de Gênes, sont impliqués dans une rixe avec des militaires génois. Un Génois est tué. Les cinq Corses sont pendus, et plusieurs autres envoyés aux galères. Cet événement, qui souligne l'injustice des tribunaux génois à l'égard des Corses, suscite une immense colère dans l'Ile.
GHJUSEPPE ANTONE de CASALTA (voir 1682) est Nobile Dodeci du Diquà.
Le révérend GHJUVANNI STEFANU MASSIANI, de Purettu di Lama est reçu docteur en droit à Rome.
La Corse reçoit de Monaco une deuxième relique de Sainte Dévote (voir 1637).



1729:

FELICE PINELLI (voir 1722) est gouverneur de la Corse.
Le notable bastiais IGNAZIU FRANCESCU ROSSI est podestat de Bastia.
Le notable bastiais CARLU GHJACINTU POGGI est podestat de Bastia.
ANTONE GUGLIELMU d'ISTRIA (voir 1706) reçoit la commission de commissaire général du fief d'Istria, du gouverneur de la Corse FELICE PINELLI.
12 Janvier: Gênes promulgue un édit dont le but est la mise en valeur de la Corse. Les Corses y sont les plus mal lotis, et les ressortissants génois, les mieux concernés. Tout un programme de location de terres et d'inféodation leur est offert. En profitent: les de Matra, dans le Fiumorbu, AMBROGGIO IMPERIALE et RIZIO GIUSTINIANI, à Porti Vechju, les de Franqui, à Aiacciu (U Scudu), FELICE SPINOLA, dans I Agriate, NICOLO SAVERIO PONTE, dans I Sanguinarii, BENEDETTO da PASSANO, UGO FIESCHI (A Padulella près de Muriani, et Migliacciaru) ...
Les habitants de Nucera et de Ruspigliani, presque tous frappés de bannissement par contumace, abandonnent leurs maisons et vivent de pillage au détriment de leurs voisins.
Mai: Les incidents se multiplient entre Corses et Génois: Tour de A Murtella (San Fiurenzu), Nuceta, Merusaglia, Castineta, le Rustinu...
28 Mai: Le capitaine FRANCESCU MARIA COLONNA di BOZZI offre la Corse au Roi d'Espagne PHILIPPE V, dans une lettre que son neveu MIGHELE ANGHJULU POLI porte à Madrid.
Le gouverneur FELICE PINELLI distribue des armes aux partisans génois.
Toujours de mauvaises récoltes: la famine menace. Environ 100000 litres de blé de mauvaise qualité sont envoyés en Corse, au prix prohibitif de trente sous le bacinu.
10 Juin: I Nobili Dodeci demandent, la suppression de l'impôt des Due Seini, venue à expiration en fin d'année (voir 1720). Gênes ignore cette requête, et ordonne le renouvellement des Nobili Dodeci par tirage au sort.
27 Décembre: A Bustanicu, piève du Boziu, un habitant du Boziu, ANTON FRANCESCU DEFRANCHI (ou LANFRANCHI ?), dit Cardone, ne pouvant payer ses contributions, est puni par le collecteur d'impôt génois le lieutenant GIOVANBATTISTA GALLO. Cette punition déclenche la colère des habitants du village, qui se révoltent. Le lieutenant de Corti avertit le gouverneur FELICE PINELLI à Bastia. Les habitants du Boziu refusent de payer l'impôt des Due Seini. Ils le trouvent caduc et, considéré comme illégal et non exigible.
Cet incident est le point de départ de la première révolte des Corses contre Gênes.
Le représentant du Roi de France à Gênes (de 1727 à 1739), le Chevalier de CAMPREDON, obtient une solution favorable au conflit opposant les Génois aux patrons français (voir 1725). Gênes renonce à faire payer la taxe concernant l'accostage des côtes corses (Droit des trois Tours dans le Capicorsu).
L'abbé MATTEU PIERAGGI, dit MATTEU BAIOCCA, est nommé secrétaire du Lieutenant de Corti.
Santa Ristituta est élue seconde patronne de Sagone.
A Bastia, naissance de ANTONIU FRANCESCU BUSTORO, futur curé.
Un dénombrement de la population de Corse donne au Diquà environ 80000 habitants, et au Dilà, 30000 habitants. On arrive à un total de près de 110000 habitants, si l'on compte la troupe et les membres du clergé (un millier environ). Sarté en compte 879, Santa Lucia di Taddà, 184, Livia, 897, Zonza, 174, Auddé, 520, Quenza, 815, Serra, 525, Bunifaziu, 2404, Porti Vechju, 198, Corti,1504, Ghisoni, 1109, Calacuccia, 619, Bastia, 6232, Ascu, 532, U Viscuvatu, 410, A Venzulà, 460, Algaiola, 412, Muru, 423, Curbara, 1125, Munticellu, 476, Spiluncatu, 594, Calinzana, 1615, Aiacciu, 3600, Calcatoghju, 323, Santa Maria e Siché, 287, Grussettu e Prugna, 388, Pila e Canale, 360, Bucugnà, 1130, Cavru, 309, Zicavu, 2275, Ulmetu, 1049, Livesi, 264, Moca e Croce, 457, U Pitretu e Bicchisgià, 557, Vicu, 306, Guagnu, 123, Evisa, 208, Paomia, 626, Luri, 996...



1730:

Le notable bastiais FELICE CARDI est podestat de Bastia.
Janvier: La Castagniccia bouge: les pièves du Boziu, du Rustinu, de Vallerustie, de l'Ampugnani, du Casacconi, de Casinca, d'Alisgiani, d'Orezza, d'Aleria, de Moriani, de Tavagna, sont en rébellion.
27 Janvier: Le gouverneur FELICE PINELLI signale l'insolence des populations de l'Ampugnani qui refusent de payer non seulement les Due Seini, mais encore la taille elle-même.
Le gouverneur FELICE PINELLI envoie une troupe de 50 à 100 hommes armés dans le Boziu afin de rétablir l'ordre. Cette troupe, commandée par le capitaine BARTOLOMEO PENSA, arrivée au voisinage du Boziu, et, constatant une agitation constante, juge plus prudent de rentrer, et les Génois rebroussent chemin.
30 Janvier: 200 Génois, commandés par ANTONIU CARBUCCIA, venus secourir le collecteur des impôts, le Bastiais DUMENICU CARBUCCIA, frère d'ANTONIU, se font piéger et désarmer par les habitants de Poghju di Tavagna, dirigés par POMPILIANI, de Mezzana, ancien officier de l'armée de Naples, aidés par ceux du Rustinu, d'Orezza et de Vallerustie, soit 1500 personnes en tout.
1er Février: Le gouverneur FELICE PINELLI convoque I Nobili Dodeci afin qu'ils calment les esprits des rebelles. Ces derniers se font aider par les notables les plus influents de leur piève, PETRU PIZZINI, à Spiluncatu, le chanoine ERASMU ORTICONI, à Aleria, FILIPPU ANTONIU GAFFORI, à Corti, LUIGGI GIAFFERI, à Talasani, VITTINI, à Poghju di Tavagna, l'abbé CARLU FRANCESCU RAFFALLI, à Orezza, LIMPERANI, en Casinca, GHJACINTU de PAOLI, à Merusaglia, ANTON FRANCESCU MURATI, à Borgu.
Le mouvement gagne le Fiumorbu, le Niolu, Vicu...
8 Février: Dans le Capicorsu, ANGHJULU MARIA ORECCHIONE, avec des hommes de Nuceta et de Castineta, s'empare du dépôt génois de fusils et de poudre de Ruglianu (lieu de résidence de GIOVANBATTISTA GALLO). Ils pillent la maison du seigneur du lieu, FRANCESCU ANTONIU de NEGRONI.
12 Février: 200 hommes du Fiumorbu, venus d'Isullacciu et de Prunelli, font main basse sur les quelques fusils entreposés dans le domaine d'UGO FIESCHI, à Migliacciaru.
Les domaines des Fieschi, à Migliacciaru et Padulella, des Spinola, à San Pellegrinu, des Stefanini, à Ferringule, et des Calvelli, à Patrimoniu, sont pillés.
13 Février: Des groupes venus de Tavagna, Moriani, Orezza et Ampugnani et commandés par POMPILIANI, prennent le fort d'Aleria.
15 Février: Des montagnards, commandés par DARIU ANTONIU BATTAGLINI (voir 1724), s'affrontent aux Génois à San Fiurenzu.
16 Février: Le gouverneur FELICE PINELLI est averti par un émissaire de LUIGGI GIAFFERI, de Talasani, ancien officier d'un régiment corse au service de Naples, qu'un assaut sur Bastia est imminent.
Les évêques de Corse essaient de calmer les insurgés: sur l'ordre de l'évêque d'Aleria, CAMILLO de MARI, le chanoine ERASMU ORTICONI, docte ecclésiastique et pénitencier du diocèse d'Aleria, part en tournée, tandis que l'évêque de Mariana-Accia, AGOSTINO SALUZZO, envoie le Bastiais LUIGGI DONATI, piuvanu de Casacconi, convaincre les hésitants au couvent des Franciscains de Tavagna.
17 Février: A Algaiola, escarmouches entre montagnards du Niolu et Génois.
Les bergers de Zicavu donnent l'assaut à Sarté où réside un lieutenant de Gênes.
Les insurgés corses sont invités à présenter leurs revendications, par écrit, au Magistrato di Corsica, qui avisera. Ces revendications sont, entre autres: les armes confisquées (environ 10000) doivent être restituées, la solita taglia, la taille coutumière, remise en vigueur (24 sous par feu et par an), et le prix du sel (8 sous le bacinu) doivent être réduits.
18 Février: Le Magistrato di Corsica accorde un délai de quatre mois au règlement des tailles.
4000 à 5000 hommes, plus ou moins armés, tous réunis dans le Revincu, avec à leur tête FABIU VINCIGUERRA et le mythique général POMPILIANI (inventé par la Gazette de Berne ?), décident de marcher sur Bastia. L'évêque de Mariana-Accia AGOSTINO SALUZZO essaie de négocier, mais en vain.
19 Février: Les insurgés attaquent Bastia, et prennent Terra Vechja. Le gouverneur fait donner du canon. Il y a des morts, du côté des assaillants.
L'évêque d'Aleria, CAMILLO de MARI intervient alors en tant que médiateur.
Dans la nuit, Terra Vechja est mise à sac. Les Bastiais se réfugient à Terra Nova, ou vers le Capicorsu, d'autres s'embarquent pour Capraia et Livourne.
20 Février: CAMILLO de MARI obtient un armistice, mais les pillages continuent.
21 Février: Les insurgés quittent Bastia. Ils tiennent Corti, Ruglianu, Algaiola et Ferringule, Patrimoniu, San Fiurenzu menacent de capituler.
25 Février: Gênes dépêche l'ancien gouverneur (voir 1707), le sénateur GIROLAMO VENOROSO pour régler au mieux la situation en Corse.
27 Février: Gênes envoie quelques 200 soldats à Bastia et promet le pardon aux insurgés qui se rendraient avant le 25 Mars.
1er Mars: Une quarantaine de mercenaires allemands de Bunifaziu arrivent à Bastia.
2 Mars: Les insurgés attaquent le Palazzu de Vicu et brûlent les archives criminelles.
8 Mars: 200 soldats et officiers génois débarquent à Portu Cardu.
Les habitants de Vicu marchent sur Aiacciu. Accueillis à coups de canon, ils n'insistent pas et s'en vont après avoir dévasté la campagne environnante.
21 Mars: Dans le Capicorsu entre A Petra Curbara et Cagnanu, 27 montagnards sont tués.
25 Mars: De nombreuses pièves, villes et villages, font acte d'allégeance au gouverneur.
Le capitaine FRANCESCU MARIA COLONNA di BOZZI (voir 1729) est arrêté par les Génois. Il est soupçonné de vouloir offrir la Corse au Roi d'Espagne PHILIPPE V.
Les habitants de Lotta, Ville di Petrubugna et du Capicorsu, passé le premier moment de surprise, reçoivent des armes des Génois pour rétablir l'ordre, et avec l'aide d'une bonne partie des habitants du Nebbiu, ils chassent la bande d'ANGHJULU MARIA ORECCHIONE.
2 Avril: LUIGGI GIAFFERI, l'abbé ORSU PAULU CASABIANCA, le chanoine ERASMU ORTICONI et LIMPERANI, dans une ultime tentative de conciliation avec les Génois, sont pris à partie par les insurgés.
3 Avril: La famille Pietri, 40 personnes en tout, de Sarté, descendants de VINCIGUERRA PIETRI, mort dans la guerre de SAMPIERU CORSU, offre ses services aux Génois.
8 et 10 Avril: De nouveaux renforts en hommes, munitions et argent arrivent à Bastia.
11 Avril: Le gouverneur FELICE PINELLI écrit à Gênes. Il s'indigne de voir prostituer la dignité de la République aux outrages de quelques bergers insolents, d'autant plus insolents qu'on veut leur pardonner à tout prix, comme s'il s'agissait de populations lésées et vexées, et non pas de séditieux et de rebelles.
12 Avril: GIROLAMO VENOROSO, débarque à San Fiurenzu, et rejoint Bastia, en tant que commissaire général politique. Sa tâche: apaiser les troubles et remettre de l'ordre dans le pays.
Les notables ANDRIA CECCALDI, gentilhomme et médecin, de U Viscuvatu, et son beau-frère LUIGGI GIAFFERI, qui avaient aidé le gouverneur dans sa tentative d'apaisement, se rendent compte de l'ampleur de l'insurrection, et devant la faiblesse et les hésitations des Génois, prennent le parti des insurgés.
25 Avril: A Corscia, dans le Niolu, dans la chapelle San Marcu, est chanté pour la première fois le Dio vi Salvi Regina, le futur hymne national corse (voir 1642). Il aurait été composé (ou arrangé ?) par un berger corse du village, SALVADORE COSTA.
21 ou 23 Mai: I Nobili Dodeci et I Nobili Sei réunis déposent leurs cahiers de doléances au commissaire GIROLAMO VENOROSO, vingt cinq articles, sous forme de Richieste Generali del Regno:
       ·  L'autorisation du port d'armes.
       ·  La limitation de la taille à vingt sous par feu.
       ·  L'abolition de la taxe des Due Seini.
       ·  La diminution du prix du sel.
       ·  L'augmentation de l'aide à l'agriculture.
       ·  La liberté du commerce de cabotage.
       ·  Le droit d'exporter des grains, l'huile, le vin et les châtaignes.
       · L'admission des Corses aux évêchés et abbayes et aux hautes fonctions civiles et militaires.
       ·  Des revendications de la noblesse corse.
Les villes de Bastia, Lota, Furiani, Corti, Aiacciu, Bastèrga, Vicu, Ville di Petrubugna, les pièves de Casinca, Rustinu, Balagna, Fiumorbu, Istria et Nebbiu, présentent ainsi leurs revendications.
L'agitation s'étend à l'Est, en Balagna et à Vicu.
27 Mai: Ordonnance du commissaire extraordinaire GIROLAMO VENOROSO concernant les vindette. Il déclare que non seulement les Commissariats ne donnent aucune terreur aux méchants, mais que ce sont exclusivement les innocents qui supportent de leur part tous les préjudices.
31 Mai: Le commissaire extraordinaire GIROLAMO VENOROSO transmet, après les avoir adoucis, les Richieste Generali à Gênes.
Juin: FABIU VINCIGUERRA, dit FABIU di LORETU, est tué par les Génois. Son corps, enterré à Loretu di Casinca, est déterré sur l'ordre du commissaire extraordinaire GIROLAMO VENOROSO, ramené à Bastia, promené dans la ville, puis cloué au pilori, écartelé, et exposé aux Bastiais.
10 Juin: Arrivée du nouveau gouverneur FRANCESCO GROPALLO.
Le gouverneur est assisté de deux commissaires syndicateurs, CAMILLO DORIA et SALVATORE SQUARCIAFICO.
Le Sénat de Gênes lâche du lest: réduction des tailles de 25%, abolition de la taxe des Due Seini, baisse du prix du sel, promesse d'une meilleure justice, mais cela ne lui permet que d'obtenir une trêve toute relative. Au contraire, les Principali (nobles), et les Caporali (notables), n'ayant obtenu pas la moindre assurance de la part des Génois concernant leurs propres revendications, rejoignent les insurgés.
Août: L'agitation s'embrase: à Bastia, du côté d'Aiacciu, dans l'Alta Rocca, en Balagna, dans le Campulori, à Sagone, où la population excitée par des prêtres et un certain FRANCESCU ROCCA, de Rennu, refuse de recevoir le délégué du Lieutenant, à Vicu, où l'on s'en prend aux Grecs de Paomia, restés fidèles aux Génois.
Dans le Campulori, l'évêque d'Aleria, CAMILLO de MARI reste enfermé dans son palais épiscopal, sous bonne garde, par craintes de menaces.
Sur les côtes orientales des raids sont menés contre le domaine des frères Spinola.
A Chjatra di Verde, les insurgés s'en prennent aux forges de UGO FIESCHI.
Par l'intermédiaire du chanoine ERASMU ORTICONI, les Corses LUIGGI GIAFFERI et ANDRIA CECCALDI reçoivent le soutien diplomatique des Espagnols.
Un groupe d'insurgés de Zirubia et d'Auddé, menés par ANGHJULU d'AUDDE et ALFONSU di ZERUBIA, marche sur Bunifaziu.
A Campu di l'Oru, sanglants affrontements entre bergers de Bastèrga et Génois.
2000 Talavesi, appuyés par les habitants de Bastèrga et de Tavera marchent sur Aiacciu en détruisant les bâtiments et les récoltes, coupant les arbres fruitiers, abattant les clôtures. A leur tête, le prévôt PETRU MARIA PIETRI (curé piévan de Zicavu, dit Manfrione), et GHJUVAN FRANCESCU LUSINCHI, officier au service de Venise en permission dans sa famille à Zicavu.
10 Août: Les réponses de Gênes arrivent: Le commissaire politique GIROLAMO VENOROSO fait publier une déclaration des Collèges de Gênes, en 41 mesures destinées à améliorer la pratique judiciaire (Ordine sopra materie diverse ), mais qui refusent l'essentiel des requêtes. Ce qui ne semble pas, bien au contraire, améliorer le climat insurrectionnel du pays.
24 Août: Le commissaire GIROLAMO VENOROSO écrit à Gênes pour demander son rappel, conscient d'avoir échoué dans sa tâche.
24 et 25 Août: L'évêque d'Aleria, CAMILLO de MARI, avec l'évêque de Mariana-Accia AGOSTINO SALUZZO, parlementent et proposent aux Génois un armistice de quatre mois, avec cinq conventions:
      ·  La libre circulation, pendant l'armistice, des Corses armés sur toute l' Ile (sauf Bastia);
      ·  La vente libre du sel;
      · Le libre trafic sur toutes les côtes et dans tous les ports des navires et des biens des Corses;
      ·  La libération de tous les prisonniers;
      ·  L'engagement de Gênes à ne pas renforcer ses défenses sur l'Ile.
Le commissaire militaire CAMILLO DORIA transmet ces conditions à Gênes. Les Corses se retirent de Bastia. Ainsi semblent se calmer les choses.
Nouveaux affrontements entre Corses de Vicu et Grecs de Paomia (voir 1715).
11 Septembre: Publication d'un Manifeste à la Nation corse, document exposant les buts de la guerre des Corses insurgés, leur vibrant patriotisme et leurs procédés démocratiques. Il appelle également à une Cunsulta à l'église San Pancraziu de Biguglia.
18 Septembre: Le commissaire GIROLAMO VENOROSO est rappelé à Gênes. Il est remplacé par CAMILLO DORIA dans ses fonctions de commissaire général.
15 Octobre: Cunsulta di Fiumaltu (à la Chjapatella di Fiumaltu): Assemblée à laquelle participent les représentants des pièves d'Ampugnani, de Casacconi, d'Orezza, de Moriani, de Peru Casevechje et de Casinca, en présence de PICCHIU TADDEI, neveu de LUIGGI GIAFFERI, et de ANGHJULU FRANCESCU TADDEI, neveu de l'abbé MELIADUCCE. Les résolutions prises traduisent surtout la crainte de la répression, et les soucis des six pièves de rester armées et unies.
De nouvelles restrictions sont apportées à la vente du sel: pas plus de cinq livres par feu, livrables sur la seule place de Bastia. Ces dispositions sont très mal accueillies.
24 Octobre: Le commissaire militaire CAMILLO DORIA essaie vainement de procéder à l'élection des Nobili Dodeci, mais 60 procureurs seulement sur 175 sont présents.
11 Novembre: L'élection des Nobili Dodeci se déroule malgré les nouvelles défections des procureurs. GHJACINTU PAOLI figure parmi les élus, sur les instances du commissaire militaire CAMILLO DORIA.
Le commissaire militaire CAMILLO DORIA écrit que les chefs des révoltés promettent au peuple l'aide de l'Espagne.
10 Décembre: Cunsulta di Sant'Antoniu di A Casabianca, dans l'Ampugnani. Les moines Servites de A Casabianca sont les premiers à ouvrir leur couvent à une Cunsulta. Les représentants des pièves les plus concernées s'y retrouvent: la Tavagna, avec l'abbé MELIADUCCE et son neveu ANGHJULU FRANCESCU TADDEI, la Casinca, avec le père GHJUVAN ANDRIA TOZZA, de Penta, Furiani avec le père ANTONIU… On y prend la décision d'un rassemblement armé, suivi d'une marche sur Bastia, dont la conduite est confiée à LUIGGI GIAFFERI, ANDRIA CECCALDI et l'abbé CARLU FRANCESCU RAFFALLI, d'Orezza.
Des négociations sont tout de même entamées entre LUIGGI GIAFFERI, ANDRIA CECCALDI et l'abbé CARLU FRANCESCU RAFFALLI, et le commissaire militaire CAMILLO DORIA.
14 Décembre: Un détachement de 150 Génois, commandé par le capitaine CHIESA, parti d'Aiacciu pour renforcer la garnison de Corti, est attaqué à Vivariu par les hommes de Nuceta et de Ruspigliani. Battus et désarmés, les Génois rentrent à Aiacciu.
18 Décembre: Les insurgés, 900 hommes, marchent sur Bastia. A leur tête, LUIGGI GIAFFERI, l'abbé MELIADUCCE, BRANDIMARTE MARI(dit Brandone), MARI
Au bord du Bevincu, une armée de 2000 Corses campe autour de San Pancrazu di Biguglia. PAULU FRANCESCU GIOVANNONI, de U Salgetu (Salicetu), dit Salicetu, oncle de GHJACINTU PAOLI, en est un des brigadiers, et GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, de Castineta, dit Castineta, un des colonels.
20 Décembre: Le commissaire général militaire CAMILLO DORIA, avec un millier d'hommes, fait occuper les collines, du couvent des Capucins de San Ghjuseppu au fort de Monserratu, dans lequel se retranchent 160 mercenaires allemands, sous les ordres du capitaine PIPPO.
Après cinq heures de combat, le fort de Monserratu, puis le couvent de San Ghjuseppu, tombent aux mains des Corses. Ces derniers sont aux portes de Bastia. Terra Vechja leur est abandonnée. POMPILIANI et ANGHJULU FRANCESCU TADDEI, et 22 autres Corses, trouvent la mort dans les combats.
22 Décembre: Cunsulta di San Pancraziu di Biguglia (ou de Furiani): Elle st présidée par CARLU FRANCESCU RAFFALLI, (un Abbate) de Pedicroce d'Orezza (ou FILIBERTU EVARISTU CIATTONI ?). Devant 4000 hommes, LUIGGI GIAFFERI (un Populanu) et ANDRIA CECCALDI (un Nobile) sont proclamés Généraux de la Nation Corse. GHJUVAN FRANCESCU LUSINCHI est nommé Lieutenant Général. DON GHJUVANNI AIUTELLI est nommé plénipotentiaire.
23 Décembre: Les généraux LUIGGI GIAFFERI et ANDRIA CECCALDI invitent l'évêque de Mariana-Accia, AGOSTINO SALUZZO, à se rendre au couvent des Capucins de San Ghjuseppu pour entamer des négociations avec les Génois. Un armistice de quatre mois est signé. La liberté du commerce du sel et l'échange des prisonniers corses et génois sont également négociés.
25 Décembre: Les Corses se retirent de Bastia.
L'évêque d'Aleria, CAMILLO de MARI, va de piève en piève pour inviter les populations à lui confier leur cause qu'il promet d'aller plaider aux Génois.
Le commissaire général militaire CAMILLO DORIA écrit à Gênes que Capucins et Franciscains parcourent effrontément la Corse pour y répandre des sentiments hostiles au Gouvernement Sérénissime.
Il y a en Corse 30 couvents de Franciscains, avec 335 religieux dont 5 anciens provinciaux, 13 anciens professeurs, 31 professeurs de théologie en exercice, et 3 de philosophie.
BLASIU di SIGNORI (TEOFALU di CORTI, voir 1725) est de retour en Corse afin d'y installer des couvents de retraite (ritiri) franciscains, notamment à Ferringule.
Les de Matra règnent et ont des partisans dans les pièves de Serra (Moïta, Matra), Rogna (Pedicorti), Castellu (Vezzani, Ghisoni), Venacu, Fiumorbu, Verde. Par les parentés et les alliances (avec les Limperani, les Massei, DUMENICU RIVAROLA, les Sansonetti, les Gaffori), la famille étend ses ramifications jusqu'à Bastia, Corti, le Nebbiu, la Casinca, le Capicorsu et le Boziu.
Publication, à Gênes, des Ragguagli dei Tumulti Succeduti in Corsica, rapport sur les événements récents de Corse, attribué à l'ancien gouverneur FELICE PINELLI.
L'abbé GREGORIU SALVINI, de Nesce, qui a fait toutes ses études à Naples, est à Rome, où il rencontre le chanoine ERASMU ORTICONI.
GHJUVANNI BATTISTA D'ANGELIS, de Nonza, est lieutenant-colonel à Venise. Il est le fils de ANTONIU FRANCESCU (voir 1720).
A Muru, le crucifix installé dans la chapelle de la Confrérie des Prieurs de Santa Croce (voir 1659) se met à saigner. Depuis, guérisons et grâces ne cessent d'être dispensées à ceux qui viennent le prier. On l'appellera désormais le Christ des Miracles.
A Calvi, reconstruction de l'église San Ghjuvanni, démolie par les Turcs (voir 1555).
A Calinzana, fin de la construction de l'église Collégiale, qui succède à l'église romane San Blasiu.
L'évêque de Sagone PIER MARIA GIUSTINIANI adresse un nouveau questionnaire (voir 1727) à ses piévans concernant les mœurs de ses paroissiens.
Les marchands de vin étant tenus de déclarer leur réserve, il y a en Corse 8600 barils recensés.
Parution de La Sollevazione di Corsi, long poème épique anonyme manuscrit, constitué de 313 strophes au ton volontiers persifleur, et qui dénonce le siège que les insurgés corses ont font supporter à Bastia.
Edition d'une carte de la Corse, dessinée par GABRIEL BODENEHR, dessinateur, graveur et marchand de tableaux à Augsbourg.
Edition d'une carte de la Corse, dessinée par ELIAS BAECK, peintre graveur à Augsbourg.
A Augsbourg, édition d'une carte de la Corse de GEORG MATTHAUS SEUTTER, géographe et éditeur à Nuremberg.



1731:

Le notable bastiais FELICE CARDI est podestat de Bastia.
Janvier: Les généraux LUIGGI GIAFFERI et ANDRIA CECCALDI s'emploient à mettre un terme aux innombrables querelles entre Corses.
3 au 24 Janvier: Cungressu di Corti: On y décrète un impôt de guerre et on y affine la structure civile et militaire de la Nation Corse: Capitoli, décrets, nomination, fiscalité... Toutes les communes reçoivent des instructions concernant le bon fonctionnement administratif et judiciaire. On y vote des lois très sévères contre les meurtriers, les voleurs, et contre la divagation du bétail. On met en place une administration fiscale. A U Viscuvatu, un trésorier, ANGHJULU MIGHELE FILIPPI centralise les levées de l'impôt. GHJACINTU PAOLI est nommé auditore du gouvernement des généraux LUIGGI GIAFFERI et ANDRIA CECCALDI. GHJUVAN FRANCESCU LUSINCHI est nommé Commissaire Général pour le Dilà. Avec LUCA d'ORNANO, de Santa Maria Siché (voir 1726), un descendant de SAMPIERU CORSU, ils sont à la tête de la nouvelle administration nationale du Dilà.
26 Janvier: Le gouverneur GIOVANNI FRANCESCO GROPALLO et le commissaire militaire CAMILLO DORIA sont rappelés à Gênes, et sont remplacés par CARLO FORNARI et GIOVANNI BATTISTA GRIMALDI, qui refusent, conformément aux instructions venues de Gênes, de rencontrer les Corses Nationalistes, les Naziunali: Un ministre plénipotentiaire sera envoyé sur l'Ile avec mission de négocier avec les généraux de la Nation, sur de nouvelles bases.
28 Janvier: Le commissaire militaire CAMILLO DORIA, avant de quitter la Corse, intercepte et transmet à Gênes un mémoire que des Corses rebelles adressent au Roi d'Espagne PHILIPPE V, et où ils offrent à l'infant Dom CARLOS, Duc de Parme,la souveraineté de l'Ile.
5 Février: Fin du Cungressu di Corti.
Vicu, Sarté et San Fiurenzu refusent les lois des Naziunali.
18 Février: A San Pellegrinu, FRANCESCU MARIA de GENTILE, de la famille des seigneurs de Brandu, Siscu et Petra Curbara, sergent-major (Maggiore) de la ville de Bastia, et l'évêque de Mariana-Accia, AGOSTINO SALUZZO, rencontrent les généraux LUIGGI GIAFFERI et ANDRIA CECCALDI.
25 Février: Cunsulta di Tavagna, à Talasani. Le Capicorsu, d'abord réticent rejoint le camp des Naziunali.
4 Mars: Cunsulta di Orezza: A l'instigation du chanoine ERASMU ORTICONI, les généraux LUIGGI GIAFFERI et ANDRIA CECCALDI demandent à vingt théologiens les plus éminents de Corse (dix séculiers et dix réguliers), de donner leur avis sur la justesse de leur révolte, en droit légal et religieux. Les dix séculiers sont: les chanoines ERASMU ORTICONI, de l'évêché d'Aleria, GHJULIU MATTEU NATALI, d'Oletta, et ANTONI, de l'évêché du Nebbiu, le chanoine GAFFORI, de Corti, les docteurs en théologie GIOCANTI, d'Orezza, ANTON DUMENICU MARIANI, de Corti, et LUIGGI COSTA, les pievani STEFANI, d'Orezza, pievanu de Verde, et ASTOLFI, dit Mughjone, pievanu de Muratu, l'archidiacre d'Aiacciu ANGHJULU SANTU d'ISTRIA. Les dix réguliers sont: cinq réformés Récollets, les pères BARTOLOMEU, provincial, et GHJORGHJU, de Lucciana, PETRU PAULU, d'Orezza, PERALDU (ou BERARDU), supérieur du couvent de A Venzulà et GHJUVANANGHJULU, supérieur du couvent d'Orezza, deux Observantins, les pères LEONARDU, de Corti, et CARLU, du Rustinu, deux Capucins, le provincial GUGLIELMU, de Spiluncatu, et le père BERNARDINU, de Casacconi, et un Servite de Marie, le père GHJUVAN STEFANU PAOLETTI. Réunis en congrès au couvent d'Orezza, ils concluent que, si Gênes continuait à refuser les demandes justifiées des Corses, la révolte de ces derniers serait sainte et légitime.
13 Mars: Sarté, fidèle aux Génois, défendue par le lieutenant GUISEPPE MARIA CENTURIONE, est attaquée par GHJUVAN FRANCESCU LUSINCHI, à la tête de 2000 Talavesi.
18 Mars: GHJUVAN FRANCESCU LUSINCHI s'empare de la seule fontaine de Sarté.
19 Mars: Assiégée, privée de secours et d'eau, Sarté capitule.
Avril: Publication, à Lucques, des Ragguagli degli Ultimi Tumulti Suguiti nell'Isola di Corsica sino al presente compilati dal Caporale Orazio Buttafuoco, rapport sur les événements de Corse, de ORAZIU BUTTAFUOCO, de son vrai nom PETRU SIMONE GINESTRA, né et mort à Oletta, chancelier de l'évêque de Sagone, auditeur général du royaume de Naples, membre de l'Accademia dei Vagabondi. Le doute existe sur l'auteur présumé de ce texte, qui serait, en fait, l'ancien gouverneur FELICE PINELLI (voir 1730).
5 Avril: Les Naziunali de Balagna attaquent Algaiola et s'emparent de la tour de L'Isulà.
8 Avril: Cunsulta di U Viscuvatu: Il en sort un texte, en 29 articles, Ristretto delle Rivolte di Corsica (qui reprend les revendications du 23 Mai 1730), qui sera diffusé au pape CLEMENT XII,à l'Empereur Germanique CHARLES VI, au Roi de France LOUIS XV, et au Roi d'Espagne PHILIPPE V. Dans l'Article 12 de ces délibérations, il est demandé l'établissement d'un Culleghju di Studenti.
Les Grecs de Paomia refusent de rejoindre le camp des Naziunali.
15 Avril: Les chefs révolutionnaires du Dilà, avec GHJUVAN FRANCESCU LUSINCHI et LUCA d'ORNANO, se réunissent à Ziddara, pour rassembler et organiser la région.
Le chanoine FABIANU PAGANELLI, pievanu d'Appietu, est à la tête du Celavu et de la Cinarca; le chanoine de Guagnu est responsable de toute la région de Vicu.
Les seigneurs de l'Istria, du Boziu, de l'Ornanu, de la Cruscaglia et de Valle, dans une entrevue avec GHJUVAN FRANCESCU LUSINCHI, au couvent des Observants de Pitretu e Bicchisgià, refusent de trahir leur serment de vassalité à Gênes.
D'autres aussi restent de fidèles partisans des Génois, tels, en Balagna, GHJUVAN PAULU ANTONINI (dit l'abbate), de Sant'Antoninu, qui a épousé la fille d'ANDREA SPINOLA, patricien génois, et CRUCIANU VESCOVALI, de Munticellu, dans le Nebbiu, LUIGGI CALVELLI de Patrimoniu, PETRU CASALE, d'Olmeta di Tenda, dit Il Magnifico, un des trois Corses à avoir été inscrits au Livre d'Or de la noblesse de Gênes pour services rendus, et PETRU PAULU MURATI, de Borgu, à Zuani, CARLU FILIPPU PANZANI, dans le Campulori, GHJUVAN FIORE et GHJUVAN CARLU COTTONI.
D'autres encore hésitent entre les deux camps, tel GHJUVAN LURENZU de PETRICONI, de Soriu di Tenda, officier de l'armée génoise, apparenté aux Casale, aux Calvelli, aux Morati, ami de PELLEGRO SPINOLA, le beau-frère de GHJUVAN PAULU ANTONINI (dit l'Abbate), et neveu des généraux LUIGGI GIAFFERI et ANDRIA CECCALDI.
23 Avril: L'évêque de Mariana-Accia AGOSTINO SALUZZO se rend à U Viscuvatu, auprès des généraux LUIGGI GIAFFERI et ANDRIA CECCALDI.
27 Avril: San Fiurenzu, assiégé à son tour par les Naziunali du Nebbiu, se rend.
Sarté est attaquée. Le château des Istria à Ulmetu est incendié.
FELICITANU LEONI (voir 1701), est tué lors de la prise de la tour de Nonza par les Naziunali.
L'armistice arrive à son terme (voir 24 è 25 Août 1730). Il est prolongé jusqu'en Juillet.
29 Avril: La colonie grecque de Paomia est attaquée par les Naziunali de Vicu, de Rennu, de Marignana et du Niolu, commandés par FRANCESCU BATTINI. Les Grecs, malgré une vive résistance à la tour d'Omigna, battus, abandonnent leurs terres, et rejoignent leurs familles, réfugiées à Aiacciu. Ils y forment une milice de trois compagnies au service des Génois. Leur lieu de culte est la Chapelle du Mont Carmel (voir 1632), qui prendra le nom de Chapelle des Grecs. Paomia est saccagée et les champs brûlés et dévastés.
10 Mai: Le Marquis GIAN LUCA PALLAVICINI, ambassadeur de Gênes à Vienne, est reçu en audience par l'Empereur Germanique CHARLES VI, au sujet de la Corse, pour l'envoi de mercenaires allemands sur l'Ile.
Un édit du Roi de Sardaigne interdit tout trafic d'armes à destination de la Corse.
12 Mai: Cunsulta di Boziu, qui se tient au couvent de San Pancraziu di Boziu: Deux émissaires, le piuvanu de Borgu, GHJUVANNI AITELLI, originaire de Valle di Rustinu, et le chanoine de Vicu, ILLARI (ou ISAIA), sont envoyés à Bastia, auprès des commissaires génois, afin de négocier, soit la paix, avec la reconnaissance des revendications des Corses, soit une nouvelle prolongation de l'armistice. Les commissaires refusent de les recevoir, prétextant de leur incompétence en la matière. GHJUVAN PETRU GAFFORI est envoyé à Livourne, pour trouver les fonds nécessaires à la poursuite de la guerre auprès de Corses exilés en Italie. Le chanoine ERASMU ORTICONI est envoyé à Rome, auprès du pape CLEMENT XII, pour implorer sa médiation et lui offrir la Corse.
Avec ERASMU ORTICONI, on trouve SIMONE BARTOLI, aïeul de la famille Bartoli, d'Ochjatana.
18 Mai: Le chanoine ERASMU ORTICONI s'embarque pour Livourne.
30 Mai: ANDRIA CECCALDI écrit à FRANCESCU MARIA de GENTILE pour dénoncer la trêve, démontrant ainsi l'échec d'une impossible négociation avec les Génois.
Juin: Les Génois refusent les négociations. Ils exigent une capitulation sans conditions. Les généraux corses décident la poursuite de la guerre.
11 Juin: Le chanoine ERASMU ORTICONI est reçu par le pape CLEMENT XII.
Lors de son voyage en Italie, le chanoine ERASMU ORTICONI entre en relation avec le père ASCAGNO, envoyé d'Espagne à Florence, et le Marquis SILVA, consul espagnol à Livourne. L'un et l'autre encouragent les Corses à arborer la bannière espagnole sur la première place forte importante dont ils réussiront à s'emparer, promettant armes et munitions, dans un premier temps, puis des troupes si les succès initiaux viennent à se confirmer.
19 Juin: Le pape CLEMENT XII intervient mollement auprès de Gênes (Paterna Caritate movemur) en faveur des Corses. Mais Gênes fait savoir au pape qu'elle n'acceptera sa médiation que si les Naziunali rendent les armes et se soumettent à la République.
Juillet: GHJUVAN FRANCESCU LUSINCHI menace Bunifaziu. Aiacciu est encerclé par les Naziunali du Celavu, de La Rocca, de la Cinarca et de Vicu, et Calvi par ceux de la Balagna. ANDRIA CECCALDI, avec PETRU SIMONE GINESTRA, ancien officier au service de Naples, est autour de Bastia et établit ses quartiers à Portu Cardu. Les villages de Petranera, Grisgione et Miomu, subissent des représailles.
A Livourne, un navire battant pavillon français, et commandé par le capitaine français ROUBAUD, embarque soixante dix Corses, et une grande quantité de matériel de guerre. Alertés, les Génois interceptent le navire en pleine mer, et le ramènent à Gênes, et restituent la cargaison à Livourne.
D'Ancône, PAULU GIAFFERI, le frère de LUIGGI GIAFFERI, tente de faire parvenir des armes aux Naziunali.
Le chanoine ERASMU ORTICONI rencontre le cardinal de POLIGNAC, ambassadeur de France à Rome, pour solliciter la libération des Corses prisonniers, et demander que la France reprenne la Corse.
10 Juillet: Cunsulta di Pitretu, au couvent de Santa Maria d'Ornanu: De nombreux ecclésiastiques y participent, (u Duttore BALISONI, curé de Canale, u Duttore CICCONE CANALE, pievanu de Casalabriva, le père GHJUSEPPU SCAFFA, curé de Santa Maria, le père LUIGGI COSTA, curé de Grossettu Prugna, le père FILIPPU, curé de Ziddarà, le père SIMONE, curé de Campu). ANDRIA CECCALDI est nommé Généralissime et GHJUVAN FRANCESCU LUSINCHI général. On y prêche un Appel à la Guerre Sainte contre les Génois, qu'il faut chasser hors de Corse.
Un accord est trouvé entre le Sénat de Gênes, qui, devant la situation, et craignant que l'Espagne n'apporte son appui aux Naziunali, avait décidé, par l'intermédiaire du Marquis GIAN LUCA PALLAVICINI, de demander de l'aide à l'Empereur Germanique CHARLES VI, et ce dernier, qui accepte et consent à envoyer un corps de 4000 hommes sur l'Ile, à charge des Génois de les entretenir, ce qui leur coûtera 30000 florins par mois. Chaque Allemand tué, malade ou blessé sera remboursé 100 écus.
31 Juillet: CAMILLO DORIA est à nouveau nommé commissaire général extraordinaire en Corse.
4 Août: Par un édit, Gênes promet l'amnistie à tous les Corses qui déposeront les armes, et à tous les villages qui se soumettront. Sont exclus du pardon, et leur tête mise à prix (2000 écus d'argent morts, 2500 vivants), les chefs rebelles, ANDRIA CECCALDI, LUIGGI GIAFFERI, GHJUVAN FRANCESCU LUSINCHI, CARLU (ou PETRU) FRANCESCU ALESSANDRINI, de Canari, PETRU SIMONE GINESTRA, du Nebbiu, GHJUVAN TOMASU GIULIANI et SIMONE FABIANI (voir 1722), tous deux de Balagna, et les villages de Furiani, Biguglia, Loretu, U Viscuvatu, A Porta, Merusaglia, Palasca, Spiluncatu, Muru, Santa Riparata, Bastèrga, Centuri, Mursiglia, Olmeta, Oletta, Talasani, Ficaghja, Carchetu, Pedicroce, Castineta, Nuceta, Ruspigliani, I Gatti di Vivariu, Bustanicu, Corscia, Calacuccia et Zicavu.
6 Août: Les troupes impériales sont rassemblées à Gênes.
9 au 10 Août: 2400 fantassins, 400 grenadiers, quatre compagnies de cent hussards, sous les ordres du colonel HERMAN ARNOLD, Baron de WACHTENDONCK, débarquent à Bastia. 4000 hommes en tout, avec 3000 Génois, commandés par CAMILLO DORIA, se mettent en campagne.
De San Fiurenzu, les généraux ANDRIA CECCALDI et LUIGGI GIAFFERI écrivent au Grand Duc de Toscane, pour lui demander l'incorporation de la Corse au Grand-duché.
10 Août: Aidés par les habitants de Bastia et de Lota, les troupes impériales s'emparent des couvents de San Ghjuseppu, Sant'Anghjulu et Sant'Antoniu, ainsi que du fort de Monserratu.
12 Août: Le colonel génois NICOLO VELA, accompagné d'un grand nombre de Bastiais et d'habitants de Lota, dégage le blocus de Bastia, et brûle Cardu, tenus par les Naziunali de GHJUVANNI LUCA POGGI. Ces derniers se replient sur Furiani avec quelques tués, et laissant 60 prisonniers, dont le théologien capucin BERNARDINU, de Casacconi, libéré peu après.
14 Août: Les Autrichiens sont à Furiani, qui est pris et brûlé, avec deux cents tués ou blessés côté corse. Puis ils marchent sur San Fiurenzu.
Les Corses arborent la bannière du Roi d'Espagne sur les murs de San Fiurenzu, où se trouvent les généraux ANDRIA CECCALDI et LUIGGI GIAFFERI.
De San Fiurenzu, les généraux ANDRIA CECCALDI et LUIGGI GIAFFERI écrivent au Roi d'Espagne, pour lui demander l'incorporation de la Corse au Royaume d'Espagne.
Les troupes corses se divisent en trois corps: l'un, commandé par FILIBERTU EVARISTU CIATTONI fait retraite sur la Balagna, l'autre, commandé par ANDRIA CECCALDI se retire dans le Nebbiu, et le troisième, celui de LUIGGI GIAFFERI descend à travers la Casinca.
16 Août: Barbaghju et Patrimoniu se soumettent aux Génois.
18 Août: Un édit du Roi de France interdit tout trafic d'armes à destination de la Corse.
22 Août: San Fiurenzu, ayant capitulé sans combattre sur les instances de PETRU CASALE, est occupée par 2500 impériaux.
Septembre: Sur les conseils de FRANCESCU MARIA de GENTILE et du Bastiais GHJUVAN BATTISTA RISTORI della RIVENTOSA, adjudant général des troupes génoises, le Baron de WACHTENDONCK renonce à entrer dans la Castagniccia, et décide d'entamer des négociations.
Par l'intermédiaire d'un officier au service des Autrichiens, FRANCESCU MARIA PAGANELLI, de Zicavu, LUIGGI GIAFFERI, établi à U Viscuvatu, prend contact avec le Baron de WACHTENDONCK, pour négocier une trêve, durant laquelle les Corses expliqueraient à l'Empereur CHARLES VI la légitimité de leur guerre contre les Génois.
2 Septembre: Cunsulta di Mezzana, à Ziddara, dans le Dilà. GHJUVAN FRANCESCU LUSINCHI est confirmé commissaire général et surintendant du Dilà. La bannière du Roi d'Espagne est à nouveau arborée par les Corses.
3 Septembre: Le chanoine ERASMU ORTICONI rencontre à nouveau le père ASCAGNO, envoyé d'Espagne à Florence, et le Marquis SILVA, consul espagnol à Livourne. Tous deux l'informent que l'Espagne ne peut rien faire tant que Dom CARLOS, Duc de Parme n'est pas installé en Toscane.
6 Septembre: Les troupes du Baron de WACHTENDONCK sont chassées de U Borgu, après avoir incendié le village.
28 Septembre: Une tartane française chargée d'armes quitte la France pour Campu a U Moru, dans le golfe de Valincu.
Les troupes impériales reçoivent des renforts qui comportent, aux ordres du colonel de VINTZ, deux nouveaux bataillons et 150 hussards.
23 Octobre: Après avoir renoncé à prendre U Viscuvatu, où se trouve LUIGGI GIAFFERI, le Baron de WACHTENDONCK et ses troupes autrichiennes sont à San Pellegrinu.
Le colonel LOWENDAL, dans son journal racontant sa campagne de Corse, écrit que les troupes autrichiennes sont en permanence attaquées par les Naziunali de LUIGGI GIAFFERI et sont encerclées dans San Pellegrinu.
26 Octobre: Un accord, avec une trêve de trois mois, est conclu entre le Baron de WACHTENDONCK et LUIGGI GIAFFERI et GHJACINTU PAOLI. Les Autrichiens gardent San Pellegrinu, le gros de leurs troupes, avec le Baron de WACHTENDONCK rentre à Bastia. Les Corses engagent leurs démarches auprès de l'Empereur CHARLES VI.
Novembre: De Livourne, le capitaine des troupes espagnoles ANTONIU FRANCESCU GIAPPICONI , et les cadets de sa compagnie, CARLU CIAVALDINI, d'Orezza, et GHJUVAN VITU BATTAGLINI, de Tavagna, convoient un chargement d'armes pour la Corse.
Les Génois, mécontents de l'attitude du Baron de WACHTENDONCK, ne veulent pas reconnaître la trêve, et poussent à l'action.
Il y a trois cents prêtres corses à Rome.
BERNARDINU MASSEI est le curé de la cathédrale San Ghjuvanni de Bastia.
BLASIU di SIGNORI (voir 1730), avec ISAIA GRIMALDI, fonde un couvent de retraite (ritiru) franciscain à Zuani.
Tentative d'incursion barbaresque entre Siscu et Petra Curbara.
Lors d'un congrès tenu à Boziu, les ecclésiastiques corses réitèrent la demande, à nouveau en vain, à Rome pour que Sainte Dévote (voir 1728) soit proclamée Patronne de la Corse. Il est alors décidé que Santa Divota soit déclarée Protectrice de la Corse.
A Milan, édition d'une carte de la Corse, suivie des plans de Bastia, Aiacciu, Calvi et Corti, dessinés par FRANCESCO MARIA ACCINELLI, historien et géographe à Gênes. Il y dénombre 116053 habitants: 6921 dans le Capicorsu, 900 dans le fief de Canari, 1156 dans le fief de Nonza, 2952 dans le fief de Brandu, 33752 à Bastia et dans le Nebbiu, 14474 à Corti et sa province, 7607 dans la juridiction d'Aleria, 2989 dans celle de Vicu, 19123 à Aiacciu, 8446 en Balagna et Algaiola, 5316 pour Calviet sa garnison, 2140 dans le fief d'Istria, 6265 dans la province de Sarté, 2404 à Bunifaziu et 198 à Porti Vechju.



1732:

Le notable bastiais MONTESORO est podestat de Bastia.
Janvier: Les troupes impériales, commandées par le colonel de VINTZ, débarquent à Calvi, où les attend le Baron de WACHTENDONCK avec 2000 hommes. Leur but est de prendre à revers les Naziunali de ANDRIA CECCALDI.
8 Janvier: Cunsulta di Caccia: Il y est décidé d'une nouvelle requête auprès de l'Empereur CHARLES VI, et d'une autre auprès de Gênes, pour obtenir des accords plus conciliants en faveur des Corses.
14 Janvier: Cunsulta di Alzipratu, à laquelle participent les généraux ANDRIA CECCALDI et LUIGGI GIAFFERI.
14 Janvier: Battaglia di Calinzana: Les troupes autrichiennes, sous les ordres du Baron de WACHTENDONCK, et génoises, menées par CAMILLO DORIA, renforcées par une centaine de Calvais, commandées par le colonel de VINTZ, 8000 hommes en tout, tentent d'occuper Calinzana. Elles subissent un cuisant échec, perdant plus de 500 hommes. Ils seront enterrés au pied du clocher de l'église (U Campusantu di i Tedeschi). Les Corses commandés par ANDRIA CECCALDI, parmi lesquels PETRU PIZZINI, de Spiluncatu, et ANTONIU MARCU TORTORA, de Muru, jettent dans la bataille des ruches d'abeilles qui mettent en déroute l'ennemi.
1er Février: Cunsulta di U Viscuvatu: Les Naziunali font appel à la Diaspora: Dieu voit nos misères; il entend nos lamentations; il juge entre nous et ces monarques de la terre qui nous condamnent… Venez partager notre sang et terrasser nos ennemis, ou mêler votre sang au notre… Les siècles à venir conserveront la mémoire de ces Corses qui préfèrent mourir tous au lieu de vivre plus longtemps dans l'esclavage… Nés avec nous, venez mourir avec nous ! Mourir dans sa patrie est un sort agréable. Ils ont besoin de militaires corses qui servent à l'extérieur. Un impôt de guerre est voté, vingt sous par foyer.
La Rocca cède: Ulmetu, Taddà et Sarté sont occupés par les Génois de NICOLO VELA, qui sèment la terreur.
22 Février: LUIGGI GIAFFERI, LUCA d'ORNANO et GHJUVAN FRANCESCU LUSINCHI, avec le chanoine FABIANU PAGANELLI, piévanu d'Appietu, SIMONE FRANCESCU LUSINCHI, FABIU LUSINCHI (neveu de GHJUVAN FRANCESCU), et 1500 soldats, reprennent Ulmetu.
2 Mars: LUIGGI GIAFFERI, LUCA d'ORNANO et GHJUVAN FRANCESCU LUSINCHI, avec 3000 ou 4000 Naziunali, mettent le siège devant Sarté.
7 Mars: A la suggestion des Autrichiens, par l'intermédiaire du comte DAUN, gouverneur de Milan, le Doge de Gênes doit se résoudre à trouver des moyens capables de mettre fin au plus tôt à la rébellion. Le comte DAUN suggère qu'avant toute proposition, on écoutât les demandes des Corses.
12 Mars: L'assaut de Sarté est donné. Il est repoussé par les Génois. Deux officiers corses sont tués, PICCHIOLU (voir 1726) et CALCAGNA.
17 Mars: Sarté tombe aux mains des Naziunali.
Gênes nomme un second commissaire, PAOLO BATTISTA RIVAROLA, pour aider CAMILLO DORIA.
22 Mars: Publication, par le Doge de Gênes, d'un document proposant le pardon général pour tous ceux qui en feront la demande sous un mois. Faute de quoi, les révoltés seront exterminés.
14 Avril: Un contingent de 4000 hommes débarque à Calvi, avec à sa tête, le général prince FREDERIC LOUIS de WURTEMBERG, et le général comte de SCHMETTAU.
ANTONE MARCU MALASPINA, de Balagna, caporale et Nobile Dodeci reçoit une commission de colonel des troupes corses.
15 Avril: Publication d'un fascicule propagandiste de huit pages : Lettera di un Corso ad un suo amigo Nazionale abitante la Terra Ferma, attribuée au chanoine GHJULIU MATTEU NATALI, d'Oletta, futur évêque de Tivoli, sous le pseudonyme de CURZIO TULLIANO, dans lequel l'auteur rejette les arguments génois publiés dans les Ragguagli degli Ultimi Tumulti Suguiti nell'Isola di Corsica sino al presente (voir 1731).
17 Avril: De Bastia, le général LOUIS de WURTEMBERG fait publier un indult général (Edito per la Pace), accordant aux Naziunali cinq jours pour déposer les armes. En contre partie, il s'engage à écouter leurs requêtes.
23 Avril: Le général LOUIS de WURTEMBERG, resté sans réponse de la part des Naziunali, commence sa campagne. Deux corps, partis l'un de Calvi, l'autre de Bastia, convergent vers Corti. Ils occupent la Balagna, où se trouve ANDRIA CECCALDI, et le Nebbiu, où est installé LUIGGI GIAFFERI.
San Fiurenzu est repris, les Gentile Brando et CARLU RINESI sont emprisonnés à Gênes.
Grâce à l'intervention de BLASIU di SIGNORI (voir 1731) auprès du général LOUIS de WURTEMBERG, le village de Zuani est sauvé de la destruction par les troupes autrichiennes.
Mai: 3000 Autrichiens sont engagés du côté d'Aiacciu.
Dans le Dilà, les Génois se déchaînent : Appietu tombe et Calcatoghju est brûlé. Les redditions se multiplient.
La résistance corse faiblit. Les troupes impériales gagnent du terrain. Partout elles exigent une reddition totale, des otages et la restitution des armes.
Le général LOUIS de WURTEMBERG fait construire de nouvelles fortifications à Calvi.
Les Naziunali demandent une trêve.
Dans le Rustinu, GHJACINTU PAOLI, le piuvanu GHJUVANNI AITELLI et l'abbé CARLU FRANCESCU RAFFALLI, qui se sont présentés au général comte de SCHMETTAU, sont gardés à vue.
Malgré l'expiration des délais, le général LOUIS de WURTEMBERG accorde aux Corses qui se rendent le pardon, et les remet entre les mains du commissaire PAOLO BATTISTA RIVAROLA, lequel les fait immédiatement arrêter et transporter à Gênes. Parmi eux FRANCESCU MARIA de GENTILE et ses deux fils VIRGHJILIU et GHJUVAN GIROLAMU.
9 Mai: Conférence à Corti, sous la présidence du général LOUIS de WURTEMBERG, entre ANDRIA CECCALDI, LUIGGI GIAFFERI, CARLU FRANCESCU ALESSANDRINI, EVARISTU PICCIOLI, GHJUVANNI AITELLI et CARLU FRANCESCU RAFFALLI (ou SIMONE RAFFAELLI), pour les Naziunali, le général LOUIS de WURTEMBERG, le prince de CULMBACK, le prince de WALDECK, le Baron de WACHTENDONCK et le Comte de LIGNEVILLE, pour l'Empereur CHARLES VI, et CAMILLO DORIA, GIOVANNI BATTISTA GRIMALDI, GIOVANNI FRANCESCO GROPALLO, GIROLAMO VENOROSO et PAOLO BATTISTA RIVAROLA, pour Gênes. L'évêque d'Aleria, CAMILLO de MARI, y participe également. A l'issue de cette conférence, des nouvelles conventions entre Corses et Génois, garanties par l'Empereur CHARLES VI, sont énoncées en un Traité (Concessioni Graziose) réglant d'une façon satisfaisante les exigences des Naziunali:
      ·  Amnistie générale et libération de tous les prisonniers de guerre;
      ·  Renonciation à tous les frais de guerre;
      ·  Remise de tout arrérage d'impôts;
      ·  Admission de tous les Corses aux emplois civils, militaires et ecclésiastiques;
      ·  Liberté d'enseignement;
      ·  Institution d'un ordre de noblesse corse;
      ·  Rétablissement des Nobili Dodeci et des Nobili Sei, avec toutes leurs prérogatives;
      ·  Formation d'un Conseil de Prison;
      ·  Création d'un magistrat chargé d'exposer les méfaits des divers fonctionnaires publics;
      ·  L'Empereur Germanique sera garant du pardon et de l'exécution de ces réformes.
Les Génois démentent les résultats de cette conférence. La plupart des pièves ayant déjà fait leur soumission, lorsqu'elle a lieu. Toujours est-il que les chefs corses, gardés à vue, sont remis au commissaire général PAOLO BATTISTA RIVAROLA, par les autorités autrichiennes.
14 Juin: Suite à une affaire de documents ( ?) que les Naziunali auraient du remettre aux Génois, et dont la trace est perdue, ANDRIA CECCALDI, LUIGGI GIAFFERI, le piuvanu GHJUVANNI AITELLI et l'abbé CARLU FRANCESCU RAFFALLI (ou SIMONE RAFFAELLI, frère du marquis) sont arrêtés et enfermés à Bastia.
Le Baron de WACHTENDONCK est indigné de l'arrestation des chefs corses par les Génois.
17 Juin: ANDRIA CECCALDI, LUIGGI GIAFFERI, GHJUVANNI AITELLI et CARLU FRANCESCU RAFFALLI (ou SIMONE RAFFAELLI) sont transférés à Gênes.
24 Juin: Les troupes impériales quittent l'Ile, où elles ont laissé entre 500 et 3000 tués.
4 Juillet: ANDRIA CECCALDI, LUIGGI GIAFFERI, GHJUVANNI AITELLI et CARLU FRANCESCU RAFFALLI (ou SIMONE RAFFAELLI, frère du marquis) sont enfermés dans la tour de Gênes.
Le calme semble revenu en Corse.
16 Juillet: Le général LOUIS de WURTEMBERG quitte Bastia et arrive à Gênes, où il reçoit un accueil triomphal. La République lui offre une épée d'or garnie de diamants d'une valeur de trente mille florins.
La République de Gênes a dépensé en 24 mois de guerre plus de 30 millions de lires.
26 Juillet: Le Baron de WACHTENDONCK reçoit une lettre l'avertissant que si dans un délai d'un mois, les chefs corses n'étaient pas libérés, leurs partisans sauraient les venger.
11 Septembre: Sous la pression de l' Empereur CHARLES VI, Gênes accepte enfin de consulter les doléances des Corses.
29 Septembre: Un avocat, SEBASTIANU COSTA, futur auteur de Memorie Riguardanti il Re Teodoro, s'installe à Livourne, et investit toute sa fortune dans un trafic d'armes au profit des Naziunali. D'autres notables de la diaspora corse de Livourne, en relation avec les Espagnols et les Médicis, mettent leur argent au service des Patrioti Corsi.
7 Octobre: La foudre tombe sur l'église San Clemente à A Petra Curbara, laquelle est gravement endommagée.
11 Octobre: ANDRIA CECCALDI, LUIGGI GIAFFERI, GHJUVANNI AITELLI et CARLU FRANCESCU RAFFALLI (ou SIMONE RAFFAELLI, frère du marquis) sont transférés et consignés à résidence à Savone. Leur condamnation à mort paraît inévitable. Mais les interventions extérieures en leur faveur (l'Empereur d'Allemagne, le Prince EUGENE de SAVOIE, le pape, les ambassades de France, d'Espagne, de Toscane), rendent difficile leur élimination physique.
Le chanoine ERASMU ORTICONI se rend à Vienne pour y solliciter l'appui de l'empereur afin de faire libérer les chefs corses.
Novembre: Gênes soumet à l'Empereur CHARLES VI un projet de nouveau règlement (Nuovo Reglamento) en deux parties: Concessioni Graziose et Nuovi Ordini e Decreti della Serenissima Republica di Genova, da osservarsi nel Regno di Corsica per il buon reglamento di quest'isola.
7 Décembre: Les représentants du peuple corse remettent au commissaire général PAOLO BATTISTA RIVAROLA, l'exposé, en dix huit points, de leurs requêtes.
Des pirates turcs débarquent de leurs felouques à Campumoru et montent par les ravins jusqu'à Sarté.
Santa Divota (voir 1731) est déclarée Protectrice de la Corse.
ISAIA GRIMALDI, de E Valle di Campulori, est le théologue des cardinaux ACQUAVIVA et CALCAGNINI, à Rome.
Edition d'une carte de la Corse par les Héritiers d' HOMANN, imprimeurs à Nuremberg.
A Amsterdam, édition d'une Histoire de la Corse, la première connue depuis celle qui est parue à Tournon en 1594.



1733:

Le notable bastiais ANTONIU MORELLI est podestat de Bastia.
Le notable bastiais CARLU GHJACINTU POGGI est Anzianu de Bastia.
23 Janvier: Gênes dévoile aux Corses ses Concessioni Graziose et Nuovi Ordini e Decreti della Serenissima Republica di Genova, da osservarsi nel Regno di Corsica per il buon reglamento di quest'isola. Elles sont habilement nuancées, pour désarmer la rébellion par des mesures où chaque classe sociale trouve son intérêt.
Le commissaire général PAOLO BATTISTA RIVAROLA, comprenant le danger que représente GHJACINTU PAOLI, conseille son arrestation.
Février: Le père GHJUVAN STEFANU PAOLETTI, des Servites, est à Livourne.
16 Mars: L'empereur CHARLES VI fait un acte de garantie par lequel il s'engage à obliger les Génois à réparer les transgressions ou les torts qui pourraient être faits de leur part au règlement convenu, pourvu que les Corses gardent à leurs souverains, c'est à dire aux dirigeants de Gênes, la fidélité qui leur est due. De plus, à la demande du chanoine ERASMU ORTICONI, il impose à Gênes la libération des captifs (ANDRIA CECCALDI, LUIGGI GIAFFERI, GHJUVANNI AITELLI et CARLU FRANCESCU RAFFALLI (ou SIMONE RAFFAELLI, frère du marquis).
26 Mars: La Convention de gouvernement entre Génois et Corses, cautionnée par l'Empereur CHARLES VI, doit être exécutée sous sa surveillance. On y trouve, entre autres, les décisions suivantes:
      ·  Certains impôts seront abolis;
      ·  Les Corses pourront prétendre aux dignités séculières et ecclésiastiques;
      ·  Les charges des capitaines des ports de Bastia et Aiacciu seront conférées à des Corses;
      · La noblesse corse sera considérée à Gênes sur le même pied que celle des autres de la République;
      · Il y aura un Oratore corse à Gênes pour porter au Sénat les plaintes et requêtes des Corses;
      · L'amnistie générale, assortie, pour ceux qui en bénéficieront, de la promesse d'être de fidèles et obéissants serviteurs de la République;
      ·  L'exonération de l'impôt pour l'année échue (1732).
Ce règlement présente de grandes améliorations de détail, mais il laisse beaucoup à désirer sous le rapport des institutions fondamentales. Il est loin de répondre aux prétentions des Corses qui le refusent. De nouveaux troubles ne tardent pas à éclater dans l'Ile.
GIAMBATTISTA CURLO, de Savone, est nommé évêque du Nebbiu. il succède à
NICOLAO GAETANO APROSIO (voir 1713).
PAOLO GERONIMO PALLAVICINI est commissaire du Diquà.
CARLO GRILLO CATTANEO est commissaire du Dilà.
Election des Nobili Dodeci du Diquà et des Nobili Sei du Dilà.
19 Avril: Le marquis RAFFAELLI remet les documents tant recherchés (voir 1732) au Sénat: le piuvanu de Borgu GHJUVANNI AITELLI et l'abbé CARLU FRANCESCU RAFFALLI (ou SIMONE RAFFAELLI, frère du marquis) sont libres. Ils vont à Gênes faire leur soumission devant le Sénat, et ne pourront rejoindre l'Ile qu'après un délai, et avec le consentement préalable des autorités de la République.
IGNAZIU ARRIGHI (frère du père ANTONIU ARRIGHI, lecteur de droit canon à l'université de Padoue), originaire de Corti, lieutenant des armées vénitiennes, de passage en Corse, est arrêté par les Génois, comme rebelle, puis libéré au bout d'un mois.
PETRU SIMONE GINESTRA est à Livourne.
6 Mai: ANDRIA CECCALDI et LUIGGI GIAFFERI sont libérés.
Le général LUIGGI GIAFFERI, qui avait d'abord accepté le commandement de Savone et 3500 livres de pension, les abandonne, et devient colonel au service de Dom CARLOS, le duc de Parme, fils du Roi d'Espagne PHILIPPE V.
15 Mai: Le piuvanu de Borgu GHJUVANNI AITELLI s'installe à Livourne où il est au service du marquis de RAFFAELLI, que JEAN GASTON de MEDICIS, grand duc de Toscane vient d'engager comme secrétaire particulier.
21 Mai: Le général ANDRIA CECCALDI, après avoir demandé l'autorisation d'aller soigner sa santé à Lucques, se retire en Espagne, où il devient colonel dans l'armée espagnole au service de Dom CARLOS.
L'abbé CARLU FRANCESCU RAFFALLI (ou SIMONE RAFFAELLI, frère du marquis) se réfugie à Rome, où le pape CLEMENT XII le nomme auditeur du tribunal de Monte Citorio. Le chanoine ERASMU ORTICONI, l'agent des Corses en Italie, se réfugie en Toscane.
Le chanoine ERASMU ORTICONI, avec les Corses de Livourne complote contre Gênes: SEBASTIANU COSTA, en accord avec le père ASCANIO, envoyé d'Espagne à Florence, et le marquis SILVA, consul espagnol à Livourne, envoie FRANCESCU RIVAROLA, docteur en médecine, et LUIGGI CIAVALDINI en mission auprès de la Cour de Madrid.
2 Juin: Entrée en vigueur des Concessioni Graziose, sous garantie impériale.
6 Juin: Publication des Nuovi Ordini e Decreti della Serenissima Republica di Genova, da osservarsi nel Regno di Corsica per il buon reglamento di quest'isola.
8 Juin: A Pianellu, incidents car le village refuse les Nuovi Ordini e Decreti et maltraite l'alfiere qui veut les publier.
15 Juin: Suite au conflit Franco-Autrichien, le baron de WACHTENDONCK, avec le reste des Impériaux, quitte la Corse pour Gênes.
28 Juin: Publication d'une ordonnance concernant l'Attaccamentu dei Donne (voir 1709).
Juillet: PAOLO GERONIMO PALLAVICINI, commissaire du Diquà, est nommé commissaire général (ou gouverneur) de la Corse, à la place de PAOLO BATTISTA RIVAROLA.
16 Juillet: Le général LUIGGI GIAFFERI rejoint Livourne.
Août: Des autorisations sont nécessaires à tout navire quittant la Corse. Les ports de Bastia, Aiacciu, Calvi et Bunifaziu sont étroitement surveillés.
Le commissaire général PAOLO GERONIMO PALLAVICINI convoque les Capipopuli responsables des pièves, afin de les instruire des dispositions des nouveaux règlements. Nombreux sont ceux, du Rustinu notamment, avec à leur tête GHJACINTU PAOLI, qui ne se présentent pas et refusent de payer un acompte sur l'impôt ordinaire.
Les nombreux ecclésiastiques qui se sont distingués au cours de la révolte, sont l'objet de mutation, exil, ou même prison.
La sécheresse entraîne une mauvaise récolte des céréales.
27 Août: De Livourne, LUIGGI GIAFFERI, en compagnie du piuvanu GHJUVANNI AITELLI, fait un voyage clandestin en Corse. Il est avec d'autres Naziunali, tous sont armés.
16 Septembre: Traité de paix (contestation de pâturages) conclu entre la commune de Castineta et celle de Merusaglia.
30 Septembre: Le consul de Gênes à Livourne communique à son gouvernement une correspondance (que vient de lui livrer GHJUSEPPU ARENA) entre émigrés et chefs de l'intérieur (GHJACINTU PAOLI, de Merusaglia, PAULU FRANCESCU GIOVANNONI, de U Salgetu (Salicetu), dit Salicetu, GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, de Castineta, dit Castineta, IGNAZIU AITELLI, le frère du piuvanu). Il annonce également qu'un chargement d'armes se prépare à Livourne.
PAOLO GERONIMO PALLAVICINI ordonne l'arrestation de GHJACINTU PAOLI.
Le commissaire général PAOLO GERONIMO PALLAVICINI essaie d'attirer GHJACINTU PAOLI à Bastia. Informé par PETRU CASALE, GHJACINTU PAOLI échappe au piège tendu.
15 et 16 Novembre: 150 soldats génois, commandés par le capitaine GAGLIARDI, partis de Bastia, et 50 autres commandés par le capitaine PIPPO, partis de Corti, envoyés par le commissaire général PAOLO GERONIMO PALLAVICINI, se rendent dans le Rustinu pour saisir des notables du lieu, PAULU FRANCESCU GIOVANNONI, GHJACINTU PAOLI, et GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, soupçonnés de fomenter une nouvelle révolte (avec IGNAZIU AITELLI); de plus, ces derniers ne se sont pas rendus à la convocation du gouverneur (voir Août).
17 Novembre: Avant d'avoir pu faire leur jonction, les deux groupes sont assaillis et désarmés par les Naziunali, l'un près de U Salgetu, l'autre au couvent de Sant'Antoniu di A Casabianca. Les deux capitaines génois seront traduits en justice.
Les Génois projettent d'arrêter alors près de 2000 Patrioti en Castagniccia. Les Naziunali, stimulés par l'entrée en guerre de la France contre l'Empereur CHARLES VI, prennent à nouveau les armes, et décident d'élargir le mouvement de révolte.
Le Haut Représentant de la Banque en Corse (Generale Governatore) est désormais appelé Commissaire général. Il réside en général à Bastia.
Arrestation arbitraire de la famille Ciavaldini, à Orezza.
Ces insurrections du Rustinu seront à l'origine de la deuxième révolte des Corses contre Gênes.
A Londres, JACQUES AUGUSTE de THOU publie Historia sui Temporis, dans laquelle il rapporte la guerre des Français en Corse et celle de SAMPIERU CORSU. Il décrit les villes corses et notamment Corti.
A Muru, installation du Crucifix des Miracles, installé dans la chapelle de la Confrérie des Prieurs de Santa Croce (voir 1730) dans l'église de L'Annuziazione.



1734:

Le notable bastiais PAULU IGNAZIU ZERBI est podestat de Bastia.
Janvier: La révolte du Rustinu s'étend aux pièves voisines. Le Capicorsu, et le Nebbiu sont hors de la rébellion. La Balagna hésite. Le Dilà est calme, et ce, malgré l'assassinat, à ZicavuGhjuvicacci) de GHJUVAN FRANCESCU LUSINCHI, par GHJACUMU MARTINETTI, de Tassu, sur l'ordre du commandant d'Aiacciu CARLO GRILLO CATTANEO, à la demande du commissaire général PAOLO GERONIMO PALLAVICINI.
11 et 12 Janvier: Cunsulta di Orezza, tenue au couvent d'Orezza: il y est décidé la poursuite de la guerre, GHJACINTU PAOLI est placé à la tête de la Nation, avec GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, de Castineta, dit Castineta, colonel du Régiment Corse de Naples, et PAULU FRANCESCU GIOVANNONI, de U Salgetu, un oncle de GHJACINTU PAOLI.
GHJACINTU PAOLI doit prendre Corti, GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, dit Castineta, s'emparer du Capicorsu, et PAULU FRANCESCU GIOVANNONI protéger les régions insurgées.
SIMONE FABIANI, de Santa Riparata di Balagna (ou de Munticellu), également colonel du Régiment Corse de Naples, est en Balagna, en qualité de procurateur. La région s'érige en province autonome.
Pour calmer les esprits, le commissaire général PAOLO GERONIMO PALLAVICINI décide de suspendre la collecte des tailles.
Février: IGNAZIU ARRIGHI, lieutenant des armées vénitiennes, (voir 1733) se met au service de GHJACINTU PAOLI. Il est chargé de prendre Corti, tenu par 100 Suisses, commandés par un capitaine mercenaire aux ordres des Génois. Il parvient à prendre la ville, et fait brûler une douzaine de maisons de Cortinesi fidèles à Gênes (les Adriani). Seule la citadelle reste encore au mains des Génois. Pendant ce temps, GHJUVAN BATTISTA CERVONI, dit Schizzettu, de Suveria, fils de FELICE, assure la sécurité des pièves voisines.
Mars: Le commissaire général PAOLO GERONIMO PALLAVICINI décide de dégager la citadelle de Corti, avec 500 mercenaires grecs et génois. Il échoue. Les Génois pillent A Venzulà. Les Naziunali de GHJACINTU PAOLI et GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, dit Castineta, les attaquent dans la vallée du Tavignanu, et les obligent à se replier.
Le commissaire général PAOLO GERONIMO PALLAVICINI décide d'envoyer auprès de GHJACINTU PAOLI, le piuvanu LUIGGI DONATI, retiré à Gênes, afin de tenter d'apaiser les velléités des Naziunali.
5 ou 12 Avril: La citadelle de Corti se rend à IGNAZIU ARRIGHI et GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, dit Castineta. Les Naziunali marchent sur Cervioni, obligeant l'évêque d'Aleria, CAMILLO de MARI à s'enfuir à Bunifaziu.
13 et 14 Avril: A Campulori, retour en Corse, en provenance de Livourne, de LUIGGI GIAFFERI et du piuvanu GHJUVANNI AITELLI, accompagnés de deux officiers corses au service de l'Espagne, le colonel BARTOLUMEU SETA, de Bastèrga, et son adjoint le capitaine DEMICHELI, et de nombreux partisans, dont GHJUVAN PETRU GAFFORI, puissamment armés.
15 Avril: A Romanacce (hameau d'Oletta), un bébé est sauvé des flammes grâce à l'intervention de la Madone (tableau miraculeux de Notre Dame de la Piété, d'Oletta).
18 ou 26 et 27 Avril: Cunsulta di Sant'Antoniu di A Casabianca, dans l'Ampugnani: Réunion des chefs de la révolution dans le couvent des Révérends Pères Franciscains du Rustinu. Il y est décidé qu'il faut tout faire pour libérer A Patria. On y désigne deux Chefs Suprêmes et Commandants du Royaume, Supremi Capi è Comandanti di u Regnu, LUIGGI GIAFFERI et GHJACINTU PAOLI, quatre Lieutenants Généraux, GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, SIMONE FABIANI, IGNAZIU ARRIGHI et ORSUVECHJU PAOLETTI, le frère du père GHJUVAN STEFANU PAOLETTI, et une Cour (ou Tribunal) Suprême, où siègent entre autres GHJUVAN PETRU GAFFORI et ANGHJULU SANTU CONTRI. Le piuvanu GHJUVANNI AITELLI est nommé Auditore Generale. On y ébauche également une constitution, et l'organisation civile et militaire d'une Nation libre et indépendante.
9 Mai: Cunsulta di Aregnu: IGNAZIU ARRIGHI et SIMONE FABIANI tentent en vain de décider les Balagnesi à entrer dans le conflit aux côtés des Naziunali.
12 Mai: Cunsulta di Corti: 600 délégués reconnaissent LUIGGI GIAFFERI comme Capu e Generale, et l'associent à GHJACINTU PAOLI dans un Magistratu Supremu di U Regnu di Corsica. Il y est décidé de se mettre sous la protection du Roi d'Espagne PHILIPPE V. Le chanoine ERASMU ORTICONI est envoyé à Madrid pour exposer au Roi les droits ancestraux de la couronne aragonaise sur la Corse.
Juin: Les Génois, devant repousser une nouvelle révolte à Finale, songent à retirer 500 hommes de Corse. Ils y renoncent devant le danger imminent qui règne sur l'Ile.
Juillet ou Août: Alarmée par une intervention possible de l'Espagne en Corse, Gênes rappelle le commissaire général PAOLO GERONIMO PALLAVICINI, et le remplace par deux commissaires généraux, le sénateur UGO FIESCHI et PIER MARIA GIUSTINIANI, l'évêque de Sagone. A leur arrivée en Corse, ces derniers se proclament comme des conciliateurs.
8 Septembre: Les deux commissaires généraux génois invitent tous les notables corses à se présenter devant eux pour exprimer leurs doléances, et pour accorder un pardon général à ceux qui feront leur soumission.
10 Septembre: LUCA d'ORNANO remplace GHJUVAN FRANCESCU LUSINCHI, et devient le seul responsable des Naziunali du Dilà.
14 Septembre: LUCA d'ORNANO convoque une Cunsulta à Pitretu. Il y est convenu de s'associer aux pièves rebelles du Diquà et de prendre part à l'action révolutionnaire.
17 Septembre: Le chanoine ERASMU ORTICONI, est, avec l'abbé CARLU FRANCESCU RAFFALLI et ANDRIA CECCALDI, à Naples, à la cour de Dom CARLOS (CHARLES VII, Roi de Naples et de Sicile, le fils du Roi d'Espagne PHILIPPE V). Ils lui demandent d'intervenir en leur faveur. Le Roi conseille aux Corses de rencontrer sa mère ELISABETH FARNESE, la Reine d'Espagne.
19 Octobre: GHJUVAN PETRU GAFFORI est envoyé comme député de la Nazione auprès de UGO FIESCHI et PIER MARIA GIUSTINIANI.
Octobre ou Décembre: ERASMU ORTICONI et ANDRIA CECCALDI sont à la cour du Roi d'Espagne à Madrid. Ils y rencontrent sans doute THEODORE de NEUHOFF, qu'ils connaissent depuis leur exil à Livourne.
L'action des commissaires généraux génois UGO FIESCHI et PIER MARIA GIUSTINIANI, toute de négociations, de concessions et d'arrangements, commence à faire son effet: des querelles surgissent parmi les chefs corses, la résistance s'affaiblit, l'insurrection perd son élan.
L'avocat SEBASTIANU COSTA, de la Diaspora corse de Livourne, avec deux de ses amis LANCELOTTU CASANOVA et DUMENICU RIVAROLA, voyant la révolution corse faiblir, achète 150 fusils, de la poudre et des balles, et décide de rejoindre l'Ile.
22 Décembre: De Livourne, SEBASTIANU COSTA, LANCELOTTU CASANOVA, DUMENICU RIVAROLA, et le capitaine ANTONIU FRANCESCU GIAPPICONI embarquent pour la Corse.
30 Décembre: SEBASTIANU COSTA, avec ANTONIU FRANCESCU GIAPPICONI et leurs compagnons, et un chargement d'armes, débarquent aux Prunete, à Campulori. Il se rend à Poghju Mezzana, où le rejoignent LUIGGI GIAFFERI et ses amis.
BLASIU di SIGNORI (TEOFALU di CORTI, voir 1732) rentre en Italie, où il est nommé Supérieur du couvent de Fugecchio.
Naissance de CRISTINA RIVAROLA, fille de DUMENICU RIVAROLA, future sœur Ursuline (sous le nom de Maria Dumenica. Elle sera l'amie et l'informatrice de PASQUALE PAOLI.



1735:

Le notable bastiais ANTONIU MORELLI est podestat de Bastia.
1er au 3 Janvier: GHJACINTU PAOLI rencontre SEBASTIANU COSTA et LUIGGI GIAFFERI à Poghju Mezzana.
6 au 8 Janvier: Cunsulta di Orezza: Dichjarazione di Indipendenza. Sur l'initiative de GHJACINTU PAOLI, SEBASTIANU COSTA écrit les propositions d'une Constitution, en 15 articles, qui seront votés par tous les participants.
Ces 15 articles, qui organisent la structure d'un gouvernement indépendant, précisent:
      ·  LUIGGI GIAFFERI, GHJACINTU PAOLI et ANDRIA CECCALDI sont élus Primati di U Regnu;
      ·  Une junte de 12 membres, Ghjunta di I Dodeci, avec les Primati à leur tête, est l'Autorité Suprême de la Nazione;
      · Un Office de la Guerre, Uffiziu di a Guerra, de six membres, les quatre lieutenants généraux nommés le 18 Avril 1734, plus ANGHJULU LUIGGI LUCCIONI, de Pedicorti, et TOMASU SANTUCCI, d'Alisgiani, est l'autorité en matière militaire;
      · Un Office de l'Abondance ou bureau de prévoyance, Uffiziu di Abbundanza, gère l'approvisionnement des populations;
      · L'Office des Pères du Commun, Uffiziu di i Padri di U Cumunu, composé de six membres, est chargé de résoudre et d'arbitrer toutes les contestations touchant aux biens communaux;
      ·  A la tête de chaque province, un chef, Capu è Commandante, juge toutes les causes qui ne relèvent pas du tribunal suprême, A Ghjunta Suprema;
      ·  L'élection et la nomination d'un Secrétaire d'Etat et Garde des Sceaux, Secretariu di Statu è Guardiasugelli;
      ·  La nomination d'un Commandant en Chef des Armées, Capitanu Generale di i Armi et, à la tête de chaque province, d'un Lieutenant Général, Tenente Generale;
      ·  La création d'un Office de la Monnaie, Uffiziu di A Muneta, avec toutes ses prérogatives;
      ·  L'abolition de toutes les lois et statuts établis par Gênes;
      ·  L'indépendance des Uffizie et de leurs décisions, qui ne peuvent être contestées que par la Ghjunta Suprema;
      ·  L'élection d'un auditeur, Auditore Generale, auprès de la Ghjunta Suprema;
      ·  La nomination des officiers des milices;
      ·  La nomination des chanceliers des Uffizie;
      ·  La fixation des tarifs des Uffizie, à observer sous peine de mort.
Enfin, la Cunsulta adopte l'étendard blanc, peint de l'image de l'Immaculée Conception.
30 et 31 Janvier: Cunsulta di Corti: sept articles viennent se rajouter aux quinze votés lors de la Cunsulta di Orezza:
      ·  Le premier de ces articles proclame l'Immaculata Cuncezzione di Maria Virgine, patronne et protectrice du Royaume, et son effigie, l'emblème de la Nazione.
      ·  Le suivant précise que la Ghjunta Suprema donnera un nouveau code, Codice, qui sera publié dans les quinze jours à venir, aux lois duquel devront se soumettre tous les peuples du Royaume.
      ·  Le Dio vi Salvi Regina est adopté comme hymne national (voir 1730).
Les autres articles ne changent rien, ni à l'esprit, ni à la lettre, au texte fondamental de la Cunsulta di Orezza.
Les Balagnesi (qui ont refusé de participer à la Cunsulta di Corti), toujours fidèles aux Génois, se font désarmer par les troupes de SIMONE FABIANI, IGNAZIU ARRIGHI et GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, dit Castineta.
LUIGGI GIAFFERI, SEBASTIANU COSTA et ANTONIU FRANCESCU GIAPPICONI prennent la décision de raser la tour et le village de A Padulella, afin d'empêcher les Génois d'y établir une garnison.
Une compagnie de 50 hommes, menée par PETRU ORTALI, d'Ornetu, est en Tavagna. Elle est chargée de protéger les côtes, et de surveiller le fort génois de San Pellegrinu.
Les pièves de Tavagna, Casinca, Moriani et Campulori sont administrées par ANTONIU FRANCESCU GIAPPICONI, le capitaine général des Quatre pièves de marine.
Des conflits surgissent entre les chefs corses: d'un côté, à Tavagna, LUIGGI GIAFFERI, SEBASTIANU COSTA et ANTONIU FRANCESCU GIAPPICONI, de l'autre, à Rustinu Merusaglia, GHJACINTU PAOLI, SIMONE FABIANI, IGNAZIU ARRIGHI et GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, dit Castineta. Un motif de désaccord est que les uns (PAOLI) sont pour la clémence, les autres (GIAFFERI) pour la rigueur.
PETRU PAULU MURATI, beau-frère des généraux ANDRIA CECCALDI et LUIGGI GIAFFERI, ennemi de la révolution corse, obtient de lever cinq compagnies corses, avec le grade de major. Il est l'instigateur du meurtre de ORSUVECHJU PAOLETTI un chef des Naziunali. A partir de San Pellegrinu, il mène une guerre de représailles contre les habitations et les récoltes, aidé par les Pro-Génois du Campulori, GHJUVAN FIORE et GHJUVAN CARLU COTTONI, et de Moriani, DON FILIPPU GRIMALDI, auxquels il a fait distribuer des armes. Dans le Rustinu, il gagne un parent de GHJACINTU PAOLI, DON MARCU PASQULALINI.
Février: BIANCA de ROSSI, de Ziddara, fille de FRANCESCU MARIA COLONNA di BOZZI (voir 1730), épouse du capitaine ajaccien FRANCESCU SAVERIU ROSSI, au service des Génois, et nièce de SEBASTIANU COSTA, aurait rencontré le représentant du Roi de France à Gênes le Chevalier de CAMPREDON (voir 1729), pour jouer, en Corse, un rôle d'agent au service de la France. Ce dernier note la précarité de la situation politique et militaire en Corse. Il en est de même pour les Anglais ou les Espagnols, avec le Comte RIVERA, le représentant du Roi de Sardaigne à Gênes.
Mars: Le Chevalier de CAMPREDON écrit à LOUIS XV qu'il faudrait proposer à Gênes de céder la Corse à la France.
28 Mars: Cunsulta di U Viscuvatu: il y est décidé de poursuivre la guerre.
30 Mars: Cunsulta di A Casabianca: On y confirme GHJACINTU PAOLI, LUIGGI GIAFFERI et le piuvanu GHJUVANNI AITELLI, dans toutes leurs fonctions et prérogatives, on y renouvelle les membres de l'Uffiziu di a Guerra, et on y nomme SEBASTIANU COSTA Secrétaire et Premier Conseiller d'Etat.
Avril: Ghjuramentu di Boziu (Serment du Boziu): Les six membres de l'Uffiziu di a Guerra font le serment, sur un crucifix, de rester fidèles à la patrie et unis entre eux.
SIMONE FABIANI, IGNAZIU ARRIGHI et GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, sont dans le Capicorsu.
Les cinq pièves du Nebbiu (Patrimoniu, Oletta, Olmeta, San Quilicu et Santu Petru) ne sont plus sures pour les Naziunali. Il y est envoyé 500 fusiliers et le calme y revient.
Un des lieutenants de GHJACINTU PAOLI, ANGHJULU LUIGGI LUCCIONI, entretient une correspondance avec PETRU PAULU MURATI, et prône le rapprochement avec Gênes.
Devant les dissensions qui séparent les chefs de la révolution, et sous la pression de PETRU PAULU MURATI, les habitants de la Casinca, la Tavagna, Moriani et Campulori (les Quatre pièves de marine) passent du côté des Génois.
LUCA d'ORNANO, le responsable des Naziunali du Dilà, est tenté de négocier avec le commissaire du Dilà, OTTAVIO GRIMALDI. SEBASTIANU COSTA décide de se rendre dans le Dilà pour reprendre les affaires en mains.
A Aiacciu, MIGHELE ANGHJULU LUSINCHI, cousin germain de GHJUVAN FRANCESCU LUSINCHI, est secrétaire particulier du commissaire du Dilà, OTTAVIO GRIMALDI.
FRANCESCU RIVAROLA, le fils de DUMENICU, lieutenant colonel du Régiment Corse d'Espagne débarque sur une côte de la piève de Verde, avec 150 fusils, deux barils de poudre et des munitions.
Les chefs corses se réunissent au couvent de A Venzulà, où rien d'important n'est arrêté.
Le major MARCHELLI, avec un détachement de soldats génois ivres, saccage Biguglia, occupée par les Naziunali. Il sera jugé et condamné par Gênes.
10 Avril: SEBASTIANU COSTA, avec ANTONIU FRANCESCU GIAPPICONI, se rend dans le Dilà pour y rencontrer LUCA d'ORNANO. Il lui propose des plans d'actions que ce dernier approuve mais refuse d'appliquer sous prétexte que c'est le temps des moissons.
26 Avril: Lettre, dite Secret de CHAUVELIN: Le Marquis de GERMAIN LOUIS de CHAUVELIN, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères du Roi de France, confie au Chevalier de CAMPREDON la tâche de former un parti pro-Français en Corse. Il veut que soit créé en Corse un parti favorable à son Roi, tout en laissant à Gênes sa souveraineté sur l'Ile, à moins qu'elle ne consente à la vente de la Corse.
Juin: Les deux commissaires généraux génois, UGO FIESCHI et PIER MARIA GIUSTINIANI arrivent aux termes de leur mandat. Ils sont remplacés par un commissaire général unique, FELICE PINELLI, l'ancien gouverneur (voir 1729).
CARLU AIUTELLI, issu de la famille Savelli, de Petra Curbara, lève, en Balagna, cinq compagnies pour le compte des Génois. Dix compagnies de Corses, en tout, avec celles de PETRU PAULU MURATI, rejoignent ainsi les soldats de la République.
Dans le Rustinu, le capitaine DON MARCU PASQULALINI, ami de PETRU PAULU MURATI, tente de recruter pour la République, mais démasqué, il doit s'enfuir à Bastia.
Juillet: Arrivée en Corse de l'officier français du génie DUFOUR. C'est un expert artificier et dans l'art des sièges, à la solde de SEBASTIANU COSTA.
Le nouveau commissaire général FELICE PINELLI, qui refuse toute négociation avec les Naziunali, est décidé à mater la révolte. Il engage deux opérations militaires. L'une consiste à réinstaller dans son palais épiscopal de Cervioni l'évêque d'Aleria, CAMILLO de MARI, qui en a été chassé par les Naziunali; elle échoue, et ses troupes, commandées par son fils CONSTANTINO PINELLI, ainsi que son allié PETRU PAULU MURATI rentrent à Bastia, alors que l'évêque d'Aleria, CAMILLO de MARI est rappelé à Gênes. L'autre a pour but d'occuper et de fortifier le Campulori, elle aura lieu le 20 Août.
Le commissaire du Dilà OTTAVIO GRIMALDI entreprend de contrer l'action diplomatique de SEBASTIANU COSTA et ANTONIU FRANCESCU GIAPPICONI, en demandant à BIANCA de ROSSI, et au docteur en théologie MIGHELE ANGHJULU ZICAVO, de soutenir son action, en faveur de Gênes, contre les Naziunali.
1er Août: De Zicavu, où il s'est installé, SEBASTIANU COSTA convoque tous les notables du Dilà pour une Cunsulta, à Zicavu, dans l'église des Révérends Pères Franciscains.
10 Août: Cunsulta di Zicavu: LUCA d'ORNANO, absent, y est élu général. Les Corses du Dilà ne se laissent pas convaincre par les propos de SEBASTIANU COSTA.
BIANCA de ROSSI tient un rôle important auprès de LUCA d'ORNANO et OTTAVIO GRIMALDI. Elle incite son frère, ANTONIU COLONNA di BOZZI, à rejoindre les Génois.
20 Août: Cunsulta di Ornanu: Elle se tient dans le couvent d'Ornanu, entre Santa Maria et Siché. Le général LUCA d'ORNANO refuse toujours de concrétiser les initiatives militaires proposées par SEBASTIANU COSTA.
Deuxième opération militaire du commissaire général FELICE PINELLI. Ses troupes débarquent dans le Campulori et tentent de se fortifier entre Cervioni et U Cotone. Cette opération menée à nouveau par le fils du commissaire, CONSTANTINO PINELLI, conseillé par le capitaine GIACOMONI, un Corse de Santa Lucia di Taddà, échoue une nouvelle fois, les hommes de LUIGGI GIAFFERI et GHJACINTU PAOLI, aidés des habitants de E Valle d'Alisgiani, rejetant les Génois à la mer. Une polémique éclatera entre officiers génois et partisans de la République, qui se rejettent les uns sur les autres la responsabilité de ces échecs.
A Ampugnani, les hommes de main du commissaire général FELICE PINELLI, assassinent ANGHJELU LUIGGI PAOLETTI, cousin et bras droit du théologien GHJUVAN STEFANU PAOLETTI, le prenant pour ce dernier.
28 Août: Cunsulta di Santa Lucia di Taddà: Les représentants de La Rocca (les pièves de Sarté, Scupamena, Vighjaneddu, Taddà et Carbini) décident de rester fidèles à Gênes. Ils demandent à OTTAVIO GRIMALDI 100 fusils par pièves, nomment leurs officiers, et forment deux compagnies, l'une à Vighjaneddu, l'autre à Auddé.
9 Septembre: CONSTANTINO PINELLI, plusieurs fois battu, retenu dans ses maisons fortifiées, entame des négociations avec les Naziunali.
11 Septembre: Un armistice de deux mois est signé entre les Génois et les Naziunali. CONSTANTINO PINELLI et ses troupes se retirent à Bastia. Les Naziunali en profitent pour faire leurs récoltes.
SEBASTIANU COSTA décide de quitter le Dilà, sans avoir pu régler la situation avec LUCA d'ORNANO.
28 Septembre: Cunsulta di Alisgiani: GHJACINTU PAOLI et LUIGGI GIAFFERI cherchent à réconcilier les chefs corses entre eux.
Octobre: Cunsulta di Santa Lucia di Taddà: Elle se tient dans le couvent de Taddà, où les chefs corses de La Rocca élisent leurs généraux: MIGHELE ANGHJULU DURAZZO FOZZANI, de Fuzzà, fils de DURAZZU di FUZZA, VINCENTE SUSINI et GHJACUMU ANTONE SUSINI.
24 Octobre: FELICE PINELLI ayant échoué dans sa fonction, Gênes nomme PAOLO BATTISTA RIVAROLA (voir 1732) comme nouveau commissaire général.
21 Novembre: SEBASTIANU COSTA, Premier Conseiller de Corse, quitte Zicavu et le Dilà définitivement. Il s'installe à Ghisoni.
Décembre: La division des chefs corses est loin de s'apaiser. LUIGGI GIAFFERI et SEBASTIANU COSTA sont en Tavagna, GHJACINTU PAOLI et ses amis dans leRustinu.
Trois galères génoises, avec de nombreuses barques armées, tournent autour de l'Ile pour empêcher tout secours.
SEVERINU ABBATUCCI, de Zicavu (voir 1723), est gouverneur de Brescia, en Italie.
L'argent, les munitions et les vivres manquent. L'espoir d'obtenir du secours de l'Espagne s'amenuise...
Du côté génois, la guerre de Corse coûte très cher...
Les populations du Dilà sont disposées à se rallier aux Génois.
Aiacciu prête serment à Gênes.
Bastia, Calvi, Bunifaziu, toutes les places principales de l'Ile, restent aux Génois.
CARLU FELICE PANCRAZI, de Ghjucatoghju, est docteur in utroque jure.
Edition d'une carte de la Corse par les Héritiers d'HOMANN, imprimeurs à Nuremberg.
Edition d'une carte de la Corse par les Héritiers de RATELBAND, imprimeurs à Amsterdam.



1736:

Le notable bastiais DUMENICU ROSSI est podestat de Bastia.
13 Janvier: SEBASTIANU COSTA est à Orezza.
Les Naziunali font connaître au nouveau commissaire général leurs revendications et leurs propositions.
20 Janvier: Le nouveau commissaire général PAOLO BATTISTA RIVAROLA (natif de Bastia) arrive à Bastia. Il est secondé par IMPERIALI.
N'ayant reçu aucune réponse à leurs récentes propositions, les Naziunali décident de reprendre les hostilités et d'attaquer les présides génois de San Pellegrinu, près de I Fulelli, et de la tour de La Padulella, à Moriani avant le départ de FELICE PINELLI.
29 Janvier: 500 fusiliers corses, avec LUIGGI GIAFFERI, GHJACINTU PAOLI, SEBASTIANU COSTA, ANGHJULU LUIGGI LUCCIONI, GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, ANTONIU FRANCESCU GIAPPICONI, LUIGGI CIAVALDINI, d'Orezza, et l'ingénieur DUFOUR, l'expert artificier, marchent sur le fort de San Pellegrinu.
5 Février: La tour de La Padulella, à Moriani, tombe aux mains des Naziunali.
6 Février: 3000 à 4000 Naziunali sont autour de U Poghju Mezzana, tenu par quelques centaines de Corses au service des Génois (des Oriundi), sous le commandement de DON FILIPPU GRIMALDI.
17 Février: L'assaut est donné, le village résiste, puis tombe. DON FILIPPU GRIMALDI, blessé, est libéré et rejoint Bastia.
Le Campulori, pacifié par les Naziunali, est désarmé.
4 Mars: Deux bateaux accostent à L'Isulà, débarquent des munitions et des vivres, à destination des Naziunali. Il pourrait s'agir d'un don des Anglais aux patriotes corses.
5 Mars: Le camp est dressé devant le fort de San Pellegrinu, hors de portée des canons.
12 Mars: A Aleria, débarquement d'un vaisseau battant pavillon anglais (parti de Tunis, commandé par le capitaine DICK, citoyen anglais, fils du consul d'Angleterre à Tunis), après avoir croisé plusieurs jours au large de l'embouchure du Tavignanu, en attendant une réponse positive au courrier qu'il a fait parvenir à LUIGGI GIAFFERI, de THEODORE ETIENNE, Baron de NEUHOFF, avec une suite de 17 personnes (un lieutenant colonel français, un secrétaire, un maître d'hôtel, un majordome, un chapelain, un cuisinier, trois esclaves maures et huit autres domestiques...). Avec lui également, quelques armes (10 canons et 4000 fusils), 3000 paires de bottes, 700 sacs de provisions et 10000 sequins de Tunis.
16 et 17 Mars: A San Pellegrinu, les Naziunali attaquent. C'est un échec total. Les Corses rompent les rangs et abandonnent le siège du fort de San Pellegrinu.
Chacun, consterné, rentre chez soi. GHJACINTU PAOLI et SEBASTIANU COSTA se préparent à l'exil. D'autres parlent de paix...
19 au 21 Mars: Cunsulta di A Casabianca: Elle se tient au couvent Sant'Antoniu di A Casabianca. On y décide d'envoyer des émissaires (dont GHJACUMU FRANCESCU PIETRI, dit Cannuchjale ou Machiavellu, de Tavagna) à Bastia, auprès du commissaire général génois PAOLO BATTISTA RIVAROLA.
23 Mars: Après s'être réunis en assemblée secrète à Matra, tous les chefs corses sont à Aleria pour accueillir THEODORE de NEUHOFF: GHJACINTU PAOLI, SEBASTIANU COSTA, LUIGGI GIAFFERI, ANDRIA CECCALDI, ANGHJULU LUIGGI LUCCIONI, GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, ANTONIU FRANCESCU GIAPPICONI, SAVERIU de MATRA... Seuls manquent, pour l'instant, SIMONE FABIANI et IGNAZIU ARRIGHI.
29 Mars: Afin de s'éloigner du fort de San Pellegrinu, tenu par les Génois, les chefs corses et THEODORE de NEUHOFF se rendent à Cervioni. THEODORE de NEUHOFF s'installe dans le palais épiscopal laissé libre après la fuite de l'évêque d'Aleria, CAMILLO de MARI.
GHJACINTU PAOLI et les généraux mettent sur pied et organisent la nouvelle armée.
A Matra, THEODORE de NEUHOFF, travaillant à sa couronne avec GHJUVAN PETRU GAFFORI, membre de la Ghjunta Suprema, et ANTONIU FRANCESCU GIAPPICONI, propose une Cunsulta Generale.
Avril: Les soldats génois de la garnison du fort de San Pellegrinu sont toujours en alerte.
13 Avril: Cunsulta di Alisgiani: Elle dure six jours. On vote à l'unanimité l'élection du roi. Il y est défini le contrat qui liera THEODORE de NEUHOFF à la nation corse. SEBASTIANU COSTA, nommé Chancelier du Roi, est chargé de rédiger un texte, en quelques articles, d'une Loi fondamentale, une convention,qui régira la royauté: Capitoli convenuti trà il Regnu di Corsica ed il Signore Teodoru Baron Liberu di Neoff circa l'elezione del medesimu fatta in suo Sovranu.
Ces articles sont les suivants:
      ·  Le Roi doit toujours vivre dans le royaume, y observer et maintenir la foi catholique;
      · Le Roi a le droit de choisir un successeur, s'il n'a pas de descendance, pourvu que ce dernier soit catholique et qu'il demeure en Corse;
      ·  Toutes les dignités et les charges du Royaume doivent être attribuées aux seuls Corses;
      ·  L'impôt personnel ne doit pas excéder trois lires de monnaie courante par feu;
      ·  Le nombre de soldats étrangers des troupes royales ne doit pas dépasser 1200;
      ·  Une Diète sera élue (24 membres (Cunsultori), 16 pour le Diquà et 8 pour le Dilà), sans l'approbation de laquelle le Roi ne peut rien décider en matière de paix, de guerre,           d'impôts ou de gabelle;
      ·  A l'extinction de la lignée du Roi ou de celle de son successeur, la Nation retrouvera tous ses droits pour l'élection d'un autre Roi ou pour choisir toute autre forme de gouvernement qui lui plaira;
      ·  Une réglementation de la vente et le prix du sel;
      ·  Création d'une université, una Publica Università di Studi, dont le lieu d'implantation reste au choix de la Diète et du Roi (Article 16);
      ·  Confiscation des biens de tous les ressortissants génois et de leurs partisans;
      ·  Création d'un ordre de noblesse.
14 Avril: A Alisgiani, les articles de la Loi Fondamentale de la nouvelle Nation sont présentés au peuple, qui les approuve, et qui demande la désignation d'un Roi.
15 Avril: A Alisgiani, devant 25000 Corses, THEODORE de NEUHOFF est proclamé Roi de Corse, sous le nom de THEODORE 1er. Il fait le serment au peuple, de rester fidèle aux lois que celui-ci vient d'approuver.
16 Avril: A Alisgiani, THEODORE 1er nomme ses ministres: LUIGGI GIAFFERI et GHJACINTU PAOLI sont Généraux, Premiers Ministres et Marquis; SEBASTIANU COSTA, Grand Chancelier et Garde des Sceaux; GHJUVAN PETRU GAFFORI est Secrétaire à la Guerre et au Cabinet, et Comte; SIMONE FABIANI est Gouverneur de Balagna, Comte et Vice-Président du Conseil de Guerre; ANTONIU FRANCESCU GIAPPICONI est Comte et Capitaine de la Garde Royale; GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, dit Castineta, et IGNAZIU ARRIGHI sont Lieutenants Généraux; le chanoine GHJULIU MATTEU NATALI est Secrétaire à la Chancellerie; GHJACUMU FRANCESCU PIETRI, dit Cannuchjale est Provéditeur des Armées. Ces nominations créent des rancœurs et des jalousies chez les notables corses.
Les Panzani, de Zuani, pro-Génois, font allégeance au Roi THEODORE 1er.
ANGHJULU FRANCESCU PERETTI, de Zicavu, reçoit le titre de Comte du Roi THEODORE 1er.
AMBROGHJU QUILICI, de Spiluncatu, reçoit le titre de Baron du Roi THEODORE 1er.
ANTONIU COLONNA di BOZZI, de Ziddara, reçoit le titre de Baron du Roi THEODORE 1er.
GHJUVAN FIORE et GHJUVAN CARLU COTTONI, pro-Génois du Campulori, reçoivent le Roi THEODORE 1er en grande pompe.
18 Avril: LUCA d'ORNANO, le maître du Dilà, arrive àAlisgiani pour reconnaître son Souverain. Il se voit confirmer dans son grade de Lieutenant Général des provinces du Sud.
Le Roi THEODORE 1er et sa cour sont de retour à Cervioni. Sa préoccupation première est de chasser les Génois de Corse.
19 Avril: Le Roi THEODORE 1er proclame une amnistie générale pour les Corses partisans de Gênes qui feront leur soumission dans les six jours.
20 Avril: Le Roi THEODORE 1er rend des édits abolissant toutes les lois et tous les statuts promulgués ou approuvés par Gênes. Il publie, pour les remplacer, les Ordonnances Criminelles.
22 Avril: Le Roi THEODORE 1er sollicite sa reconnaissance par le Roi de France.
23 Avril: Le Roi THEODORE 1er décide de s'emparer de Porti Vechju qui est, avec Bunifaziu, la place maîtresse et la clé de tout le sud de la Corse. ANTONIU COLONNA di BOZZI et GHJUVANNI TOMASU FRANZINI, d'Ampugnani, sont chargés d'occuper le port, où le Roi attend quatre navires de matériel. Il charge également ANGHJULU LUIGGI LUCCIONI, de prendre Bunifaziu, GHJACINTU PAOLI de prendre Bastia, SIMONE FABIANI de prendre Calvi, et IGNAZIU ARRIGHI de prendre San Fiurenzu.
ANTONIU COLONNA di BOZZI prend sans résistance Porti Vechju dont la garnison, composée d'une quarantaine de soldats génois, s'enfuit, abandonnant deux canons. La population, fidèle à Gênes, a quitté la ville, puis, quelques heures après la capitulation, rentre, se rend, et se met au service du Roi.
ANTONIU COLONNA di BOZZI, promu colonel, enrôle 200 hommes venus des montagnes voisines.
Le Roi THEODORE 1er décide alors de prendre Bunifaziu. Cette mission est confiée à ANGHJULU LUIGGI LUCCIONI, lequel doit prendre contact avec des notables de Quenza, partisans de Gênes, et bien connus de lui, pour favoriser le ralliement des Bonifazinchi.
26 Avril: MIGHELE ANGHJULU DURAZZO FOZZANI se déclare pour THEODORE 1er. Il entraîne avec lui la totalité des habitants de La Rocca. ANTONIU ORTOLI se rallie à son tour avec les 500 fusils des Sartinese. NABULIU GIUDICELLI, de Zonza, en fait autant, ainsi que GHJUVAN FELICE PANZANI, d'Altaghjé. Quenza et Livia hésitent encore.
27 Avril: Le Roi THEODORE 1er et sa cour prennent la route de A Venzulà, base de départ pour atteindre les premiers objectifs que sont Bastia et San Pellegrinu, tenus par les Génois. Il s'installe à Ornetu, en Tavagna.
Le Roi THEODORE 1er forme une armée, nomme ANTONIU FRANCESCU GIAPPICONI Secrétaire d'Etat à la Guerre, MIGHELE ANGHJULU DURAZZO FOZZANI Lieutenant Général des Troupes Nationales, SIMONE FABIANI Lieutenant Général du Royaume et Capitaine Général de la Balagna, ANGHJULU FRANCESCU PERETTI, de Zicavu, Lieutenant Général du Dilà, AMBROGHJU QUILICI, de Spiluncatu, Lieutenant Général, MILAMINU LUSINCHI, de Zicavu, un officier recruteur pour le compte du Roi de Naples, colonel chargé de la garde personnelle du Roi
30 Avril: GHJACINTU PAOLI et GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, dit Castineta, avec 1200 hommes, dont 800 fusiliers, marchent sur Bastia. IGNAZIU ARRIGHI et ANTONIU de BUTTAFUOCO, avec 300 fusiliers, font route vers San Pellegrinu.
ANTONIU COLONNA di BOZZI est nommé Chevalier du Premier Ordre, puis Comte par le Roi THEODORE 1er.
MIGHELE ANGHJULU DURAZZO FOZZANI, de Fuzzà, est nommé Comte de La Rocca par le Roi THEODORE 1er.
FABRIZIU GRAZIETTI, de Vezzani, est nommé Comte par le Roi THEODORE 1er.
ANTONIU PERALDI, de Cavru, est nommé Comte par le Roi THEODORE 1er.
Mai: Pour 30 sequins, ANGHJULU LUIGGI LUCCIONI livre Porti Vechju aux Génois, et leur donne également les plans secrets de Bunifaziu. ANTONIU COLONNA di BOZZI révèle cette trahison au Roi, lequel condamne à mort ANGHJULU LUIGGI LUCCIONI, et le fait fusiller sur-le-champ.
9 Mai: Gênes publie un libelle sous forme d'édit, qui reproche au Roi THEODORE 1erd'être l'auteur des nouveaux troubles, séducteur des peuples, perturbateur du repos public, et criminel de lèse-majesté. Dans cet édit, une prime de 2000 Genovine est offerte à quiconque prendra ou tuera SEBASTIANU COSTA et son fils GHJUSEPPU, et MIGHELE ANGHJULU DURAZZO FOZZANI.
15 Mai: Bastia est assiégée depuis quinze jours. Le commissaire général PAOLO BATTISTA RIVAROLA refuse de se rendre. Le camp de GHJACINTU PAOLI est à Furiani.
Lors d'une attaque de nuit, GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, dit Castineta, est blessé.
Le siège de San Pellegrinu traîne également en longueur.
De sa résidence d'Ornetu, le Roi THEODORE 1er reporte toute son attention sur les affaires civiles. Entre autres, il proclame la Liberté de conscience aux hommes des autres nationalités et des autres croyances qui pourraient venir ici pour nous assister dans nos entreprises, expression que conteste GHJACINTU PAOLI, et que doit expliquer le chanoine théologien ALBERTINI, curé de Pedipartinu di Orezza.
Le Roi THEODORE 1er nomme GHJUVAN PETRU GAFFORI président de l'Hôtel de la Monnaie, Presidente della Zecca, et fait fabriquer, à Ornetu, ses pièces de cuivre (de cinq sous et de deux sous et demi). La monnaie d'argent (de Trois Livres), fabriquée par le graveur GHJULIU FRANCESCHI (dit Sette Cerbelle), aux armes du Roi, avec la Tête de Maure d'un côté et la Vierge Marie de l'autre, ne sortira que quelques semaines plus tard.
Le Roi THEODORE 1er se rend dans le Nebbiu. Avec lui, SIMONE FABIANI et IGNAZIU ARRIGHI, à la tête de 100 cavaliers et de 500 fusiliers, s'emparent de Patrimoniu, Barbaghju, et cernent San Fiurenzu. Il nomme SEBASTIANU COSTA, resté à Ornetu, en Tavagna, Vice-Roi de Corse.
29 Mai: L'abbé GREGORIU SALVINI débarque à L'Isulà avec des munitions pour le Roi THEODORE 1er.
2 Juin: Le Roi THEODORE 1erécrit à Gênes. Il répond par un manifeste à la lettre du 9 Mai. Cette réponse est un violent réquisitoire contre les Génois.
GHJUVAN BATTISTA CERVONI, dit Schizzettu, est nommé lieutenant-colonel par le Roi THEODORE 1er.
6 Juin: Le Roi THEODORE 1er se rend en Balagna. Il désire s'emparer de Calinzana et Algaiola restées fidèles à Gênes. Il s'installe à Montemaio, avec GHJACINTU PAOLI et LUIGGI GIAFFERI. GHJULIU MATTEU NATALI, avec TOMASU CERVONI, est chargé de poursuivre la campagne de San Fiurenzu, et GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, dit Castineta, celle de Bastia.
PETRU ORTALI est devant San Pellegrinu.
Calinzana résiste aux assauts des troupes royales menés par les seuls Niulinchi. Le Roi THEODORE 1er doit se retirer.
L'éternel conflit qui divise les chefs corses devient un danger beaucoup plus redoutable que les Génois.
9 Juin: D'Ornetu, SEBASTIANU COSTA rend compte au Roi THEODORE 1er des difficultés de fonctionnement du Royaume (moissons mauvaises, pas de main d'œuvre…).
Le siège de Calinzana est abandonné par les Niulinchi. GHJULIU MATTEU NATALI et TOMASU CERVONI se retirent chez eux.
Le Roi THEODORE 1er doit quitter Montemaio.
29 Juin: SEBASTIANU COSTA s'installe au couvent de Tavagna. La situation s'aggrave dans le Royaume. La monnaie n'est plus frappée, les munitions et le ravitaillement font défaut, les renforts promis n'arrivent pas, la jalousie et la délation font des ravages…
SEBASTIANU COSTA écrit au Roi que les traîtres s'enhardissent et les bons perdent leur ardeur.
L'évêque de Sagone PIER MARIA GIUSTINIANI doit quitter l'Ile pour raisons de santé et de finances.
THEODORE 1er se rend à Corti ou, seul GHJUVAN PETRU GAFFORI vient l'accueillir.
IGNAZIU ARRIGHI veut empêcher le Roi de séjourner dans la ville. Il s'ensuit une bataille dans laquelle le Corse est battu. Il s'enfuit et se réfugie à Guagnu ou à Vicu.
1er Juillet: L'abbé GREGORIU SALVINI, débarque à nouveau à L'Isulà avec des munitions à vendre à THEODORE 1er pour le compte de deux marchands de Livourne.
9 Juillet: Les Génois s'emparent de Furiani.
15 Juillet: Vindetta non loin de Pedicroce: A Stazzona d'Orezza, SIMONE FABIANI, comte, Gouverneur de Balagna, et vice-Président du Conseil de Guerre est assassiné par ses ennemis, les Panzani, de Zuani, pro-Génois, et GHJACINTU PETRIGNANI, de A Venzulà, qui lui reprochent l'exécution de leur parent ANGHJULU LUIGGI LUCCIONI.
THEODORE 1er fait un passage au couvent de Spiluncatu. Averti d'un complot, il doit quitter l'endroit au plus tôt.
29 Juillet: THEODORE 1er est de retour en Tavagna, où il essaie de remettre un peu d'ordre dans les affaires du Royaume.
10 Août: THEODORE 1er est au couvent de Verde, sur la route de Linguizetta, à Canale. Il y reste quelques jours à peine. Craignant l'assassinat (ou par inconstance ou anxiété), il voyage de plus en plus.
28 Août: THEODORE 1er, avec SEBASTIANU COSTA, prend la route du Fiumorbu pour se rendre dans le Dilà.
1er Septembre: THEODORE 1er et sa suite sont àPorti Vechju. Il y reste trois jours.
5 Septembre: THEODORE 1er prend la route de Sarté dont il a décidé de faire sa résidence royale. Il passe par l'Uspidale, Zonza et Mela. Il évite Livia et rejoint le couvent de Santa Lucia di Taddà.
8 Septembre: THEODORE 1er est à Sarté, où, le Conseil de la Communauté, avec à sa tête MIGHELE ANGHJULU DURAZZO FOZZANI, et LUCA d'ORNANO, le reçoivent. Il s'installe au Palazzu Publicu, où tous les notables du Dilà viennent lui présenter leurs hommages.
16 Septembre: THEODORE 1er crée, à l'instigation de MILAMINU LUSINCHI, de Zicavu, l'Ordre de la Délivrance (dont la devise est In Te, Domine, Speravi), ordre de noblesse et de chevalerie, ésotérique, d'inspiration maçonnique, qui impose au nouveau Chevalier dudit ordre l'obligation de porter partout et toujours l'épée, et de la tenir constamment hors du fourreau pendant la messe.
Les secours attendus par THEODORE 1er n'arrivent toujours pas.
MILAMINU LUSINCHI propose une barque à THEODORE 1er. Découragé, ce dernier, profite de l'occasion et décide de quitter la Corse, pour obtenir (dit-il) et activer l'arrivée des secours. Son chancelier SEBASTIANU COSTA l'accompagnera, ainsi que MIGHELE ANGHJULU DURAZZO FOZZANI. Il nomme Marquis GHJACINTU PAOLI, LUIGGI GIAFFERI et LUCA d'ORNANO, lesquels assumeront un Conseil de Régence, aidés de ERASMU ORTICONI et de FILIPPU MARIA CUTTOLI, le curé d'Ocana.
3 Novembre: THEODORE 1er et sa suite quittent Sarté et arrivent à Carghjaca.
4 Novembre: THEODORE 1er est à Auddé.
10 Novembre: Des environs de U Sulaghju, THEODORE 1er, SEBASTIANU COSTA, MILAMINU LUSINCHI, MIGHELE ANGHJULU DURAZZO FOZZANI, sa suite personnelle (neuf personnes en tout), et des soldats de sa garde destinés à l'armée napolitaine, quittent la Corse et embarquent pour Livourne sur une tartane provençale commandée par le patron DECUGIS de Saint-Tropez. Avant de partir, il confirme, par un manifeste, les institutions mises en place jusqu'à son retour.
14 Novembre: Après une traversée mouvementée, THEODORE 1er, déguisé en moine, et sa suite, débarquent à Livourne, et disparaissent on ne sait où (Venise, Cologne…).
Ainsi se termine l'histoire de THEODORE de NEUHOFF, Roi d'un été, en Corse.
20 Novembre: A Livourne, publication de Disinganno intorno alla guerra di Corsica scoperto da Curzio Tulliano Corso ad un suo Amico dimorante nell'Isola, du chanoine GHJULIU MATTEU NATALI, d'Oletta, texte contre Gênes, écrit sous le pseudonyme de ATTILIO CURZIANO (anagramme de CURZIO TULLIANO). C'est la deuxième édition, la première ayant été publiée en Avril 1732 sous un autre titre.
1er Décembre: Les Génois font paraître une circulaire annonçant le départ de THEODORE de NEUHOFF.
10 ou 22 Décembre: Les Marquis Régents GHJACINTU PAOLI, LUIGGI GIAFFERI et LUCA d'ORNANO manifestent leur attachement au Roi dont la tête est mise à prix par les Génois, (ainsi que celles de SEBASTIANU COSTA, de son fils et de MIGHELE ANGHJULU DURAZZO FOZZANI pour 2000 Genovini. En même temps, ils députent le piuvanu LUIGGI CIAVALDINI auprès du commissaire général PAOLO BATTISTA RIVAROLA, pour entrer en négociations.
Edition d'une carte de la Corse, de PETER CONRAD MONATH, éditeur et libraire à Nuremberg.
Le chanoine ERASMU ORTICONI écrit Testamento politico di Simone Fabiani.
Une gravure de HAID représente le THEODORE 1er, sceptre en main, et, dans sa partie inférieure, figure une Tête de Maure, les yeux bandés...



1737:

Le notable bastiais FELICE CARDI est podestat de Bastia.
THEODORE de NEUHOFF est à Turin.
A Bastia, l'abbé CARLU ROSTINI est le précepteur de GUGLIELMU, le fils du Pro-Génois PETRU CASALE, d'Olmeta di Tenda, dit Il Magnifico.
21 Janvier: Cunsulta di Corti: Les Naziunali et les trois Régents jurent fidélité à THEODORE de NEUHOFF. LesCorses poursuivent la lutte, cantonnant les Génois dans leurs possessions.
THEODORE de NEUHOFF est de passage à Paris.
Février: GHJACINTU PAOLI et GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, dit Castineta, mènent des expéditions contre lesGénois et leurs partisans àBastia, Borgu et Aleria. LUCA d'ORNANO en fait autant dans le Sud. La guerre s'éternise.
GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, dit Castineta, investit Borgu avec 400 hommes, et incendie les maisons de tous les partisans de Gênes.
La France propose aux Génois de les aider, de gré ou de force, à mater la révolte, afin d'empêcher la Corse de passer sous le pouvoir d'une autre quelconque puissance.
L'Angleterre proclame que la Corse doit rester aux Génois. La Savoie en fait de même, ainsi que l'Autriche. L'Espagne, par contre, a des visées sur la Corse, et finance l'envoi de quelques armes et munitions. Enfin, le Duc de Lorraine, à qui l'on a promis la Toscane, se verrait bien récupérer également la Corse.
7 Avril: A Livourne, l'abbé CARLU ROSTINI rencontre les exilés corses de l'extérieur, groupés autour de l'abbé GREGORIU SALVINI.
15 Avril: L'abbé CARLU ROSTINI débarque à Bastia.
12 Juillet: Traité (ou Convention) de Versailles, dans lequel l'Empereur Germanique CHARLES VI et le Roi de France LOUIS XV s'engagent à ce que la Corse reste sous domination génoise. Il définit l'aide militaire française destinée à combattre la nouvelle insurrection.
GHJUVAN BATTISTA CERVONI, dit Schizzettu, commandant de la piève de Talcini, est tué à Corti.
5 Août: Accord entre le Roi de France, l'Empereur Germanique et la République de Gênes: la France enverra en Corse 3000 hommes, plus s'il le faut, pour ramener les Naziunali à l'obéissance. Gênes payera 700000 livres, et devra compter avec le Roi de France et l'Empereur Germanique pour établir une nouvelle convention avec les Corses.
15 Septembre: Une clause secrète est ajoutée au Traité de Versailles: le Roi de France s'engage à mettre d'une façon stable et définitive, la Corse sous la domination de Gênes.
28 Septembre: Des chefs corses, ainsi que des Corses de l'extérieur (de Livourne, GREGORIU SALVINI, de Venise, GHJUVAN TOMASU BOERIO, et de Naples, DUMENICU RIVAROLA), écrivent au Roi de France et à son ministre le cardinal ANDRE HERCULE de FLEURY, pour justifier la légitimité de leurs actions. Ils leur demandent de bien vouloir incorporer la Corse au Royaume de France.
12 Octobre: Décès (par empoisonnement ?), à Livourne, après avoir écrit ses mémoires, Memorie Riguardanti il Re Teodoro, de SEBASTIANU COSTA.
17 Octobre: Cunsulta di Alisgiani: Les Naziunali décident de proposer à Gênes de remettre en vigueur la convention de gouvernement entre Génois et Corses de Mars 1733, et les revendications des Nobili Dodeci, du 23 Mai 1730, en onze articles, et cautionnée par l'Empereur CHARLES VI, avec quelques aménagements concernant le port d'armes, la liberté de commerce, le régime fiscal et judiciaire. Le commissaire général PAOLO BATTISTA RIVAROLA rejette cette proposition et demande une capitulation sans conditions.
21 Octobre: Lettre de THEODORE de NEUHOFF aux Naziunali, leur promettant soutien et renforts.
Le florentin FRANCESCHINO D'AGATA, un fidèle de THEODORE de NEUHOFF, est arrête à bord d'un navire chargé de munitions (le Young Rombout) faisant route sur L'Isula. Il est condamné à la pendaison.
10 Novembre: Convention de Fontainebleau entre la République de Gênes et le Roi de France LOUIS XV: Conformément auTraité (ou Convention) de Versailles du 12 Juillet et du 5 Août, la France, dans un texte de douze articles, doit engager en Corse un corps expéditionnaire de 3000 à 8000 soldats. L'entretien d'une partie de ces troupes sera à la charge de Gênes.
10 Décembre: A Livourne, l'ancien Consul de France à Tunis, PIGNON, rencontre secrètement l'abbéGREGORIU SALVINI, représentant du gouvernement corse dans la ville, au sujet d'une négociation éventuelle avec le Roi de France en vue de la libération de la Corse.
27 Décembre: Cunsulta di Corti: Les Naziunali confirment leur fidélité au Roi THEODORE. Cette décision est signée par les trois Marquis Régents GHJACINTU PAOLI, LUIGGI GIAFFERI et LUCA d'ORNANO.
Publication, à Gênes, de l'Anticurzio, opuscule anonyme (mais attribué à l'ancien évêque de Sagone PIER MARIA GIUSTINIANI (voir 1736) pour répondre à la deuxième édition (imprimée à Parme sous la fausse indication deFribourg) du Disinganno intorno alla guerra di Corsica scoperto da Curzio Tulliano Corso ad un suo Amico dimorante nell'Isola, de GHJULIU MATTEU NATALI, écrit, en Italien, sous le pseudonyme de ATTILIO CURZIANO (anagramme de CURZIO TULLIANO), (voir 1736): Riposta ad un libello famoso intitolato Desingano intorno etc. da Tulliano Corso, co cui l'autore hatretesto di difindere come lecita la ribellione di alcuni Corsi contro la Serenissima Republica di Genova.
Publication, à Naples, d'une Storia degli Eresiarchi, suivie d'une Descrizione del Regno di Corsica, par le Duttore GHJACUMU SEMIDEI, théologien de Brandu.
Edition d'une carte des Pièves de la Corse, par RENIER et JOSUA OTTENS, éditeurs et libraires à Amsterdam.
Edition d'une carte de la Corse, de JEAN COVENS et CORNEILLE MORTIER, éditeurs et imprimeurs à Amsterdam. Sur celle-ci, figure le blason de l'Ile divisé en deux parties égales, la moitié droite est réservée au Roi THEODORE 1er, avec les armoiries allemandes de sa famille (une chaîne à trois maillons), et la moitié gauche au peuple corse (symbolisé par la Tête de Maure).



1738:

Le notable bastiais PAULU IGNAZIU ZERBI est podestat de Bastia.
Janvier: Arrivée du nouveau commissaire général GIOVANNI BATTISTA de MARI.
2 Janvier: LOUIS de FRETAT, Comte de BOISSIEUX, le commandant du corps expéditionnaire français est à Antibes.
3 Janvier: A Bastia, l'abbé CARLU ROSTINI, recherché par les Génois, doit se réfugier dans l'église des Jésuites.
6 Janvier: Publication de Lettera circolare scritta dalla Nazione Corsa, louant les vertus du Roi THEODORE et les nombreux avantages que les Corses seraient obliger d'abandonner s'ils le perdaient.
12 Janvier: ANTONIU COLONNA di BOZZI, débarqué dans le Valincu avec 14 officiers allemands, réunit 800 Naziunali et attaque les Génois au nom du Roi THEODORE. Il prend L'Isulà.
ANTONIU de BUTTAFUOCO est choisi par la Nazione pour être le colonel du Régiment Corsica qui se forme à Naples.
Février: Le corps expéditionnaire français, mis sur pied par ordre du cardinal ANDRE HERCULE de FLEURY, est rassemblé à Antibes, et attend un vent favorable pour gagner San Fiurenzu.
5 au 8 Février: Le Comte de BOISSIEUX et son état major débarquent de deux frégates (La Flora et La Légère) à San Fiurenzu. D'autres navires débarquent en tout six régiments (101 compagnies, 3000 hommes).
LOUIS ARNAUT JAUSSIN, l'apothicaire major du Roi, débarque lui, à Bastia. Il sera l'auteur de Mémoires sur les événements de cette période en Corse.
9 Février: Le Comte LOUIS de BOISSIEUX, avec quatre régiments, arrive à Bastia. Les deux autres régiments sont envoyés à Calvi sous les ordres du Marquis de VILLEMUR.
11 Février: A Bastia, rencontre entre le Comte de BOISSIEUX et le commissaire général GIOVANNI BATTISTA de MARI. Le Français désire rencontrer les chefs des Naziunali.
Le commissaire général GIOVANNI BATTISTA de MARI écrit à l'ancien Consul de France à Tunis, PIGNON, qui est chargé de mission en Corse par le gouvernement français: Le motif de la rébellion en Corse n'est rien d'autre que le libertinage chez quelques-uns, lesquels appelés chefs, parce qu'ils ont plus de parents que les autres, inspirent la crainte même aux habitants des lieux fidèles à la République…
24 Février: Le Comte LOUIS de BOISSIEUX est nommé Lieutenant général.
26 Février: Cunsulta tenue au couvent de la Casinca: Le chanoine ERASMU ORTICONI et LUIGGI GIAFFERI sont chargés d'écrire un Mémoire au général LOUIS de BOISSIEUX pour lui faire part de l'intention des Corses de devenir des sujets du Roi de France.
28 Février: Le général LOUIS de BOISSIEUX répond aux Corses qu'ils doivent d'abord, et sans conditions, se rendre à l'autorité de Gênes.
7 Mars: Cunsulta di Olmi e'Cappella: GHJACINTU PAOLI et LUIGGI GIAFFERI informent les chefs des pièves que trois représentants ont été désignés pour rencontrer le général LOUIS de BOISSIEUX à Bastia. Ces trois délégués sont le chanoine ERASMU ORTICONI et GHJUVAN PETRU GAFFORI pour le Diquà et FILIPPU MARIA CUTTOLI, le curé d'Ocana, pour le Dilà,. Ils auront mandat des chefs de pièves pour parler en leur nom.
29 Mars: Les délégués corses sont à Bastia.
30 Mars: Les délégués corses rencontrent le général LOUIS de BOISSIEUX. Les négociations commencent.
4 Avril: Le général LOUIS de BOISSIEUX refuse la proposition du prêtre GREGORIU SALVINI, qui l'adjure de mettre la Corse sous la souveraineté du Roi de France.
Les trois délégués corses ont du mal à réunir les procurations de tous les chefs de pièves, ces derniers rechignant à donner plein mandat à ceux qui vont sans doute les livrer sans défense au représentant français, c'est à dire aux Génois.
8 Avril: Arrivée de Livourne, de NICOLU FREDIANI, avec armes et munitions envoyées d'Allemagne par THEODORE de NEUHOFF. Il débarque avec le titre de commissaire général, et des instructions très précises du Roi THEODORE, lequel recommande l'union sacrée de tous les Corses.
Cunsigliu dei Principali, à Sant'Antoniu di A Casabianca, où l'on se propose de transmettre aux trois délégués corses des propositions sur lesquelles pourrait se faire un accord entre Gênes et les Corses. Ces propositions (au nombre de 14) devront être ratifiées par le Roi THEODORE. Les Corses s'y engagent à reconnaître Gênes, non comme un maître, mais comme un protecteur à qui ils paieront, à ce titre, une somme de 500000 livres l'an. Ce traité devra être appliqué sous la garantie du Roi de France.
26 Avril: Le général LOUIS de BOISSIEUX écrit aux généraux corses GHJACINTU PAOLI et LUIGGI GIAFFERI: les inimitiés particulières occasionneront journellement de nouveaux meurtres.
7 Mai: A Porti Vechju, arrivent quatre navires, affrétés par le Roi THEODORE, chargés de 32 canons, 300 fusils, de munitions, de chaussures et de toile...
Nouveau projet d'accord, en 28 points, proposé par les Corses.
18 Mai: Des chefs corse écrivent au ministre le cardinal ANDRE HERCULE de FLEURY pour le supplier d'être leur juge et leur avocat et disent leur espoir d'être délivrés par le Roi de l'esclavage et de l'oppression où se trouve la Corse.
1er Juin: Quatre galères françaises, en provenance de Marseille, arrivent à Bastia. Elles ont pour mission d'empêcher tout secours aux Naziunali.
6 Juin: Le Roi de France est décidé à restituer la Corse à Gênes. De plus, il exige des otages, qui seront conduits en France et y resteront, jusqu'à la totale soumission de l'Ile.
Durant le mois, se discutent les modalités d'un traité de soumission de la Corse à Gênes.
8 Juin: Le cardinal ANDRE HERCULE de FLEURY estime que les Génois étant leurs maîtres légitimes, la France entend seulement rétablir en Corse la paix troublée par les rebelles.
Le Roi de France assure que les revendications des Corses seront écoutées avec bienveillance. Ces derniers demandent que la France occupe les forts de Calvi, Aiacciu et Bunifaziu, tant que les Génois n'auront pas prouvé leur loyauté dans l'application du traité de soumission.
6, 7 et 8 Juillet: Cunsulta di Corti: GHJUVAN PETRU GAFFORI se fait remarquer par son éloquence. Les Naziunali acceptent mal la décision du Roi de France. De plus ils doivent désigner les otages qui garantiront l'accord. Ils seront quatre pour le Diquà: ANTONIU de BUTTAFUOCO, de U Viscuvatu, FILIPPU MARIA COSTA, de Moriani, ALERIU FRANCESCU de MATRA, de Matra, et GHJUVAN TOMASU GIULIANI, de Balagna, et deux pour le Dilà: ANTONIU COLONNA di BOZZI, de Ziddara, et ANTONIU GALLONI d'ISTRIA, d'Ulmetu. Tous devront résider à Toulon, libres et assurés de ne pas être livrés à Gênes.
3 Août: Les quatre otages du Diquà quittent Bastia pour Toulon.
A Aleria, débarquement du Baron MATHIEU de DROST, cousin ou neveu de THEODORE de NEUHOFF, avec quantités de vivres et munitions. Il annonce aux Corses le futur retour du Roi THEODORE.
9 Août: Les quatre otages du Diquà arrivent à Toulon.
20 Août: Les deux otages du Dilà arrivent à leur tour à Toulon.
14 Septembre: La petite flotte du Roi THEODORE (trois vaisseaux de ligne et un navire de transport), battant pavillon hollandais, est devant Pinarellu, non loin de Porti Vechju. Un officier du Roi en débarque, porteur d'une lettre de ce dernier, adressée aux Naziunali, les informant de son retour, et qu'il ne mettrait pied à terre que s'ils le reconnaissaient comme souverain, sinon il les abandonnerait à leurs ennemis.
Le Roi THEODORE demande aux notables restés fidèles de Porti Vechju, dont le piuvanu NAPOLEONE BALESI, curé doyen, de lui ouvrir le port afin de débarquer son matériel. Il écrit à SAVERIU de MATRA pour lui demander de le rejoindre avec 200 mules. Toujours à bord, il reçoit les allégeances de ses fidèles de La Rocca et du Taravu, dont LUCA d'ORNANO, venus nombreux se mettre sous ses ordres.
20 Septembre: Le Roi THEODORE est sur la côte de Prunete, ne quittant son navire (L'Africain) que pendant la journée.
21 Septembre: Cunsulta di Corti: GHJACINTU PAOLI et GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, dit Castineta, y décident de s'opposer au retour du Roi THEODORE et de contrer toute tentative de ralliement à son égard.
22 Septembre: Le général LOUIS de BOISSIEUX menace de la peine de mort tous ceux qui prendront partie pour le Roi THEODORE.
23 Septembre: Le Roi THEODORE fait une tentative pour entrer dans le golfe de Porti Vechju. Il échoue, et décide alors de faire voile vers Naples.
28 Septembre: les six otages corses écrivent au général LOUIS de BOISSIEUX.
18 Octobre: Signature, à Fontainebleau, du Règlement (Edit de Pacification ou Regolamentoi garantito dell'Imperatore e Ré di Francia). C'est l'accord établissant les rapports définitifs de gouvernement entre Gênes et la Corse. Cette signature a lieu après qu'une Convention particulière, concernant l'appartenance de la Corse à Gênes, a été signée entre l'Empereur Germanique CHARLES VI et le Roi de France LOUIS XV.
31 Octobre: Nouvelle proclamation du général LOUIS de BOISSIEUX, sommant les Corses d'arrêter et de livrer le Roi THEODORE au cas où il débarquerait sur l'Ile.
19 ou 20 Novembre: Proclamation publique et solennelle du Règlement: Le Roi de France LOUIS XV fait publier par LOUIS de BOISSIEUX le Traité d'Accommodement ou Regolamento per sedar le turbolenze frà Genova e Corsica. Ce programme de gouvernement, en 15 articles, basé sur le statut (Concessioni Graziose) de 1733, auquel ont été apportées d'importantes améliorations, offre cependant peu de garanties quant à son application. Il est imprécis et insuffisant par rapport aux propositions faites par le Cunsigliu dei Principali, en Avril. De plus, il exige, outre la soumission à Gênes, un désarmement immédiat et total des Corses.
Une copie de ce Règlement est remise au chanoine ERASMU ORTICONI et à GHJUVAN PETRU GAFFORI, absents lors de la publication officielle. Le délai d'approbation est de quinze jours.
La Balagna et le Nebbiu,après l'avoir rejeté, acceptent le Règlement.
Décembre: La majorité des pièves du Dilà refusent le Règlement.
5 Décembre: Le commissaire général GIOVANNI BATTISTA de MARI décrète que toutes les armes devront être déposées au plus tard le 20 Décembre pour le Diquà, à Bastia ou Calvi, et le 27 pour le Dilà, à Aiacciu ou Bunifaziu.
7 Décembre: Le général LOUIS de BOISSIEUX, souffrant, décide par contre, la livraison immédiate des armes. Il se prépare à marcher sur U Borgu di Mariana, avec 2000 soldats.
Cunsulta di Orezza: Les Naziunali s'apprêtent à accepter le Règlement. Mais lorsqu'ils apprennentla décision du général LOUIS de BOISSIEUX, ils prennent cette précipitation pour un acte d'hostilité, et appellent à la révolte contre les Français.
13 Décembre: Bataille de U Borgu (ou les Vêpres Corses): U Borgu, où se trouvent 400 soldats français, commandés par le capitaine COURTOIS, est encerclé par plus de 6000 Naziunali, commandés par GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, dit Castineta, qui ne tardent pas à attaquer. De Bastia, le général LOUIS de BOISSIEUX prend le chemin de U Borgu, avec 2000 hommes et son artillerie. Il passe la nuit à Biguglia.
14 Décembre: Les Français dégagent U Borgu, non sans mal, et rentrent sur Bastia, harcelés par les Naziunali. Ils laissent 22 soldats blessés ou tués, et trois officiers blessés. Les Corses perdent une dizaine des leurs, dont un chef de piève, CICHETTU.
17 Décembre: Les généraux GHJACINTU PAOLI et LUIGGI GIAFFERI, et les autres chefs, tiennent conseil, et décident de poursuivre leur action, car tout est préférable au joug génois. Un Manifeste est publié, condamnant sévèrement ceux qui ont déposé les armes, et punissant des peines les plus rigoureuses ceux qui abandonneraient leur fusil (Mieux vaut mourir à la guerre que de voir les maux de notre peuple). Les généraux y font l'apologie de leur action, de violentes critiques sur la conduite de la France à l'égard des Corses, et sur l'édit de pacification imposé par elle. Cette profession de foi est destinée à l'Europe entière et au Roi de France.
25 Décembre: LUCA d'ORNANO interdit aux Corses du Dilà de déposer les armes et convoque les Principali de La Rocca, Istria, Ornanu et Talavu, de Cinarca, Vicu et Celavu à une Cunsulta au couvent de Mezzana pour le 1er Janvier.
26 Décembre: Le chanoine ILARIU, de Guagnu, fait le même appel aux Corses du Dilà que LUCA d'ORNANO.
Les Ettori, de Quenza, et les Ettori, de Livia, procèdent au partage de plus d'un millier d'hectares restés indivis entre les deux branches.
Nouvelles précisions sur la réglementation concernant le sel.
GHJUVAN PAULU GAFFORI, de Corti est vicaire capitulaire d'Aleria.
FRANCESCU SAVIERU GIUBEGA est syndic de Calvi.
L'éditeur MURATORI publie à Milan, dans le Volume 24 de ses In Rerum Italicarum Scriptores, le De Rebus Corsisis (Choses de la Corse), de PETRU CIRNEO.
Parution, à La Haye, chez Pierre Paupie, d'un ouvrage attribué à VON WITTELIEB, Histoire des Révolutions de l'Isle de Corse, suivi d'un Supplément qui relate le séjour en Corse de THEODORE de NEUHOFF, Elévation de THEODORE 1er sur le trône de cet Etat. Ce livre est écrit en Français.
A Paris, publication, aux Deux Globes, d'une Carte particulière de l'Isle de Corse, effectuée à la demande de Gênes, et mise à jour par BERNARD ANTOINE JAILLOT, géographe du Roi de France.



1739:

Le notable bastiais PAULU IGNAZIU ZERBI est podestat de Bastia.
1er Janvier: Cunsulta di Mezzana: Neuf articles définissent les mesures prises à cette assemblée: défense de déposer les armes, défense d'entretenir des rapports avec les Génois, tous les délits doivent être soumis à la justice du Roi THEODORE dont l'autorité reste ainsi reconnue, aggravations des peines prévues contre les auteurs de vols, meurtres, Vindette, etc. …
L'influence et le crédit du Roi THEODORE sont encore très grands en Corse.
Le Baron MATHIEU de DROST, familier du Roi THEODORE, toujours dans le Dilà, épouse une Colonna d'Ornano, fille d'une des plus puissantes familles du sud de la Corse.
8 Janvier: Cunsulta di Santa Maria d'Ornanu: Toutes les pièves du Dilà (La Rocca, Istria, Ornanu, Talavu, Cinarca, Cavru, Vicu et Celavu) confirment l'autorité du Roi THEODORE. Après avoir condamné la France, l'assemblée préconise l'union de toutes les provinces de Corse, la défense armée, la conquête d'Aiacciu et de Bastia, la justification aux yeux du monde du combat des Naziunali. Ces décisions sont prises avec l'accord des généraux GHJACINTU PAOLI et LUIGGI GIAFFERI.
11 Janvier: Quatre nouveaux bataillons français débarquent à Bastia et Calvi.
13 Janvier: Le chanoine ERASMU ORTICONI, GHJUVAN PETRU GAFFORI et FILIPPU MARIA CUTTOLI sont arrêtés, expulsés de Bastia, et conduits devant le général LOUIS de BOISSIEUX, moribond, qui leur ordonne de quitter la Corse dans les vingt quatre heures.
Les otages corses de Toulon sont transférés à Marseille et enfermés au Château d'If.
ERASMU ORTICONI et GHJUVAN PETRU GAFFORI s'embarquent pour Livourne. Le premier se retire à Naples, le second à Florence.
16 Janvier: Parution d'un acte dans lequel les Corses déclareraient que leurs délégués et leurs otages ont abusé de leurs pouvoirs et qu'ils persistent à reconnaître leur Roi THEODORE.
1er Février: A Bastia, mort du général LOUIS de BOISSIEUX, atteint de dysenterie. Il est inhumé dans l'église San Ghjuvan Battista.
L'intérim du commandement du corps expéditionnaire français est confié à Monsieur de SASSELANGE, lieutenant colonel du Régiment d'Auvergne et brigadier des armées du Roi de France.
Cédant aux injonctions du commissaire général GIOVANNI BATTISTA de MARI, Monsieur de SASSELANGE se prépare à attaquer les Naziunali.
Les Génois publient une longue réponse au Manifeste des généraux GHJACINTU PAOLI et LUIGGI GIAFFERI.
Dans le Dilà, le parti du Roi THEODORE que dirigent le Baron MATHIEU de DROST et LUCA d'ORNANO, reste le plus puissant. Ses adeptes arborent une cocarde verte.
Le commissaire génois du Dilà, GIAN BATTISTA de SOPRANIS, confiné dans Aiacciu, ne peut qu'opérer quelques expéditions autour de la ville.
1er Mars: JEAN BAPTISTE FRANCOIS DESMARETS, Marquis de MAILLEBOIS, petit-neveu de COLBERT, est le nouveau commandant du corps expéditionnaire français en Corse. Il remplace le général LOUIS de BOISSIEUX.
18 Mars: Le Marquis de MAILLEBOIS arrive à Toulon.
21 Mars: Le Marquis de MAILLEBOIS, avec un corps expéditionnaire imposant (3000 Génois et Corses, 8000 hommes et de l'artillerie), débarque à Calvi. Dans le Régiment d'Auvergne se trouve le Comte NOËL de JOURDA, Comte de VAUX, capitaine major. Le Marquis de MAILLEBOIS parcourt la Balagna à la tête de ses troupes.
22 Mars: Cunsulta di Santa Riparata ou Montemaio: Sous la présidence de GHJACINTU PAOLI et de GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, dit Castineta, les Naziunali de Balagna, en attendant les desseins du Marquis de MAILLEBOIS, décident de se retirer et de se fortifier à Montemaio, Ziglia et Cassanu.
22 Mars: Le Marquis de MAILLEBOIS est à Calinzana, avec deux compagnies de grenadiers, où il affronte les Naziunali. Il y est battu par ces derniers, et déplore plusieurs tués.
GHJACINTU PAOLI et LUIGGI GIAFFERI condamnent SIMONE BUONAVENTURA FABIANI, neveu de SIMONE FABIANI, au bannissement: il a accepté, sans leur autorisation, un poste de capitaine à Naples.
2 Avril: De Calvi, lettre de l'officier français du CHATEL au maréchal CHARLES de BELLE-ISLE, futur ministre de la guerre de LOUIS XV: La plupart des Chefs de la révolte sont si chargés de crimes et de dettes qu'ils ne peuvent se soutenir qu'en maintenant leur révolution; d'ailleurs, il serait indécent et injuste de négocier et de faire des grâces à des scélérats qui n'ont mérité que leurs derniers supplices.
3 Avril: Le Marquis de MAILLEBOIS écrit au cardinal ANDRE HERCULE de FLEURY: … peuple foncièrement paresseux et opposé à ce qui s'appelle discipline, subordination et dépendance….
8 Avril: De Calvi, lettre de l'officier français du CHATEL au maréchal CHARLES de BELLE-ISLE: Il y a peu ou point de Noblesse parmi les Chefs corses, les plus considérables ne sont que des paysans renforcés, sans mœurs, sans lettres et sans éducations.
12 Avril: En Casinca, les généraux GHJACINTU PAOLI et LUIGGI GIAFFERI proclament qu'il est interdit de rencontrer la famille Vittoli, G.P. EMMANUELLI et GHJACINTU PETRIGNANI et leurs partisans, tous au service de Gênes et traîtres à la Patrie.
Le Marquis de MAILLEBOIS s'embarque pour San Fiurenzu.
15 Avril: Le Marquis de MAILLEBOIS rejoint Bastia par la mer, les voies terrestres étant peu sures.
18 Avril: Les compagnies de volontaires corses comptent plus de 400 soldats, sous les ordres du maréchal de camp du CHATEL. Elles sont regroupées à Bastia, Aiacciu et Corti. De nombreux corses viennent rejoindre les effectifs du Roi de France.
19 Avril: FREDERIC de NEUHOFF, neveu du Roi THEODORE, avec 18 hommes, débarque sur une plage de Verde, devant la tour d'Alistru, et rejoint le Baron MATHIEU de DROST dans le Dilà. Il vient préparer le retour de son oncle. Il demande aux Corses de prendre les ports d'Aiacciu, Bunifaziu et Porti Vechju.
A Zicavu, FREDERIC de NEUHOFF et le Baron MATHIEU de DROST organisent la résistance contre les troupes du Marquis de MAILLEBOIS. Ils ont l'appui du prévôt PETRU MARIA PIETRI (voir 1730), et de la population.
23 Avril: Le capitaine GHJUVANNI CARLU LUSINCHI, parti de Livourne, débarque deux canons montés, six pierrets et des provisions de guerre, qui sont transportés à Zicavu.
25 Avril: Les otages emprisonnés à Marseille, ANTONIU de BUTTAFUOCO, FILIPPU MARIA COSTA, ALERIU FRANCESCU de MATRA et GHJUVAN TOMASU GIULIANI, écrivent aux chefs des Naziunali pour les exhorter à se soumettre à l'autorité des Français.
3 Mai: Des renforts français débarquent à Bastia: six bataillons d'infanterie (le Régiment d'Isle de France, commandé par le marquis de FLORENSAC, le Régiment de Flandres, commandé par le marquis de BREVAL, le Régiment du Royal Roussillon, commandé par CHARLES de BERNARD de CLERON, le Régiment du Chaillou, commandé par le marquis de CHAILLOU, le Régiment du Forez, commandé par le chevalier de MAUSE et le Régiment de Montmorency, commandé par le comte de LIGNY), trois escadrons de hussards (appartenant aux Régiments de Rattsky et d'Esternazy) et de l'artillerie. Ce qui fait, au total, plus de 8000 soldats français, sur l'Ile, basés à Bastia, en Balagna et dans le Nebbiu.
5 Mai: Le couvre-feu est instauré à Bastia. De plus, les Bastiais devront déposer les armes avant le 8 Mai, date à laquelle une perquisition sera effectuée dans toutes les maisons de la ville.
7 Mai: Cunsulta di A Venzulà: FREDERIC de NEUHOFF se fait élire Marescialliu della Cunfederazione. Les chefs corses décident de s'opposer à l'invasion française.
16 Mai: Cunsulta di Corti: Elle est tenue par les généraux GHJACINTU PAOLI et LUIGGI GIAFFERI. On y décide de poursuivre la lutte contre les Français, tant que ces derniers soutiendront les Génois.
18 Mai: Coup de main de GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, dit Castineta, pour surprendre la garnison française d'Algaiola. Il échoue.
Le Marquis de MAILLEBOIS somme les Naziunali de déposer les armes avant quinze jours. Son plan de campagne est le suivant: du CHATEL devra attaquer la Balagna avec sa division, lui-même se chargera du Nebbiu, tandis que de LARNAGE attaquera San Pellegrinu et les pièves avoisinantes. Ces trois opérations devant se dérouler simultanément.
Les otages emprisonnés àMarseille, ANTONIU de BUTTAFUOCO, FILIPPU MARIA COSTA, ALERIU FRANCESCU de MATRA et GHJUVAN TOMASU GIULIANI, obtiennent l'autorisation de circuler librement dans leur prison.
2 Juin: Le Marquis de MAILLEBOIS et ses troupes marchent sur Tenda et la Bocca à Lentu. GHJACINTU PAOLI, qui tenait Lentu, capitule et demande au Marquis de MAILLEBOIS un délai de trois jours pour rallier ses pièves. Lentu, Bigornu et Tenda tombent en quelques heures. A Sant'Antoninu les Français perdent des officiers et 36 grenadiers.
3 Juin: La Balagna est soumise.
4 Juin: Le Marquis de MAILLEBOIS est devant l'église de San Niculaiu et à Petralba, où il reçoit armes et otages.
En quelques jours, le Nebbiu et les pièves de Costere (Casinca, Tavagna, Moriani et Campulori) sont pacifiées. Toutes les pièves situées entre le Golu et le Fiumaltu sont soumises.
16 Juin: Le Marquis de MAILLEBOIS établit son camp àPastureccia.
24 Juin: Le Marquis de MAILLEBOIS est à Corti.
27 Juin: Le Marquis de MAILLEBOIS exige des otages de chaque piève soumise et fait publier dans le Dilà l'édit du Roi de France.
7 ou 10 Juillet: GHJACINTU PAOLI, après s'être présenté au Marquis de MAILLEBOIS avec ses deux fils CLEMENTE et PASQUALE, demande et obtient l'autorisation de quitter l'Ile. Avec PASQUALE, ils s'embarquent à La Padulella, et partent pour Naples. Colonel du RégimentCorsica, il se met au service du Roi de Naples CHARLES VII. Avec lui, 27 compagnons dont LUIGGI GIAFFERI et son fils AGOSTINU, GHJUSEPPU MARIA, FRANCESCU SAVERIU et GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, dit Castineta, FELICE CERVONI et son fils TOMASU, ANTONIU FRANCESCU GIAPPICONI, MARCANTONIU LIMPERANICLEMENTE PAOLI reste en Corse, pour vendre les biens et subvenir aux besoins des exilés.
CARLU ROSTINI fait sa soumission et se met au service du Marquis de MAILLEBOIS, prêchant partout la soumission aux ordres du Roi de France.
IGNAZIU ARRIGHI, chef de la piève de Vicu, apporte la soumission de sa région au Marquis de MAILLEBOIS.
18 Juillet: Cunsulta di Zicavu: Il y est voté des nouveaux textes relatifs à la vengeance privée.
Des dissidents de l'Ornanu, de l'Istria et du Talavu refusent de se laisser désarmer (MARCU AURELIU RAFFAELLI, de Talcini, le lieutenant général DON FELICE CERVONI, fils de FELICE. Ils se donnent un chef, FRANCESCU ZANOBI, et jurent de ne pas déposer les armes tant que les Génois seront en Corse. AZicavu, où se trouve FREDERIC de NEUHOFF, avec le curé MIGHELE ANGHJULU PANZANI et les bergers du Cuscioni, s'organise la résistance contre les troupes du Marquis de MAILLEBOIS.
19 Juillet: Après IGNAZIU ARRIGHI, LUCA d'ORNANO, avec armes et troupes, et MIGHELE ANGHJULU DURAZZO FOZZANI, se rallient aux Français. Le premier est à Corti avec le Marquis de MAILLEBOIS.
23 Juillet: De Corti, le Marquis de MAILLEBOIS écrit au cardinal ANDRE HERCULE de FLEURY: Sur l'article des prêtres et des moines corses, je dirai en général que ce sont les plus grands bandits d'Europe…
26 Juillet: Le Marquis de MAILLEBOIS quitte Corti pour Aiacciu. Avec lui, 14 compagnies, 450 hommes d'infanterie et 120 hussards.
27 Juillet: Le Marquis de MAILLEBOIS est à Vivariu, puis Bucugnà. Il veut en finir avec les derniers résistants du Dilà.
28 Juillet: Après avoir placé 250 hommes à Bucugnà et 350 à Bastèrga, le Marquis de MAILLEBOIS est à Aiacciu. Il y rencontre BIANCA de ROSSI, sœur de ANTONIU COLONNA di BOZZI, et ardente acharnée de la cause française en Corse. Celle-ci lui propose de faire lever un régiment de soldats corses au service du Roi de France, à l'exemple de celui créé par ALFONSU d'ORNANO (voir 1574). Elle écrit au cardinal ANDRE HERCULE de FLEURY pour lui faire part de son projet.
10 Août: A la demande du Marquis de MAILLEBOIS, le Régiment Royal Corse (Real Corso), régiment royal d'infanterie italienne en Corse, est officiellement créé par ordonnance du Roi LOUIS XV. Le colonel CLAUDE ALEXANDRE de VILLENEUVE, trente six ans, Comte de Vence, en est le premier commandant, secondé par le lieutenant-colonel DELPUECH de COMEYRAS. Il est composé de 12 compagnies, et est basé à Marseille. Son drapeau est vert avec la croix blanche, et sa devise Per hoec regnum et imperium.
Le Marquis de MAILLEBOIS délivre des patentes de capitaines aux Corses, partisans de la France, qui arriveraient à lever 50 hommes en armes. ANTONIU de BUTTAFUOCO, ANTONIU COLONNA di BOZZI, les neveux de BIANCA de ROSSI, IGNAZIU ARRIGHI, TAVERA MARIA VISCONTI, d'Aiacciu, GHJUVANNI LURENZU de PETRICONI, ORAZIU de CARBUCCIA, de Bastia, DON FILIPPU GRIMALDI, GHJUVAN BATTISTA SANSONETTI, IGNAZIU DUMENICU BALDASSARI, de Furiani, FILPPU MARIA COSTA et PETRU PAULU MURATI sont parmi les premiers capitaines de ces compagnies du Real Corso.
11 Août: Ghisoni, tenu par le comte de VAUX, capitaine major au Régiment d'Auvergne, avec 200 hommes, est attaqué par les Naziunali.
12 Août: Le comte de VAUX, à Ghisoni, est secouru par le Régiment d'Auvergne. Dans la bataille le comte de VAUX est blessé et laisse 27 soldats tués ou blessés, le Régiment d'Auvergne perd 44 hommes et sept officiers tués ou blessés.
20 Août: Un bataillon français s'empare de l'Istria et de Ulmetu.
21 Août: Les Français occupent Santa Maria d'Ornanu (Santa Maria Siché) et Ghisoni.
Le Marquis de MAILLEBOIS envoie un rapport à la Cour de France, dans lequel il précise l'état de la Corse, et le moyen de remédier à une situation qui ne pourra que s'aggraver après le départ des Français. Selon lui, il faut, en Corse, une puissance capable de faire respecter une loi que les Génois ne peuvent plus défendre. Les Français proposent alors aux Génois d'exercer eux-mêmes, à leur place et pendant quelques années, le pouvoir militaire et politique en Corse, jusqu'à la pacification complète et définitive de l'Ile, qui reviendrait alors à ses maîtres légitimes. Les Génois refusent les propositions de la France.
22 Août: Le couvent des Récollets de Zicavu est incendié et deux moines sont brûlés vifs.
26 Août: Le Marquis de MAILLEBOIS est à Santa Maria Siché.
2 Septembre: Les Français occupent Sarté.
5 Septembre: Plus de 1000 Naziunali assiègent Sarté pour reprendre la cité.
10 Septembre: Les Naziunali abandonnent le siège de Sarté.
15 Septembre: Le Marquis de MAILLEBOIS est à Guttera (Vuttera), tenue par FREDERIC de NEUHOFF et MIGHELE ANGHJULU PANZANI le curé de Zicavu.
20 Septembre: Les Français prennent enfin Zicavu et le plateau de Cuscioni. La Corse est alors pratiquement soumise, hormis la poignée de Naziunali qui résistent avec FREDERIC de NEUHOFF, MATHIEU de DROST, MIGHELE ANGHJULU PANZANI le curé de Zicavu et le prévôt PETRU MARIA PIETRI.
28 Septembre: Le Marquis de MAILLEBOIS est de retour à Aiacciu, où il prépare les quartiers d'hiver pour son armée.
FRANCESCU MARIA d'ORNANO (voir 1726) est cadet volontaire au Régiment Royal Corse.
4 Octobre: A Corti, le Marquis de MAILLEBOIS présente sept compagnies du Real Corso, avec leurs officiers: GHJUVAN CARLU SALICETI, FRANCESCU ORTICONI, IGNAZIU ARRIGHI, ORSONE TAVERA, ORAZIU de CARBUCCIA, DON FILIPPU GRIMALDI et PETRU PAULU MURATI.
8 Octobre: A Londres, le Daily Post salue cette poignée de braves gens du district de Zicavu qui refuse de se soumettre au joug de leurs « médiateurs » tant qu'il leur reste de quoi se défendre.
14 Octobre: De Paris, il est décidé de délivrer les otages corses de Marseille.
21 Octobre: Après s'être soumis, MIGHELE ANGHJULU PANZANI le curé de Zicavu part pour l'exil. FREDERIC de NEUHOFF est banni de la Corse et embarqué à Porti Vechju.
3 Novembre: Le Marquis de MAILLEBOIS rentre à Bastia. La révolte est terminée.
Cinq mois, presque jour pour jour, ont suffi aux Français pour pacifier l'Ile et apaiser une révolte que les Génois n'ont pas réussi à maîtriser en dix ans.
29 Décembre: A Antibes, décès de IGNAZIU ARRIGHI.
Il y a 500 prêtres corses à Rome.
Dans la cathédrale d'Aiacciu, construction de la chapelle de Nostra Signora di a Misericordia.
A Londres, édition d'une carte de la Corse, anonyme.
DUMENICU BARTOLI, d'Ochjatana, sert dans le Régiment Corse de Naples.
JEAN FRANCOIS GOURY de CHAMPGRAND, est commissaire des guerres à Aiacciu.
Le Marquis de MAILLEBOIS fait construire de nouvelles fortifications à Calvi.
Introduction de la faux moissonneuse en Corse. Elle remplace la faucille dentelée (a falce inziculata).
La Corse compte 120389 habitants.



1740:

Le notable bastiais ANTONIU MORELLI est podestat de Bastia.
Plus de 10000 fusils sont saisis par les Français, avec une grande quantité de munitions, et remis au commissaire général génois GIOVANNI BATTISTA de MARI. Le tout est expédié à Gênes.
ANTONIU COLONNA di BOZZI est capitaine au Régiment Royal Corse.
Les Français gouvernent et organisent l'administration de l'Ile, et mettent en place le dispositif militaire pour arriver à une pacification complète. On démaquise, on améliore les routes, on en construit de nouvelles, on bâtit des fortifications un peu partout. L'émigration et l'exil des Naziunali sont facilités.
Le cardinal ANDRE HERCULE de FLEURY rappelle le rôle joué par BIANCA de ROSSI, qui a rendu les plus grands services à la France en ranimant le vieil enthousiasme des Corses pour le Roi, comme au temps de Henri II et François II et ses frères, dont le perpétuel garant est ce régiment, le Royal Corse.
Janvier: Le commissaire général génois GIOVANNI BATTISTA de MARI fixe les conditions de sortie de la révolte:
      ·  Réparation de tous les dommages causés à la République (frais de guerre, récupération de tous les impôts et taxes impayés);
      ·  Création d'un corps de troupes, à la charge duquel doivent contribuer les insulaires;
      ·  Indemnisation de tous les ressortissants génois;
      ·  Exil de tous les chefs des Naziunali et de leur famille, avec confiscation ou vente de tous leurs biens;
      ·  Préconisation d'un système de colonisation (du type de Paomia, voir 1676);
      · ·Départ de tous les armuriers d'Orezza (responsables de la prolifération des armes interdites;
      · Départ de tous les ecclésiastiques délarés sympathisants des Naziunali (y compris leur excommunication par le pape, lequel refusera cette exigence);
      ·  Destruction de tous les lieux saints où se sont tenues les Cunsulte.
Les Génois proposent également de brûler les villages de Nuceta, de Loretu et la forêt d' Alisgiani. Le Marquis de MAILLEBOIS refuse les exigences génoises, les jugeant trop excessives pour les Corses.
11 Janvier: La France réitère ses offres faites aux Génois le 21 Août 1739.
1er au 5 Février: Opération contre les insoumis du Altu Taravu. Les habitants de Zicavu, avec leur chef FREDERIC de NEUHOFF, se réfugient dans les montagnes du Cusciu. Furieux, les soldats du colonel de LARNAGE saccagent et brûlent le couvent et une trentaine de maisons du village. Le colonel MILAMINU LUSINCHI est arrêté et condamné à mort.
MATHIEU de DROST, gendre de SALVADORE COLONNA, parent de LUCA d'ORNANO, est prisonnier dans la citadelle d'Aiacciu. Il sera libéré et banni.
Le Marquis de MAILLEBOIS décide de faire ouvrir, par les habitants eux-mêmes, une route entre le Nebbiu et la Balagna. Il fait lever les plans de San Fiurenzu, Sagone, La Rocca et Porti Vechju pour y construire des forts.
10 Février: MILAMINU LUSINCHI est rompu à vif à Aiacciu.
19 Mars ou Mai: Décès, en Italie, en odeur de sainteté, de BLASIU di SIGNORI (voir 1734). La légende dit que son corps garda toute sa souplesse, et son sang resta fluide.
Construction d'une route entre Corti et Aiacciu. A la fin des travaux, le commissaire général génois GIOVANNI BATTISTA de MARI en exige le règlement: près de 5500 lires, réclamés à ceux qui venaient de construire la route.
1er Juillet: Un ancien doge, le Marquis DOMENICO MARIA SPINOLA, dit Corsetto, parce que né en Corse, est nommé commissaire général. Il arrive à Bastia.
L'abbé GREGORIU SALVINI quitte la Corse pour Naples où il rejoint les exilés corses (voir 1739).
Août: La plupart des partisans de THEODORE de NEUHOFF se rendent aux Français, avec leur chef FREDERIC de NEUHOFF.
DON FELICE CERVONI, après s'être soumis au Marquis de MAILLEBOIS, s'exile à Rome où il meurt.
Le Marquis de MAILLEBOIS autorise GHJUVAN PETRU GAFFORI à rentrer en Corse, malgré les objections du commissaire DOMENICO MARIA SPINOLA. Il s'installe à Corti.
Septembre: Le Régiment Royal Corse quitte Marseille pour Besançon.
8 Octobre: Exilés FREDERIC de NEUHOFF et six des siens s'embarquent pour Livourne. PAULU GIAFFERI s'embarque pour Venise.
Gênes annonce au commissaire général DOMENICO MARIA SPINOLA que les Français quitteront la Corse avant la fin de l'année.
Gênes refuse de donner 6 canons demandés par le Marquis de MAILLEBOIS, pour équiper San Fiurenzu.
COSMU de GENTILE, seigneur de Brandu, Siscu et Petra Curbara, fils de VIRGHJILIU (voir 1749), est sous-lieutenant, au service de Naples, au Régiment Corsica.
Visite du diocèse de Mariana-Accia par le délégué de l'évêque AGOSTINO SALUZZO. Il passe à Bigornu, Palasca, Spiluncatu
A Corti, construction de la chapelle San Luiggi, grâce à la famille Arrighi.
Edition d'une carte de l'Ile et de l'Etat de Corse, de ELIAS BOECK,peintre et graveur à Augsbourg.
Edition d'une carte de la Corse, de TOBIAS CONRAD LOTTER,graveur et éditeur à Augsbourg.
Edition d'une carte de la Corse, de WILLIAM MOUNT et THOMAS PAGE, éditeurs à Londres.
Edition d'une carte de la Corse, de JEAN BOURCET de LA SAIGNE, ingénieur géographe, aide major en Corse sous les ordres du Marquis de MAILLEBOIS.
Edition d'une carte de la Corse, de HYACINTHE de LA PEIGNE,militaire et peintre de batailles de diverses cours d'Europe.
Bastia compte 4800 habitants, Aiacciu, 3024.
Bastia et sa région comptent 28000 habitants, Aiacciu, 21200, Sarté, 9600 et Corti, 14800.
La Corse compte 126389 habitants.



1741:

PAULU IGNAZIU ZERBI est podestat de Bastia.
GHJUVANNI BATTISTA PASQUALINI, de Bastia, est lieutenant au Régiment Royal Corse.
4 au 13 Janvier: Mort de l'évêque d'Aleria, CAMILLO de MARI.
Février: Les rapports entre Génois et Français se détériorent.
11 Février: Le général Marquis de MAILLEBOIS est nommé maréchal à Bastia.
PASQUALE PAOLI rentre comme cadet, au Régiment Corsica. Il y rejoint son cousin DON PETRU GIOVANNONI, qui y est lieutenant, les deux fils de GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, dit Castineta, GHJUSEPPU MARIA et DON BIAGHJU, l'un lieutenant, l'autre sous-lieutenant, et le lieutenant AGOSTINU GIAFFERI, fils de LUIGGI GIAFFERI. Son colonel est SIMONE BUONAVENTURA FABIANI, dit Simoncinu, (voir 1739).
Le maréchal Marquis de MAILLEBOIS estime qu'il y a 500 prêtres corses à Rome.
9 Avril: Béatification, par le pape BENOIT XIV de ALEXANDRE SAULI, ancien évêque d'Aleria.
Mai: L'abbé PAULU MARIA MARIOTTI, Corse natif de Vulpaiola, confesseur de moines à Rome, est nommé évêque de Sagone. Le dernier évêque corse était FILIPPU ARRIGHETTI (voir 1558).
Grâce à l'intervention du Maréchal Marquis de MAILLEBOIS, le Bastiais ROMUALDU MASSEI est nommé évêque du Nebbiu.
Quatre régiments français reçoivent l'ordre de regagner la France. Il s'agit des Régiments de Chaillou, de Flandres, de la Sarre et de l'Isle de France. Ils embarquent à San Fiurenzu.
24 Mai: Le Maréchal Marquis de MAILLEBOIS, à son tour, regagne la France. Il est remplacé, au poste de commandant en chef du corps expéditionnaire français par le Marquis de VILLEMUR, qui est à Calvi.
29 Mai: Le Génois GIROLAMO CURLO, clerc missionnaire, est nommé évêque d'Aleria, en remplacement de CAMILLO de MARI.
Juin: Retour en France des Régiments d'Auvergne, de Forêt et d'Ouroi.
Recensement de la population en Corse: il y a 333 paroisses sur l'Ile.
Juillet: Les Régiments de Nivernais, de Bassigny, de Bauremont, tous les hussards et une partie des canonniers quittent la Corse. Il ne reste plus que 12000 à 15000 mille hommes sur l'Ile, dont le quartier général est à Calvi.
Le commissaire général DOMENICO MARIA SPINOLA relate à Gênes la mauvaise humeur des Français (au sujet, entre autre, des places fortes qui viennent de leur être refusées), et soupçonne les officiers du Roi de France de pousser les Corses à la révolte.
Août: Gênes propose toute une série de grâces aux Corses. Ceux-ci les rejettent.
Certains soldats français, avant de quitter la Corse, vendent leurs armes aux Naziunali, au grand dam des Génois.
A Calvi, l'abbé CARLU ROSTINI, avec l'accord de GHJUVAN PETRU GAFFORI et CLEMENTE PAOLI, embarque pour Naples, Rome et l'Europe, pour essayer d'intéresser les puissances au sort des Corses.
9 Septembre: Les derniers régiments français, avec le Marquis de VILLEMUR, et LOUIS-ARNAUT (ou ARMAND) JAUSSIN, l'apothicaire major des camps et armées du Roi, quittent Calvi pour Antibes, après 43 mois de séjour en Corse.
Le départ des Français inquiète certains de leurs partisans corses, dont quelques-uns uns s'exilent: LUCA d'ORNANO, le chanoine de Zicavu, MIGHELE ANGHJULU LUSINCHI, recteur au séminaire d' Aiacciu, l'archiprêtre ORTO et BIANCA de ROSSI, quittent Aiacciu pour se retirer à Zicavu, l'abbé CARLU ROSTINI passe à Naples
Le Baron MATHIEU de DROST, banni, est de retour dans l'Ile. Il en est de même pour de nombreux Naziunali exilés, qui rentrent avec armes et argent.
Les récoltes sont abondantes cette année.
Des bruits de révolte, fomentés par CARLU ROSTINI et GHJUVAN PETRU GAFFORI, se font entendre dans le Diquà.
Novembre: Son titulaire (CARLO MARIA LOMELLINO) étant transféré, l'évêché d'Aiacciu est vacant. C'est un Génois, né en Corse à Paomia, BERNARDINO CENTURIONE, qui obtient le poste.
Décembre: Le commissaire d'Aiacciu, STEFANO VENOROSO, arrive à Bastia, porteur du Nouveau Règlement, une nouvelle charte de gouvernement, que Gênes consent aux Corses, et que ces derniers refusent.
20 Décembre: Edit (Grida) du commissaire général DOMENICO MARIA SPINOLA, qui ordonne de procéder à des élections le 1er Février, et de choisir le Collège des Nobili Dodeci du Diquà et celui de Nobili Sei du Dilà (qui n'ont plus été élus depuis 1733).
Fin du sacerdoce de l'évêque de Sagone PIER MARIA GIUSTINIANI, dit l'Anticurzio. PAULU MARIA MARIOTTI lui succède.
GHJUVAN BATTISTA de CARAFFA, de Bastia, est enseigne au Régiment Royal Corse.
Bastia compte 5500 habitants (1500 feux), Corti, 1760, Calvi, 1060 et Sarté, 2090.



1742:

Le docteur FRANCESCU MATTEU LIMPERANI est podestat de Bastia.
Janvier: Personne ne se manifeste, ni pour faire acte de candidature, ni pour désigner lesPrucuratori et les électeurs des Nobili Dodeci et des Nobili Sei. Le commissaire général DOMENICO MARIA SPINOLA s'en inquiète, et fait appel au nouvel évêque corse PAULU MARIA MARIOTTI, l'évêque de Sagone, pour persuader ses compatriotes de participer, au moins, au choix des Prucuratori délégués.
Février: PAULU MARIA MARIOTTI, l'évêque de Sagone, réussit à convaincre les Corses de participer au choix des Prucuratori, mais en même temps, il mécontente ses compatriotes, et se compromet irrévocablement.
Mars: Les Prucuratori étant choisis, les élections ont lieu. Dans le Diquà, quatre Nobili Dodeci sont élus pour Aleria et Corti, quatre pour la Balagna et le Nebbiu, et quatre pour le Terzieru (nord du Golu, Cervioni). Le commissaire général DOMENICO MARIA SPINOLA leur demande de lui faire part de leurs requêtes, afin de les soumettre à l'examen du Sénat de Gênes. Il reçoit un Catalogo de la part Nobili Dodeci. Ils demandent, entre autres, la diminution de la taxe des Due Seini, l'accès pour les Corses aux postes de justice, le rétablissement de l'usage des patentes de port d'armes, l'abolition du Boatico (impôt payé par les propriétaires de bœufs de labour), une ampliation de l'ordre nobiliaire, une amnistie totale et générale…
Mai: Les Nobili Dodeci reçoivent enfin le Nouveau Règlement. Ce n'est qu'une réédition du programme de gouvernement proposé aux Corses en 1738 (le Regolamento per sedar le turbolenze frà Genova e Corsica) avec quelques aménagements, que les Prucuratori rejettent en bloc.
Assassinat de GHJUVAN TOMASU FRANZINI, d'Ampugnani, un des principaux chefs des mécontents corses.
1er Juin: Naissance à A Venzulà de GHJUSEPPU MARIA de CASABIANCA, futur général et gouverneur de Mantoue.
Août: Arrivée en Corse d'un contingent génois de 600 hommes.
Septembre: 300 nouveaux soldats génois débarquent à Calvi. Les Génois prétendent que ces renforts ne sont là que pour assurer la protection des Corses de Balagna contre les bandits, et non en tant que force de répression.
les gens de Balagna se réunissent à Spiluncatu pour lancer une tournée afin de soulever les populations contre Gênes.
10 Octobre: Les Balagnesi protestent auprès de Gênes contre l'arrivée de ces nouvelles troupes. A l'instigation de NICOLU POLETTI et du duttore GHJUVAN TOMASU GIULIANI, de Muru, ils demandent de l'aide aux montagnards. Le commissaire général DOMENICO MARIA SPINOLA accuse alors PAULU MARIA MARIOTTI, l'évêque de Sagone, de ne pas remplir son rôle de médiateur auprès de ses compatriotes.
28 Octobre: Cunsulta d'Orezza: Les représentants des pièves d' Orezza, d' Alisgiani, d' Ampugnani, de Tavagna et de Verde, se réunissent au couvent d'Orezza. Ils demandent le retrait immédiat des soldats génois de Balagna.
1er Novembre: A U Pozzu, naissance de SANTU FERRANDINI, futur général au service de Naples, puis de la France.
4 Novembre: Publication par le commissaire général DOMENICO MARIA SPINOLA des Nouveaux Règlements:
       ·  Amnistie et pardon prolongés des délits particuliers et de lèse-majesté
       ·  Exonération de tous les impôts jusqu'en Décembre;
       ·  L'impôt nouveau sera perçu sur les bases de celui de 1727;
       ·  Nouveau barème de calcul des taxes sur les marchandises;
       ·  Installation, soit d'un tribunal de trois juges à Bastia pour toute l'Ile, soit d'un auditeur pour Bastia et d'un pour Aiacciu;
       ·  Les patentes de port d'armes sont rétablies;
       ·  La taxe des Due Seini sera abolie dès que le calme sera revenu et les impôts réglés.
De nouvelles troupes sont envoyées en Corse pour la collecte des tailles.
Des habitants d'Orezza et d'Alisgiani en appellent aux armes, mais les incidents sont vite réprimés par les Génois.
10 et 12 Décembre: Le commissaire général DOMENICO MARIA SPINOLA reçoit les médiateurs, le curé (piuvanu) GIOCANTI et les chanoines (canonici)SICURANI et CHIARELLI, qui lui remettent de nouvelles propositions de la part desNaziunali de l'Orezza:
       ·  Perception des impôts non pas par le commissaire mais par le podestat;
       ·  Transfert des pouvoirs de l'Oratore aux Nobili Dodeci;
       ·  Fixation du prix de la patente du port d'armes ;
       ·  Abrogation définitive des Due Seini;
       ·  Amnistie pour les récents événements.
Elles sont toutes rejetées, et ce tant que les impôts ne seront pas réglés.
24 Décembre: Nouvelle Cunsulta d'Orezza: Elle réunit de nombreux représentants des pièves de Rogna, du Boziu, de Casacconi, des Costere, d' Orezza, de Vallerustie, d' Alisgiani, de Verde, et de Serra… Il y est décidé que les impôts ne seront réglés qu'une fois les revendications satisfaites.
28 Décembre: Lettre du commissaire général DOMENICO MARIA SPINOLA accusant les médiateurs ecclésiastiques d'être les auteurs de tous les désordres.
FELICE CERVONI rentre en Corse avec son fils TOMASU.
A Venise, projet d'un traité d'alliance commerciale et militaire entre la Corse indépendante et les Turcs de l'Empire Ottoman (la Sublime Porte). Le médiateur entre les deux parties est un Français, BEAUJEU, Comte de LA SALLE, personnage obscur et louche, émissaire des Corses de Venise. Ce traité engagerait la Corse dans un véritable contrat de protectorat en 21 points. Ce projet ne verra pas le jour.
L'Espagne fait à Gênes des offres secrètes d'échange de la Corse contre des terres italiennes.
PASQUALE PAOLI est à Gaète, en Italie, avec son régiment le Régiment Corsica.
A Naples, GHJACINTU PAOLI, malade et rhumatisant, prend sa retraite d'officier du Régiment Corsica.
En France, pour services rendus (voir 1739), l'abbé CARLU ROSTINI est nommé aumônier au Régiment Royal Corse.
L'abbé GREGORIU SALVINI se fixe à Gaète, en Italie.
FRANCESCU MARIA d'ORNANO (voir1739) est enseigne au Régiment Royal Corse.
CAMILLU de ROSSI, fils de BIANCA de ROSSI, entre comme volontaire au Régiment Royal Corse.
Un SIMONE FABIANI, colonel au service de Naples, est écuyer de la Reine d'Espagne.
Peinture d'un tableau mis en place dans l'église San Niculaiu di Castifau.
A Aiacciu, dans la cathédrale, fin de la construction de la chapelle de Nostra Signora di a Misericordia (voir 1739).



1743:

IGNAZIU FRANCESCU ROSSI est podestat de Bastia.
19 Janvier: Un vaisseau anglais, le Vinces, est en rade de L'Isulà. A son bord, le secrétaire de THEODORE de NEUHOFF. L'envoyé du Roi débarque; il est chargé de préparer le retour de THEODORE de NEUHOFF. Il apporte des lettres pour les chefs corses dont GHJUVAN TOMASU GIULIANI, PAULU MARIA PAOLI, AMBROGHJU QUILICI, de Spiluncatu (voir 1736), le piuvanu CROCE, de Lavatoghju, GHJUVAN PETRU GAFFORI, de Corti, LUIGGI CIAVALDINI, le piuvanu d'Orezza
29 Janvier: Craignant un soulèvement imminent, le commissaire général DOMENICO MARIA SPINOLA cède aux demandes des représentants des pièves réunies à la Cunsulta d'Orezza, et promet de transmettre au Sénat de Gênes les dernières propositions que les Naziunali avaient fait en Décembre 1742.
1er Février: Une flotte anglaise d'une dizaine d'unités, arrivée de Livourne, apparaît devant L'Isulà. A bord du Revenger se trouve THEODORE de NEUHOFF. Après avoir reçu quelques chefs corses à son bord, THEODORE de NEUHOFF demande à la flotte anglaise de remettre les voiles afin de faire le tour de l'Ile. Il a, auparavant, communiqué son édit dans lequel il est accordé son pardon général à tous les Corses, sauf aux assassins de SIMONE FABIANI (voir 1736), et à GHJACINTU PAOLI, ERASMU ORTICONI et GREGORIU SALVINI, qu'il estime traîtres à la cause royale. Il exige également le retour dans l'Ile des militaires corses au service des princes étrangers, sauf ceux enrôlés dans les troupes du Grand Duc de Toscane.
Les Anglais prennent de plus en plus d'intérêt aux événements de Corse.
A Livourne, les exilés corses sont souvent reçus par le Consul d'Angleterre.
Arrivé dans le Valincu, l'ancien Roi de Corse THEODORE de NEUHOFF débarque, entre autres, le curé de Zicavu, et des hommes, avec lui depuis Livourne, avec la mission de soulever les populations du Taravu en faveur du Roi.
10 Février: Le navire de THEODORE de NEUHOFF est de retour à L'Isulà, avec les chefs de Balagna, qui débarquent avec armes et munitions. Mais la flotte anglaise qui l'accompagne l'abandonne.
11 Février: THEODORE de NEUHOFF, abandonné par ses alliés, décide de regagner Livourne.
21 Février: Mort du commissaire général DOMENICO MARIA SPINOLA. Gênes nomme aussitôt PIER MARIA GIUSTINIANI (voir 1741) pour le remplacer.
En attendant l'arrivée de PIER MARIA GIUSTINIANI, GIAN BENEDETTO SPERONE assure l'intérim du pouvoir génois en Corse.
28 Février: THEODORE de NEUHOFF, avec quatre bâtiments anglais (deux navires de haut bord, un vaisseau de ligne et une frégate de quarante canons) est de retour en Corse.
2 au 3 Mars: Les navires anglais sont en rade d'Aiacciu, devant la tour du Capitellu. Ils détruisent un navire de guerre espagnol, le San Isidoro, et reprennent le large.
A la marine de Frassu, entre L'Isulella et Capitellu, THEODORE de NEUHOFF fait part à LUCA d'ORNANO de son projet de reconquête de la Corse, avec l'aide des Anglais. Il lui confie la tâche de s'emparer d'Aiacciu.
4 Mars: LUCA d'ORNANO met en place le blocus terrestre d'Aiacciu. Il ne manque plus que la flotte anglaise.
5 Mars: La flotte anglaise arrive, mais reprend le large, abandonnant une nouvelle fois THEODORE de NEUHOFF.
6 Mars: THEODORE de NEUHOFF, seul désormais, appareille à son tour, et quitte alors la Corse pour la Toscane, abandonnant définitivement son éphémère Royaume. LUCA d'ORNANO lève le siège d'Aiacciu, et convoque une Cunsulta à Capitellu, à laquelle il est décidé de composer avec le pouvoir génois, LUCA d'ORNANO faisant même amende honorable avec le commissaire intérimaire GIAN BENEDETTO SPERONE.
17, 18 et 19 Mars: Cunsulta di Boziu: Des propositions de lois, une dizaine, sont votées, qui amendent ou réforment les Statuti Criminali en cours. Devant l'absence évidente de pouvoir en Corse, l'assemblée nomme un Gouvernement de Régence, U Guvernu di Reggenza: deux Généraux et sept Lieutenants Généraux, Tenenti Generali, un Auditeur, Auditore et un Vicaire, Vicariu. Les deux Généraux sont U Duttore (le Docte) GHJUVAN TOMASU GIULIANI et BRANDIMARTE MARI (dit Brandone). Parmi les sept Lieutenants Généraux, TOMASU SANTUCCI, d'Alisgiani et CARLU CIAVALDINI, d'Orezza, ancien cadet de la compagnie GIAPPICONI à Livourne. Ce Guvernu di Reggenza siège à Viscuvatu.
Avril: Les Génois, inquiets, abandonnent Corti. Les Naziunali occupent alors le cité.
27 Avril: Cunsulta di Corti: Il y est décidé d'exploiter tous les moyens politiques pour parvenir à une paix satisfaisante pour tous.
Juin: Le nouveau commissaire général PIER MARIA GIUSTINIANI arrive à Bastia.
GIAN BENEDETTO SPERONE, qui assurait l'intérim, rejoint Aiacciu où il remplace STEFANO VENOROSO (voir 1741), en fin de charge.
5 Juin: Signature d'un projet de traité en 21 articles entre les Corses de Venise et le Sultan de Constantinople (voir 1743), lequel accepte de prendre la Corse sous sa protection moyennant la cession de Bunifaziu.
24 Juin: Le docteur FRANCESCU MATTEU LIMPERANI, l'ancien podestat de Bastia (voir 1742), député par la Reggenza, demande au nouveau commissaire général PIER MARIA GIUSTINIANI, une réponse aux demandes faites par les Naziunali.
LUIGGI GIAFFERI , de retour d'exil (voir 1739), est en Corse.
26 Juin: Le commissaire général PIER MARIA GIUSTINIANI fait part des propositions de Gênes, les Concessioni di Giustiniani, en huit articles, (Articoli mandati della Republica di Genova, per concludere la Pace col Regno di Corsica):
       ·  Amplification de l'amnistie;
       ·  Plus d'arrestations arbitraires;
       ·  Abolition des jugements ex informata conscientia;
       ·  Tolérance de la détention d'armes à feu;
       ·  Port d'armes autorisé sous réserve d'un permis dûment acquitté;
       ·  Dégrèvement de la taxe des Due Seini dès que les impôts de l'année précédente seront liquidés;
       ·  Plus de nouvelles taxes sans l'accord des Nobili Dodeci et des communautés;
       ·  Négociations au sujet de l'attribution aux Corses des charges civiles et religieuses;
       ·  Création d'un ordre de la noblesse.
20 Juillet: Cunsulta di Ghjucatoghju: La Reggenza fait des contre-propositions aux Génois. Les Naziunali confirment également leurs intentions de continuer la guerre si leurs revendications n'aboutissaient pas.
Dix Députés sont envoyés à Bastia pour rencontrer le commissaire général PIER MARIA GIUSTINIANI. La discussion porte sur toute une série d'articles et de règlements, faisant la matière d'un gros volume, et qui liquiderait, d'un coup, le contentieux entre la Corse et Gênes.
Septembre: La Reggenza formule cinq nouvelles revendications:
       ·  Libre exercice du commerce avec toute nation;
       ·  Démembrement de l'évêché d'Aleria en deux sièges épiscopaux attribués à des Corses;
       · Réforme du Sindicamento (examen de la gestion de tout fonctionnaire génois en fin de charge) qui devra désormais être effectué par le nouveau gouverneur et quatre Nobili Dodeci;
       ·  Le gouverneur de la Corse devra, à l'avenir, être sénateur et ancien doge de Gênes;
       ·  Aux postes de Calvi, Aiacciu, Algaiola et Bunifaziu, le substitut du gouverneur devra être également sénateur de la République de Gênes.
La Reggenza demande que la France se porte garante de ses accords.
Gênes tergiverse, et laisse attendre sa réponse. Elle joue la négociation, la conciliation, la paix.
Le commissaire général PIER MARIA GIUSTINIANI fait tout ce qu'il peut pour s'attacher les Nobili Dodeci, les podestats, et même les membres de la Reggenza.
Les réponses génoises n'arrivent toujours pas, et les Naziunali, impatients et de plus en plus exigeants, de Cunsulta en Cunsulta, demandent toujours davantage…
Les exilés et Corses de l'extérieur GHJACINTU PAOLI, LUIGGI GIAFFERI (de retour), PETRU SIMONE GINESTRA, ERASMU ORTICONI et GREGORIU SALVINI critiquent les Concessioni de PIER MARIA GIUSTINIANI, et appellent les Corses à les refuser.
A Carbuccia, la confrérie de Sancta Crucis (voir 1310) devient la Cumpagnia di a Morte è di l'Orazione San Carulu.
PASQUALE PAOLI est promu sous-lieutenant du Régiment Corsica.
Parution d'un livre anglais anonyme, The History of Theodore I, King of Corsica.
A Paris, parution d'un livre français écrit par un officier anonyme, Description de la Corse et relation de la dernière guerre.



1744:

FILIPPU ANTONJ est podestat de Bastia.
Janvier: Le messager BEAUJEU (voir 1742), un Bénédictin qui doit se rendre en Corse pour négocier le traité entre les Corses et les Turcs, n'accomplit pas sa mission et dévoile le projet aux cours de Gênes, de Toscane et de Turin.
13 Mai: Arrivée en Corse du Père LEONARDO da PORTOMAURIZIO (LEONARD de PORT MAURICE), 68 ans, prédicateur et religieux de l'Ordre de Mineurs réformés, envoyé sur l'Ile par le pape BENOIT XIV, pour accomplir une mission évangélisatrice et politique (pro génoise).
21 Mai: Le Père LEONARDO da PORTOMAURIZIO commence sa tournée sur l'Ile. Il évangélise la Marana, la Casinca, le Casacconi, l' Orezza, la Tavagna, le Rustinu, le Niolu, le Fiumorbu, Caccia, Corti, Cervioni
Le commissaire général PIER MARIA GIUSTINIANI tente de gagner les populations avec l'aide des pro-Génois GHJACUMU MARTINETTI, CARLU COTTONI, DON FILIPPU GRIMALDI, CARLU FILIPPU PANZANI, et le concours spirituel du Père LEONARDO da PORTOMAURIZIO.
28 Mai: Décès, à Cremone, de DUMENICU ZICAVO, de Zicavu, sergent général des Vénitiens, gouverneur de Brescia.
24 Juin: Cunsulta di Corti: Tenue sous l'autorité de la Reggenza, avec tous les représentants du peuple, pères de la communauté, les podestats, tous les chefs, les patriotes (Prucuratori, Padri di U Cumunu, Pudesti, Capi, Patrioti). De ses délibérations, sort la décision de se choisir un chef, THEODORE de NEUHOFF. Les résolutions sont signées, pour le Diquà, par les représentants des pièves de Talcini (GHJUVAN PETRU GAFFORI), de Venacu (ANTONIU ALBERTI), du Boziu (MIGHELE BOZZI), de Castellu, du Fiumorbu (ANGHJULU BRANDU SUSINI), de Serra (ALERIU FRANCESCU de MATRA), d'Alisgiani, de Verde, de Campulori, de Moriani, de Casinca (GHJUVAN BATTISTA BUTTAFUOCO dit Tittu), de Casacconi, d'Ampugnani (GHJUVAN QUILICU de CASABIANCA), du Rustinu (CLEMENTE PAOLI), de Vallerustie, de Caccia (GHJACUMU DANTE GRIMALDI), de Costere, du Nebbiu (TEODORU MURATI), du Capicorsu, de Balagna (PAULU MARIA PAOLI), et pour le Dilà, par LUCA d'ORNANO, ORAZIU COLONNA, FRANCESCU ZANOBI et MIGHELE ANGHJULU ZICAVO.
Juillet: A Turin, DUMENICU RIVAROLA (voir 1734), est à la cour piémontaise, et est envoyé en Corse pour recruter, à des fins politiques et militaires, un régiment pour le compte de CHARLES EMMANUEL III Roi de SARDAIGNE.
A Castiglione, un paroissien est assassiné au sortir de la messe sous les yeux d'un Frère Prêcheur, le prêtre BERNARDINO, de Florence, membre de l'équipe missionnaire du Père LEONARDO da PORTOMAURIZIO.
1er Août: A Turin, DUMENICU RIVAROLA est colonel propriétaire d'un Régiment Corse au service de CHARLES EMMANUEL III, le Roi de SARDAIGNE.
3 Août: Après l'approbation du Sénat de Gênes, publications des Concessioni, dites de GIUSTINIANI (Concessioni accordate da Pier Maria Giustiniani Commissario Generale della Republica di Genova nel Regno di Corsica a tutti li abitanti del medesimo). Elles sont en huit points, accordant pratiquement tous ce que les Naziunali demandaient (voir 1743). Jamais la Corse n'a autant obtenu. Elles sont promulguées en grande pompe dans les villes corses, avec lecture publique.
Rétablissement du droit général de port d'armes. Interdiction de détenir un prévenu en prison plus de 15 jours, s'il n'y a pas d'indices suffisants d'inculpation.
8 Août: Le Père LEONARDO da PORTOMAURIZIO rassemble au couvent de San Francescu di Caccia, à Castifau, une foule considérable venue de toutes les pièves voisines pour appeler au pardon et à la réconciliation.
20 Octobre: Fin de la mission du Père LEONARDO da PORTOMAURIZIO. Elle aura ramené, semble-t-il, le calme et la paix dans toutes les régions visitées, tout en prêchant la fidélité aux Génois.
18 Novembre: Le Père LEONARDO da PORTOMAURIZIO quitte la Corse, après un accident grave.
Au moment de collecter les impôts, les podestats refusent de se rendre à Bastia pour déposer le rôle de leurs contribuables.
Les Corses exigent de voir fonctionner les quatre lieutenances, celles de Sarté, Vicu, Corti et Aleria, confiées à des Corses.
Les habitants de l'Alta Rocca demandent, pour des raisons de commodités, que la lieutenance de Sarté soit divisée avec Carbini, Taddà ou Scupamena. Le commissaire général PIER MARIA GIUSTINIANI accepte à la condition que les communautés prennent les frais d'aménagement à leur charge.
A Gênes, libération de FRANCESCU MARIA de GENTILE, après douze années de prison (voir 1732), et de FRANCESCU MARIA COLONNA di BOZZI (voir 1730), grâce à l'intervention de sa fille BIANCA de ROSSI.
FRANCESCU MARIA d'ORNANO (voir 1742) est lieutenant au Régiment Royal Corse.
Aiacciu compte autour de 3800 habitants.
GEORGES ROUX, dit de CORSE, est échevin de Marseille. Sa mère est une Franceschi de Centuri.
Naissance de ANTONIU BIADELLI, futur président à la cour de Bastia.



1745:

FRANCESCU SAVERIU CAREN est podestat de Bastia.
25 Février: A Naples, PASQUALE PAOLI entre comme élève à l'Académie Royale militaire d'artillerie.
Avril: A Corti, des Corses de Vivariu, Venacu et Corti, soudoyés par le commissaire général STEFANO de MARI, encerclent la maison de GHJUVAN PETRU GAFFORI, où se trouve sa femme FAUSTINA, avec ses enfants. Cette dernière résiste avec tant d'énergie (elle menace de mettre le feu à un baril de poudre) qu'elle parvient à prévenir son mari qui est dans le Rustinu, et qui arrive à temps pour mettre en fuite ses agresseurs.
24 Avril: Aux portes d'Aiacciu, à Campu di l'Oru, pour une banale histoire de territoire de chasse, violents incidents entre Corses de Cavru et du Celavu, et soldats grecs de la colonie de Paomia, au service de Gênes. Il y a des morts et des blessés. Le commissaire d'Aiacciu, GIAN BENEDETTO SPERONE, intervient, et consigne tous les Grecs de la ville.
ANTONIU FRANCESCU de ROSSI, fils de BIANCA, est enseigne au Régiment Royal Corse.
Août: Il se commet en Corse, de huit à neuf cents homicides par an, dont la plupart restent impunis. La Vindetta fait loi. Faute de moyens, Gênes est impuissante à régler cette situation. Dans ces conditions, la paix inaugurée par les Concessioni ne peut durer. Devant une telle situation, qui ne peut que s'aggraver, les Corses décident d'agir, et ils désignent un groupe de quelques hommes afin de prendre des mesures nécessaires pour enrayer ce mal plus terrible que la guerre. Ce sont les Pacificateurs, ou Médiateurs, les Paceri, Parieri ou Prutettori.
20 Août: Préparation de la Cunsulta di Orezza: Elle se tient dans le couvent d'Orezza. Elle réunit la plupart des représentants de la Terra di U Cumunu. On y décide des mesures indispensables au rétablissement d'une paix durable. Les sanctions vont jusqu'à la peine capitale assortie de tous les biens des coupables.
29 et 30 Août: Cunsulta di Orezza: En plus des mesures de justice, la régence en faveur du Roi THEODORE 1er est supprimée.
7 Septembre: Cunsulta di Oletta: Malgré les pressions du commissaire général PIER MARIA GIUSTINIANI sur les pièves de Casinca et du long du littoral, les habitants du Nebbiu et leur chef, AMBROGHJU RIVAROLA, accordent leur confiance à GHJUVAN PETRU GAFFORI.
20 Septembre: Cinq officiers du Régiment Corse de DUMENICU RIVAROLA sont en Corse. Leur mission est de préparer un débarquement des troupes du Roi de Sardaigne CHARLES EMMANUEL III.
26 et 27 Septembre: Cunsulta di Caccia: Elle se tient dans le couvent San Francescu di Caccia entre Castifau et Moltifau: Elle est tenue par GHJUVAN PETRU GAFFORI. Devant la recrudescence des meurtres et des Vindette, on y nomme deux Protecteurs (ou Pacificateurs ou Médiateurs) les Pacificatori, (ou Paceri, Parieri ou Prutettori). Leur président est le curé IGNAZIU VENTURINI, de Vallerustie, les Pacificatori sont ALERIU FRANCESCU de MATRA et GHJUVAN PETRU GAFFORI. Des décisions sont prises pour mettre au point les derniers détails et décider d'une tournée des Paceri, avec autant d'hommes qu'il le faut pour contraindre tous ceux qui ne voudront pas se soumettre aux termes de la concorde. On y parle d'élargir les pouvoirs des Paceri, érigeant leur Cumitatu en véritable gouvernement, capable, après délibérations, d'arrêter la meilleure façon de mener les affaires du pays dans la voie de l'union et de la paix. Il s'agit, sinon d'une déclaration d'indépendance, du moins de l'acte d'émancipation d'un Cumitatu se proclamant en rupture ouverte avec la puissance de tutelle, Gênes.
Tout en assurant le commissaire génois de leur fidélité à Gênes, les membres du Cumitatu di a Pace, Comité de la Paix, commencent leur tournée. En moins de deux mois, toute la région du Diquà est pacifiée.
Dans le Dilà, persiste le problème d'incompatibilité entre les Grecs d'Aiacciu et les Paesani de la région voisine. Les Grecs restent confinés entre Barbicaghja et I Sanguinarii.
29 Septembre: A Corti, suite à un malentendu, fusillade entre les soldats de la garnison génoise et une importante troupe, à la tête de laquelle se trouve GHJUVAN PETRU GAFFORI. Le malentendu est vite dissipé.
22 Octobre: Proclamation du Roi de Sardaigne CHARLES EMMANUEL III: En réponse au peuple corse, le suppliant de lui accorder sa protection et d'obtenir celle de l'Impératrice des Romains, Reine de Hongrie, et du Roi d'Angleterre, il promet de s'employer efficacement à assurer au peuple corse la paix et la sécurité. Cette promesse doit être tenue par DUMENICU RIVAROLA. Les hommes du Roi de Sardaigne en Corse sont FRANCESCU SARI, de Bastia, et ANGELO de BONIS, de Livourne.
Le commissaire général PIER MARIA GIUSTINIANI fait enlever par GIULIANO BIRIO, le commandant de la place de Corti, le fils de GHJUVAN PETRU GAFFORI, FRANCESCU, âgé de treize mois, afin d'avoir un moyen de pression sur le père.
25 Octobre: Le commissaire général PIER MARIA GIUSTINIANI est remplacé par STEFANO de MARI. Ce dernier propose à GHJUVAN PETRU GAFFORI de lui restituer son fils et de le nommer lieutenant ainsi que ALERIU FRANCESCU de MATRA. Refus de GHJUVAN PETRU GAFFORI.
Les commissaires VISCONTE et NEGRO sont nommés au poste de commissaires d'Aiacciu, en remplacement de GIAN BENEDETTO SPERONE.
2 Novembre: Une flotte anglaise de 17 vaisseaux croise devant la Balagna.
8 Novembre: Une flotte anglaise de huit vaisseaux, commandée par le commodore TOWNSEND débarque en Balagna DUMENICU RIVAROLA avec des troupes sardes.
9 Novembre: Cunsulta di Spiluncatu: Elle est convoquée par DUMENICU RIVAROLA, et se tient au couvent des Cappuccini. DUMENICU RIVAROLA fait part à tous les Capipopuli de l'appui sans réserve du Roi de Sardaigne CHARLES EMMANUEL III et de ses alliés, de son projet d'encercler Bastia et de s'en emparer. Beaucoup de présents l'écoutent, peu le suivent. Les Prutettori IGNAZIU VENTURINI, ALERIU FRANCESCU de MATRA et GHJUVAN PETRU GAFFORI, en désaccord avec cette initiative, l'informent qu'ils ne le suivront pas.
Le commissaire général STEFANO de MARI fait restituer son fils à GHJUVAN PETRU GAFFORI. En échange, ce dernier promet sa neutralité.
15 Novembre: DUMENICU RIVAROLA établit son quartier général à San Pancraziu. Il se fait proclamer Capitaine Général et Généralissime, et attend la flotte anglaise qu'il a laissé devant la Balagna, et qui doit soutenir son attaque de Bastia, côté mer.
16 Novembre: Celle ci arrive: huit vaisseaux de lignes anglais, quatre galiotes à bombes, une frégate, quatre navires de logistique, dont un hôpital.
17 Novembre: D'une felouque, trois officiers débarquent à Bastia et intiment au commissaire général STEFANO de MARI de remettre la ville à DUMENICU RIVAROLA et aux chefs corses, au nom du Roi de Sardaigne CHARLES EMMANUEL III. Le Génois refuse.
18 Novembre: Les navires anglais commencent à bombarder Bastia et détruisent une grande partie de la ville. Les bombardements durent toute la nuit. GHJUSEPPU MARIA MASSESI, le secrétaire du podestat de Bastia, relate ces bombardements dans son journal, et le Bastiais ANTONIU CARBUCCIA en fait de même dans les lettres qu'il écrit à son fils l'abbé CARBUCCIA, qui réside à Gênes.
19 Novembre: STEFANO de MARI décide alors de capituler à condition qu'on lui laisse quitter Bastia, ce qui est accepté. Il s'embarque pour Aiacciu, puis rejoint Calvi. La flotte anglaise quitte Bastia pour Livourne.
21 Novembre: Bastia passe sous la protection du Roi de Sardaigne CHARLES EMMANUEL III. Son Magistratu, (conseil municipal) avec à sa tête ANTONIU MARENGO, FRANCESCU MARIA de GENTILE, Maggiore de la ville, DUMENICU CARDI de SANSONETTI, IGNAZIU FRANCESCU ROSSI et ANTONIU MARIA ASDENTE, signe la capitulation, proclame la loi martiale, et ouvre la ville à DUMENICU RIVAROLA, lequel, avec ses 200 hommes, est reçu triomphalement par les Bastiais.
26 Novembre: Proclamation de DUMENICU RIVAROLA dans laquelle il annonce la prise de Bastia et des présides de San Pellegrinu et de La Padulella, et demande aux gens de Balagna de s'unir à lui, afin de chasser les Génois de Calvi, Algaiola et L'Isulà.
30 Novembre: De Corti, les Prutettori IGNAZIU VENTURINI, ALERIU FRANCESCU de MATRA et GHJUVAN PETRU GAFFORI arrivent à Bastia, escortés de 800 hommes de la montagne. Abandonnant leur titre de Paceri, les trois chefs corses ne veulent pas laisser au seul DUMENICU RIVAROLA la maîtrise de la situation. Ils sont reçus triomphalement par les Bastiais. Pour la première fois, le drapeau corse à Tête de Maure est arboré au sommet de la Citadella.
4 Décembre: Lettre de DUMENICU RIVAROLA à LUCA d'ORNANO, dans laquelle il le prie de veiller à l'union de ses peuples, et lui fait part de son intention d'attaquer Calvi et Aiacciu. LUCA d'ORNANO n'y répond pas, averti par le commissaire génois du Dilà du danger d'une telle entreprise.
Les distensions s'aggravent entre DUMENICU RIVAROLA et GHJUVAN PETRU GAFFORI, notamment au sujet du sac de Bastia que ce dernier, et ALERIU FRANCESCU de MATRA, autorisent au mépris des accords signés par DUMENICU RIVAROLA. De plus, GHJUVAN PETRU GAFFORI, maître de Terra Nova, veut garder la ville au nom des Naziunali, alors que DUMENICU RIVAROLA, installé, lui, à Terra Vechja, veut la garder pour le Roi de Sardaigne. Finalement, DUMENICU RIVAROLA quitte Bastia pour San Fiurenzu, poussé au départ par les Prutettori GHJUVAN PETRU GAFFORI et ALERIU FRANCESCU de MATRA.
Cunsulta di San Fiurenzu: Il est décidé de laisser GHJUVAN PETRU GAFFORI à Bastia, tandis que ALERIU FRANCESCU de MATRA et DUMENICU RIVAROLA marcheront sur Aiacciu et Calvi. Aiacciu restera à ALERIU FRANCESCU de MATRA et Calvi à DUMENICU RIVAROLA.
A Aiacciu, le commissaire général STEFANO de MARI regroupe une quinzaine de compagnies de 60 hommes. Il en donne le commandement à LUCA d'ORNANO et à PETRU CUNEO, qu'il nomme lieutenants-colonels.
30 Décembre: ALERIU FRANCESCU de MATRA est à Vivariu, avec 6000 hommes, et va franchir la Bocca à Vizzavona, pour rejoindre Aiacciu. LUCA d'ORNANO se trouve à Bucugnà, et lui demande de se retirer. Il refuse, le combat a lieu, et ALERIU FRANCESCU de MATRA est repoussé.
Les Génois renforcent Calvi.
MIGHELE ANGHJULU DURAZZO FOZZANI, rallié à Gênes, est nommé colonel commandant la troupe de La Rocca.
Naissance de GHJUSEPPU ANTONIU BACIOCCHI, futur colonel, et auteur d'un pamphlet assez venimeux contre le père de PASQUALE PAOLI, GHJACINTU PAOLI.



1746:

Vu la situation, on n'élit plus de podestat à Bastia.
1er Janvier: Des vaisseaux arborant le pavillon anglais entrent dans le golfe d'Aiacciu, jusqu'à la tour de Capitellu. LUCA d'ORNANO est rappelé, avec ses hommes, par le commissaire général STEFANO de MARI. ALERIU FRANCESCU de MATRA en profite pour tenter de passer le col de Verde, et pénétrer dans le Taravu Altu. Mais, comme à Bucugnà, il est repoussé par les Corses restés fidèles aux Génois, et il doit, en définitive, abandonner l'attaque d'Aiacciu.
A Bastia, les habitants, en majorité Génois, supportent mal l'autorité de GHJUVAN PETRU GAFFORI, auquel ils reprochent d'être responsable du sac de la ville. Avec leur Magistrato, ils exigent le départ du Paceru, enfermé dans Terra Nova.
17 Janvier: Des hommes armés, Naziunali favorables au Roi de Sardaigne, venus de Ville, Lota et Cardu, entrent dans Bastia. Avec des Bastiesi, ils investissent Terra Nova, et élisent à la tête du Magistrato SEBASTIANU CECCALDI (le frère de l'ancien Général de la Nation ANDRIA CECCALDI), qui est proclamé Général. Les événements tournent mal entre partisans des deux bords, et après une fusillade, on dénombre treize morts chez les hommes de GHJUVAN PETRU GAFFORI. Une médiation de l'archidiacre de Bastia ANGELO ODARDO STEFANINI et du docteur ANTONIU MORELLI, ancien podestat (voir 1740), rétablit la paix entre les deux parties.
21 Janvier: Les Paesani du Nebbiu quittent Bastia.
22 Janvier: GHJUVAN PETRU GAFFORI est invité à quitter Bastia, avec ses sympathisants. Les Cortinesi quittent également la ville.
24 Janvier: A Calvi, PAULU MARIA MARIOTTI, l'évêque de Sagone, accusé par le commissaire général STEFANO de MARI, d'intelligence avec les chefs Naziunali, est arrêté, et embarqué pour Gênes, où il est jeté dans une tour. Il y restera jusqu'à sa mort.
Arrestation par les Génois de l'archiprêtre d'Aiacciu, l'abbé ORTO.
Le Corse MATTEU de ANGELIS, de Nonza, est nommé vicaire apostolique de Sagone (en résidence à Calvi), par suite de la détention de PAULU MARIA MARIOTTI.
Février: ALERIU FRANCESCU de MATRA et DUMENICU RIVAROLA sont avec leurs hommes, devant Bastia, avec l'intention de prendre la ville, dont les habitants leur refusent l'entrée.
5 Février: DUMENICU RIVAROLA et une quarantaine de Capipopuli adressent une supplique au Roi de Sardaigne CHARLES EMMANUEL III. Ils lui demandent de l'aide (au moins 25000 Zecchini) afin de financer une nouvelle campagne. Cette requête est interceptée par Gênes.
15 Février: Les Bastiesi résistent à ALERIU FRANCESCU de MATRA. Ils sont poussés en avant par les pro-Génois PETRU CASALE, PAULU IGNAZIU ZERBI, FELICE CARDI, ANTON GHJUSEPPU MATTEI et son frère MATTEU, SALVADORE GALEAZZINI et son fils ANTONIU, et ils désignent un nouveau Magistrato (six membres et un conseil de trente citoyens), avec, à sa tête, le patron pêcheur FRANCESCU PATRIMONIO, favorable à la République de Gênes.
FRANCESCU PATRIMONIO fait arrêter les principaux membres, une trentaine, de l'ancienne direction de la ville, Naziunali favorables au Roi de Sardaigne. Vingt six (parmi lesquels GHJUSEPPU MARIA MASSESI, ANTONIU MARENGO, FRANCESCU MARIA de GENTILE, DUMENICU CARDI de SANSONETTI, IGNAZIU FRANCESCU ROSSI et ANTONIU MARIA ASDENTE) sont emprisonnés et transférés à Gênes, où ils seront jugés et exécutés. La bannière génoise est hissée sur laCitadella. Le nouveau Magistrato assure Gênes de sa fidélité.
Mars: DUMENICU RIVAROLA, des moines Capucins, ALERIU FRANCESCU de MATRA, GHJUVAN PETRU GAFFORI et SEBASTIANU CECCALDI, de leur camp de San Pancraziu, harcèlent Bastia, ravagent les campagnes alentour, repoussent les Bastiesi qui tentent de sortir de la ville.
13 au 14 Mars: Les Naziunali déclenchent une violente attaque Bastia qui est repoussée par les habitants.
10 Avril: C'est le dimanche de Pâques. Les Bastiesi tentent une sortie, obligeant les Naziunali à desserrer le blocus.
7 Mai: A Gênes, verdict du procès des Naziunali arrêtés en Février: sur les 26, dix sont condamnés à mort dont cinq seront pendus (FRANCESCU MARIA LUCCIANA, 38 ans, FRANCESCU MARIA BOZI, 34 ans, LEONARDU DEGIOVANNI, 49 ans, CARLU FILIPPU SARI, 39 ans, GHJUVAN BATTISTA VINCENSINI, 46 ans), et cinq décapités (ANTONIO MARENGO, 54 ans, FRANCESCU MARIA de GENTILE, 78 ans, DUMENICU CARDI de SANSONETTI, 57 ans, IGNAZIU FRANCESCU ROSSI, 58 ans, et ANTONIU MARIA ASDENTE, 36 ans), deux autres meurent de privations dans leurs prisons, FRANCESCU MATTEU LIMPERANI et GHJUVAN BATTISTA GUASCO, cinq sont gardés en otages. Les neuf derniers seront relâchés plus tard.
15 Juin: Bastia est toujours assiégée côté terre.
GHJUVAN PETRU GAFFORI tente de s'emparer de la Citadella de Corti, construite par VINCENTELLU d'ISTRIA (voir 1418), et tenue par les Génois. A la demande de son épouse FAUSTINA, il n'hésite pas à faire tirer sur le fort alors que les Génois exposent son fils unique sur les murailles. Les Génois résistent, attendant le secours de LUCA d'ORNANO. Une trêve de douze jours est négociée.
23 Juin: Les Génois de Corti se rendent à GHJUVAN PETRU GAFFORI, à des conditions satisfaisantes pour tous. LUCA d'ORNANO, qui vient d'arriver à Vivariu, l'apprend, et rentre à Aiacciu.
25 Juin: GHJUVAN PETRU GAFFORI et ALERIU FRANCESCU de MATRA lancent une proclamation condamnant les Bastiesi au blocus et à la dévastation de leurs biens, pour avoir déshonoré le nom de notre nation.
Juillet: La dissension entre les chefs corses est telle que, à la demande des Génois, la tête de DUMENICU RIVAROLA est mise à prix (1000 Doppie) par les Capipopuli de l'intérieur.
7 Juillet: GHJUVAN PETRU GAFFORI occupe la Citadella di Corti.
Cunsulta di Corti: GHJUVAN TOMASU GIULIANI, membre de la Reggenza, tente de réconcilier tous les chefs corses. DUMENICU RIVAROLA n'y participe pas, malade paraît-il. Pour s'en débarrasser, il est décidé de l'envoyer à Turin, chercher du secours auprès de ses protecteurs, malgré le violent désaccord des Nebbiginchi (ceux du Nebbiu), ses partisans les plus fidèles. Finalement, DUMENICU RIVAROLA, confirmé dans ses fonctions de Général Protecteur de la Patrie, est envoyé à San Fiurenzu. Un Magistratu Supreme de douze membres, qui résidera à Corti, est formé. Quatre de ses membres siégeront à tour de rôle, dont DUMENICU RIVAROLA, GHJUVAN PETRU GAFFORI et ALERIU FRANCESCU de MATRA. IGNAZIU VENTURINI sera le Président de ce gouvernement.
19 Juillet: Grida (édit) publiée à San Fiurenzu par le Magistratu Supreme, interdisant tout trafic ou commerce entre les Capicorsini et les Bastiesi hostiles aux Naziunali, et exigeant des otages pour cautionner cette décision.
28 Juillet: Cunsulta di Casinca: Vingt deux pièves (Caccia, Casacconi, Rustinu, Casinca, Costere) se déclarent tout à fait hostiles à DUMENICU RIVAROLA, GHJUVAN PETRU GAFFORI et ALERIU FRANCESCU de MATRA. Il est question de les interpeller pour leur demander des comptes sur leurs agissements, et éventuellement de les livrer à la justice. Il est également décidé de demander au Doge de Gênes de discuter d'une forme de statut entre la Corse et la République, à laquelle les demandeurs veulent participer.
10 Août: Cunsulta di San Antoniu della Casabianca: Cette assemblée est convoquée par le Magistratu Supreme, son président, IGNAZIU VENTURINI, et les Prutettori DUMENICU RIVAROLA, ALERIU FRANCESCU de MATRA et GHJUVAN PETRU GAFFORI. DUMENICU RIVAROLA est absent, il est à San Fiurenzu, alité à cause d'une blessure à la jambe. Diverses mesures sont prises:
       ·  Sommation aux habitants de Bastia de se rendre dans les huit jours (sous peine de voir la ville livrée au pillage et à la ruine);
       ·  Fixation du montant des tailles (vingt sous par feu, dix par demi-feu), des prix plafonds du blé (vingt sous le boisseau), de l'orge (treize sous) et des châtaignes (dix sous);
       ·  Application de la peine de mort à ceux qui commercent avec les ennemis;
       ·  Election d'un podestat par piève (avec pouvoir de justice limité aux délits de douze sous).
Enfin, deux députés sont envoyés auprès du Roi de Sardaigne CHARLES EMMANUEL III, pour trouver la flotte et l'argent nécessaires pour continuer le combat contre les Génois.
Poursuite des négociations entre Bastiesi et Naziunali. Le retour à Bastia du commissaire général STEFANO de MARI redonne courage aux assiégés, qui rompent les discussions. Le Magistratu Supreme tente un dernier assaut, sans succès.
2 Septembre: Le siège de Bastia est levé.
GHJUVAN PETRU GAFFORI se retire chez lui, à Corti. GHJUVAN TOMASU GIULIANI est en Balagna. ALERIU FRANCESCU de MATRA et IGNAZIU VENTURINI vont de piève en piève.
A l'injonction de GHJACUMU MARTINETTI, du Fiumorbu, les habitants de Nuceta, Ruspigliani, Antisanti, Vezzani, U Petrosu, Ghisoni, Vivariu… refusent de payer leurs impôts aux collecteurs Naziunali.
13 et 14 Novembre: Cunsulta di Orezza: Elle est réunie à la demande des Capipopuli de l'intérieur. Il y est décidé, vu l'ampleur de la guerre des chefs, une série de douze mesures en vue d'améliorer l'organisation administrative du pays, de consolider l'autorité du Magistratu Supreme, pour pouvoir enfin réaliser l'union autour du pouvoir central. On désigne un Magistratu d'Inquisizione, composé de quatre membres, et chargé de faire appliquer les mesures du Magistratu Supreme.
30 Novembre: A Gênes, libération de GHJUSEPPU MARIA MASSESI et des huit derniers prisonniers (voir 7 Mai).
Décembre: Conflit entre les habitants de Tavagna, accusés d'être Pro-Génois, et ceux des pièves voisines, partisans de GHJUVAN PETRU GAFFORI.
25 Décembre: Tentative génoise d'assassinat contre IGNAZIU VENTURINI, président du Magistratu Supreme. Les responsables du complot sont immédiatement passés par les armes.
ANTONIU de BUTTAFUOCO est chevalier de l'Ordre de Saint Louis.
CARLU EMMANUELLE PASQUALINI est membre du Conseil d'Administration de la ville de Bastia et procureur du Roi.
A Padoue, GHJACUMU PETRU ABBATUCCI est reçu docteur.
Gênes recrute, pour son armée, de plus en plus de Corses, qui ne font plus confiance à leurs chefs.
Edition de Recueil des plusieurs places et rades de la mer Méditerranée, par JACQUES AYROUARD, dans lequel figurent les plans de plusieurs places corses (Bastia, Calvi).
L'artiste NICULAU FILIPPI, de Petra Serena, en Castagniccia, peint Le Chemin de Croix, pour l'église Santa Maria Assunta de Spiluncatu. Ce tableau, ayant coûté 141 lires, financé par la population du village, était d'abord destiné à l'église Santa Catalina.



1747:

A Sestri Levante, décès de AGOSTINO SALUZZO, l'évêque de Mariana-Accia. Un mausolée en son honneur est élevé en l'église de Nostra Signora di Lavasina, à Brandu.
GHJUVANNI BATTISTA PASQUALINI (voir 1741) est capitaine au Régiment Royal Corse.
8 ou 10 Février: Cunsulta di A Venzulà: Elle se tient au couvent des Franciscains. On y décide que quatre Prucuratori, le piuvanu GHJUVANNI AITELLI, BERNARDI, DUMENICU VINCIGUERRA et ZUCCARELLI, ont droit de regard sur la gestion des membres du Magistratu Supreme.
3 Mars: De Corti, DUMENICU RIVAROLA écrit aux habitants du Nebbiu et du Capicorsu qui menacent de faire sécession en élisant leur propre Magistratu Supreme. IGNAZIU VENTURINI, ALERIU FRANCESCU de MATRA, GHJUVAN PETRU GAFFORI, les autres membres du Magistratu Supreme, et le Prucuratore GHJUVANNI AITELLI, s'opposent à cette initiative de DUMENICU RIVAROLA.
20 Avril: Cunsulta di Orezza: 15 résolutions y sont prises. On y confirme les dispositions prises le 8 Février. On tolère le Magistratu que se sont donnés les habitants du Nebbiu et du Capicorsu, à condition qu'il se soumette au Magistratu Supreme. De plus, il est décidé que DUMENICU RIVAROLA et GHJUVAN TOMASU GIULIANI se rendent à Turin chercher du secours. Durant leur absence, IGNAZIU VENTURINI et GHJUVANNI AITELLI assureront le gouvernement, avec les généraux ALERIU FRANCESCU de MATRA et GHJUVAN PETRU GAFFORI, ainsi que les Cunsultori, conseil de 24 membres. On s'interroge également sur la situation du peuple du Dilà.
21 Mai: Cunsulta d'Ornanu: Tenue au couvent d'Ornanu. Assemblée du Dilà dirigée par FRANCESCU MARIA COLONNA di BOZZI. Les participants sont divisés sur la conduite à tenir et hésitent à s'engager ouvertement aux côtés des Naziunali du Diquà.
DOMINICO MARIA SAPORITO est évêque de Mariana-Accia. Il succède à AGOSTINO SALUZZO (voir 1720).
7 Juillet: DUMENICU RIVAROLA, qui n'a pu se rendre à Turin faute d'avoir obtenu l'autorisation délivrée par les Sardes, décide d'attaquer Bastia.
1er Septembre: Avec 150 hommes, et la complicité de nombreux Bastiesi, DUMENICU RIVAROLA occupe Terra Vechja, oblige les Génois à se réfugier dans la Citadella, puis demande des secours au Roi de Sardaigne CHARLES EMMANUEL III.
5 Septembre: A la demande de Gênes, le lieutenant-colonel français de CHOISEUL BEAUPRE, est envoyé en Corse, et, avec 500 soldats (300 Génois, 100 Français et 100 Espagnols ou Autrichiens), débarque à Bastia pour délivrer les Génois assiégés dans la Citadella.
8 ou 9 Septembre: DUMENICU RIVAROLA abandonne Bastia et rentre à San Fiurenzu.
12 Septembre: Le commissaire général STEFANO de MARI et de CHOISEUL BEAUPRE, poursuivent DUMENICU RIVAROLA jusqu'à San Fiurenzu, et assiègent la place. Un premier assaut est repoussé. GHJUVAN TOMASU GIULIANI vient au secours des Naziunali, et les assaillants lèvent le siège, le colonel de CHOISEUL BEAUPRE rentrant à Gênes.
16 Octobre: Une escadre anglaise de six unités est devant San Fiurenzu.
Réunis à Muratu, GHJUVAN PETRU GAFFORI, ALERIU FRANCESCU de MATRA, IGNAZIU VENTURINI, GHJUVAN TOMASU GIULIANI et DUMENICU RIVAROLA décident à nouveau que DUMENICU RIVAROLA et GHJUVAN TOMASU GIULIANI se rendent à Turin solliciter l'aide du Roi de Sardaigne CHARLES EMMANUEL III.
22 Octobre: DUMENICU IVAROLA et GHJUVAN TOMASU GIULIANI embarquent à San Fiurenzu sur Le Postillon, navire anglais commandé par le capitaine STEPNEY.
24 Octobre: DUMENICU RIVAROLA et GHJUVAN TOMASU GIULIANI abordent près de Savone, et font route vers Turin.
Novembre: Arrivée à Bastia, en provenance de Gênes, de l'archiprêtre d'Aiacciu, ORTO. Envoyé par le Duc de RICHELIEU, Maréchal de France, il est chargé de convaincre ses compatriotes à se soumettre à la République de Gênes, et à désigner quatre députés pour négocier un accord avec les Génois, sous peine d'intervention des forces du Roi de France. Il rencontre les généraux corses.
DUMENICU RIVAROLA et GHJUVAN TOMASU GIULIANI sont à Turin. Ils obtiennent l'envoi de troupes austro-sardes en Corse.
11 Décembre: Cunsulta di Orezza: Elle est organisée par le commissaire général STEFANO de MARI, dont le but est d'accentuer la division entre les chefs corses, au profit des Génois. L'archiprêtre ORTO y prend la parole et se fait huer par les partisans des Génois. Prévenu, GHJUVAN PETRU GAFFORI envoie des troupes pour dissoudre cette assemblée, qui se termine avant leur arrivée. Avec d'autres, CLEMENTE PAOLI, du Rustinu, attaque GHJUVANNI AITELLI qu'ils dénoncent comme étant favorable aux Génois.
28 Décembre: GHJUVAN TOMASU GIULIANI et le fils aîné de DUMENICU RIVAROLA (ANTONIU, Jésuite à Milan) sont de retour sur l'Ile. Ils ramènent quelques munitions, sans rapport avec les besoins des Naziunali.
Retour en Corse de SIMONE BUANAVENTURA FABIANI dit Simoncinu (voir 1741).
Retour en Corse de ISAIA GRIMALDI, de E Valle di Campulori (voir 1732).
GHJUVAN BATTISTA de CARAFFA, de Bastia, est lieutenant au Régiment Royal Corse.
A Aiacciu, érection sur la porte de la ville d'une statue de Nostra Signora di a Misericordia (voir 1656), avec l'inscription Posuerunt me custodem (ils se sont mis sous ma garde).
A Nancy, publication d'une Histoire de l'Isle de Corse, anonyme.
A Livia, naissance de UGU FRANCESCU PERETTI, futur poète dialectique, auteur de Ottave Rusticane.
A Curbara, installation du maître autel central, de style baroque flamboyant en marbre blanc, dans la collégiale A Nunziata.
A Ulmetu, naissance de MIGHELE ANTONIU PIANELLI, futur général de brigade.



1748:

5 au 10 Février: Cunsulta di Muratu: Elle se tient sur la place du couvent des Réformés. GHJUVAN TOMASU GIULIANI y rend compte de sa mission à Turin et des résultats obtenus. La poursuite de l'effort de guerre est décidée. Une taxe de dix sous est édictée pour la création d'un escadron volant de 300 hommes, dont CLEMENTE PAOLI sera le capitaine, pour chasser les traîtres alliés des Génois, les Vittuli. Il y est nommé six membres d'un Magistratu Civile, parmi lesquels GHJUVAN TOMASU GIULIANI et CLEMENTE PAOLI. De plus, les biens des alliés corses des Génois sont confisqués, ainsi que les revenus des évêchés de l'Ile et ceux appartenant à des cardinaux génois. Enfin on demande au pape BENOIT XIV, la libération de PAULU MARIA MARIOTTI, l'évêque de Sagone (voir 1746).
3 Mars: A Corti, naissance de GHJACINTU ARRIGHI de CASANOVA, futur Baron d'Empire.
21 Mars: PAULU VINCENZU COLONNA d'ISTRIA est nommé second lieutenant au Régiment Royal Corse de Naples.
12 Avril: A Turin, décès de DUMENICU RIVAROLA. Il vient d'obtenir du Roi de Sardaigne CHARLES EMMANUEL III et de la Reine des Romains MARIE THERESE d'AUTRICHE, la fille de l'Empereur Germanique CHARLES VI, les secours en hommes et matériels, tant désirés par les Naziunali.
ANTONIU, fils de DUMENICU RIVAROLA, succède à celui-ci auprès du Roi de Sardaigne. Il est installé à Livourne. Il est le représentant quasi officiel de PASQUALE PAOLI en Italie.
3 Mai: Les renforts promis, 500 ou 900 ou 1500 Sardes, Piémontais et Autrichiens, commandés par le Chevalier de CUMIANA débarquent à San Fiurenzu.
7 Mai: Cunsulta di San Fiurenzu: Les chefs corses et le Chevalier de CUMIANA décident de marcher sur Bastia.
Le Dilà, avec LUCA d'ORNANO, colonel du Real Corso, reste tranquille. Seuls les Istria bougent: FRANCESCU MARIA COLONNA di BOZZI, à l'instigation de sa fille BIANCA de ROSSI, et SIMONE PERETTI se font élire généraux, et tentent de soulever le Dilà en faveur des Naziunali.
Les Naziunali, avec GHJUVAN PETRU GAFFORI, ALERIU FRANCESCU de MATRA, GHJUVAN TOMASU GIULIANI et IGNAZIU VENTURINI et le Chevalier de CUMIANA, et ses Austro-Sardes, soit en tout 6000 à 8000 hommes (certains disent 600 à 700) et de l'artillerie, marchent sur Bastia.
16 Mai: Le siège deBastia commence. Boulets et bombes tombent sur la ville.
17 Mai: FRANCESCU MARIA COLONNA di BOZZI tient une Cunsulta au couvent d'Istria. Il tente de faire valider son élection au grade de général, mais ceux du Taravu et de Bastèrga la refusent.
19 Mai: Pour soutenir Bastia, contre le Chevalier de CUMIANA et ses Austro-Sardes, le Duc de RICHELIEU envoie en Corse Monsieur de PEDEMONT, colonel du Régiment du Nivernais, avec 300 soldats et 10000 francs.
20 Mai: A Paris, NICOLAS MARIE SERAPHIN RIOULT de DOUILLY, Marquis de CURSAY, colonel du Régiment de Tournaisis, reçoit ses premières instructions, définissant avec exactitude le but de sa future mission en Corse.
22 Mai: Le Marquis de CURSAY et 400 à 2000 soldats franco-espagnols embarquent à Gênes pour défendre Bastia.
23 Mai: Le Chevalier de CUMIANA somme la ville de Bastia de se rendre, promettant une capitulation avec les honneurs. Refus du commissaire génois de la ville SPINOLA, qui, au contraire, tente une sortie en force.
27 Mai: Devant la résistance des Génois, le Chevalier de CUMIANA avec les Naziunali et les Austro-sardes lèvent le siège de Bastia et rentrent à San Fiurenzu.
29 Mai: Le Marquis de CURSAY et ses soldats franco-espagnols débarquent à Bastia. Ils fortifient Terra Vechja.
10 Juin: Le Marquis de CURSAY explique aux Corses la position du Roi de France LOUIS XV, à savoir son désir de protéger la Corse des dangers extérieurs.
25 Juin: Le Marquis de CURSAY entre en campagne. Il s'embarque à Bastia, et attaque le fort de Padulella, qu'il prend sans coup férir.
7 Juillet: Le colonel de PEDEMONT, avec ses 300 soldats, est battu devant Barbaghju par les Naziunali de Patrimoniu, de San Fiurenzu et d'Oletta. Il rentre précipitamment à Bastia.
12 Juillet: Nonza et Olmeta di Capicorsu sont pris par les Français.
12 Septembre: Conformément à la convention d'armistice d'Aix la Chapelle mettant fin à la guerre dite de Succession d'Autriche, le Marquis de CURSAY, au nom des Franco-espagnols, et le Chevalier de CUMIANA, au nom des Austro-sardes, signent à Patrimoniu, l'arrêt des hostilités en Corse, et se partagent les territoires d'occupation: à l'est du col de Teghjime, versant bastiais, les Français, Espagnols et Génois, à l'ouest, du côté de San Fiurenzu, les Austro-sardes.
15 Septembre: Les termes de l'armistice, approuvés par ALERIU FRANCESCU de MATRA, GHJUVAN TOMASU GIULIANI et IGNAZIU VENTURINI, sont publiés à Bastia, à San Fiurenzu style='color:maroon'> et dans toute l'Ile.
18 Octobre: Signature du Traité d'Aix la Chapelle qui met fin à la guerre de la Succession d'Autriche. Les Autrichiens et les Piémontais qui se trouvent encore en Balagna et dans le Nebbiu doivent évacuer la Corse.
21 et 22 Octobre: Cunsulta di A Venzulà: GHJUVAN PETRU GAFFORI et les Naziunali décident, à l'unanimité, de poursuivre la guerre contre les Génois. ALERIU FRANCESCU de MATRA est absent à cette assemblée.
Rencontre entre le Marquis de CURSAY et GHJUVAN PETRU GAFFORI.
ANTONIU COLONNA di BOZZI rentre en Corse.
Novembre: Création, à Turin, d'un nouveau régiment corse, au service du Roi de Sardaigne CHARLES EMMANUEL III. Le Chevalier de CUMIANA en offre le grade de lieutenant-colonel à ALERIU FRANCESCU de MATRA, qui accepte, malgré les protestations des Naziunali qui lui reprochent d'abandonner la cause de la Nation, et également d'avoir négocié secrètement avec Gênes, y compris pour ses affaires personnelles. Sa parenté avec GHJUVAN PETRU GAFFORI lui évite d'être arrêté.
16 Novembre: ALERIU FRANCESCU de MATRA quitte San Fiurenzu, avec Le Chevalier de CUMIANA et ses Austro-sardes.
20 Novembre: Cunsigliu della Nazione di Orezza: Sous la présidence de GHJUVAN TOMASU GIULIANI, après avoir confirmé de ne jamais accepter le moindre arrangement avec Gênes, il est décidé que ALERIU FRANCESCU de MATRA est désormais un rebelle, et est condamné à payer comptant trois mille lires, s'il ne veut pas voir ses biens dévastés à Aleria.
27 Novembre: Un accord est conclu entre Gênes et la France: les troupes françaises resteront en Corse jusqu'à la promulgation du règlement de la convention d'armistice d'Aix la Chapelle.
3 et 4 Décembre: Cunsulta di Biguglia: Rencontre entre le Marquis de CURSAY, GHJUVAN TOMASU GIULIANI, GHJUVAN PETRU GAFFORI et d'autres Principali. Le Français fait part des bonnes intentions du Roi LOUIS XV à l'égard du peuple corse. Il n'est plus question de soumission à Gênes, mais d'obéissance au Roi de France. Les Corses semblent séduits par cette nouvelle situation. Une lettre est envoyée au Roi de France dans laquelle les Corses le prient de recevoir leur soumission sans réserve, et lui promettent de se conformer à toutes les instructions de son représentant. Cette lettre est signée des 17 plus éminents chefs corses du moment, dont GHJUVAN PETRU GAFFORI, GHJUVAN TOMASU GIULIANI, SALICETI, CLEMENTE PAOLI
Le Marquis de CURSAY se fixe à Bastia.
Les homicides sont devenus quotidiens en Corse. Ces meurtres, commis le plus souvent sous couvert d'actes politiques contre des ennemis personnels, accusés d'être rebelles à Gênes, sont presque toujours absous par les juges de la République.
6 Décembre: Le Marquis de CURSAY notifie à tous ceux qui depuis le 1er Juin dernier sont coupables de crimes, de quitter la Corse dans les 15 jours, sous peine d'encourir les sanctions les plus graves.
7 Décembre: A Bastia, BENEDETTO SPERONE, l'adjoint au commissaire général STEFANO de MARI, accuse le Marquis de CURSAY d'ingérence dans les affaires de Corse, et de se moquer du pouvoir officiel de la République de Gênes.
10 Décembre: Le Marquis de CURSAY écrit à chaque délégué des pièves du Dilà, d'élire un représentant pour la Cunsulta prévue le 14 Janvier à Corti.
Le commissaire génois d'Aiacciu, de NEGRO, tente de briser l'action des Pro-Français, emmenés par BIANCA de ROSSI et les siens, dont son neveu, FILIPPU de ROSSI, officier du Real Corso. Ces derniers se mobilisent pour avoir un maximum de mandats. Parmi les députés d'Aiacciu, GHJUSEPPU BUOANAPARTE dispose de la procuration de 40 familles de la ville, toutes alliées de la France.
12 Décembre: Circulare de GHJUVAN PETRU GAFFORI ordonnant à tous les podestats et Padri di U Cumunu, de mettre à sa disposition le tiers de leur effectif armé, ainsi que la liste des Cuntumaci (soustraits à l'action de la justice) auxquels, désormais, il sera fait la chasse.
16 Décembre: Le président du Magistratu Supreme, IGNAZIU VENTURINI, et les Prutettori, GHJUVAN TOMASU GIULIANI et GHJUVAN PETRU GAFFORI convoquent les chefs du Diquà pour la Cunsulta prévue le 14 Janvier à Corti.
23 Décembre: Les Français occupent San Fiurenzu.
Le Marquis de CURSAY écrit: Je suis plus maître du peuple corse qu'on ne l'est dans Paris.
SEVERINU ABBATUCCI est nommé commissaire commandant de la piève de Talavu.
LEONARDU GRIMALDI fait éditer les Prediche Quaresimale de son oncle ISAIA.
Edition d'une traduction française de Disinganno intorno alla guerra di Corsica scoperto da Curzio Tulliano Corso ad un suo Amico dimorante nell'Isola, de GHJULIU MATTEU NATALI (voir 1737).
A Bastia, naissance de GHJUSEPPU SISCO, futur chirurgien. Il sera directeur de l'Hospice de Saint Jacques, professeur d'anatomie et de chirurgie, professeur en chef de médecine dans le collège romain.
Edition d'une carte de la Corse de GILLES ROBERT de VAUGONDY,géographe à Paris.



1749:

2 Janvier: Le Marquis de CURSAY est à San Fiurenzu.
5 Janvier: A Aiacciu, naissance de GHJUSEPPU ANTONIU BACIOCCHI, futur lieutenant colonel et baron héréditaire.
6 Janvier: Le Marquis de CURSAY est à Bastia.
8 Janvier: Le Marquis de CURSAY est à Corti.
14 et 15 Janvier: Cunsulta di Corti: Elle se tient dans l'église de San Francescu sous l'autorité de GHJUVAN PETRU GAFFORI. Tous les podestats et les Padri di U Cumunu sont présents. Seules les villes pro-génoises (Bastia, Calvi, Bunifaziu et Algaiola) ne sont pas représentées. Le Marquis de CURSAY propose un plan d'action en huit points :
       · Décision de l'élection de dix députés pour le Diquà qui représenteront le peuple aux prochaines assemblées;
       · Décision de l'élection de cinq députés pour le Dilà qui représenteront le peuple aux prochaines assemblées;
       ·  Choix des podestats;
       ·  Choix des Padri di U Cumunu;
       ·  Choix d'un commissaire par piève pour exercer la justice;
       ·  Distribution de vivres;
       ·  Création d'un code sévère des délits et des peines;
       ·  Délivrance de laissez-passer.
L'évêque d'Aiacciu BERNARDINO CENTURIONE propose deux requêtes :
       ·  Libération de PAULU MARIA MARIOTTI, l'évêque de Sagone (voir 1748);
       ·  Envoi d'un visiteur apostolique en Corse.
Ces deux demandes sont présentées au Marquis de CURSAY par GHJUSEPPU BUONAPARTE. Le problème des Grecs d'Aiacciu est également abordé (voir 1745). Un programme de gouvernement entre Corses et Français est mis au point sous forme d'ordonnances provisoires. Chaque piève du Diquà et du Dilà désigne son commissaire: PAULU NATALE PERETTI pour Livia et Carbini, ANGHJULUVISU MUCCHIELLI pour Coasina, MATTEU MARIA GIUDICELLI pour Zonza, Porti Vechju et Sulinzara, SIMONE d'ISTRIA, dit Gallone, pour Ulmetu et l'Istria, GHJUVAN FELICE PANZANI pour Santa Lucia di Taddà, ANTONIU di ORAZIO pour Ciamanaccia et Zicavu, GHJACUMU ANTONE SUSINI pour Scupamena
Les Corses sont fermement persuadés de s'être définitivement libérés du joug de la République de Gênes, pour devenir Français à jamais. Mais la France, et surtout son représentant le Marquis de CURSAY, leur fait miroiter les espérances les plus folles, et trompe tout son monde…
Les troupes françaises en Corse sont accrues de 1500 hommes.
Le Marquis de CURSAY est nommé Brigadier Général des troupes de LOUIS XV.
20 Janvier: Le Marquis de CURSAY reprend sa tournée d'inspection. Il est à Aiacciu, où il est reçu en libérateur.
4 Février: Le Marquis de CURSAY convoque tous les commissaires du Dilà.
15 et 16 Février: Le Marquis de CURSAY, avec tous les commissaires du Dilà, fixe son plan de gouvernement provisoire, établi sur l'autorité des commissaires de pièves, assistés de 300 fusiliers corses et 75 soldats français.
Le Marquis de CURSAY rend la justice, prélève les impôts (vingt sous par feu), dirige le pays.
Construction, à Santa Lucia, de la Barriera di Aiacciu, sorte de garde avancée, avec une porte bâtie entre deux murailles, où tous les étrangers à la ville doivent laisser leurs armes avant d'y pénétrer.
8 Mars: Au couvent d'Aregnu, les représentants de la Balagna et le Marquis de CURSAY décident de l'organisation administrative de la province.
12 Mars: Le Marquis de CURSAY est à Bastia.
6 Avril: La population de Calinzana, par 480 voix contre 2, refuse l'administration du Marquis de CURSAY, et proclame qu'elle reste fidèle à la République de Gênes.
20 Avril: Cunsulta di San Fiurenzu: Le Marquis de CURSAY annonce, à la grande stupéfaction des quinze Députés réunis dans la cité, que, conformément au Traité d'Aix-la-Chapelle (voir 1748), la Corse doit revenir sous la tutelle des Génois.
6 Mai: A Oletta, le Marquis de CURSAY confirme ses déclarations du 20 Avril. Il promet aux Corses un nouveau règlement de paix et des statuts de la part du commissaire général génois STEFANO de MARI. Plus stables et plus avantageux, ces statuts seront promulgués et appliqués sous la garantie du Roi de France. Il aborde également la question d'une Universita (voir 1736).
Les Corses adressent une lettre à LOUIS XV, dans laquelle ils proposent, en 27 points, tout ce qu'ils voudraient bien voir accepter dans ces nouveaux statuts, reprenant en cela, toutes leurs anciennes revendications.
Le Chevalier de FONTETTE, commandant des troupes françaises stationnées à Aiacciu, mate les pièves de Canale et d'Ornanu, fait raser huit maisons de Canale, et accorde le pillage du bétail des rebelles.
6 Juin: Le Marquis de CURSAY est dans le Sud: Porti Vechju, Bunifaziu, Aiacciu
22 Juin: Le Marquis de CURSAY est à Corti.
28 Juin: Le Marquis de CURSAY est dans le Rustinu.
29 Juin: Le Marquis de CURSAY est à Bastia.
12 Juillet: Des écclésiastiques originaires de Spiluncatu et résidants à Rome, en accord avec les édiles municipaux et les curés des deux paroisses demandent au Pape BENOIT XIV que l'église San Michele soit élevée au rang de collégiale avec deux dignitaires, un archiprêtre et un prévôt, huit chanoines, quatre bénéficiaires, un vice-curé, un sacristain et un maître de grammaire. Les Padri di U Cumunu de Spiluncatu sont GIABICONI GIOCANTI, ANTON PETRU LUIGI et GHJUVAN QUILICI et le procurateur nommé pour présenter cette requête au pape est le Très Révérent Don GHJUVAN-LUCA de MARCHI.
21 Juillet: A Naples, PASQUALE PAOLI termine ses années de cours à l'Académie Royale militaire d'Artillerie.
PAULU VINCENZU COLONNA d'ISTRIA est nommé second lieutenant au Régiment Royal Italien de Naples, avec dispense de service afin de poursuivre ses études.
8 Septembre: SIMONE d'ISTRIA, dit Gallone, reçoit la commission de commissaire général de la piève d'Istria, du Marquis de CURSAY.
9 Septembre: Le Marquis de CURSAY est nommé Maréchal de Camp.
Les relations entre Génois et Français, en Corse, se détériorent. Les Génois reprochent au Marquis de CURSAY d'exercer une influence et une ascendance de plus en plus grande sur la population. Ils demandent son rappel en France et interviennent à la cour de LOUIS XV, et auprès du Lieutenant Général du Roi de France à Gênes, le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN, le fils de GERMAIN LOUIS (voir 1735).
1er Novembre: Le Marquis de CURSAY relance l'Accademia dei Vagabondi, groupe d'animation culturelle (voir 1645, 1651 et 1659), sous le nom d'Académie de Corse. Cette société a pour objet de promouvoir, en Corse, les Arts et Lettres. Le Français prononce le discours d'inauguration. Treize académiciens assistent à cette séance inaugurale: dix Corses, dont six ecclésiastiques, ASTOLFU ASTOLFI, piuvanu di Casacconi, PAULU MARIA CASTA, rettore di Barrettali, ANTONIU MATTEU BOZI, abbate di Cinarca, PAULU ANTONIU BONALDI, GHJUVAN FRANCESCU CRISTOFINI et le duttore GHJACUMU SEMIDEI, de Brandu (voir 1737), quatre laïcs, PAULU GHJUVANNI POGGI, MATTEU CRISTOFARI, GHJUSEPPU BARBAGGI, de Muratu, fils du capitaine ANTONIU BARBAGGI, et le secrétaire perpétuel GHJUVANNI LUCA POGGI (voir 1731), et trois Français, LOUIS d'HERBAIN, capitaine au Régiment de Tournaisis, le secrétaire FRANCOIS WATELOT et FRANCOIS ANTOINE CHEVRIER. L'Académie de Corse ouvre un concours littéraire, dont le sujet est d'expliquer avec le plus de précision les devoirs des sujets envers leur souverain.
2 Novembre: A Calvi, naissance de GHJUSEPPU MARIA de CASTELLI, futur assesseur de la justice royale de Sarté, procureur du Roi à Vicu, juge royal à Sarté, conseiller au Conseil Supérieur de la Corse, membre de l'administration centrale du Golu, juge au Tribunal Criminel Extraordinaire de la Corse, premier président de la Cour d'Appel de la Corse.
Le Marquis de CURSAY écrit au Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN: Toutes les inimités en Corse sont nées dès le principe de l'impunité. C'est pourquoi les parents de la victime jusqu'au troisième degré se voient dans l'obligation de se faire justice.
20 Novembre: Devenu officier dans le Régiment Corsica, PASQUALE PAOLI, demande, en vain, à ANTONIU de BUTTAFUOCO de bien vouloir le recommander auprès du Marquis de CURSAY pour entrer au service de l'armée française.
6 Décembre: Fondation de la collégiale de Spiluncatu, sous la nomination de Santa Maria Assunta.
Le Marquis de CURSAY fait installer à Bastia un imprimeur libraire français, JEAN ARTAUD, pour publier les travaux de l'Académie de Corse.
A Londres, THEODORE de NEUHOFF, l'ancien Roi de Corse, est mis en prison pour dettes.
Le Régiment Corsica étant dissous, PASQUALE PAOLI passe au Real Farnese, et est en garnison à Syracuse en Sicile.
PETRU POGGI est capitaine à cheval de la ville de Bastia.
Décès de MIGHELE MONTI, de Palasca, capitaine des Milices Corses.
VIRGHJILIU de GENTILE, seigneur de Brandu, Siscu et Petra Curbara, fils de Francescu Maria (voir 1746), capitaine au service des Génois est fait Comte par le Roi de Naples.
A Nancy, publication d'une Histoire de l'Isle de Corse, contenant en abrégé, les principaux évènements de l'Ile, par JEAN FRANCOIS GOURY de CHAMPGRAND, ancien commissaire des guerres à Aiacciu (voir 1739).
Construction de l'église San Martinu à Patrimoniu.
Edition d'une carte de la Corse de FRANCOIS, géographe à Paris.
Edition d'une carte de la Corse de JACQUES NICOLAS BELLINI,ingénieur géographe de la Marine et du Dépôt des Cartes et Plans, membre de l'Académie Royale de Marine et de la Société Royale de Londres.
Edition d'une carte de la Corse de GILLES ROBERT de VAUGONDY (voir 1748).



1750:

A Gênes, les tractations avec le Lieutenant Général du Roi de France, le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN, vont bon train. Les deux nations doivent trouver un terrain d'entente favorable à tous. Les Français affirmant qu'il faut désormais appliquer en Corse une politique moderne, en accordant à ses habitants une convention leur garantissant une identité nationale et une autonomie au sein de la communauté génoise.
Mars: Le Marquis de CURSAY fait rouer un bandit fameux et assassin en présence de près de 1700 personnes des environ de Bastia, peu accoutumées à voir pareil spectacle. Il écrit : On me mande d'Ajaccio que cette île a déjà été purgée de 300 voleurs, assassins ou bandits qui inquiétaient le pays, et cela entre roués, pendus, condamnés aux galères ou exilés.
7 Juillet: Première séance de travail de la nouvelle Accademia dei Vagabondi (Académie de Corse). Les sujets proposés aux candidats sont, entre autres, et à la grande colère des Génois, les suivants: Devoirs des sujets envers leur Souverain, et De l'utilité des Lois et de la nécessité de les observer. Le premier prix est une tabatière en or, avec le portrait de LOUIS XV (!).
20 Août: Nouvelle séance de travail de l'Accademia dei Vagabondi.
25 Août: Jour de la Saint Louis, remise du prix du concours (voir 1749) organisé par l'Académie de Corse (une tabatière en or décorée du portrait du Roi de France).
Parution de l'Almanacu Reale di Corsica di U Annu 1750, imprimée par les soins de l'Accademia dei Vagabondi. Ecrit sous l'inspiration du Marquis de CURSAY, il indique déjà, en 163 pages, les intentions de la France.
23 Septembre: Le Corse MATTEU d'ANGELIS, de Nonza, est nommé évêque d'Aleria.
Les Grecs de la région d'Aiacciu, réfugiés de Paomia, qui restent confinés entre Barbicaghja et I Sanguinarii (voir 1745) expriment le besoin de s'élargir, et d'obtenir en location des terres du côté de Campu di l'Oru, de Timizzolu ou d'ailleurs. Ces terres appartenant à la communauté, les Anziani d'Aiacciu et le commissaire génois de la ville de NEGRO ne peuvent satisfaire à leur demande, cette décision étant confirmée par le Marquis de CURSAY. Une partie des Grecs, 17 familles, décide alors de quitter la Corse, et de s'exiler vers la Sardaigne ou la Toscane.
Décembre: Affaire de Vindetta à Bucugnà. Une douzaine de personnes impliquées tiennent le maquis, faisant régner la terreur dans la région. Le commandant français de la place d'Aiacciu, leChevalier de FONTETTE, avec l'aide des commissaires des cinq pièves concernées (Cinarca, Celavu, A Mezzana, Cuttuli et Appietu) fait revenir l'ordre et châtier les bandits.
Publication de l'Histoire des Révolutions de Gênes, en trois volumes, de LOUIS GEORGES OUDARD FEUDRIX de BREQUIGNY, membre de l'Académie Française, qui retrace l'histoire de la République de Gênes depuis son établissement jusqu'au Traité de pais d'Aix-la-Chapelle (voir 1748) et dans laquelle les épisodes corses, intimement mêlés aux principaux événements génois, sont d'un intérêt majeur.
A Bastia, décès de GHJUVANNI AITELLI, soupçonné de connivence avec les Génois, et condamné au bannissement par les Naziunali.
Décès de PETRU ANDRIA FORCIOLI (voir 1701). Il était chef des Anziani d'Aiacciu.
PETRU POGGI est Anzianu de la ville de Bastia.
PASQUALE GIUBEGA est archidiacre de Sagone.
L'abbé GREGORIU SALVINI est de retour en Corse.
ORAZIU de CARBUCCIA est fait chevalier de l'Ordre de Saint Louis.
Construction, à Curbara, d'un autel de marbre polychrome, importé de Carrare (en Toscane), exécuté par PIETRO CORTESE, combiné avec la clôture du chœur de l'église.
Dans le Campulori, une tertiaire franciscaine, ELISABETH de VIVARIO, prêche parmi les paysans, et donne une image de la piété populaire, avec sa ferveur et ses limites.
Bunifaziu compte 2500 habitants.
A Merusaglia, naissance de GASPARU GASPARI, futur général et Comte de Beneval.
A Aiacciu, dans la cathédrale, consécration de la chapelle de Nostra Signora di a Misericordia (voir 1742).



1751:

Le Marquis de CURSAY décide de distinguer en Corse, trois ordres de catégories sociales, comme cela se fait ailleurs: le Clergé, la Noblesse et le Tiers état, Ecclesiasticu, Nobile e Terzu. Pour cela, chacun est appelé à faire valoir ses titres, son arbre généalogique où ses prérogatives, le tout confirmé par les podestats, Padri di U Cumunu ou curés. Les Bonifaciens répondent que leur qualité de citoyens génois les place au-dessus de toutes les dignités.
20 Mars: MATTEU d'ANGELIS, l'évêque d'Aleria, s'installe à Cervioni, dans le palais épiscopal que les soldats français viennent d'évacuer.
Le Marquis de CURSAY crée la première imprimerie bastiaise.
Le bruit court concernant le rappel en France du Marquis de CURSAY et des soldats français. Les Naziunali qui ont écrit au maréchalCHARLES de BELLE-ISLE (voir 1739) pour s'en inquiéter, reçoivent une réponse qui les rassure, à savoir que le départ du Marquis de CURSAY est motivé par sa présence, et celle de quatre députés corses, à un entretien avec le Lieutenant Général du Roi de France à Gênes, le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN. Cet entretien aura lieu à Toulon et sera consacré aux nouveaux accords entre Corses et Génois.
Mai: Avant son départ pour Toulon, le Marquis de CURSAY règle le fonctionnement de l'administration et de la justice pendant son absence, et fixe la date des élections municipales (Guvernu Municipale, Padri di U Cumunu, Pudesti et Capitani di'Armi).
Cunsulta dans le Campulori: On y désigne les quatre députés qui accompagneront le Marquis de CURSAY à Toulon, qui seront GHJUVAN PETRU GAFFORI, CLEMENTE PAOLI, MATTEU MARIA GIUDICELLI et FILIPPU MARIA CUTTOLI, le curé d'Ulmetu.
30 Mai: GHJUVAN PETRU GAFFORI et GHJUVAN TOMASU GIULIANI écrivent à Paris pour demander le maintien des troupes françaises en Corse.
Dans le Dilà, deux officiers du Real Corso, LUCA d'ORNANO, et ANTONIU FRANCESCU COLONNA di BOZZI, le frère de BIANCA de ROSSI, tentent de s'opposer au départ des troupes françaises.
7 Juin: IGNAZIU VENTURINI, GHJUVAN PETRU GAFFORI et GHJUVAN TOMASU GIULIANI s'adressent une nouvelle fois à Paris pour demander le maintien des troupes françaises en Corse. Cette lettre est signée par IGNAZIU VENTURINI, GHJUVAN PETRU GAFFORI, GHJUVAN TOMASU GIULIANI, ORSU SANTU CASALE, TEODORU MURATI, CARLU CIAVALDINI, GHJUVAN QUILICU de CASABIANCA, GIUSEPPI, SIMONE BUONAVENTURA FABIANI, dit Simoncinu, BERNARDI, ANTONIU GHJACUMU GAVINI, TOMASU SANTUCCI et BERNARDINU COSTA.
Des mesures très sévères sont prises contre les traîtres et tous ceux qui se rendent coupables de semer la discorde chez les Naziunali.
17 Juin: Cunsulta diOrezza: Des résolutions très importantes y sont prises:
       · Constitution d'un gouvernement. C'est une Magistrature Suprême, un Magistratu Supreme, avec un président, Presidente, (GHJUVAN PETRU GAFFORI) et quatre conseillers, Cunsultori, assistés d'un Auditeur et d'un Chancelier. Le Presidente et les Cunsultori sont élus à bulletins secrets. Doté des pouvoirs civils et militaires, le Magistratu Supreme entrera en fonction dès le départ des troupes françaises de Corse;
       · Une juridiction de cinq membres lui est associée, les Supremi Sindicatori, qui auront la            charge de contrôler toutes les activités des membres du Magistratu Supreme;
       · Création d'une Ghjunta di Finanze, avec un Trésorier Général, Tisorieru Generale, et six membres chargés de la perception des impôts et des taxes;
       · Création d'une Ghjunta di Ghjustizia e di Guerra, composée de douze membres, chargés            de diriger les commissaires des pièves. Deux commandants, Cumandanti, par piève sont nommés, ainsi que deux capitaines d'armes, Capitani di'Armi, par paroisse;
       · Création d'une contribution de vingt six sous par feu qui devra impérativement être versée avant le 15 Août;
       · Les délits dont la sanction est de vingt à cinquante livres seront jugés par le tribunal de piève.
27 Juin: A Gênes, décès en prison, de PAULU MARIA MARIOTTI, l'évêque de Sagone, accusé par le commissaire général STEFANO de MARI, d'intelligence avec les chefs Naziunali (voir 1746).
Le Génois GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI, ancien militaire et général des troupes génoises au cours de la guerre contre les Autrichiens, est nommé commissaire général en Corse. Il succède à STEFANO de MARI.
3 Juillet: Le commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI débarque à Bastia avec deux compagnies de 30 hommes.
10 Juillet: Le Lieutenant Général des armées du Roi de France à Gênes, le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN débarque en Corse. Il a pour mission essentielle de présenter le nouveau Règlement aux Corses, et de préparer leur passage sous l'autorité génoise. Il tient conférence avec le Marquis de CURSAY, de retour de Toulon.
Le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN signe une convocation des Prucuratori di A Nazione à une grande Cunsulta pour le 1er Août, à Oletta.
27 Juillet: Cunsulta di San Fiurenzu: Elle rassemble des Prucuratori des pièves et des députés, sous la présidence du Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN, assisté du Marquis de CURSAY. LUCA d'ORNANO n'est pas autorisé par les Français à y participer. Par contre l'abbé GREGORIU SALVINI y est invité. Cette assemblée prépare la Cunsulta di Oletta. Le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN, dans son discours en Italien, fait l'éloge du Marquis de CURSAY, ce qui déplaît fortement au commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI, qui assiste à cette Cunsulta. Les députés corses promettent d'accepter et d'exécuter le Règlement que publierait le Roi de France.
1er Août: Cunsulta di Oletta: Elle se tient dans le couvent d'Oletta. Le Nutaru (notaire) élu est GHJUSEPPU MARIA de PIETRASANTA, d'Aiacciu, et les témoins sont GHJUVANNI LUCA POGGI, de Bastia, MARCU AURELU BENIELLI, SEBASTIANU POLI (de A Suareddà), et les députés FILIPPU CUTTOLI, le curé d'Ulmetu, FRANCESCU GRAZIANI, de Cassanu, GHJUVANNI TESEU della BROCCA, et ORSU SANTU CASALE, d'Ulmetu. Le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN rappelle aux Corses qu'ils doivent obéir aux Génois, car telle est la volonté du Roi de France, mais ceux-ci confirment qu'ils ne veulent plus entendre parler de ceux-là. Il leur propose une Convention en huit articles, dont l'application, garantie par la présence des troupes françaises, devra être observée jusqu'à la promulgation du règlement définitif actuellement mis au point par Gênes. Après discussions, les Naziunali acceptent les propositions du Français, tant que les soldats du Roi de France resteront en Corse, après, ils reprendront les armes.
Les huit articles de la Convention proposée stipulent que:
       ·  La République de Gênes conservera les places de Bastia, Aiacciu, Calvi et Bunifaziu, dont la garnison sera entretenue par la communauté corse;
       ·  Le commissaire général résidera à Bastia et dirigera toutes les affaires civiles et militaires;
       ·  Trois des cinq évêchés seront toujours attribués à des Corses;
       ·  Les affaires criminelles seront jugées à Bastia, avec le secours de neuf assesseurs corses, de même que pour les affaires civiles, ils seront assistés de deux auditeurs, un Corse et un Génois;
       · Tous les juges, podestats, et autres administrateurs seront corses et rémunérés par la communauté;
       ·  Les chefs de la communauté sont habilités à percevoir les impôts et taxes;
       ·  Les Corses pourront librement commercer avec les pays étrangers;
       ·  Les Corses pourront accéder à toutes les disciplines littéraires, scientifiques et artistiques, perpétuer leurs traditions et perfectionner leur culture.
2 Août: Le commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI demande aux députés corses de bien vouloir faire savoir au Roi de France que la République de Gênes sollicite le maintien de ses troupes en Corse.
5 Août: Le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN est à Bastia, où il est reçu avec les honneurs dus à un plénipotentiaire du Roi de France.
6 Août: les quatre députés élus à la Cunsulta di Oletta, FILIPPU CUTTOLI, FRANCESCU GRAZIANI, GHJUVANNI TESEU de La BROCCA, et ORSU SANTU CASALE, se présentent devant le commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI pour lui rendre compte des actes de la Cunsulta, et lui apporter l'hommage de la Nazione. Le Génois les reçoit avec courtoisie.
20 Août: Au moment de son départ pour Gênes, le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN écrit une lettre aux quinze députés de la Nazione dans laquelle il les félicite de la déférence avec laquelle toute la Nation corse se soumet à la République de Gênes, tout en restant fidèle au Roi de France.
Après en avoir effectué la tournée, MATTEU d'ANGELIS, l'évêque d'Aleria, fait un rapport sur la situation de son diocèse.
Septembre: L'abbé corse GHJUSEPPU MARIA MASSONI est nommé évêque de Sagone, en remplacement de PAULU MARIA MARIOTTI, décédé en prison, à Gênes.
A Gênes, les diplomates français et génois essaient de mettre au point le difficile compromis qui doit donner naissance au Règlement, dont la plupart des Corses ne veulent pas.
2 Septembre: De Sicile, PASQUALE PAOLI écrit à son père GHJACINTU, qui aurait voulu le voir entrer dans les ordres, que l'état religieux, sans une vocation particulière, est trop périlleux.
10 et 11 Novembre: Cunsulta di Omessa: Elle se tient dans le couvent d'Omessa. Les Naziunali y prennent sept résolutions qui concernent leur attitude vis-à-vis de la France: respect pour le Roi et ses troupes, fidélité envers le Marquis de CURSAY, à qui ils allouent 120 soldats corses et auprès duquel ils délèguent cinq représentants.
Les relations entre le commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI et le Marquis de CURSAY ne tardent pas à s'envenimer, et bientôt à se détériorer.
Violents incidents dans l'Alta Rocca, à Quenza, Scupamena, Carbini et Livia, et à Porti Vechju et Figari (où LILLU PERETTI, capitaine, puis colonel des troupes franches au service de Gênes s'assure le vaste domaine de La Testa) entre les habitants de ces lieux, qui sont restés Pro-Génois, et les troupes françaises qui interviennent, avec à leur tête, un officier, le Chevalier de VIERSAY. Le village de Quenza (mené par les familles Cesari, Quenza, Ettori, Pietri, Grimaldi, Roccaserra…) est occupé par les Français et en partie incendié (19 maisons sont brûlées par les Français sans qu'on en sache le vrai motif). Tout le sud de la Corse risquant de se soulever, le Marquis de CURSAY intervient en médiateur, et les troupes françaises se retirent de Quenza. Mais cet incident renforce l'influence génoise dans la région.
A U Pratu di Ghjuvellina, naissance de LISANDRU COLONNA de GIOVELLINA, futur capitaine au Régiment Royal Corse et lieutenant-colonel au service du Roi de Naples.
3 Décembre: A Moriani, chez BERNARDINU COSTA, les Capi di A Nazione, GHJUVAN PETRU GAFFORI, ALERIU FRANCESCU de MATRA, TOMASU SANTUCCI, CARLU CIAVALDINI et CLEMENTE PAOLI, ainsi que le Marquis de CURSAY, écrivent au Roi de France à propos du comportement du commissaire général génois GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI. Ils estiment que celui-ci est louche et hypocrite.
Pour faire pendant à l'Accademia dei Vagabondi (l'Académie de Corse), relancée par les Français (voir 1749), le commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI suscite la création, à Bastia, de l'Accademia dei Bellicosi, qui se réunit au Collège des Jésuites, et tresse des couronnes à la République de Gênes.
FRANCESCU MARIA d'ORNANO (voir 1744) est capitaine au Régiment Royal Corse.
Les ecclésiastiques corses réitèrent la demande, à nouveau en vain, à Rome pour que Sainte Dévote (voir 1731) soit proclamée Patronne de la Corse.
Installation, à Luri, d'une collégiale occupée par six chanoines.



1752:

Janvier: Le village de Quenza, grâce au soutien des Capipopuli de l'Ornanu avec à leur tête LUCA d'ORNANO, est occupé par les Génois, ce qui provoque l'indignation des Capi di A Nazione.
Février: GHJUVAN PETRU GAFFORI écrit aux Capipopuli de l'Ornanu pour leur faire part de son indignation. Il se plaint du rôle joué par le commissaire général génois GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI dans l'occupation du village de Quenza. LUCA d'ORNANO décide de calmer les esprits, et de ménager Naziunali, Génois et Français.
15 Février: A Aiacciu, naissance de PASQUALE ANTONE FIORELLA, futur général de division. Son nom sera gravé sur l'Arc de Triomphe de l'Etoile.
Mars: A Bastia, incidents entre Génois et Français au sujet des postes de garde du port de Cardu. Le Marquis de CURSAY accorde la garde du port aux Génois. Les Naziunali se tiennent aux ordres du Français.
Le commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI envoie un renfort parti de Bastia, à Quenza.
Cunsulta di Talavu: Les Talavesi décident de libérer Quenza. Une lettre est envoyée au commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI par trois notables, GHJUVAN BATTISTA, PETRU PAULU LECCIA et GHJACUMU PETRU ABBATUCCI, lui demandant d'ordonner à ses troupes de quitter le village, sous peine de se voir attaquer par les hommes de Scupamena, Carbini et Taddà. Cette lettre ne recevra pas de réponse.
15 au 17 Mars: Cunsulta di Orezza: Les Naziunali écrivent au Marquisde CURSAY, pour lui demander d'accélérer la formation d'un escadron volant (voir 1748), et exiger le retrait des troupes génoises de Quenza. Les magistrats de Bastia, ainsi que les notables du Dilà se voient menacés de représailles, ainsi que l'évêque d'Aleria.
Avril: FRANCO GRIMALDI, fils du doge de Gênes, et cousin du commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI, est en Corse. Il vient de parapher, avec FRANCESCO MARIA DORIA, le Règlement, qui sera soumis aux Corses. Il est à Bastia, où il rend visite à son cousin.
15 Avril: Le commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI, sur ordre de Gênes, présente ses excuses au Marquis de CURSAY, en ce qui concerne les incidents au sujet des postes de garde du port de Cardu.
5 Mai: Le commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI décide de faire une tournée d'inspection dans le Campulori. Le général GHJUVAN PETRU GAFFORI fait mettre en prison tous ceux qui font bon accueil au commissaire.
8 Mai: GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI demande au Marquis de CURSAY de ne plus chercher à se mêler de l'administration de la justice.
11 Mai: GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI, poursuivant sa visite, et pressé par les Naziunali, débarque à Porti Vechju.
15 Mai: GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI est à Quenza, où il est reçu par GHJACUMU PETRU ABBATUCCI et LUCA d'ORNANO. Le neveu de ce dernier, GHJUVAN BATTISTA d'ORNANO, dit Bachjolu, par contre, est prêt à l'accueillir les armes à la main.
16 Mai: GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI est à Livia.
17 Mai: GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI est à Fuzzà. Il y reçoit les Ulmisgiani, les Sartinesi et les Taddanesi venus lui rendre visite.
19 Mai: GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI rentre à Aiacciu.
24 et 25 Mai: Cunsulta di Peri: Les Naziunali du Dilà élisent GHJUVAN BATTISTA d'ORNANO, dit Bachjolu, général, assisté par trois autres chefs du Dilà. Des décisions sont prises contre les Génois.
28 Mai: GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI répond par un édit à la Cunsulta di Péri, sans aucun effet.
A Bastia, naissance de GAETANU de VARESE, neveu de SALVADORE (voir 1701) et futur capitaine à la Légion Corse.
Août: A Quenza, les Français obtiennent l'assurance des habitants de débarrasser leur village des Génois.
6 ou 12 Août: Cunsulta di Bastia: Les Prucuratori des pièves sont profondément déçus de voir leur pays replacé sous la souveraineté de Gênes avec, pour toutes garanties, les Concessioni, dites de GIUSTINIANI de 1743. Ils refusent d'accepter le règlement malgré un éloquent discours du Marquis de CURSAY et les efforts de GHJUVAN PETRU GAFFORI, qui, devant l'accueil reçu, n'insiste pas, de peur de perdre son crédit.
19 Août: Cunsulta di Ghisoni: Tous les chefs du Diquà et du Dilà sont présents: GHJUVAN PETRU GAFFORI, GHJUVAN BATTISTA d'ORNANO, TOMASU SANTUCCI, ANTONIU ORTOLI, PAULU NATALE PERETTI, CARLU CIAVALDINI et CLEMENTE PAOLI Le commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI fait l'unanimité contre lui, et le Marquis de CURSAY est critiqué pour son laxisme envers le Génois.
Septembre: Le Règlement est prêt. Il sera publié dès que les Génois auront reçu l'acte d'acceptation des Prucuratori des pièves convoqués à Bastia.
6 Septembre: Convention de San Fiurenzu: L'administration de l'Ile est rendue aux Génois sous la garantie du Roi de France qui leur donne un subside pour l'entretien des troupes par lesquelles ils remplaceront peu à peu les troupes françaises.
11 Septembre: Dernier acte figurant dans le Libro Rosso de Bastia.
7 ou 15 Octobre: Cunsulta di Bastia: Les Prucuratori des pièves, réunis à Bastia par le Marquis de CURSAY, unanimes, rejettent en bloc le Règlement. Pour eux, il ne s'agit que d'une réédition des programmes de gouvernement de 1742, 1738 et 1733, toujours repoussés.
13 Octobre: La République de Gênes publie de nouveaux décrets qui comportent des réformes diverses d'ordre administratif et judiciaire, qui ont reçu l'approbation préalable et la garantie du Roi de France. L'une des mesures les plus intéressantes consiste dans la création de diverses circonscriptions juridictionnelles, dans chacune desquelles il doit y avoir à côté d'un gouverneur génois régional, un magistrat corse appelé Prêteur et nommé à l'élection.
FILIPPU CUTTOLI, le curé d'Ulmetu, et ALERIU FRANCESCU de MATRA sont envoyés à Gênes auprès du Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN pour rendre compte de la position des Naziunali.
30 Octobre: Cunsulta di Vallerustie: Elle reprend les résolutions de la Cunsulta di Orezza du 17 Juin 1741, et institue un véritable gouvernement avec pouvoirs militaire, judiciaire et financier. Elle entérine la position des Prucuratori des pièves. On y prépare la situation d'après le départ des Français, qui se fait de plus en plus probable. Des décisions énergiques y sont prises.
20 Novembre: La situation en Corse est de plus en plus tendue. Le Consul de France à Gênes demande au Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN de ne pas laisser partir les troupes du Roi de France de la Corse.
9 Décembre: Sur ordre du Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN, le Marquis de CURSAY, jugé trop tolérant vis à vis des Corses, est suspendu de ses fonctions, et remplacé par le Marquis de COURCY, colonel du Régiment de Tournaisis. Il est emprisonné au Fort Carré d'Antibes, où il est traité non en criminel d'Etat, mais comme officier général qui a manqué aux plus essentiels de ses devoirs. Sa carrière en Corse est terminée.
GHJUVAN BATTISTA LEONI est curé de Belgudé.
BONAVENTURA MALASPINA, de Balagna, reçoit mandat de consulteur en Balagna.
FRANCESCU MARIA d'ORNANO (voir 1751) est major au Régiment Royal Corse.
Naissance de NICULAU CUNEO d'ORNANO, futur général.
A Munticellu, naissance de GHJUVAN BATTISTA de FABIANI, futur écuyer, capitaine avec rang de lieutenant-colonel au Régiment Provincial Corse et chevalier de l'Ordre de Saint Louis.



1753:

15 Janvier: GHJUVAN TOMASU GIULIANI, général et président du conseil provincial de Balagna, se sépare de GHJUVAN PETRU GAFFORI et s'oppose à SIMONE BUONAVENTURAFABIANI, dit Simoncinu, le responsable local. Il envisage de composer avec les Génois. GHJUVAN PETRU GAFFORI soutient SIMONE BUONAVENTURAFABIANI FABIANI, occasionnant, pendant quelque temps, ainsi une véritable guerre civile en Balagna.
L'abbé GREGORIU SALVINI intervient pour faire libérer le fils de GHJUVAN TOMASU GIULIANI que GHJUVAN PETRU GAFFORI vient de prendre comme otage.
Les Français évacuent Corti et San Fiurenzu et rejoignent Bastia, Aiacciu ou Calvi, pour s'embarquer et quitter la Corse.
GHJUVAN PETRU GAFFORI occupe les places libérées par les Français, sauf Bastia, Aiacciu, Calvi, Aleria et Bunifaziu.
6 Février: Les troupes françaises commencent à quitter la Corse.
22 Février: Cunsulta di Sari d'Urcinu: Le Celavu, la Cinarca, Vicu, Cavru et Bastelica se soumettent à l'autorité du commissaire génois du Dilà, DOMENICO GIUSTINIANI.
25 Février: Cunsulta di Orezza: Les Naziunali élisent GHJUVAN PETRU GAFFORI gouverneur et général. Celui-ci met en place un embryon de gouvernement avec Conseil des Finances, Conseil de la Guerre et Cour de Justice.
11 Mars: Cunsulta di U Cuventu di l'Istria (entre Pitretu et Bicchisgià): L'Istria, le Talavu et La Rocca se rallient à leur tour au commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI. GHJACUMU PETRU ABBATUCCI est élu lieutenant général des milices des quatre pièves (Ornanu, Istria, Talavu et La Rocca).
Avril: Le commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI appelle les Corses mécontents à se rallier à la République de Gênes.
4 Avril: Les dernières troupes françaises quittent la Corse.
Mai: Il est accordé pardon à tous les Corses qui rejoignent l'autorité de Gênes.
Après une nouvelle tournée, MATTEU d'ANGELIS, l'évêque d'Aleria, fait un rapport sur la situation de son diocèse.
25 Mai: Naissance, à Bastia, de ANTONIU de CARBUCCIA, fils de ORAZIU (voir 1750), futur lieutenant-colonel et Chevalier de l'Ordre de Saint Louis.
10 Juin: Cunsulta di Alisgiani: Elle est présidée par GHJUVAN PETRU GAFFORI. On y définit un cadre de négociation avec les Génois. Quatre députés se rendront à Bastia pour rencontrer le commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI. Il s'agit de ANGHJULU GHJUVANNI SUZZONI, ANGHJULU GALEAZZI, FILIPPU CECCALDI et GREGORIU SALVINI.
GHJUVAN PETRU GAFFORI et les 24 membres du Cunsigliu della Nazione s'installent à Corti.
25 Juillet: Cunsulta di U Cuventu di l'Istria: Elle est dirigée par GHJUVAN BATTISTA d'ORNANO, dit Bachjolu, et approuve et adhère aux décisions prises à laCunsulta di Alisgiani du10 Juin.
La Balagna est toujours en dissidence. La situation est trouble.
Les Génois font courir le bruit qu'ils seraient prêts à céder la Corse au Roi d'Espagne.
31 Juillet: GHJUVAN TOMASU GIULIANI, général et président du Conseil Provincial de Balagna, qui entretient des relations avec le commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI est évincé du pouvoir et destitué. SIMONE BUONAVENTURA FABIANI, dit Simoncinu, avec l'accord de GHJUVAN PETRU GAFFORI, nomme SIMONE GHJUVANNI GIUDICELLI à sa place.
Août: Les Génois seraient prêts à négocier l'incorporation de la Corse à l'île de Malte.
Septembre: Les quatre députés désignés le10 Juin rencontrent à Bastia le commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI, et lui remettent un mémoire de 21 articles.
2 Octobre: A Corti, à l'instigation du commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI, GHJUVAN PETRU GAFFORI est assassiné, par cinq coups de fusil. Les auteurs du crime sont deux cousins germainsGHJUVAN BATTISTA (ditPiscainu) et FRANCESCU ROMEI, et plusieurs autres membres de la familleRomei, de Corti, avec la complicité suspectée du frère de la victime, ANTON FRANCESCU GAFFORI. Les assassins, réfugiés à Gênes, reçoivent une prime de 200 lires et une pension annuelle de 60 lires. Ils s'établissent à Sarzana. Une récompense de 10000 lires est proposée par les Génois au commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI, qui la refuse. Cet assassinat resserrera les liens des Naziunali.
A Corti, dès que l'assassinat est connu, la famille Romei s'enfuit en masse, avec parents et amis par crainte de représailles. Cinq maisons sont rasées, tous les biens de la famille sont confisqués.
22 et 23 Octobre: Cunsulta di Corti: Après des Funebri Pompe, elle confirme et renforce les institutions formées sous la direction et l'impulsion de GHJUVAN PETRU GAFFORI. Une loi ordonnatrice, en treize articles, est votée, qui donne à la Corse son gouvernement: Constituzioni stabilite da tutti i Presidenti, e Cunsultori del Regnu di Corsica. On y procède à l'élection d'un Magistratu Supreme (avec un président, Presidente, et quatre conseillers, Cunsultori, assistés d'un Auditeur et d'un Chancelier), dont le siège est àCorti. TOMASU SANTUCCI, SIMONE PETRU FREDIANI, U Duttore CARLU GRIMALDI d'ESDRA, de Caccia, et CLEMENTE PAOLI sont les membres d'une Inquisition d'Etat ,Secretu Cunsigliu di Statu, chargée, entre autre, de maintenir la cohésion de tous. Ils font le serment de vengerGHJUVAN PETRU GAFFORI. L'abbé GREGORIU SALVINI représente la Balagna à cetteCunsulta.
CLEMENTE PAOLI refuse de prendre la place de GHJUVAN PETRU GAFFORI: Donnez-moi un fusil pour défendre la Liberté de mon Pays et cherchez un Chef plus digne pour gouverner !
24 Octobre: A Corti, cérémonie religieuse en l'honneur de GHJUVAN PETRU GAFFORI. La grande messe est dite par le chanoine ERASMU ORTICONI, entouré de nombreux prêtres. L'éloge funèbre est prononcé par DON MARCU MARIA AMBROSI, auteur du drame Lavinia, et fils du glorieux GHJUVAN GHJACUMU AMBROSI, ditCastineta (voir 1739).
25 Octobre: A Corti, après la Cunsulta, assassinat deANTON FRANCESCU GAFFORI, le frère deGHJUVAN PETRU, à la demande des frères (ALERIU FRANCESCU et MARIU EMMANUELLE) de FAUSTINA GAFFORI, épouse du général assassiné.
Novembre: Les pièves du Dilà se conforment aux résolutions de la Cunsulta di Corti.
Décembre: Après avoir manifesté son intention de démissionner, et en attendant son successeur, le commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI demande et obtient les pleins pouvoirs, décidé qu'il est à soumettre la Corse par la force. Il persiste à imposer son régime dictatorial, emprisonne, pille et rançonne.
AAregnu, décès de PADOVANU CROCE (voir1713).
Un recensement de la population de Bunifaziu fait état d'une centaine d'agricultori et d'une soixantaine de ghjurnalieri, sur une population de 2300 habitants.
ANTON LUSINCHI est syndic du couvent franciscain de Zicavu.
Décès de GHJACINTU ARRIGHI de CASANOVA, professeur à l'université de Padoue.
GHJULIU MATTEU NATALI, auditeur du cardinal FERRONI à Rome, écrit un violent pamphlet,La Patria Bandita, qui irrite au plus au point les Génois.
Edition d'une carte de la Corse anonyme, en quatre feuilles.
L'Ecossais TOBIAS GEORGES SMOLETT décrit le Roi THEODORE dans son livreThe Adventures of Ferdinand Cont Fathom (chapitre 39).



1754:

27 Janvier: Cunsulta di Corti: Il est décidé de la publication d'un Manifeste du Magistratu Supreme à toute l'Europe, afin de d'informer cette dernière sur l'état malheureux des Corses, et sur l'énorme perfidie de Gênes qui a fait assassiner U Nostru Babbu, Onore di a Nostra Nazione.
17 Février: PASQUALE PAOLI est nommé sous-lieutenant (subteniento vivo) du Real Farnese.
18 Avril: A Aiacciu, naissance de AMBRUGHJU ROSSI, futur ecclésiastique (père GHJUVAN BATTISTA dans les ordres) et écrivain (Osservazioni supra a Corsica, en 17 volumes).
5 Mars: On reparle de la cession de la Corse à Malte. Sur proposition des membres du Secretu Cunsigliu, dont GHJULIU MATTEU NATALI, l'abbé LUIGGI ZERBI, futur neveu de DUMENICU RIVAROLA (voir 1770) doit se rendre à La Valette pour offrir au Grand Maître de l'Ordre de Malte, MANOEL PINTO de FONSECA, la tutelle de la Corse.
Juin: Après un séjour à Rome, où il rencontre le Marquis de SOLARI, ministre de l'Ordre de Malte auprès du Saint Siège, l'abbé LUIGGI ZERBI arrive à Malte.
Juillet: Le commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI demande son retour à Gênes. Sa demande est acceptée, et il est remplacé par le sénateur GUISEPPE MARIA DORIA.
Août: GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI quitte la Corse. Le nouveau commissaire général GUISEPPE MARIA DORIA arrive sur l'Ile.
Septembre: Entrevue orageuse entre l'abbé LUIGGI ZERBI et PASQUALE PAOLI (voir 1739), sur l'île d'Elbe, à Portoferraio, au cours de laquelle ce dernier s'oppose vivement au projet de rattachement de la Corse à Malte: Les Maltais sont plus misérables que nous. Au lieu d'être commandés par quarante ou cinquante familles génoises, nous serions commandés par tous les meurt-de-faim de l'Europe.
Octobre: Les soldats de l'Escadron Volant (voir 1748 et 1752) ne sont plus payés. Une enquête découvre des malversations où sont impliquées plusieurs membres du Magistratu Supreme.
17 Octobre: PASQUALE PAOLI est déterminé à rejoindre la Corse pour se mettre au service de sa patrie. Il écrit à son père pour s'efforcer d'apaiser les craintes de celui-ci, et de ressusciter son ancienne fierté. Il a déjà son plan de gouvernement qu'il a communiqué à ses proches. Il lui demande de lui acheter des livres pour se former à la science du gouvernement et pour surveiller avec compétences l'exploitation des mines (le Parfait Ingénieur, les Histoires, l'Esprit des Lois, les Considérations sur les causes de la Grandeur des Romains et de leur Décadence).
27 Octobre: PAULU VINCENZU COLONNA d'ISTRIA quitte l'armée de Naples.
Décembre: Les vindette reprennent de plus belles. A Oletta, où un Salicetti est assassiné, à I Piazzole di Orezza, où un lieutenant est aussi victime d'une vindetta, et dans le Dilà, où on compte seize meurtres dans le mois, et où les d'Ornano eux-mêmes sont divisés.
Les membres du Magistratu Supreme sont désunis. MARIU EMMANUELLE de MATRA et IGNAZIU VENTURINI sont à couteaux tirés, TOMASU SANTUCCI et CARLU CIAVALDINI partent en guerre l'un contre l'autre, c'est à dire Alisgiani contre Orezza (on relève huit morts et vingt blessés)…
Les Chevaliers de l'Ordre de Malte, à la demande de ANTONIU COLONNA di BOZZI, de Ziddarà, accordent une aide de 30000 piastres aux Corses, afin de relancer l'effort de guerre. En échange, les Corses s'engagent à se rendre libres d'eux-mêmes. Leur liberté une fois reconquise, ils convoqueront une Cunsulta et proclameront la religion de Malte souveraine de l'Ile.
FILIPPU MARTINU COSTA, le fils de FILIPPU MARIA, est volontaire au Royal Corse.
Parution d'un acte Mémoire pour servir à l'établissement de la Religion dans l'île de Corse en supposant que les Puissances de l'Europe l'autorisassent à en faire l'acquisition, écrit par le bailli de FROULLAY, agent diplomatique de l'Ordre de Malte auprès de la Cour de Versailles.
Publication, à La Haye, des Lettres Cabalistiques, du Marquis d'ARGENS dans lesquelles celui-ci s'intéresse à la Corse.



1755:

11 Janvier: Les Naziunali pensent de plus en plus au projet symbolique de chasser les Génois de Bastia. 800 d'entre eux, regroupés sur le pont du Golu, à une vingtaine de kilomètres de la ville, marchent sur Bastia. Mais l'alerte est donnée, et l'attaque surprise est abandonnée.
L'autorité gouvernementale mollit et ses décisions, sans cesse bafouées, sont sans effet. Les membres du Magistratu Supreme, manquant de dynamisme ou de caractère, parfois incompétents, toujours en désaccord, sont incapables de gouverner. La justice, administrée avec une lenteur extrême, est partiale, étouffée par les interventions des chefs de partis, de familles ou de clans. La désorganisation administrative est totale. Petit à petit , la Corse sombre dans l'anarchie…
PASQUALE PAOLI est en garnison à Porto Longone, sur l'île d'Elbe.
A Bastia, naissance de FRANCESCU MARIA AURELIU de VARESE, frère de GAETANU (voir 1752) et futur grand vicaire de l'évêché d'Autun.
5 ou 11 Avril: Par convention, la France accorde à Gênes quelques subsides pour l'aider à se maintenir en Corse. Les Génois décident d'affecter cet argent à une action militaire sur L'Isulà.
11 Avril: Naissance de ANTONIU LUIGGI ARRIGHI de CASANOVA, futur Baron d'Empire et évêque d'Acqui en Italie.
16 Avril: Répondant à l'appel de son frère CLEMENTE, PASQUALE PAOLI, avec deux amis dont NICUDEMU PASQUALINI, embarque de l'île d'Elbe et fait voile sur la Corse.
19 Avril: PASQUALE PAOLI et ses compagnons débarquent à l'embouchure du Golu, entre Tanghiccia et Porraghja. Ils sont accueillis par une troupe nombreuse et enthousiaste qui les escorte triomphalement jusqu'en Casinca, où ils sont reçus par ANTONIU de BUTTAFUOCO et GHJUVAN QUILICU de CASABIANCA, puis à la maison de La Stretta di Rustinu, à Merusaglia, où PASQUALE PAOLI rejoint son frère CLEMENTE.
GHJUVANNI IERONIMU ANFRIANI, de Montemaio, reçoit une reconnaissance de parenté de FABRIZIO COLONNA, prince romain, et devient un Colonna-Anfriani.
20 au 22 Avril: Cunsulta di Caccia: Elle se tient dans le couventSan Francescu di Castifau, en présence de PASQUALE PAOLI. Assemblée des représentants du Diquà, houleuse, dominée par les rivalités entre MARIU EMMANUELLE de MATRA, d'Aleria, le frère de FRANCESCU ALERIU, et IGNAZIU VENTURINI. PASQUALE PAOLI propose sa candidature à la fonction de Capu Generale, mais, malgré le soutien de IGNAZIU VENTURINI, les dissensions avec MARIU EMMANUELLE de MATRA sont telles que l'élection est remise à plus tard. On y adopte néanmoins les propositions d'une nouvelle forme d'administration en quinze chapitres (Stabilmenti, Ordini é Decreti):
       ·  Institution et pouvoirs du Magistratu Supreme;
       ·  Rôle et autorité des Magistrati Provinciali;
       ·  Compétences des Auditore;
       ·  Projets de décrets et d'exécution de sentences ou de mandats;
       · Rôle du Sindicatu (tribunal administratif qui contrôle la gestion de tout fonctionnaire et magistrat en fin de charge);
       ·  Exigibilité des taxes;
       ·  Contrôle du bon emploi des deniers publics;
       · Discipline militaire à observer au cours des Marcie (tribunaux ambulants qui recherchent, jugent les délinquants et exécutent la sentence sur-le-champ);
       · Sanctions encourues par les soldats réfractaires à l'ordre des réquisitions pour les Marcie et contre les homicides (délit le plus énorme et le plus exécrable);
       · Décisions envers les prisonniers (qui doivent être humainement traités et protégés par les            Prucuratori de'Poveri;
       ·  Election des Paceri (médiateurs, pacificateurs et conciliateurs, deux par village);
       ·  Rôle du Tribunale d'Inquisizione (rattaché au Magistratu Supreme;
       ·  Election des Diputati (un par piève);
       ·  Prospection et l'exploitation des mine;
       ·  Décision de la tenue d'un Libru Maestru, rappel du Libro Rosso génois, registre dans lequel seront consignés tous les actes gouvernementaux passés et à venir.
Mai et Juin: Cunsulte et incidents se succèdent, provoqués par les partisans de l'un ou l'autre groupe de Naziunali. Les pièves de Serra, Verde, Alisgiani, Rogna, Fiumorbu, Casinca, Corti, Nebbiu... sont favorables à la candidature de MARIU EMMANUELLE de MATRA. Les Naziunali n'arrivent toujours pas à élire leCapu Generale.
14 Mai: Le commissaire général GUISEPPE MARIA DORIA annonce au Sénat de Gênes qu'un certain Pasquale Paoli, frère de Clémente Paoli est arrivé de Porto Longone, et qu'il est en train d'acquérir du crédit dans l'esprit des rebelles.
13 Juin: Les partisans de MARIU EMMANUELLE de MATRA convoquent une Cunsulta dans le Boziu, mais IGNAZIU VENTURINI les en empêche en faisant occuper le couvent.
24 Juin: Par un acte notarié, THEODORE de NEUHOFF cède tous ses Etats à ses créanciers.
Juillet: Le président du Magistratu Supreme, IGNAZIU VENTURINI, favorable au choix de PASQUALE PAOLI convoque uneCunsulta dans le fief paoliste de l'Ampugnani, pour élire enfin le Capu Generale.
13 au 15 Juillet: Cunsulta di A Casabianca: Elle se tient au couvent desServites de Sant'Antoniu et réunit les Prucuratori de 16 pièves (sur 66), dont Orezza, (avec CARLU CIAVALDINI, de Carchetu ), Alisgiani et Boziu, favorables à l'élection de deux généraux, et le Rustinu (avec CLEMENTE PAOLI et son cousin GHJUVAN FELICE VALENTINI), Vallerustie (conduite par IGNAZIU VENTURINI), la Balagna (avec SIMONE BUONAVENTURA FABIANI), l' Ampugnani (avec GHJUVAN QUILICU de CASABIANCA et son frère LUCE), la Casinca (avec GHJUVAN BATTISTA BUTTAFUOCO, de U Viscuvatu, frère d'ANTONIU, et PAULU LUIGGI VINCIGUERRA, de Loretu), du Nebbiu (avec SALVADORE GINESTRA), favorables à PASQUALE PAOLI, lequel n'assiste pas à la Cunsulta. Parmi les pièves absentes, on note Verde, Rogna et Castellu. PASQUALE PAOLI attend, dans sa maison de A Stretta di U Rustinu. L'élection est difficile. Le Vallerustie, la Balagna, avec la Casinca et le Nebbiu, qui ont basculé, donnent PASQUALE PAOLI vainqueur.
14 Juillet: L'élection de PASQUALE PAOLI est officiellement proclamée.
15 Juillet: PASQUALE PAOLI est déclaré solennellement Capu Generale Puliticu é Ecunumicu, Generale di A Nazione, Generale di U Regnu di Corsica, chef unique, et détenteur du pouvoir exécutif. Avec son allié, IGNAZIU VENTURINI, le président du Magistratu Supreme, il va pouvoir gouverner. Il s'installe au couvent du Rustinu.
MARIU EMMANUELLE de MATRA, l'adversaire malheureux de PASQUALE PAOLI, conteste l'élection.
16 Juillet: PASQUALE PAOLI annonce la nouvelle de son élection à son père GHJACINTU et envoie sa démission de l'armée napolitaine.
18 Juillet: PASQUALE PAOLI accueille des délégations de A Croce et de A Porta, et parvient à mettre fin, provisoirement, aux différends de ces communautés.
3 Août: La Marcie, commission de justice ambulatoire ou expédition punitive armée, (voir lesStabilmenti, Ordini é Decreti) organisée à Corti et dirigée par PASQUALE PAOLI, se met en route. Elle parcourt le Rustinu, l' Ampugnani, la Tavagna, Verde … La justice paoline est prompte, dure. Les meurtriers sont passés par les armes, les verges sont utilisées pour les délits mineurs.
A Pastureccia, PASQUALE PAOLI fait exécuter un de ses neveux (au troisième degré), auteur du meurtre de sa femme. A Vulpaiola, il fait passer par les armes un homme, qui a tué sa femme, et le notaire qui l'a conseillé. En Tavagna, il ordonne l'embarquement des chefs de deux factions rivales. En Casinca, il fait raser la maison d'un neveu du président IGNAZIU VENTURINI, coupable d'homicide. Il en fait de même à A Venzulà chez le capitaine GHJACINTU PETRIGNANI, l'un des meurtriers de SIMONE FABIANI (voir 1736).
10 Août: Cunsulta di Alisgiani: MARIU EMMANUELLE de MATRA, dont le nombre des partisans, en plus des Génois, est croissant (parmi eux TOMASU SANTUCCI, d'Alisgiani, ancien allié de PASQUALE PAOLI, et les représentants des pièves d' Alisgiani, de Serra, du Boziu, de Valle di Orezza, de Campulori et de Moriani), se fait élire Capu Generale. Le Prete> DELFINU, de Monte di Olmu (ou de Valle di Orezza) est nommé Presidente. PASQUALE PAOLI, qui est à Campulori avec IGNAZIU VENTURINI et le colonel SIMONE BUONAVENTURA FABIANI, ne reconnaît pas cette élection.
11 Août: Dans l'Alisgiani, PASQUALE PAOLI et sa troupe de 200 hommes, tombent dans une embuscade tendue par les hommes de MARIU EMMANUELLE de MATRA. Il y a plusieurs morts, blessés et prisonniers de part et d'autre.
12 Août: PASQUALE PAOLI, battu, se retire dans le Campulori, puis au couvent d'Orezza. Le colonel SIMONE BUONAVENTURA FABIANI et MARCU ANTONIU VITTINI, ainsi qu'une trentaine de ses compatriotes du Rustinu, ont été faits prisonniers par les hommes de MARIU EMMANUELLE de MATRA.
13 Août: Nouvelle attaque de MARIU EMMANUELLE de MATRA dans le village de E Valli d'Alisgiani.
A l'appel de PASQUALE PAOLI, le président du Magistratu Supreme IGNAZIU VENTURINI réunit 400 hommes, poursuit MARIU EMMANUELLE de MATRA et le force à se replier sur le Tavignanu.
18 Août: MARIU EMMANUELLE de MATRA se replie dans son fort d'Aleria.
Une felouque napolitaine aborde à l'embouchure du Golu, et le curé de U Viscuvatu apporte au couvent d'Orezza un paquet de lettres, de la poudre et 12000 lires. Ce sont lesCorses de Naples et de Livourne qui soutiennent ainsi PASQUALE PAOLI.
La grosse majorité des chefs historiques suit PASQUALE PAOLI: CARLU CIAVALDINI, de Carchetu, CLEMENTE PAOLI et son cousin GHJUVAN FELICE VALENTINI, IGNAZIU VENTURINI, SIMONE BUONAVENTURA FABIANI, qui s'est évadé, GHJUVAN QUILICU de CASABIANCA et son frère LUCE, GHJUVAN BATTISTA BUTTAFUOCO, de U Viscuvatu, PAULU LUIGGI VINCIGUERRA, de Loretu, SALVADORE GINESTRA, du Nebbiu, GHJUVAN STEFANU PAOLETTI, de Prunelli di Casacconi… Du côté de MARIU EMMANUELLE de MATRA, on trouve TOMASU SANTUCCI, ANGHJULUCCIU COLOMBANI, gendre de ce dernier, DURILIU MOSCA, de Lucu di Nazza, NATALE PANTALACCI, de Vivariu, CHIARELLI, d'Aleria, un notable pro-Génois, CARLU COTTONI, de Campulori, et deux prêtres, DELFINU, de Monte di Olmu (ou deValle di Orezza) et PADOVANI, de Valle di Orezza
26 Août: PASQUALE PAOLI, victorieux, rentre àLa Stretta. Dans la nuit, IGNAZIU VENTURINI l'avertit d'une nouvelle attaque de MARIU EMMANUELLE de MATRA. Il se remet en selle.
28 Août: MARIU EMMANUELLE de MATRA, encerclé, se retire une nouvelle fois dans son fort d'Aleria. Il a perdu dix hommes et de nombreux blessés et prisonniers.
29 Août: Les partisans de PASQUALE PAOLI brûlent la maison de MARIU EMMANUELLE de MATRA et détruisent tous ses biens.
2 Septembre: MARIU EMMANUELLE de MATRA s'adresse à CLEMENTE PAOLI et lui fait sa soumission. Une trêve est conclue. MARIU EMMANUELLE de MATRA est libre d'aller se retirer ailleurs.
3 Septembre: PASQUALE PAOLI écrit à IGNAZIU VENTURINI: Mon objet n'est que d'unir nos peuples, afin que tous de concert soutiennent les droits de la Patrie
26 Septembre: A Lucu di Nazza, mort de TOMASU SANTUCCI, allié deMARIU EMMANUELLE de MATRA.
GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI, l'ancien commissaire général, est de retour en Corse, en qualité de Presidente del Magistrato della Guerra et de la Deputazione di Corsica. Il a pour objectif d'opposer les Corses entre eux en favorisant MARIU EMMANUELLE de MATRA.
4 Octobre: MARIU EMMANUELLE de MATRA rejoint Bastia, où il est reçu à bras ouverts par les Génois. Du Capicorsu, il s'embarque pour Livourne, via Gênes.
Le consul français de Gênes informe son ministre de l'intelligence de PASQUALE PAOLI avec les Anglais, et qu'il reçoit des sommes d'argent de ces derniers.
22 Octobre: Dans la région deVicu-Sagone, sont ressenties des secousses sismiques qui provoquent d'emportants dégats.
8 Novembre: GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI s'installe à San Fiurenzu, qu'il fortifie.
18 Novembre: Conjugaison des forces génoises contre les partisans de PASQUALE PAOLI. Les Génois veulent relier les villes deBastia (avec le gouverneur GUISEPPE MARIA DORIA) et de San Fiurenzu (avec GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI et PETRU CASALE, Il Magnifico). Déroute des Génois.
16 au 18 Novembre: Cunsulta Generale (ou Dieta Generale) di Corti: Elle est convoquée par PASQUALE PAOLI. La Deuxième Assemblée Constituante (la Première ayant eu lieu du 20 au 22 Avril à Caccia) se donne les institutions nécessaires à l'exercice d'un pouvoir stable et durable:
       · La Dieta Generale, assemblée du peuple, chargée de juger les responsables de la Nazione, à commencer par le Generale, réunie obligatoirement une fois l'an, remplacera            désormais lesCunsulte coutumières;
       · On adopte une Constituzione di U Regnu di Corsica, propre à assurer le bonheur de la Nazione;
       · On décrète la création d'un Cunsigliu di Statu, Conseil d'Etat, en lui conférant l'autorité            suprême, tant politique que militaire et économique, avec à sa tête, un Generale, son chef et directeur, et 36 Presidenti et 108 Cunsultori, Conseillers, 144 membres en tout, répartis            en trois chambres, s'occupant de la Justice, de la Guerre et des Finances.
Cette assemblée affirme avec force des principes qui seront immuables: le Peuple Corse est indépendant et le bonheur de la Nation doit être assuré par une Constitution. C'est la pensée profonde de nombreux philosophes du Dix-huitième Siècle, pour lesquels la Nation s'identifie à la Liberté et au contrat social.
La Nation Corse prend forme, et un véritable pouvoir insulaire, dirigé par PASQUALE PAOLI est mis en place à Corti.
Trois partis se sont constitués dans les provinces du Dilà. Le parti des Génois, à Aiacciu, Bunifaziu et Porti Vechju, sous la houlette du commissaire local GIAN FRANCESCO FRANZONI, le parti de Malte, mené par l'abbé LUIGGI ZERBI, et le parti des Français, de plus en plus nombreux et solide, de ANTONIU COLONNA di BOZZI, de Ziddarà, et sa sœur BIANCA de ROSSI, et du capitaine MATTEU de BUTTAFUOCO, le fils d'ANTONIU.
Décembre: L'ex-commissaire GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI continue ses provocations et multiplie ses interventions militaires dans le Nebbiu.
2 Décembre: PASQUALE PAOLI s'installe à Muratu, décidé à reprendre San Fiurenzu à GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI. Ce dernier lui tend une embuscade et le bat. Sa tête est mise à prix pour 1000 sequins.
11 Décembre: PASQUALE PAOLI passe dans la Casinca, laissant une cinquantaine d'hommes à la garde du Nebbiu.
17 Décembre: Depuis la Foce di Golu, une felouque speronara, le courrier ordinaire et régulier de PASQUALE PAOLI, emporte vers Naples GHJUVAN QUILICU de CASABIANCA et GHJUVANNI ROCCA, en quête de secours et de finances, auprès de l'ambassadeur du Roi d'Angleterre.
23 Décembre: Nouvelle attaque de GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI. Ses soldats mettent le feu aux moulins d'Oletta. Les habitants du Nebbiu réagissent violemment et les Génois perdent quinze hommes, dont BACCICALUPO, le premier lieutenant de l'ancien commissaire.
Décès de ISAIA GRIMALDI (voir 1747) à Tagliu di Tavagna.
FRANCESCU MARIA d'ORNANO (voir 1752) est lieutenant-colonel au Régiment Royal Corse.
Edition des Mémorie delle Rivoluzioni di Corsica, qui couvrent la période de 1752 à 1755, de l'abbé CARLU ROSTINI.



1756:

Janvier: GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI quitte la Corse pour Gênes, où il sera élu doge. GUISEPPE MARIA DORIA est toujours commissaire général à Bastia.
15 au 17 Janvier: Cunsulta di A Venzulà: Convoquée par PASQUALE PAOLI, au couvent des Pères Réformés de Casinca. L'abbé GREGORIU SALVINI y assiste. C'est une assemblée d'ecclésiastiques. Les évêques refusent de s'y rendre et l'interdisent à leur clergé. L'assemblée se tient quand même et ordonne aux évêques d' Aleria (MATTEU d'ANGELIS), de Mariana-Accia (DOMINICO MARIA SAPORITO) et du Nebbiu (ROMUALDU MASSEI) de quitter Bastia, où ils résident, et de réintégrer leur diocèse respectif pour y assumer leurs fonctions. Faute de quoi, chacun serait dispensé de leur rendre l'obéissance légitime. Les évêques font appel à Rome, qui leur donne raison. A cette assemblée, il est, entre autre, proposé la création d'une Università di Scienze del Regnu.
PASQUALE PAOLI, qui a établi son camp dans l'Orezza, décide de se rendre dans le Dilà, où son autorité est loin d'être reconnue par tous.
6 Février: PASQUALE PAOLI écrit: Je n'ai personne sur qui je puisse me reposer, je fais tout par moi-même
Mars: L'Istria et La Rocca, pro-génoises, refusent de recevoir PASQUALE PAOLI.
PASQUALE PAOLI crée une Régence dans le Dilà, qu'il confie à SANTU FOLACCI, d'Eccica Suareddà, qu'il nomme commissaire général du Dilà, assisté de PETRU MARIA CACCIAGUERRA, notaire à Appietu.
15 Juillet: Retour en Corse de l'abbé CARLU ROSTINI. Débarqué à Bastia, il demande aux Génois l'autorisation d'aller voir sa famille à Cervioni. De là, il rencontre PASQUALE PAOLI et lui annonce la prochaine arrivée sur l'Ile des troupes françaises.
14 Août : Premier Traité de Compiègne (Traité de Subside) conclu entre la France et Gênes pour conserver la Corse sous la domination génoise. En 21 articles, le Roi de France, moyennant un accroissement des subsides, obtient de la République de Gênes que lui soient remises en dépôt les places d' Aiacciu, Calvi et San Fiurenzu, pour la durée de la guerre contre les Anglais.
Septembre: PASQUALE PAOLI manifeste son mécontentement à la suite du Traité de Compiègne, qui (dans l'Article XII), promet à la République de Gênes, aide et protection de la France.
6 Novembre: Pour assurer l'empire dans la Méditerranée, les Français font garder les côtes de Corse, par crainte que leurs ennemis, en accord avec PASQUALE PAOLI, ne s'emparent de quelques ports. Ainsi, le Marquis CHARLES de CASTRIES débarque à Calvi, avec six bataillons, un détachement du Corps Royal et 200 canonniers, soit 4000 hommes en tout. Les Français gardent les ports de Calvi, Aiacciu et San Fiurenzu, leurs alliés génois gardant Bastia, Bunifaziu et autres places maritimes de moindre importance.
7 Novembre: Cunsulta di Petralba: Le souci d'unité prime tout. On adopte une politique de neutralité dans le conflit qui vient d'éclater entre les puissances européennes (la France et la Prusse notamment), et la consigne de ne commettre aucun acte d'hostilité contre les troupes françaises.
23 Novembre: Cunsulta Generale di Corti: Organisation des provinces du Dilà. Les partisans de PASQUALE PAOLI du Dilà apportent leur adhésion aux Naziunali, et deux d'entre eux, SEBASTIANU POLI, de A Suaredda, et ORAZIU FERRI PISANI, d'Aiacciu, entrent au Cunsigliu di Statu et participent au gouvernement. Lors de la Cunsulta un violent incident éclate entre des membres du Dilà (SEBASTIANU POLI et ORAZIU FERRI PISANI), et d'autres du Diquà (GHJUVANNI TOMASU BOERIO de Corti). PASQUALE PAOLI parvient à calmer les protagonistes.
6 Décembre: A Calvi, l'abbé EXPILLY, dans une œuvre manuscrite, trace le portrait de PASQUALE PAOLI.
11 Décembre: A Londres, à Soho (Chapel Street), mort de THEODORE de NEUHOFF, loqueteux et affamé, ancien et éphémère Roi de Corse sous le nom de THEODORE 1er. Sur sa tombe on fait graver Le destin lui accorda un royaume et lui refusa du pain.
Au cours de l'année, le pape BENOIT XIV adresse deux lettres aux évêques de Corse (notamment d'Aleria, de Mariana-Accia et du Nebbiu) où il blâme les membres du Clergé corse qui soutiennent l'opposition à Gênes, et réprouve ceux qui affirment la légitimité de la rébellion corse. En même temps, il s'élève contre les agissements de PASQUALE PAOLI et approuve les dispositions des évêques.
Décès du docteur TOMASU GIULIANI. Les armes de la famille Giuliani, de Muru et Algaiola, sont gravées sur sa plaque commémorative dans l'église de Muru.
Le Marquis CHARLES de CASTRIES fait construire de nouvelles fortifications à Calvi.
Naissance de FRANCESCU ANTONIU CUNEO d'ORNANO, futur général de brigade et marquis.
Edition d'une carte de la Corse de DIDIER ROBERT deVAUGONDY, fils de GILLES (voir 1749), géographe à Paris et du Roi de Pologne.



1757:

PASQUALE PAOLI, voulant s'assurer de la stricte neutralité des Français à son égard, dépêche auprès du Marquis CHARLES de CASTRIES, un envoyé de la Nazione, SALVADORE GINESTRA, pour se faire confirmer ses intentions. Le Français affirme qu'il ne s'ingérera pas dans les affaires intérieures de l'Ile.
7 Février: MARIU EMMANUELLE de MATRA est de retour en Corse. Il débarque à Erbalunga, avec son cousin ANTONUCCIU. Après avoir été reçu à Bastia par le commissaire général GUISEPPE MARIA DORIA, il se rend, par la mer, à Aleria, et après avoir réuni des fonds et un millier d'hommes, il se prépare à une nouvelle guerre contre PASQUALE PAOLI.
Appartition du premier cachet au tampon, armée de Corse.
Mars: A Aleria, affrontement entre les partisans de PASQUALE PAOLI et ceux de MARIU EMMANUELLE de MATRA. Ces derniers ont le dessus.
27 Mars: A Alandu, nouvel affrontement entre les deux camps. PASQUALE PAOLI et IGNAZIU VENTURINI sont assiégés par MARIU EMMANUELLE de MATRA, avec 2000 hommes, dans le couvent des Franciscains du Boziu. Pendant ce temps, CLEMENTE PAOLI, avec CARLU CIAVALDINI, s'empare de Pedicroce, et libère le couvent d'Orezza, tenu par le prete DELFINU. Puis il envoie COSIMU MARIA CASALTA et SEBASTIANU ROCCA, avec 150 hommes, en direction du Boziu, pour libérer PASQUALE PAOLI et IGNAZIU VENTURINI.
28 Mars: D'Aleria, TOMASU CERVONI, dont la famille est ennemie des Matra, et GHJUVAN FELICE VALENTINI, avec 400 hommes, arrivent également au secours des assiégés, et sortent PASQUALE PAOLI de ce mauvais pas. Les hommes de MARIU EMMANUELLE de MATRA sont battus. Ce dernier est blessé puis achevé par GHJUVAN FELICE VALENTINI. La répression contre eux sera brutale. Le village de Valle di Orezza est le plus durement touché (vingt cinq maisons brûlées, deux hommes fusillés, dont le prete DELFINU). Les partisans de MARIU EMMANUELLE de MATRA se réfugient dans le fort de Padulella ou à Bastia, d'autres rentrent chez eux. D'autres prennent le maquis, comme ANTONUCCIU de MATRA dans le Capicorsu. C'est la fin de la guerre entre Matristes et Paolistes.
PASQUALE PAOLI, ne voulant pas faire couler d'autre sang, offre une amnistie complète à tous ceux qui choisissent de se soumettre. Des otages sont donnés en garantie. Il fait enterrer dignement MARIU EMMANUELLE de MATRA.
18 Avril: Cunsulta di Orezza: On y adopte de sévères mesures de répression contre tous ceux qui refusent les propositions d'amnistie, contre le recel de bandits, ainsi que l'interdiction formelle de toute relation avec les Génois.
20 Avril: A Rome, tentative d'assassinat contre GHJULIU MATTEU NATALI, auteur du Disinganno (voir 1748), conseiller du cardinal FERRONI, hostile à Gênes. Il est gravement blessé au ventre. Un de ses agresseurs, AMBROSINI, est un tueur à gage originaire d'Algaiola, caporal de l'armée génoise. Cet attentat est commandité par les Génois, qui lui reprochent ses prises de positions et ses écrits (voir 1731 et 1736). Soigné par un médecin corse, NATALE SALICETI, il guérit.
Mai: Les pièves de Castellu, du Fiumorbu, de Rogna et de Serra, sous la direction de ANTONUCCIU de MATRA, tentent de se soulever contre les Naziunali. Ces derniers, commandés par le capitaine CORAZZINI, arrêtent les insurgés à Pedicorti, et ANTONUCCIU de MATRA, battu, doit demander asile aux Génois de Bastia.
10 Mai: BIANCA de ROSSI quitte Zicavu, se fait accompagner à Aiacciu par des troupes françaises et plusieurs chefs rebelles à PASQUALE PAOLI portant des cocardes blanches au chapeau, et obtient une garde française à sa porte.
Juin: Cunsulta di Casinca: On y fait le point de la situation. Il est décidé de donner priorité à l'édification de la Nazione, et d'observer une stricte neutralité dans un conflit qui opposerait la France et l'Angleterre en Corse.
Juillet: Cunsulta di Caccia: On y traite des mêmes sujets que ceux abordés à la Cunsulta di Casinca.
Le maréchal de camp, le Comte NOËL de JOURDA, Comte de VAUX (voir 1739), arrive en Corse, en remplacement du Marquis CHARLES de CASTRIES.
24 Août: Les Naziunali veulent déloger les Génois de la tour de San Pellegrinu. Ils échouent.
26 Août: Naissance, à U Salgetu, de ANTONIU CRISTUFARU SALICETI.
Septembre et Octobre: Le parti français du Dilà, animé par ANTONIU COLONNA di BOZZI, et sa sœur BIANCA de ROSSI, tient deux Cunsulte, une au couvent d'Ulmetu, pour l'Ornanu, l'Istria, le Talavu et La Rocca, l'autre, le 29 Octobre, au couvent de Mezzana, pour la Cinarca et Vicu, où il est question de la souveraineté des provinces du Sud. Dans ces deux Cunsulte, il est hors de question de faire alliance avec les Génois ou avec les Naziunali de PASQUALE PAOLI. En aucune façon, la Terra di I Signori ne veut se mêler à la Terra di U Cumunu.
PASQUALE PAOLI est en tournée dans le Capicorsu.
Décembre: En réponse à ANTONIU COLONNA di BOZZI, PASQUALE PAOLI décide d'un nouveau voyage dans le Dilà, dans sa grande majorité Pro-Français. Il est accompagné de SANTU FOLACCI et de ANTONIU COLONNA di BOZZI. La province de La Rocca, pro-génoise elle, refuse de recevoir le Capu Generale.
4 Décembre: Cunsulta di Ulmetu: Elle est présidée par PASQUALE PAOLI lui-même. La province de La Rocca refuse d'y participer. Il installe une magistrature provinciale et en fait donner la présidence à ANTONIU COLONNA di BOZZI.
20 Décembre: Cunsulta di Mezzana: Elle est présidée par PASQUALE PAOLI.
23 Décembre: Cunsulta di l'Istria: Elle se tient au couvent de l'Istria et est présidée par PASQUALE PAOLI.
PASQUALE PAOLI fonde le chantier naval de Centuri.
GHJUVAN BATTISTA de CARAFFA, de Bastia, est capitaine au Régiment Royal Corse et Chevalier del'Ordre de Saint Louis.
FILIPPU MARTINU COSTA est lieutenant au Régiment Royal Corse.
En France, création du régiment corse, le Corse Cavalerie Légère.
Décès de FRANCESCU ARRIGHI de CASANOVA, capitaine au Régiment Royal Corse.



1758:

Escarmouches entre escadrons volants corses et génois, surtout près de Bastia que les Naziunali encerclent toujours.
PASQUALE PAOLI est de retour de sa visite dans le Dilà.
15 Avril: A Curbara, le podestat major de la piève d'Aregnu reçoit PASQUALE PAOLI dans le Castel de Guido (voir 1292), où il rencontre les Nobili d'Algaiola, BAGNARA, CASTAGNOLI, GIULIANI et PADRONI, (dits I Quattru di Algaiola) afin qu'ils lui cèdent le port d'Algaiola. Craignant les représailles génoises, ces derniers refusent.
A Naples, publication de la première édition de la Giustificazione della Rivoluzione di Corsica e della ferma risoluzione presa da'Corsi di mai più sottomettersi al dominio di Genova, écrite en Italien, à Corti, par l'abbé GREGORIU SALVINI, de Nesce, secrétaire de PASQUALE PAOLI, avec l'approbation de tous les Sages. Il s'agit d'un réquisitoire passionné contre 160 cas d'abus administratifs et judiciaires. C'est la suite de la polémique sur le soulèvement du Peuple Corse. Une deuxième édition de la même œuvre parait, écrite à Oletta, dans un format plus grand, et sous le titre de Giustificazione della Rivoluzione di Corsica e della ferma risoluzione presa da'Corsi di non sottomettersi mai più al dominio di Genova. Il y aura d'autres éditions, innombrables.
2 ou 19 Mai: Cunsulta d'Istria: Elle se tient dans le couvent de Bicchisgià, sous la présidence du capitaine ORAZIU di QUENZA. Les partisans génois de La Rocca, du Talavu et de l'Istria s'unissent pour se déclarer contre PASQUALE PAOLI, et se réclament ouvertement pour Gênes. Ils interdisent à PASQUALE PAOLI l'accès de leur région.
Août: Cunsulta di Mezzana: En riposte à la Cunsulta d'Istria, les partisans de PASQUALE PAOLI élisent ANTONIU COLONNA di BOZZI commandant du Dilà. Les principaux participants à la précédente Cunsulta se rallient alors à ANTONIU COLONNA di BOZZI, et donc à PASQUALE PAOLI.
14 au 17 Septembre: Cunsulta di Santu Petru di Nebbiu:
       ·  La Nazione est divisée en neuf juridictions ou provinces, six dans le Diquà (Corti, Aleria, Casinca, Balagna, Nebbiu et Capicorsu) et trois dans le Dilà (Vicu, Celavu et les trois pièves d'Istria: Ornanu, Talavu et La Rocca).
       ·  A la tête de chaque juridiction, un Magistratu di a Provincia, composé d'un Presidente, de deux Cunsultori, d'un Auditore et d'un Cancillieru.
       ·  Le Magistratu di a Provincia est élu pendant les Diete Generali. A la fin de leur mandat, les Magistrati sont soumis au contrôle public de leur gestion par les Sindicatori.
       ·  Le Magistratu di a Provincia rend la justice dans toutes les causes, aussi bien civiles que criminelles. En appel , les causes civiles vont devant la Rota civile, composée de trois légistes, qui instruisent en même temps les procès militaires, lesquels sont traduits devant le Supreme Cunsigliu di U Statu.
       ·  Le Supreme Cunsigliu di U Statu, avec le Magistratu di e Provincie, exerce le pouvoir exécutif. Il est constitué par le Generale, ou Presidente, PASQUALE PAOLI, le Supreme Capu di A Nazione, élu à vie, commandant suprême des armées, et par 18 Conseillers, Cunsiglieri di Statu, âgés de 35 ans au moins, élus, pour un an, par province (six dans le Diquà et trois dans le Dilà).
       ·  Les Cunsiglieri di Statu ont le même pouvoir que le Presidente, siègent, à tour de rôle, avec le Presidente, trois tous les quatre mois, et sont soumis à la Censura et au contrôle de l'assemblée générale souveraine, la Suprema Cunsulta Generale.
       · La Suprema Cunsulta Generale, qui détient le pouvoir législatif, est convoquée, par Circulari, deux fois par ans, au printemps et à l'automne, à Corti.
       ·  Chaque communauté ou paroisse mandate un député, Prucuratore, l'élection de ce dernier se faisant à la majorité des deux tiers.
       · Les anciens Cunsiglieri di Statu, les Presidenti en exercice des magistratures, les représentants des églises, les curés doyens, Pievani, les supérieurs provinciaux des ordres réguliers sont délégués d'office aux Supreme Cunsulte Generali.
       · Toutes les lois ou ordonnances, une fois adoptées et votées, sont imprimées, et un exemplaire est envoyé au Pudestà Maggiore de chaque communauté, qui en a la garde et la charge de les transmettre à son successeur.
       ·  A la tête de chaque communauté, le Pudestà Maggiore est assisté de deux Anziani, ou Padri di U Cumunu, élus chaque année, à bulletins secrets, par les membres de la communauté.
       ·  Le Pudestà Maggiore, avec ses Anziani, a la charge et la responsabilité des intérêts de la commune. Il doit rendre compte au Magistratu di a Provincia de tout désordre ou délit survenu dans sa localité.
       ·  Chaque piève a son percepteur, U Percettore, et, également, un commissaire aux armes, U Commisariu de i Armi.
       ·  Chaque village a un ou plusieurs capitaines, I Capitani.
Octobre: Dans une lettre, ANTONIU COLONNA di BOZZI condamne les Anziani di Aiacciu, qui sont favorables à Gênes, et n'ont pas voté pour lui.
Cunsulta di Ornanu: Au couvent d'Ornanu, en réaction à l'attitude de ANTONIU COLONNA di BOZZI, les Anziani di Aiacciu font élire GHJUVAN BATTISTA d'ORNANO, dit Bachjolu, le neveu de LUCA d'ORNANO, chef du Dilà.
A Suveria, naissance de LISANDRU ORDIONI, futur Baron d'Empire.
FRANCESCU MARIA d'ORNANO (voir 1755) est colonel auRégiment Royal Corse et chevalier de l'Ordre de Saint Louis.
MATTEU de BUTTAFUOCO et MARENGO, officiers au Régiment Royal Corse, sont en congé de semestre en Corse. PASQUALE PAOLI leur propose, en vain, de mettre leurs épées au service de la Patrie.
FRANCESCU de GAFFORI (dit Checcu), fils de GHJUVAN PETRU (voir 1753), s'engage dans le Régiment Royal Corse. Il a quatorze ans.
A Lausanne, chez Bousquet, publication du premier tome des Mémoires historiques, militaires et politiques sur les principaux évènements arrivés dans l'Ile, Royaume de Corse, avec l'histoire naturelle de ce pays là, de LOUIS-ARNAUT JAUSSIN (voir 1738), qui couvrent la campagne en Corse des troupes françaises de 1738 à 1741.
Bastia compte 4800 habitants, Aiacciu, 4000.
PASQUALE PAOLI fonde L'Isulà (appelée Paolina et plus tard Vaux) en tant que port, pour faire concurrence à Algaiola et à Calvi.
A Ghisoni, naissance de VINCENTE MARIA CONSTANTINI, futur général de brigade.



1759:

Janvier: Arrivée en Corse du nouveau commissaire général génois GIAN BATTISTA de SOPRANIS. Il remplace GUISEPPE MARIA DORIA.
Les Naziunali enserrent toujours les villes génoises de l'Ile en une sorte de blocus impénétrable. Notamment Bastia est sous le contrôle de la garnison de Furiani.
Mars: GIAN BATTISTA de SOPRANIS, avec son adjoint GIOVANNI BATTISTA SAULI, tente de desserrer l'étau que les Naziunali exercent sur Bastia. Il échoue à Furiani, dans sa tentative.
Le Comte de VAUX sort de Calvi, et prend position dans le couvent des Franciscains d'Alzipratu, installant son artillerie sur les collines voisines. Il viole ainsi les clauses du Traité de Compiègne, qui assignait aux Français les seules places de Calvi, Aiacciu et Porti Vechju.
Les Naziunali demandent aux Français d'évacuer Alzipratu. Le Comte de VAUX, qui se prépare à quitter la Corse avec ses troupes, n'insiste pas et abandonne le couvent.
Décès de l'évêque d'Aiacciu BERNARDINO CENTURIONE.
Le poste de vicaire général d'Aleria est pourvu de deux vicaires: un (le chanoine OTTAVI, d'Aiacciu), désigné par MATTEU d'ANGELIS, l'évêque d'Aleria, réfugié à Bastia, l'autre (le chanoine IGNAZIU FELCE, d'Alisgiani) par le chapitre de Campulori.
1er Avril: GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI arrive en Corse pour la troisième fois (voir 1756), en qualité de commissaire à la guerre, Commisario Straordinario. Il a pour mission de libérer Bastia, avec la destruction de la garnison de Furiani.
GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI arrive aux pieds des murs de Furiani, s'empare de l'église de San Pancraziu, qu'il fait sauter, et installe son artillerie.
30 Avril: Le Corse MATTEU d'ANGELIS, évêque d'Aleria, écrit à Gênes pour supplier la République de bien vouloir pousser jusqu'au bout la destruction de Furiani ( !).
Les troupes françaises quittent la Corse. Elles reçoivent l'ordre de retourner en France pour protéger les plages du sud de la Provence, où les Anglais menacent de débarquer.
1er Mai: GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI fait bombarder Furiani.
20 Mai: Fin des bombardements de Furiani. Les Génois donnent l'assaut, et prennent les premières maisons du village. Des renforts Naziunali arrivent, et, pris entre deux feux, les Génois battus, se retirent. GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI se replie sur Bastia, puis rentre à Gênes, où il est fort mal reçu.
Le Génois BENEDETTO ANDREA DORIA, natif de Ruglianu, neveu de BERNARDINO CENTURIONE est le nouvel évêque d'Aiacciu. Il succède à son oncle (voir 1741).
PASQUALE PAOLI, voulant soustraire les religieux à l'emprise génoise, essaie de faire remplacer leurs Supérieurs d'origine ligure par des Corses. Ainsi, il fait élire comme Provincial des Franciscains le Père SERAPIONE, de Tralonca.
Juin: A Lucciana, à la suite d'une convocation du Supreme Cunsigliu, se tient un congrès des représentants du clergé de Corse, auquel participe PASQUALE PAOLI. Les chanoines IGNAZIU FELCE et ORSATONI, sont chargés de se rendre auprès du nouveau pape CLEMENT XIII pour lui exposer les graves désordres que traverse l'église corse, (en autre la nomination du vicaire général du diocèse d'Aleria), de faire valider l'élection du Provincial des Franciscains, et lui demander la venue sur l'Ile du vicaire apostolique désigné par la congrégation générale des cardinaux à Rome, CESARO CRESCENZIO de ANGELIS.
28 Juin: Les Buonaparte de Florence reconnaissent dans un acte officiel les Buonaparte d'Aiacciu comme leurs parents.
19 et 20 Août: Cunsulta di Corti: Session ordinaire de l'Assemblée de Corse. Les représentants du Dilà réclament la présence de PASQUALE PAOLI dans leurs provinces pour y établir la même forme de gouvernement que celle qui régit les provinces du Diquà. Ne pouvant se déplacer,PASQUALE PAOLIenvoie trois émissaires, ayant pour mission de créer quatre juridictions dans le Dilà, avec à la tête de chacune, un Magistratu.
PASQUALE PAOLI s'installe au Palazzu Naziunale, à Corti, où il dispose d'un appartement et d'un valet de chambre, un déserteur français nommé JOSEPH DUPUY.
Septembre: PASQUALE PAOLI est dans le Nebbiu, où il prépare l'attaque de San Fiurenzu.
Complot déjoué contre PASQUALE PAOLI. Les instigateurs du complot, sont le commissaire général génois GIAN BATTISTA de SOPRANIS et le piuvanu de Patrimoniu, l'abbé FRANCESCU ANTONIU SALICETI, dit Peverinu, avec la complicité du serviteur de celui-ci et d'un marchand génois d'Oletta. Ces deux derniers sont condamnés à la potence, et le piuvanu, en fuite, à l'exil perpétuel.
18 Septembre: CESARO CRESCENZIO de ANGELIS, évêque de Segni, est officiellement nommé vicaire apostolique enCorse par le pape CLEMENT XIII.
24 Décembre: Les pièves du Dilà, organisées à la façon de celles du Diquà, reçoivent chacune leur Presidente: SANTU FOLACCI pour Cavru et Celavu, GHJUVAN DUMENICU PERETTI, pour l'Istria, l'Ornanu et le Talavu, ANTONIU COLONNA di BOZZI pour Mezzana, et ANTONIU PADUVANU PERETTI, de Livia, neveu de LILLU PERETTI, pour La Rocca. Dans la piève d'Ampugnani, conflit grave entre les communautés de A Croce et de Ficaghja.
FRANCESCU de GAFFORI quitte le Régiment Royal Corse pour s'engager dans le Régiment des Volontaires Corses.
A Lausanne, publication du deuxième tome des Mémoires militaires, historiques et politiques de LOUIS-ARNAUT JAUSSIN (voir 1758), qui couvrent la campagne en Corse des troupes françaises de 1738 à 1741, sous le titre de Contenant un Recueil de Lettres, Instructions, Anecdotes, et autres Titres importants, qui servent à vérifier la plupart des événements rapportés dans les trois premiers livres de ces Mémoires.
Parution à Amsterdam, de Essai sur les grands évènements par les petites causes, de ADRIEN RICHER, dans lequel il donne une version détaillée des causes de la révolution corse de 1729.
L'abbé CARLU ROSTINI quitte la Corse et rejoint son régiment le Royal Corse.
GHJUSEPPU MARIA et LUCIANU BUONAPARTE, fils de SEBASTIANU (voir 1720) obtiennent une reconnaissance de parenté de la noble et ancienne famille Buonaparte de Florence.
Parution d'une carte de la Corse, anonyme, en neuf cartons.



1760:

LISANDRU FARINOLA est podestat de Bastia.
Janvier: Après les bombardements des Génois, les Naziunali décident une remise en état du village et de la place forte de Furiani. Le blocus de Bastia est également renforcé.
22 Janvier: A Nonza, naissance de VINCENTE AVOGARI de GENTILE, descendant des Obertenghi.
10 Février: Tentative de coup de main des Naziunali sur San Fiurenzu. Les attaquants entrent dans la ville, mais les Génois, regroupés dans la citadelle, reçoivent le secours de 200 hommes venus du Capicorsu, et, malgré les renforts commandés par CLEMENTE PAOLI, obligent les Corses à se retirer.
Mars: A Campulori, plus exactement à Prunete, près de Cervioni, installation, dans le couvent sous la responsabilité du père LEONARDU, de la première Stamperia (imprimerie) dans l'Ile. La presse, commandée à Naples, embarquée à Livourne sous les soins de l'abbé LUIGGI ZERBI arrive à Prunete avec son imprimeur, DOMENICO ASCIONE, de Naples également.
Dans La Rocca circule un Manifeste en faveur de Gênes, signé par 237 Principali, dont une quinzaine de curés.
Le Visiteur Apostolique des évêchés de Corse (Aiacciu, Aleria, Mariana-Accia et Nebbiu), CESARO CRESCENZIO de ANGELIS, se prépare à rejoindre son poste dans l'Ile. Les Génois, qui sont opposés à la nomination et à la mission du prélat, lui ordonnent de renoncer à ce voyage en Corse.
18 au 19 Mars: Dans la nuit, naufrage de deux grosses barques génoises qui croisaient entre le Capicorsu et Aleria. L'une s'échoue à Pontepratu, l'autre au Pinetu. Leur mission était d'empêcher le débarquement du Visiteur Apostolique. Les Naziunali parviennent à s'emparer des 50 petits canons qui les armaient (24 canons de 12 venus de Hollande et 36 petits canons de bronze, de calibre 6).
7 Avril: Le Visiteur Apostolique CESARO CRESCENZIO de ANGELIS quitte clandestinement Rome pour rejoindre la Corse.
14 Avril: Par décret du Sénat de Gênes, défense est faite à CESARO CRESCENZIO de ANGELIS d'aborder clandestinement l'Ile de Corse, sous peine d'arrestation immédiate. Sa tête est mise à prix pour 6000 écus romains.
23 Avril: Le Visiteur Apostolique CESARO CRESCENZIO de ANGELIS débarque aux Prunete, sur la plage d'Aleria, reçu par tout un peuple de Corses armés, qui veulent lui servir de garde. Il est accueilli par GHJUSEPPU BARBAGGI (voir 1749), le futur gendre de CLEMENTE PAOLI, en qualité de représentant de la Nazione.
30 Avril: CESARO CRESCENZIO de ANGELIS, installé dans le palais épiscopal de Cervioni, inaugure sa visite épiscopale par une cérémonie religieuse dans la cathédrale d'Aleria.
PASQUALE PAOLI fait remettre au Visiteur Apostolique CESARO CRESCENZIO de ANGELIS le fond des revenus ecclésiastiques de Corse.
10, 11 et 12 Mai: Cunsulta di Corti: GHJUSEPPU MARIA MASSESI (voir 1746), est Gran'Cancillieru, et DUMENICU MARIA ANGELI, Sottu Cancillieru. Il est décidé de ne plus s'immiscer dans les affaires de l'église corse. Le décret du Sénat de Gênes du 14 Avril est déclaré nul. Le Visiteur Apostolique recevra les dîmes des diocèses soumis à son autorité.
14 Mai: Le pape CLEMENT XIII fait afficher à Rome et à Latran, un bref qui condamne etannule le décret du Sénat de Gênes du 14 Avril.
20 Mai: Cungressu di Casinca: Manifeste du Général et du Suprême Conseil d'Etat qui décide la guerre sur mer. Il est décidé de construire deux mezze galere, sorte de navires d'une vingtaine de mètres de long, six de large, une cinquantaine d'hommes d'équipage, dont une vingtaine de rameurs, armés de deux petits canons. De plus, des particuliers ou des patrons, même étrangers, pourront armer des bâtiments. Ils recevront pour cela Passeporti e Instruzioni opportune. La guerre maritime contre les Génois est ouverte.
Parmi les capitaines de ces bâtiments, on trouve des Capicorsini, tels SEBASTIANU PICCIONI, TERAMU TERAMI et GHJORGHJU ROSSI, des Balagnesi, tels ANTON MATTEU et GHJUSEPPU ARENA, GHJUVANNI ORTICONI et DUMENICU ANTONMATTEI, des Aiaccini, tels GHJORGHJU STEPHANOPOLI, LAZARU COSTA et ANTONIU SAGUINE, et d'autres tels MIGHELE et GHJUVANNI NOBILI, Corses de Livourne, ANGHJULU FRANCESCHI, ANTONIU SABBATINI, NICOLU BARGONE, de Capraia, SERPENTINI, ANTONIU OLETTA, GHJUVAN BATTISTA de PERI, dit Comte de PEREZ, chevalier de l'Ordre de Malte, commandant de la flottille…
23 Mai: A Bunifaziu, dans l'oratoire de San Ghjuvanni Battista, le commissaire génois du Dilà, TOMMASO SPINOLA, appelle les partisans de Gênes à une Cunsulta. Quelques notables de La Rocca répondent à cette convocation, cinq de Livia, quatre de Quenza et Porti Vechju, deux de Zonza, cinq de Taddà, et deux de Sarté.
30 Mai: CESARO CRESCENZIO de ANGELIS publie un édit menaçant d'excommunication tous ceux qui ne payeront pas la dîme, et fait dresser un inventaire de tous les biens ecclésiastiques. Conformément à sa mission, il gouverne l'église corse.
Craignant un coup de main génois, CESARO CRESCENZIO de ANGELIS doit quitter le couvent de Campulori pour celui du Rustinu.
Les habitants de La Rocca décident de se soumettre à l'autorité du Visiteur Apostolique.
26 Juin: PASQUALE PAOLI fait venir en Corse entre 5000 et 10000 Juifs du nord de l'Italie (les chiffres varient selon les sources), de Milan, de Turin, ainsi que de Gênes, pour revitaliser l'Ile suite à 400 ans d'occupation génoise. Afin de les rassurer sur leur intégration et sur la volonté du Peuple Corse de les considérer comme leurs égaux, il déclare: les Juifs ont les mêmes droits que les Corses puisqu'ils partagent le même sort. Citoyens à part entière les Juifs bénéficient d'une totale liberté de culte, ce qui n'est pas le cas dans bon nombre de pays. Ils peuvent désormais s'installer en Corse, et y vivre à leur guise. Le droit de vote leur est accordé.
A Campulori, dans le couvent, la Stamperia est en état de fonctionner. Elle ne sort de ses presses que les placards, les proclamations ou les manifestes officiels, avant de sortir la gazette du gouvernement.
PASQUALE PAOLI fait exécuter le drapeau national corse avec Sainte Dévôte au revers et la Tête de Maure à l'avers.
PASQUALE PAOLI écrit àGHJUVAN QUILICU de CASABIANCA que pour rendre le commerce plus avantageux, il faudrait que quelques-uns des plus riches propriétaires de la Nazione s'unissent en société pour acheter des bâtiments à cet effet, à l'exemple des compagnies de Hollande et d'Angleterre. Il faudrait faire comprendre à ces riches fainéants, qui sont en même temps avides, que seul le commerce maritime peut faire sortir de la misère aussi bien l'Etat que les particuliers. Témoins, la Hollande et l'Angleterre qui sont devenues la terreur des mers. Toutes les grandes choses ont de petits débuts…
16 Juillet: Arrivée à Bastia de DOMENICO INVREA, le nouveau commissaire général génois, qui remplace GIAN BATTISTA de SOPRANIS.
DOMENICO INVREA est accompagné de 800 soldats du Régiment d'Albenga. Il organise une nouvelle offensive sur Furiani.
8 Août: Attaque génoise sur la tour de Ferringule. Elle échoue.
23 Août: Réunis dans le couvent de Campulori, les représentants de La Rocca, se déclarent contre les Génois, et unanimement associés au gouvernement de PASQUALE PAOLI.
PASQUALE PAOLI est indisposé par une fièvre intermittente, probablement d'origine paludéenne.
L'abbé CARLU ROSTINI offre ses services à PASQUALE PAOLI qui les accepte. Il quitte le Régiment Royal Corse et rentre sur l'Ile.
1er Septembre: A Campulori, la Stamperia imprime la première gazette du gouvernement, sous le titre de Ragguagli dell'Isola di Corsica.
Le château de Nonza et sa tour sont remis en état, rehaussés et occupés par les Naziunali.
Octobre: Les Naziunali décident de fortifier San Lurenzu. Avec Furiani et Biguglia, ces petits forts gênent considérablement le ravitaillement de Bastia. Devant ce danger, les Génois attaquent San Lurenzu et Biguglia. Battus par les Naziunali, les soldats de la République laissent de nombreux morts, et des prisonniers, dont deux officiers.
Novembre: Les Naziunali attaquent la tour de A Mortella, construite par ANDREA DORIA (voir1555) ,située au nord de San Fiurenzu. Après l'avoir bombardée, les Corses, emmenés par GHJUVAN CARLU SALICETI, enlèvent la tour aux Génois.
7 Décembre: Les Naziunali prennent la tour de Centuri.
Dissolution du Régiment des Volontaires Corses. FRANCESCU de GAFFORI rentre en Corse.
A Ciamanaccia, drame passionnel, entre les Leonetti et les Gabrielli, qui fait sept morts. Le curé du village, HYACINTHU GABRIELLI, est l'instigateur de ce drame.
PAULU VINCENZU COLONNA d'ISTRIA reçoit le titre de Marquis de Galliano, en vertu des dispositions testamentaires de son oncle maternel, le marquis italien GIOVANNI POLO de GALLIANO.
ROCCU FRANCESCU COLONNA de CESARI ROCCA, de Porti Vechju, est colonel au service des armées de Venise.
A Aiacciu, naissance de FRANCESCU MARIA COSTA de BASTELICA, futur médecin militaire et Conservateur des Eaux et Forêts de Corse.
A A Penta di Casinca et U Castellà di Casinca, il est interdit (avec établissement d'amendes) d'utiliser du daphné gnidium, ou joli bois, qui entre dans la composition de ce que les pêcheurs appelle le pain des pourceaux: celui-ci, jeté au milieu des filets, aveugle les poissons, qui se précipitent dans le piège.
Le père Servite BONFIGLIU (ou BONIFAZIU) GUELFUCCI, originaire de Belgudé, écrit, à Campulori, La Corsica a suoi figli. Homme d'esprit et de sciences, il écrira également les Memorie per servire alla Storia delle Rivoluzioni di Corsica, et sera professeur à l'Università di Corti.
A Vintimiglia (dont il est l'évêque depuis 1941), l'ancien évêque de Sagone PIER MARIA GIUSTINIANI (voir 1737), entreprend de réfuter la Giustificazione della Rivoluzione di Corsica e della ferma risoluzione presa da'Corsi di mai piu sottomettersi an dominio di Genova, de l'abbé DON GREGORIU SALVINI, (voir 1758), qu'il attribue à GHJULIU MATTEU NATALI, dans des Riflessioni intorno ad un libro intitulato Giustificazione della Rivoluzione di Corsica
A Corti, édition d'une traduction en Français, langue européenne, d'un résumé de la Giustificazione della Rivoluzione di Corsica e della ferma risoluzione presa da'Corsi di mai piu sottomettersi an dominio di Genova, de l'abbé DON GREGORIU SALVINI (voir 1758), sous le titre de Memoria apologetica sull'ultima rivoluzione dell'Isola di Corsica, par l'abbé CARLU ROSTINI.
A Campulori, édition anonyme d'un Manifesto della Serenissima Republica di Genova con le riposte da un Corso.
A Campulori, édition de Discorso Theologico-Canonico-Politico, très favorable à Gênes, écrit par le chanoine génois GIROLAMO GASTALDI.
Edition de deux cartes de la Corse de THOMAS KITCHIN, graveur, éditeur et géographe à Londres.



1761:

30 Janvier: Les Naziunali s'emparent des tours de Girolata et de l'Imbutu, distante de cinq milles.
14 Février: PASQUALE PAOLI est en Casinca, à Penta. Il veut s'emparer de la tour de San Pellegrinu.
18 Février: Les Naziunali attaquent la tour de San Pellegrinu. Sans succès. FRANCESCU PIETRI et MORELLI, de U Viscuvatu périssent dans cette attaque.
28 Février: Les Génois tentent une sortie de la tour de San Pellegrinu. Ils échouent.
Avril: Les Génois, devant leurs échecs militaires, décident d'utiliser une nouvelle méthode : diviser pour régner.
9 Mai: Le Sénat de Gênes fait paraître un édit promettant la paix et l'amnistie générale (Manifeste génois de Conciliation). Cet édit est lu à Bastia par une délégation du Sénat. Il s'engage également sur un accord honorable et avantageux pour tous. Il est décidé qu'une délégation de six sénateurs génois (la Magnifique Députation) se rendra en Corse afin d'étudier et mettre au point cet accord avec les responsables corses.
14 Mai: Cunsulta Generale di U Viscuvatu: Cette assemblée, convoquée au couvent de San Francescu par PASQUALE PAOLI, dénonce sur un ton violent les manœuvres de Gênes (corrompre des officiers corses et en faire des mercenaires à son service). Elle est perturbée par les officiers corses anti-Naziunali, les Sediziosi. Les séances de la Cunsulta sont remises à plus tard, et la chasse aux Sediziosi commence. GHJACUMU DANTE GRIMALDI est arrêté à Palasca, et ramené chez ses amis génois à Bastia, LIMPERANI est pris en Casinca et est emprisonné dans la tour de Furiani.
Proclamation de la Guerre de Courses contre les bâtiments génois.
18 Mai: Arrivée à Bastia des six sénateurs, Senatori Pacificatori della Corsica ( DOMENICO PALLAVICINI, GIAMBATTISTA SPINOLA, GIANFRANCO PALLAVICINI, MARCELLO DURAZZI, GIROLAMO CURLO et FELICE BALBI). Ils sont reçus par toute la fine fleur des officiers corses au service de Gênes (bannis ou exilés par les Naziunali) favorables aux de Matra, et ennemis de PASQUALE PAOLI. Parmi eux, les colonels DON FILIPPU GRIMALDI, de Moriani, leur chef, GHJUVANNI LURENZU de PETRICONI, VINCENTE FILIPPU de CARAFFA , SIMONE BRANDU PANZANI, le lieutenant colonel CARLU COTTONI, les majors ORAZIU di QUENZA et GUERRINI, les capitaines GHJACUMU DANTE GRIMALDI, (fils deDON FILIPPU) de Caccia, et LIMPERANI, de Casinca, le colonel GHJACUMU MARTINETTI, le Bastiais UGU PARTENOPEO, ANGHJULUCCIU COLOMBANI, SAVERIU PAGANELLI et ANTONUCCIU de MATRA. Une lecture solennelle de l'édit du doge, datée du 9 Mai, est donnée à l'assemblée.
24 Mai: Reprise de la Cunsulta di U Viscuvatu: Réponse des Corses au Manifeste génois de Conciliation: La Nazione ne donnera aucune suite aux propositions des Génois tant que ces derniers ne reconnaîtront pas sa liberté et l'indépendance de son gouvernement, et tant qu'ils ne céderont pas les places qu'ils tiennent encore dans l'Ile. Une fois ces conditions préalables acceptées et réalisées, la Nazione indemnisera d'une façon équitable et juste l'honneur et les intérêts de la République de Gênes. Cette résolution solennelle, approuvée, signée et jurée par tous les chefs et les représentants de la Nazione, ouvre la voie de l'Indépendance. D'autres décisions très importantes sont prises à cette Cunsulta di U Viscuvatu: Levée d'une contribution extraordinaire pour la guerre, Corti est déclarée Capitale de la Corse et siège du Guvernu Supreme (Article III), frappe de monnaie d'argent et de cuivre aux armes du Royaume (Article IV), établissement du papier timbré, adresse d'un Mémoire aux Souverains d'Europe, répression contre les suspects de sédition accentuée, ordre d'abattreGHJACUMU MARTINETTI, mesures contre le traître DON FILIPPU GRIMALDI, dont l'effigie de Traître et Félon, est publiquement pendue et brûlée…
L'abbé FRANCESCU ACQUAVIVA, de l'Acquale di Niolu, docteur de l'université de Padoue, est chargé de trouver en Europe des spécialistes de la frappe de la monnaie. Il ramènera sur l'Ile un orfèvre bavarois, WOLFGANG OBER, un horloger autrichien, ROBERT CLU, et un horloger suisse, LOUIS JACQUES DESCOMBES. Un maître monnayeur romain, PIETRO ORTOSANI, assisté d'un contremaître, de six ouvriers et de quatre aides travaillent à la fabrication de la monnaie.
Juin: PASQUALE PAOLI est à Corti, avec DUMENICU ARRIGHI, CARLU GRIMALDI d'ESDRA et AGOSTINU COTTONI, membres du Guvernu Supreme.
8 Juin: Affrontements entre GHJACUMU PETRU ABBATUCCI et son beau-frère LILLU PERETTI, du Parti Déclaré pour la République. Il y a plusieurs morts et blessés.
17 Juillet: PASQUALE PAOLI et les chefs de régions entreprennent une tournée dans le Diquà.
La tour de San Pellegrinu, que les Génois ont abandonné et fait sauter, est occupée par les Naziunali.
25 Juillet: PASQUALE PAOLI, escorté de 300 hommes, va au secours de Furiani, que les Génois ont de nouveau attaqué.
29 Juillet: Arrivée à Bastia du nouveau commissaire général GIOVANNI BATTISTA SAULI. Il succède à DOMENICO INVREA.
Les six Senatori Pacificatori della Corsica et leurs alliés corses, rentrent à Gênes, ayant échoué dans leur tentative de division des Corses.
Août: PASQUALE PAOLI, avec le soutien des frères TERAMU et GHJUSEPPE MARIA TERAMI, est dans le Capicorsu, où les Génois tiennent encore Ruglianu et Macinaghju. Il cherche à s'en emparer, et chasser ainsi les Génois de la région.
17 Août: Avec 2000 hommes PASQUALE PAOLI attaque Ruglianu. La tour, défendue par un sergent et huit hommes, capitule. Le village résiste.
20 Août: PASQUALE PAOLI assiège alors Macinaghju. Mais la position, tenue par 200 soldats, est bien défendue, et les Naziunali échouent dans leur tentative.
Septembre et Octobre: ANTONUCCIU de MATRA (voir 1757), cousin des deux frères MARIU EMMANUELLE et FRANCESCU ALERIU, attaque les Naziunali à Aleria. A Appietu, OTTAVIU COLONNA d'ISTRIA et GHJUVANNI BATTISTA PIANELLI se déclarent pour ANTONUCCIU de MATRA. Dans le Dilà, ANTONIU COLONNA di BOZZI, qui prend ouvertement le parti de la France entre en dissidence avec PASQUALE PAOLI. Toutes ces rébellions sont maîtrisées.
21 Septembre: Macinaghju résiste toujours au siège des Naziunali.
Les partisans de la République de Gênes et lesPaolistes, éphémèrement unis contre ANTONIU COLONNA di BOZZI, marchent sur Ziddarà, où ce dernier s'est réfugié: ceux du Talavu, menés par GHJACUMU PETRU ABBATUCCI, ceux de La Rocca et les seigneurs d'Istria, OTTAVIU COLONNA d'ISTRIA, ceux de l'Ornanu avec GHJUVAN BATTISTA d'ORNANO, dit Bachjolu, SANTU FOLACCI et ses hommes …
ANTONIU COLONNA di BOZZI, malade ou blessé, se retire à Aiacciu. Le médecin ROSSI le soigne jusqu'à sa mort, dans la Casa Frassetu. Il est enterré, clandestinement, dans l'église desCapucins.
30 Octobre: PASQUALE PAOLI répond à GHJUVAN QUILICU de CASABIANCA, qui lui transmet les salutations de FRANCESCU MARIA ORNANO, colonel au Régiment Royal Corse, qu'il préférerait voir tous ces officiers corses se mettre au service de leur Patrie.
Novembre: ANTONUCCIU de MATRA reprend son fort d' Aleria. Il a avec lui GHJACUMU MARTINETTI, du Fiumorbu, GHJACUMU FRANCESCU PIETRI, dit Cannuchjale, de Tavagna, et GHJUSEPPU MARIA FABIANI (voir 1722), de Balagna.
Fondation de L'Isulà (voir 1758) par PASQUALE PAOLI, pour s'opposer à Calvi et Algaiola.
GHJUSEPPU BARBAGGI épouse DIONISIA, la fille de CLEMENTE PAOLI.
PASQUALE PAOLI a pour L'Isulà de vastes projets (voir 1758): joindre par une chaussée la terre à l'îlot, construire un môle, construire des magasins et installer à L'Isulà la résidence du Conseil Provincial de Balagna.



1762:

Janvier: PASQUALE PAOLI poursuit ses efforts: Libération totale du territoire, organisation politico-militaire, économique, sociale et culturelle, reconnaissance de la Corse comme état libre et indépendant par le plus grand nombre de puissances étrangères possible. Il crée une armée nationale, une université, fait battre monnaie aux armes du royaume (Coniati, Ventenne, Soldi et Denari) et fait armer quelques navires battant pour la première fois pavillon corse.
14 Janvier: PASQUALE PAOLI décide la création d'une Ghjunta Militare, composée de six membres, CLEMENTE PAOLI, PETRU AMBROSI, LUIGGI GIAFFERI, INNUCENZIU MARI, COSIMU MARIA CASALTA et le Duttore ANDREUCCI.
26 Février: PASQUALE PAOLI écrit à l'abbé DON GREGORIU SALVINI que le Gouvernement n'a pas la liberté de choisir ses meilleurs serviteurs; il doit s'accommoder des notables en place, avec leurs qualités et leurs défauts…
Mars: PASQUALE PAOLI fait construire la tour de I Fornali, en face de San Fiurenzu.
Les partisans des de Matra, les Matristi, appuyés et aidés par les Génois, gagnent du terrain.
ALERIU FRANCESCU MATRA est en Sardaigne, à Cagliari, armé et payé par les Génois, prêt à réapparaître en Corse.
ANTONUCCIU de MATRA et ses partisans menacent Zuani di Serra. CLEMENTE PAOLI les oblige à battre en retraite. Puis Vivariu et Corti sont menacés.
Naissance, à Ortiporiu, de ANGHJULU PETRU MORONI, futur général de brigade et Baron d'Empire.
Avril: Des officiers génois et des opposants à PASQUALE PAOLI, prisonniers dans la citadelle de Corti, se révoltent et s'emparent des armes des gardiens. GHJACUMU FRANCESCU PIETRI, dit Cannuchjale et GHJUSEPPU MARIA FABIANI, conseillers d'Etat et Matristi, marchent sur la citadelle, et obtiennent la libération des otages et des détenus politiques.
ANTONUCCIU de MATRA est à Pedicorti, il est désormais le maître des pièves de Rogna, Serra, Castellu et Boziu.
9 Mai: PASQUALE PAOLI, qui a entrepris le siège de Macinaghju, confie celui-ci au soin de GHJUSEPPU BARBAGGI et de GHJUVAN CARLU SALICETI. Les Naziunali s'emparent du poste de La Coscia qui domine le port de Macinaghju, dont le commandement est confié à SAVERIU SALICETI. PASQUALE PAOLI s'installe à Ruglianu pour activer les opérations, mais, alerté par les rapides progrès des Matristi, il quitte le Capicorsu pour le Rustinu, puis Altiani.
12 Mai: PASQUALE PAOLI est maître des trois points forts qui dominent Pedicorti, à savoir Lunellu, le fortin de Santa Maria et le couvent. Il attaque alors les Matristi à Pedicorti. Ces derniers sont battus, et se retirent à Aleria. Cette action fait couler beaucoup de sang corse, de part et d'autre. L'un des officiers supérieurs de PASQUALE PAOLI, EDOUARDU CIAVALDINI, frère de GHJUVAN ANDRIA, trouve la mort dans ces combats.
23 au 27 Mai: Cunsulta Generale di Corti: D'importantes décisions y sont prises:
       · Constitution d'une nouvelle Ghjunta di Guerra (voir 1751), composée cette fois de dix à douze membres, sous la présidence de PASQUALE PAOLI;
       · Rejet de tout débat avec Gênes si au préalable la souveraineté de la Corse n'est pas reconnue;
       ·  Dotation des pleins pouvoirs au Generale dans toutes les tractations de paix concernant la Corse (sauf avec Gênes);
       ·  Le portrait des chefs corses morts pour la Patria sera exposé dans la salle du Cunsigliu, à Corti;
       ·  Exemption des taxes pour les héritiers des soldats morts pour la même cause;
       · Ouverture des ports Naziunali et du commerce extérieur corse aux patrons de pêche de Bastia interdits par les Génois;
       · Election de trois membres du Supreme Cunsigliu pour le deuxième semestre de l'année. MARCU AURELIU RAFFAELLI, de Talcini, LUCA OTTAVIU ALESSANDRINI, lieutenant du Capicorsu, et ANTONIU FELICE FERRANDI, de Verde, sont élus.
16 Juin: Edit de la Ghjunta di Guerra (Décision contre les traîtres), publié dans les Ragguagli del Isula di Corsica, confisquant tous les biens immobiliers, mobiliers et tous les moyens de transport des Corses au service de Gênes.
23 Juin: PASQUALE PAOLI écrit au Comte ANTONIU RIVAROLA, lui disant qu'il songe à faire figurer sur les armoiries de la Corse l'image de Santa Divota, patronne de la Corse (voir 1732).
28 Juin: Le commissaire général GIOVANNI BATTISTA SAULI fait renforcer la garnison de San Fiurenzu.
2 Juillet: ALERIU FRANCESCU de MATRA est à Aiacciu, via Nice et Turin, où il a proposé au Roi de Sardaigne sa démission du grade de lieutenant colonel de ses armées. Il vient d'accepter de rentrer au service des Génois.
9 Juillet: PASQUALE PAOLI écrit à l'abbé DON GREGORIU SALVINI, au sujet de l'abbé CARLU ROSTINI : il faut toujours le contraindre à être modéré, il n'a pas toujours les manières qu'il faut, mais c'est lui qui veille le mieux aux intérêts de l'Etat dans les affaires maritimes, il rapporte au Trésor vingt mille lires par an, ce qui n'était jamais arrivé jusqu'ici.
2 Août: ALERIU FRANCESCU de MATRA débarque à Bastia. Il annonce être venu en Corse pour libérer l'Ile de la tyrannie des Naziunali.
5 Août: De Bastia, ALERIU FRANCESCU de MATRA écrit un manifeste à GHJUVAN CARLU SALICETI, ainsi qu'à tous les chefs corses, pour les inciter à abandonner le parti de PASQUALE PAOLI. Aucun ne lui répond.
PASQUALE PAOLI nomme DUMENICU ARRIGHI, de Spiluncatu, commandant de la force armée dans la province de Balagna.
ALERIU FRANCESCU de MATRA débarque sur la plage de La Padulella, s'empare du fort, et occupe la plupart des villages de la Tavagna, sa piève natale.
25 Août: CARLO SPINOLA arrive à Aiacciu. Il remplace, au poste de commissaire du Dilà, FRANCESCO MARIA SPINOLA, rappelé à Gênes.
7 Septembre: A Corti, le Supreme Cunsigliu publie un manifeste, Appel du Suprême Conseil d'Etat justifiant la guerre, de GHJUSEPPU MARIA MASSESI (voir 1760), Gran'Cancillieru, condamnant Gênes et l'action de ALERIU FRANCESCU de MATRA, et conseillant à la République d'abandonner cette guerre.
ALERIU FRANCESCU de MATRA est chassé de Tavagna et de Castellu par PASQUALE PAOLI et LUCA OTTAVIU ALESSANDRINI, GHJUVAN TOMASU ARRIGHI, GHJACUMU FILIPPU GAFFORI et leurs hommes. Il passe, avec les siens, dans le Capicorsu, à Siscu. Les Naziunali de Nonza et du Nebbiu les forcent alors à rembarquer pour Bastia.
27 Septembre: Le capitaine GHJUVAN CARLU SALICETI et ses hommes attaquent Antisanti, piève de Vezzani, où se sont réfugiés les Matristi, et mettent le feu au village.
Octobre: PASQUALE PAOLI, qui est en Casinca, apprend que ANTONUCCIU de MATRA, parti de Bastia, se dirige vers le poste de La Coscia que son commandant SAVERIU SALICETI a promis de lui livrer. Il expédie en hâte sur place GHJUVAN CARLU SALICETI par la voie de Ferringule, et se rend, avec PETRU BOCCHECIAMPE, à Nonza, pour arriver avant ANTONUCCIU de MATRA.
14 Octobre: Le poste de La Coscia est livré par SAVERIU SALICETI à ANTONUCCIU de MATRA. Le siège de Macinaghju devient de plus en plus difficile, et les Naziunali n'en viendront jamais à bout.
24 ou 26 Novembre: Cunsulta Generale di Corti: Cungressu Straordinariu avec la présence de tous les dirigeants nationaux. Les fils et les frères de ceux qui ont versé le sang pour la patrie sont invités. GHJUSEPPU MARIA MASSESI est Gran'Cancillieru. Il y est décidé:
       · La levée de deux régiments de six compagnies (300 hommes chacun, volontaires ou conscrits) fournis par chaque communauté
       ·  La reconduction des membres et de l'autorité de la Ghjunta di Guerra;
       ·  La création, à la tête de chaque piève, d'un poste de Sous-intendant des Finances chargé de recueillir les impôts;
       ·  L'extension du pouvoir des podestats, qui pourront se faire aider par les Capitani di'Armi;
       · L'exécution au plus tôt, de la frappe d'une monnaie nationale (voir 24 Mai 1761) sur laquelle sera gravée la Tête de Maure;
       ·  La création des Armoiries de la Corse (écusson ovale à champ d'argent portant une tête de More dextre, ceinte d'un bandeau en signe de souveraineté et entourée de faisceaux, symboles de la liberté et de la force des états libres, et posée sur un écu moderne soutenu par deux géants marins armés de massues);
       · L'élection des membres renouvelables du Supreme Cunsigliu, qui seront GHJUVAN BATTISTA BUTTAFUOCO, TIBURZIU MURATI, SIMONE GHJUVANNI GIUDICELLI et DUMENICU VINCIGUERRA;
       · La nomination des Presidenti de quatre juridictions (pour Bastia, PAULU LUIGGI VINCIGUERRA, pour Aleria, AGOSTINU COTTONI, suppléant ANGHJULU LUIGGI ASTOLFI, pour Corti, FILIPPU ANTONIU MICHAELLI et pour le Nebbiu, GHJANFALE LIMAROLA);
       · La désignation d'une commission, dirigée par le Duttore FRANCESCU GIANNETTINI, chargée d'étudier les statuts civils de la Corse.
Le Clergé avec 137 représentants sur 1200 moines et prêtres séculiers est surreprésenté par rapport aux simples citoyens (325 députés élus pour une population d'environ 110000 âmes).
La Zecca, l'Hôtel Corse des Monnaies, est installée à Muratu. De ses ateliers sont frappées de nombreuses pièces de Vinti, Dece, Quattru et Duie Soldi et Ottu Denari, de cuivre pur, ou de teneur en argent très réduite.
Cunsulta di Luri: Le Capicorsu, de plus en plus coupé de Bastia, se rallie à PASQUALE PAOLI et accepte de s'organiser à l'image des autres provinces.
9 Décembre: PASQUALE PAOLI écrit au Comte ANTONIU RIVAROLA, général des milices britanniques, pour lui demander son soutient.
13 Décembre: A Rustinu, PASQUALE PAOLI tient un conseil de guerre, au cours duquel il nomme les colonels des deux régiments nouvellement créés: GHJUVAN BATTISTA BUTTAFUOCO (dit Tittu), de U Viscuvatu, et IGNAZIU DUMENICU BALDASSARI, de Furiani, capitaine au Régiment Royal Corse, cavalier de l'Ordre de Saint Louis, ainsi que les officiers de chaque compagnie: GHJUVAN CARLU SALICETI, NICUDEMU PASQUALINI, GHJUVAN CARLU GUIDUCCI, GHJUVAN ANDRIA CIAVALDINI, FRANCESCU PETRIGNANI et AGHJILLIU MURATI.
21 Décembre: Par ordonnance, le Régiment Royal Corse est incorporé dans le Régiment Royal Italien.
27 Décembre: LUCA OTTAVIU ALESSANDRINI, lieutenant du Capicorsu, aidé des notables de la région, dresse l'inventaire de toutes les armes de la province, recense les personnes aptes à les manier, et prend les mesures nécessaires afin que suive l'intendance.
A Centuri, la construction de la première mezza galera (voir 1760) va bon train. 
Le Visiteur Apostolique CESARO CRESCENZIO de ANGELIS, fuyant les Génois, (voir 1759) s'installe dans le couvent de San Francescu di Caccia, à Castifau.
JEAN-JACQUES ROUSSEAU écrit dans son Contrat Social (II;XII) publié en Hollande: Il est encore en Europe un pays capable de législation, c'est l'Isle de Corse. La valeur et la constance, avec laquelle ce brave peuple a su recouvrer et défendre sa liberté, mériteraient bien que quelque homme sage lui apprît à la conserver. J'ai quelque pressentiment qu'un jour cette petite Isle étonnera l'Europe.
A Venise, édition d'une carte anonyme de la Corse.



1763:

Janvier: Le père Servite BONFIGLIU GUELFUCCI est envoyé en Corse par son supérieur, pour visiter les couvents et les religieux de son Ordre. Il s'installe à Corti, et devient l'ami, le confident et le conseiller de PASQUALE PAOLI.
A Campulori, décès de l'imprimeur, Stampatore camerale, DOMENICO ASCIONE, (voir 1760). Il est remplacé par le typographe GHJUVANNI MORELLI (ou MORETTI).
2 Février: Cunsulta Straordinaria di Corti: On rédige un mémoire adressé à toutes les cours souveraines d'Europe, dans lequel sont dénoncés tous les artifices mis en œuvre par lesGénois pour opprimer la Nation Corse. Ce manifeste proclame la formelle et constante détermination des Corses de ne plus jamais se plier sous le joug deGênes. Il est décidé, de plus, d'exploiter les minerais de plomb et d'argent, récemment découverts par GHJUVANNI BATTISTA ARENA dans le Nebbiu. Enfin, dans le but de participer à l'effort de guerre de la Nazione, chaque communauté devra offrir une cloche, qui, fondue, sera transformée en canon de campagne ou en mortier.
10 Février: Traité de Paris: Traité définitif de paix et d'amitié entre Sa Majesté Britannique, le Roi très Chrétien et le Roi d'Espagne. La paix est signée entre l'Angleterre, la France et l'Espagne. Ce traité empêchera l'intervention de l'Angleterre en Corse en 1768.
Décès du Bastiais ROMUALDU MASSEI, l'évêque du Nebbiu.
Mars: Arrivée à Bastia d'un renfort de 500 hommes de troupe, mis sous les ordres de ALERIU FRANCESCU de MATRA et du colonel GHJUSEPPU MARIA BUSTORO. Ces soldats sont aussitôt embarqués pour Aleria. ALERIU FRANCESCU de MATRA y dispose ainsi de près d'un millier d'hommes.
GHJUSEPPU ANTONIU BACIOCCHI (voir 1749) est sous-lieutenant au Régiment Royal Corse.
Avril: Les villages de Zalana, Tallone et d'Ampriani, dans les pièves d'Opinu, et de Serra, ainsi que le couvent de Zuani, situé à trois kilomètres du village, sont occupés par ALERIU FRANCESCU de MATRA et ses hommes.
PASQUALE PAOLI envoie le colonel GHJUVAN BATTISTA BUTTAFUOCO et ses Naziunali dans la plaine d'Aleria afin de couper toute communication entre le fort d'Aleria et ALERIU FRANCESCU de MATRA.
21 Avril: Attaque des Corses contre la tour de Sagone, occupée par les Génois. Après plusieurs jours de résistance, les Génoisse rendent.
Une attaque sur Algaiola menée par des Naziunali commandés par le lieutenant AGOSTINI, dit Capuchja, échoue.
Mai: Des combats entre Naziunali et Matristi ont lieu à Arena, Tocchisi, Chiesa, Castellare
12 Mai: Une tentative des Naziunali contre Tallone échoue.
ALERIU FRANCESCU de MATRA, en désaccord avec le commandant génois, rentre à Bastia. Il laisse Aleria bien pourvue en défense, avec l'ordre de tenir.
23 Mai: PASQUALE PAOLI écrit à l'abbé GREGORIU SALVINI, rappelant la constante attention qu'il apporte à la façon dont les Ghjunte remplissent leur mission.
TERAMU TERAMI et son second GHJORGHJU ROSSI (voir 1760) sont capturés à l'issue d'un rude combat dans la Cala Sevina et conduits dans un port sarde.
5 Juin: Les Génois et leurs alliés Matristi, un millier d'hommes en tout, dont ALERIU FRANCESCU de MATRA quittent Bastia, se portent dans la plaine de San Pancraziu, et assiègent une nouvelle fois Furiani.
21 Juin: Les Génois bombardent le fort de Furiani. PASQUALE PAOLI, parti de Corti, arrive avec des renforts. Il installe des pièces d'artillerie à l'emplacement de l'ancienne église de Sant'Erasmu. Puis, laissant le commandement au colonel IGNAZIU DUMENICU BALDASSARI, il part à Biguglia et dans le Nebbiu chercher du renfort. Les Génois lancent plusieurs attaques sur Furiani, mais ils sont à chaque fois repoussés.
30 Juin: Les Génois prennent un poste avancé sur le col de San Quilicu. Ils y installent deux grosses pièces d'artillerie et bombardent Furiani.
7 Juillet: De retour, PASQUALE PAOLI fait renforcer le poste de Sant'Erasmu, installe d'autres petites redoutes en amont de la place, et attend l'attaque des Génois.
15 Juillet: Le fort de Furiani, constamment bombardé, n'est plus qu'un amas de pierres. Sa tour est presque totalement rasée.
18 Juillet: Les Génois attaquent. 940 hommes, dont 590 Génois, 100 des compagnies franches et 250 Matristi, répartis en trois colonnes, montent à l'assaut de Furiani. La première vers la tranchée de Sant'Erasmu, une autre vers Paternu, et la troisième en amont du col de Sant'Antoniu. A Sant'Erasmu, les Génois ne parviennent pas à passer, et essuient de très importantes pertes. Ils battent en retraite. Les deux autres colonnes rebroussent chemin. Les assaillants comptent 68 morts (63 réguliers dont six officiers, et cinq Corses, dont le capitaine ANGHJULUCCIU COLOMBANI), et 162 blessés. Les Naziunali déplorent pour leur part, trois morts (GHJUVAN ANDRIA CIAVALDINI, GHJUVAN BATTISTA MARENGO et AUGUSTU BONACCORSI) et quelques blessés légers, parmi lesquels les capitaines AGHJILLIU MURATI, GHJUVAN CARLU SALICETI et NICUDEMU PASQUALINI.
19 Juillet: Suspension des combats pour retirer les blessés et les morts, qui à cause de la très forte chaleur, commencent à empuantir l'air. Les Génois retirent leur artillerie. Le siège de Furiani, défendu avec succès par IGNAZIU DUMENICU BALDASSARI, est terminé.
20 Juillet: Après avoir incendié leurs positions, les Génois se retirent à Bastia.
Août: PASQUALE PAOLI est dans le Nebbiu, puis en Balagna où il visite L'Isulà.
Septembre: Entrée en fonction de la Rota civile (voir 1758).
6 Septembre: PASQUALE PAOLI écrit à FRANCESCU MATTEU LIMPERANI, Presidente de la juridiction de Bastia, et neveu de l'historienGHJUVANNI PAULU LIMPERANI, d'Orezza, professeur de médecine à Rome, pour l'inviter à venir avec lui en tournée dans le Dilà.
22 Septembre: PASQUALE PAOLI part pour le Dilà, avec 200 hommes de troupe, et une cinquantaine de jeunes de la région.
30 Septembre: PASQUALE PAOLI est à Vicu.
PASQUALE PAOLI assigne à résidence Monseigneur MASSONI au couvent de Spiluncatu l'obligeant à quitter Calinzana en raison de ses intrigues pro-génoises.
ROCCU FRANCESCU COLONNA de CESARI ROCCA (voir 1760) et ORAZIU di QUENZA, soutiens obstinés de la République de Gênes, se rallient, avec les Pro-Génois du Sud, aux Naziunali.
17 Octobre: A Aiacciu, quelques Naziunali, emmenés par un avocat, GHJUSEPPU MARIA MASSERIA, cousin de SANTU FOLACCI, son fils, GHJUVANNI BARTOLOMEU, ANGHJULU MARIA BONELLI, dit Zampaglinu di Bucugnà, ainsi que deux jeunes ecclésiastiques, le diacre GHJUSEPPU (ou CARLU FELICE) POZZO di BORGO, dit Cavazza, et le sous-diacre LAZZARU MORESCO, dit Guastavinu, tentent de prendre la citadelle. Les soldats génois restent maîtres des lieux, et GHJUSEPPU MARIA MASSERIA, grièvement blessé, mourra sous la torture. Son fils est également tué. De nombreux notables ajacciens étaient dans la confidence de cette action: le notaire ANNIBALE NICCOLU FOLACCI, beau-frère de GHJUSEPPU MARIA MASSERIA, le chanoine IGNAZIU ANTONIU CERVOTTI, CARLU BUONAPARTE, MARCU AURELIU ROSSI, le capitaine NICCOLU BACIOCCHI, Anzianu de la ville, l'abbé PAULU FRANCESCU BENIELLI, le chanoine GERONIMU LEVIE, ingénieur des fortifications d'Aiacciu, et GHJUVAN BATTISTA POZZO di BORGO, dit Viscovacciu, Anzianu suppléant.
PASQUALE PAOLI, pour régler le conflit qui oppose GHJUVAN BATTISTA d'ORNANO, dit Bachjolu, chef du Dilà, conseiller d'état, àGHJACUMU PETRU ABBATUCCI, lieutenant général des quatre pièves deSud, et soupçonné de relations avec FILIPPU MARIA COSTA, qui se disputent la suprématie du Dilà, les fait arrêter tous les deux, et les fait enfermer dans le Palazzu de Corti.
Le fer devient très rare: les Naziunali, revenant d'Aiacciu après l'échec de GHJUSEPPU MARIA MASSERIA n'hésitent pas à démolir les murs de toutes les maisons de campagne qu'ils rencontrent afin de s'emparer des gonds de porte.
16 Novembre: PASQUALE PAOLI est à Fuzzà, où il parraine la fille de PETRU PAULU PAOLI, un ancien partisan de l'ex-commissaire général GIOVANNI GIACOMO GRIMALDI.
20 ou 22 Novembre: Cunsulta Generale di Sarté: Elle se déroule dans le couvent des Franciscains, réunit plus de 220 responsables du Dilà, et est présidée par PASQUALE PAOLI. Il s'agit de mettre au point toute l'organisation politico-militaire de la région. SEBASTIANU SUSINI, PAULU GERONIMU OTTAVIANI, PAULU NATALE PERETTI, et le Duttore GHJUVAN TOMASU SUSINI sont élus à la présidence des magistratures de provinces. FRANCESCU AURELIU ORTOLI est député de la piève de Sarté, DON FRANCESCU PANZANI, élu de la piève de Taddà, PAULU MARIA PAOLI, élu de Balagna, DON CHJARU ANDRIA PERETTI, de Livia, élu de la piève de Carbini, PARTINU PIETRI, élu du Terzieru de Quenza et de Porti Vechju et son port, FRANCESCU CHIARONI, élu de Auddé et Zirubia, et NUNZIU FRANCESCU SUSINI, élu de Serra et Surbeddà. De nombreux membres du Clergé (pievani, rettori, vicarii) sont invités à cette Cunsulta Generale: le piuvanu de Sarté (GHJUVAN COSIMU QUILICHINI), celui de Porti Vechju (NAPOLEONE BALESI), les rettori d'Arbiddali et de Vighjaneddu (FRANCESCU SAVERIU CASALONGA), de Fuzzà (GHJUVANANTONIU TUSOLI), d'Altaghjé (ANTONE MARCU PIETRI), de Quenza (FRANCESCU MARIA de ROCCA SERRA) et de Serra (PETRU PAULU PANZANI). QUILICHINU di BILIA, CARLU SAMPIERU di GROSSA, VINCENTELLU GENTILE (le Presidente de Celavu, Cinarca et Cavru), FRANCESCU SAVERIU COLONNA di LECA et le Cancillieru PETRU-GHJUVANNI TOMASU BOERIO sont également parmi les présents. ROCCU FRANCESCU COLONNA de CESARI ROCCA et ORAZIU di QUENZA, soutiens obstinés de la République, représenteront désormais le gouvernement national. MARCU MARIA CARLI est désigné comme Superintendant des Finances (Supraintendante della Zecca) de Corse.
2 Décembre: PASQUALE PAOLI est de retour à Corti. Son voyage dans le Dilà a connu un très vif succès.
9 Décembre: A Sarté, rencontre entre PASQUALE PAOLI (ou son secrétaire BONFIGLIU GUELFUCCI) et un agent secret envoyé de ETIENNE FRANCOIS, Duc de CHOISEUL (Ministre de la Guerre du Roi de France LOUIS XV), le lieutenant-colonel de dragons, Monsieur de VALCROISSANT. Ils signent ensemble un projet de traité en onze articles, dans lequel le Roi de France promet son aide aux Corses pour chasser les Génois des présides, en échange de la cession d'une place, et d'une alliance offensive et défensive entre les deux nations. Ce projet n'ira pas plus loin.
16 Décembre: Décès à Naples, de GHJACINTU PAOLI, le père de PASQUALE.
26 ou 29 Décembre: Cunsulta Generale di Corti: Après avoir traité des affaires les plus urgentes et les plus importantes de la Nazione, il y est décidé:
       ·  L'élection des membres renouvelables du Supreme Cunsigliu et des magistratures des provinces;
       ·  Les membres élus aux diverses juridictions suprêmes seront désormais renouvelables tous les six mois, les deux cessions étant du 1er Janvier au 30 Juin, et du 1er Juillet au 31 Décembre;
       · La limitation à un seul élu par piève (et non plus par communauté) le nombre des représentants aux Cunsulte. Ces derniers passeront ainsi de plus de 300 à 67;
       ·  Les routes devront être entretenues par les collectivités locales;
       ·  Il devra être créé dans un délai d'un an, à Corti, une Università, où seront enseignés les sciences, les arts et les lettres: In questa Città di Corti debba erigersi una publica Università, dove debbano insegnarsi le belle Lettere, le Scienze ed Arti liberali. Les neuf membres de la Ghjunta responsables de la mise en œuvre de cette décision, sont: l'abbé GREGORIU SALVINI, de Balagna, l'auteur des célèbres Giustificazione (voir 1758), le Duttore FRANCESCU GIANNETTINI, de Corti (voir 1762), le chanoine FRANCESCU CITTADELLA, de Sagone, le piuvanu de Sarté GHJUVAN COSIMU QUILICHINI, les abbés FILIPPU MARIA CUTTOLI, d'Ulmetu, et PETRU CUTTOLI, de Celavu, le Duttore CARLU GRIMALDI d'ESDRA, de Caccia, ANTON BATTISTA RAFFAELLI, de Bastia, et GHJUSEPPU MARIA GIUSEPPI, de Petralba.
29 Décembre: Le Roi d'Angleterre GEORGES III interdit à tout Britannique d'avoir des relations avec la Corse.
PASQUALE PAOLI accepte les services d'un certain Baron de KLEIST qui s'offre à lever une compagnie de 100 hommes et à les discipliner à la Prussienne. Il espère que cette compagnie servira de modèles aux deux régiments corses nouvellement créés (voir 1762).
PASQUALE PAOLI achète à Livourne huit canons de seize, avec les munitions.
GHJULIU MATTEU NATALI sert d'intermédiaire pour un échange de prisonniers suisses au service de Gênes.
A Gênes, décès de ALERIU FRANCESCU de MATRA.
Décès de GHJUSEPPU MARIA BUONAPARTE.
A Aiacciu, naissance de NUNZIU COSTA de BASTELICA, futur chef d'escadron de gendarmerie.
Une société de navigation se constitue en Casinca. Elle achète une gondole et essaie de commercer avec Marseille.
A Bastia, naissance de PAULU AGOSTINU VIALE, futur négociant en soierie et membre du Conseil Municipal de Bastia.
L'Isulà est fortifiée. Les marchands commencent à fréquenter son escale: des Corses (les patrons BARTOLINI et ANTONMATTEI), mais aussi des Grecs (ALESSANDRO TEMETI et GIACOMO CRISTOFARO TUNOLI), des patrons de Porto Ferraio (BETTERINI), d'Oneglia (LANGUASCO, CALZAMIGLIA), des Livournais (TOSI), des Juifs (MODIGLIANI)...
La Zecca, installée à Muratu, frappe de nombreuses pièces de Vinti, Dece et Quattru Soldi de cuivre pur, ou de teneur en argent très réduite.
Nouvelle édition de Memoria apologetica sull'ultima rivoluzione dell'Isola di Corsica, par l'abbé CARLU ROSTINI (voir 1760).



1764:

A Corti, le père LEONARDU GRIMALDI, de Campulori, ex-Provincial, Mineur Observantin, théologien de la Nazione, écrit Ragionamento sacro civile agl'invitti guerrieri Corsi, ouvrage dans lequel il exhorte les combattants à faire leur salut en mourant pour la patrie.
PASQUALE PAOLI visite les installations de L'Isulà. Il insiste pour que les négociants étrangers soient protégés de toutes vexations.
12 Janvier: PASQUALE PAOLI apprend le décès de son père GHJACINTU.
23 Janvier: La tour de Figari tombe aux mains des Naziunali d'Auddé et de Zirubia. Sa garde en est confiée à GREGORIU DESANTI.
La disette sévit en Corse. La garnison génoise de Calvi, faute de vivres, est prête à se rendre. Des navires envoyés par Gênes, et chargés de blé, sauvent la ville. PASQUALE PAOLI ne laisse sortir le blé des magasins de L'Isulà qu'à destination du Capicorsu.
Février: A Centuri, les Naziunali mettent à la mer un gros felouquon, ayant à son bord une cinquantaine d'hommes et douze paires de rames, et armé de seize pierriers d'espingarde et de deux petits canons. La flotte corse est désormais composée d'une mezza galera (voir 1762), commandée par un ancien lieutenant du Régiment Royal Italien, GHJUVAN BATTISTA de PERI, dit Comte de PEREZ, (voir 1760), d'un felouquon, et de deux barques légères d'une vingtaine de rames.
GUISEPPE GORANI, aventurier milanais bien connu par ses courses à travers l'Europe, s'en va à Gênes avec l'intention de relever à son profit le trône de Corse. Après avoir écrit sous un faux nom à PASQUALE PAOLI, qui le prend pour un fou ou pour un agent génois, il fait un voyage en Corse, où il aurait été reçu, à Corti, par PASQUALE PAOLI, qui ne se laisse pas persuader de céder sa place !
Mars: A U Viscuvatu, deuxième rencontre (voir 1763) entre PASQUALE PAOLI et l'envoyé de la Cour de France, Monsieur de VALCROISSANT. Ce dernier propose au Generale le grade de lieutenant colonel, avec le commandement d'une province française, s'il abandonnait la Corse. PASQUALE PAOLI refuse, mais propose au Français un plan dans lequel la Corse, sous la protection de la France, verrait sa liberté garantie en contrepartie d'avantages majeurs accordés de tout temps.
18 Mars: Les travaux de réfection du Castellu di Corti s'accélèrent, car les Naziunaliveulent y transférer l'imprimerie (A Stamperia) et la presse à monnaie (A Zecca), qui sont à Campulori et à Muratu (dans la maison Barbaggi).
26 Mars: Parution du décret fixant l'équivalence des monnaies étrangères avec celles de Corse.
Avril: Les Naziunali de Balagna et de la troupe de Calinzana saccagent les environs de Calvi, et arrivent sous les murs de la ville.
Le pont d'Erbalunga tombe aux mains des Naziunali. Les habitants de Brandu et ceux de la tour et du village d'Erbalunga se rendent.
9 Avril: Les Génois font sauter la tour de Tizzanu.
La presse à monnaie (A Zecca) et l'imprimerie (A Stamperia) sont installées à Corti. Le directeur de la Stamperia est l'abbé CARLU ROSTINI, ex-aumônier au Royal Corse, et GHJUVANNI MORELLI (voir 1763) et SEBASTIANO FRANCESCO BATINI, un Napolitain, en sont les typographes. Trois courriers sont attachés à la presse, qui fournissent la matière de l'édition, aussi hebdomadaire ou mensuelle que possible (Ragguagli dell'Isola di Corsica (voir 1760) et le Gazzettino, numéro spécial).
27 Avril: PASQUALE PAOLI écrit une lettre circulaire dans laquelle il rappelle qu'il ne peut gouverner ni avec ni sans les notables.
Mai: PASQUALE PAOLI fait libérer les habitants de Brandu et ceux d'Erbalunga.
GHJUVAN BATTISTA d'ORNANO, dit Bachjolu, est libéré (voir 1763) sous promesse d'exil. Il rejoint son fief de Zicavu, où il ne cesse de fomenter des troubles contre PASQUALE PAOLI, en s'alliant au parti français.
Fin prématurée (quatre ans trop tôt) de la période des mémoires écrites par le père BONFIGLIU GUELFUCCI, de Belgudé, Memorie per servire alla Storia delle Rivoluzioni di Corsica dal 1729 al 1764 (voir 1763).
A Corti, publication de la troisième édition de la Giustificazione della Rivoluzione di Corsica combattuda dalle riflessioni di un Genovese e difesa dalle osservazioni di un Corso, de l'abbé GREGORIU SALVINI (voir 1760), imprimé à Corti par SEBASTIANO FRANCESCO BATINI. Cette édition contient, outre l'œuvre de l'abbé GREGORIU SALVINI, Riflessioni di un Genovese, de PIER MARIA GIUSTINIANI, évêque de Vintimiglia (voir 1760) et Osservazioni di un Corso. C'est celle qui est ornée de la carte de la Corse (anonyme) choisie par PASQUALE PAOLI. De plus, elle contient en annexe Lettera di un Corso abitante in Corsica ad un altro dimorante in Venezia, fascicule propagandiste de huit pages attribué au chanoine GHJULIU MATTEU NATALI, d'Oletta, sous le pseudonyme de CURZIO TULLIANO (voir 1736).
Le commissaire général GIOVANNI BATTISTA SAULI fait piller les villages de U Pozzu et de U Porettu. Les églises sont également pillées et leurs butins emmenés dans la Citadella de Bastia.
Les archives corses de la période pisane sont expédiées à la Certosa de Pise.
20 Mai: Décès du colonel GHJUVAN BATTISTA BUTTAFUOCO, tué accidentellement, au cours d'un exercice, par un de ses soldats.
22 au 31 Mai: Cunsulta Generale di Corti: Elle se tient dans l'église San Marcellu. 36 décisions sont adoptées, parmi lesquelles:
       ·  Des précisions sur le fonctionnement des Cunsulte Generali, sur la succession du Generale en cas de décès, sur les pouvoirs des représentants du peuple, le quorum que doivent réunir les propositions faites par les Cunsulte pour avoir force de loi;
       ·  La réglementation (tarifs et conditions d'accès) de l'exercice des professions notariales et médicales;
       ·  L'uniformisation des unités de poids et de mesures;
       ·  La création de postes de commissaires à la culture;
       ·  La plantation obligatoire d'arbres et de légumes;
       ·  Le commerce est surveillé dans ses prix et dans la qualité des marchandises;
       ·  L'interdiction de laisser des matières inflammables près des maisons;
       ·  L'interdiction de polluer les eaux;
       ·  L'élection de neuf membres (au lieu de 18, voir 1758) du Supreme Cunsigliu, six pour le Diquà (Capicorsu, Nebbiu, Casinca, Aleria, Corti et Balagna) et trois pour le Dilà (Vicu, Cavru et La Rocca);
       ·  La future Università di Corti;
       ·  Des décrets punissant les Sediziosi ou les Vittoli, tous traîtres à la patrie. Des arrêtés de confiscation de leurs biens devant être exécutés dans les trois mois.
26 Mai: A Aiacciu, naissance de PETRU FRANCESCU CATTANEO, futur officier et chevalier de la Légion d'Honneur.
FRANCESCU de GAFFORI, d'abord peu enclin à suivre PASQUALE PAOLI, finit par adhérer à sa politique.
Projet de Gênes pour conclure un traité d'accommodement avec la Corse. PASQUALE PAOLI y est favorable, à condition que la souveraineté génoise soit de pure forme, et la soumission de la Corse, symbolique. La France est farouchement opposée à ce projet.
A la demande de nombreux délégués à la Cunsulta Generale di Corti, GHJACUMU PETRU ABBATUCCI est libéré à la condition de s'exiler dans les dix jours. Au lieu de s'embarquer, celui-ci se réfugie à Zicavu pour rejoindre sa femme et ses enfants.
Le Baron de KLEIST, quitte la Corse pour Naples, son expérience ayant échouée (voir 1763).
Le commissaire général GIOVANNI BATTISTA SAULI déjoue un projet d'attaque de Bunifaziu.
5 Juin: PASQUALE PAOLI renforce le blocus de San Fiurenzu. Pour cela, il en confie le siège à GHJUSEPPU BARBAGGI qui dispose de soldats et de 36 pièces d'artillerie placées sur la côte et dans les tours de Mortella (avec le canon baptisé San Paulu) et de Vecchjaia (avec le canon San Petru).
13 Juin: Un navire génois arrive dans le golfe de San Fiurenzu pour porter secours aux assiégés. Il ne peut que déposer quelques vivres, car il est attaqué par la flotte corse. Les assiégés, une garnison de 300 hommes, tentent alors une sortie, en vain.
14 Juin: Le Visiteur Apostolique CESARO CRESCENZIO de ANGELIS (voir 1762), s'embarque à Prunete et quitte la Corse.
A Centuri, 36 canons de différents calibres, ainsi qu'une quantité de boulets et de poudre, sont débarqués par un vaisseau hollandais.
Juillet: Arrivée en Corse d'officiers français. Ils sont reçus par le Consul de France à Aiacciu. Ils se disent envoyés par PASQUALE PAOLI lui-même. Leur mission est, semble-t-il, de préparer l'arrivée des Français et de disposer les habitants de l'Ile en leur faveur. PASQUALE PAOLI, informé, dément et affirme qu'il s'agit de propagandistes.
15 Juillet: A A Casabianca, PASQUALE PAOLI écrit: La Liberté et l'Egalité civiles, une certaine égalité aussi entre les fortunes, voilà ce qui, à l'exemple des Hollandais et des Suisses, peut rendre les Corses heureux. Mais la République démocratique suppose des citoyens conscients de leurs devoirs, et malheureusement le progrès des lumières n'a point encore éclairé le peuple corse, qui reste en grande partie une populace.
La tour de La Giraglia tombe aux mains des Naziunali.
Les Génois font sauter la tour de La Padulella.
6 Août: Signature du Second Traité de Compiègne (voir 1756): Convention entre le Roi de France et la République de Gênes, par laquelle, le Roi de France ramène les troupes françaises dans les garnisons corses, pendant quatre ans (jusqu'au 6 Août 1768), pour y garder et défendre quelques-uns unes des places dont la République de Gênes est en possession, et à y contribuer autant qu'il sera possible à une entière pacification: Bastia, Aiacciu, Calvi, Algaiola et San Fiurenzu.
26 au 27 Août: Dans la nuit, véritable combat naval dans le golfe de San Fiurenzu entre navires corses et génois (deux pinques et une felouque chargées de ravitaillement et de munitions) qui tentent de forcer le blocus. Les Génois en sortent vainqueurs, et San Fiurenzu tient toujours.
Le Français CHARLES FRANCOIS DUMOURIEZ, avec FILIPPU MARTINU COSTA et, entre autres, les Fabiani, décide de renverser PASQUALE PAOLI, et d'établir, sous la protection de la France, une République Corse. Il débarque en Corse, à Porti Vechju. Il essaie d'enlever Bunifaziu, échoue et rentre en France.
31 Août: MATTEU de BUTTAFUOCO, capitaine aide major au Royal Corse Italien, chevalier de l'Ordre de Saint Louis, en garnison à Mézières, écrit au philosophe écrivain JEAN-JACQUES ROUSSEAU (voir 1762), alors réfugié à Neufchâtel, en Suisse, pour lui demander de tracer pour la Corse, un plan de système politique, une institution politique.
Sur les 24 hommes qui composent la garde personnelle de PASQUALE PAOLI, 14 sont des étrangers (non Corses), la plupart mercenaires prussiens.
8 Septembre: PASQUALE PAOLI écrit au Comte ANTONIU RIVAROLA que nous ne pouvons pas prendre San Fiurenzu parce que la place peut être secourue de nuit.
14 Septembre: Le commissaire général GIOVANNI BATTISTA SAULI quitte la Corse.
Le nouveau commissaire général génois en Corse est AGOSTINO SPERONE.
22 Septembre: Réponse de JEAN-JACQUES ROUSSEAU à MATTEU de BUTTAFUOCO. Il accepte la proposition de ce dernier.
FILIPPU MARIA COSTA, membre du Parti Français, mis en résidence surveillée à Spiluncatu, est incarcéré sur la preuve d'un billet écrit de sa main qui ne laisse aucun doute sur ses menées.
3 Octobre: Deuxième lettre de MATTEU de BUTTAFUOCO à JEAN-JACQUES ROUSSEAU. Il invite le philosophe français à venir travailler en Corse aux institutions politiques de l'Ile.
15 Octobre: JEAN-JACQUES ROUSSEAU, pour raison de santé, ne pouvant se déplacer en Corse, MATTEU de BUTTAFUOCO lui fait parvenir, dans un troisième courrier, divers livres, dont Historia di Corsica, de FILIPPINI (voir 1594), Giustificazione, de DON GREGORIU SALVINI, des documents, informations, textes, cartes, et deux mémoires.
23, 24 et 25 Octobre: Cunsulta Straordinaria (ou Particulare Cungressu) di Corti: Décision des Principaux Chefs du Royaume: Le bruit de plus en plus persistant, que les troupes du Roi de France sont en route pour la Corse, devenant certitude, il est temps de prendre les mesures les plus opportunes. Il est décidé, par tous les Capi Principali, que les soldats français ne pourront circuler hors de leurs quartiers que s'ils ont un laissez-passer accordé par le Supreme Cunsigliu. Toute proposition de paix avec Gênes sera repoussée si elle ne tient pas compte des conditions décidées par la Cunsulta du 24 Mai 1761. Il sera fait état au Roi de France de la désapprobation et de l'affront ressentis par les Corses à l'arrivée des troupes françaises, alors qu'ils sont sur le point de se libérer des Génois.
Mauvaises récoltes de céréales et de châtaignes.
Un Bacinu (13 litres) de châtaignes vaut 20 sous, celui de blé, 24, la Quarta (10 litres) d'huile, 18, une journée de travail d'un laboureur ou d'un artisan vaut 20 sous, celle d'un moissonneur, 24. Un mouton coûte 4 Ventenne, un âne, 22, une vache, 25, un mulet, 75, un bœuf de labour, 80, et un cheval, 100 à 140 lires. Un perdreau vaut 4 sous, un merle, 2, une livre de viande de bœuf, 2, un kilogramme de poisson, 2.
18 Novembre: Décès de IGNAZIU DUMENICU BALDASSARI, capitaine au Royal Corse, cavalier de l'Ordre de Saint Louis, colonel d'un des deux régiments corses (voir 1762), des suites de fièvres malignes. PASQUALE PAOLI prononce, avec émotion, son éloge funèbre: Dès que je lui ai demandé de s'enrôler pour la défense de la liberté commune, il n'hésita pas un instant à abandonner le service français, tenant pour rien les grandes chances d'avancement qu'il avait, en regard du mérite de travailler à la liberté de la Patrie.
25 Novembre: Un édit de PASQUALE PAOLI instaure officiellement une Università placée sous le patronage de Saint Grégoire le Grand (Ragguagli dell'Isola di Corsica n°XI). Il annonce lui-même la nomination des professeurs choisis pour enseigner a l'Università di Corti: En Théologie et Histoire Ecclésiastique, le père BONFIGLIU GUELFUCCI, de Belgudé, de l'Ordre des Servites de Marie, théologien de la Nazione; en Morale, le père ANGHJULU STEFANI, de Venacu, ex-Provincial des Mineurs Capucins; en Institutions Civiles, Canoniques et Ethiques, le père FRANCESCU ANTONIU MARIANI, de Curbara, dit U Rossu, ex-Provincial, Mineur Observantin, Docteur de Salamanque, professeur à l'Université d'Alcala et membre de l'Académie des Conciles, qui sera le Recteur de l'Università di Corti, en Philosophie et Mathématiques, le père LEONARDU GRIMALDI, de Campulori, ex-Provincial, Mineur Observantin, théologien de la Nazione, et auteur de Ragionamento sacro civile agl'invitti guerrieri Corsi; en Rhétorique, le père GHJUVAN BATTISTA FERDINANDI, de Brandu, Capucin et en Physique, le père VINCENTI, de Santa Lucia di U Boziu. Les pères GHJUSEPPU MARIA MORAZZANI, de Ruglianu, et GIANNETINI, de Corti, font égalements partis des enseignants.
JOSEPH DUPUY, le valet de chambre français de PASQUALE PAOLI (voir 1759, devient gardien des prisons du Palazzu et est remplacé par un Corse, VINCENTE VINCENTI.
Les Génois déjouent un projet d'attaque de Bastia.
Décembre: GHJACUMU PETRU ABBATUCCI se rebelle. Il emprisonne les membres de la Ghjunta di Guerra au couvent d'Istria.
8 Décembre: A Aiacciu, arrivée à bord d'une frégate, du premier contingent de troupes françaises, sous le commandement de de la TOUR du PIN. Ce dernier reçoit la visite de GHJACUMU PETRU ABBATUCCI. Les Génois cèdent la ville aux Français, ne gardant sur place que leur commissaire.
10 Décembre: Sept bataillons français débarquent à San Fiurenzu, sous le commandement du maréchal de camp LOUIS CHARLES RENE, Comte de MARBEUF. Dès son arrivée, ce dernier écrit à PASQUALE PAOLI pour l'informer qu'il a décidé, selon ses ordres, de prendre possession de San Fiurenzu.
Le Duc de CHOISEUL, pour calmer PASQUALE PAOLI lui dépêche CESARE MATTEU de PETRICONI, le fils de GHJUVANNI LURENZU, porteur de bonnes paroles. PASQUALE PAOLI reçoit ce dernier froidement. Officiellement, il fera bon visage au Comte de MARBEUF et à ses officiers, à condition que ceux-ci ne se mêlent pas des affaires de la Nazione.
17 Décembre: Un officier français apporte aux Naziunali GHJUSEPPU BARBAGGI et PETRU BOCCHECIAMPE, les responsables du blocus de San Fiurenzu, la lettre du Comte de MARBEUF.
28 Décembre: De Calvi, le Comte de MARBEUF s'embarque pour Bastia.
A Spiluncatu, le chanoine DON PETRU ABRAINI, fait graver les armes de sa famille sur une plaque de marbre apposée dans le cimetière, à la mémoire de son père JACOBUS de ABRAINIS.
SIMONE GHJUVANNI LICCIA est représentant de la communauté de Santa Riparata di Balagna auprès de PASQUALE PAOLI.
GHJUVANNI QUILICI, de Spiluncatu, est nommé au commandement de la troupe pour protéger le gouvernement de Balagna.
A Rome, publication de Componimenti sacri, scritturali et poetici, en deux volumes, neuf drames bibliques et des poèmes sacrés de ROMUALDU MASSEI, ancien évêque du Nebbiu.
A Corti, La Zecca, l'Hôtel corse des monnaies, frappe de nombreuses pièces de Vinti, Dece, Quattru et Duie Soldi de cuivre pur, ou de teneur en argent très réduite.
Mariage entre LITIZIA RAMOLINO et CARLU BUONAPARTE.
Les archives des Chartreux sont transférées depuis Bastia jusqu'à Calci, près de Pise.
GEORGES ROUX, dit Le Corse (voir 1744), est à nouveau Echevin de Marseille. Il est l'un des plus fastueux bourgeois de la ville.
Edition d'une carte de la Corse par JACQUES NICOLAS BELLINI (voir 1749).



1765:

3 Janvier: Inauguration de l'Università di Corti. C'est le Clergé qui en assure, essentiellement, le financement et la charge: traitement des professeurs, tous membres de Clergé régulier, et bourses des élèves nécessiteux. La vingtaine d'élèves et leurs professeurs sont logés, pour la plupart, au Palazzu Naziunale. Les cours, gratuits, ont lieu à la Casa Rossi (ou Palazzu Rossi). Séance solennelle, en l'église San Marcellu au cours de laquelle le recteur, le père FRANCESCU ANTONIU MARIANI, fait un discours très éloquent en latin.
5 Janvier: De Corti, PASQUALE PAOLI adresse un manifeste au Duc de CHOISEUL (Memoria presentata dal Generale Paoli al Ministero di Francia) dans lequel, entre autre, il fait part de sa surprise de devoir lever le siège de San Fiurenzu. Mais, eu égard au respect qu'il a pour le Roi de France, il abandonne le siège de San Fiurenzu et laisse la place aux Français.
7 Janvier: Début officiel des cours à l'Università di Corti.
12 Janvier: Retardé par le mauvais temps, le Comte de MARBEUF est à Bastia, où il s'installe au couvent des Missionnaires, ancien Guvernamentu. Les Génois cèdent la ville et la Citadella aux Français, et s'installent à San Roccu, en attendant les ordres d'embarquement pour Gênes.
Macinaghju, abandonné par les Génois qui en ont démantelé les défenses, est occupé par les Naziunali.
18 Janvier: De Bastia, Monsieur de la VARENNE, officier français en service en Corse, écrit à son ami le général Le COURTPOIS de SURLAVILLE: Il faudra qu'il se fasse de grands changements dans les esprits si jamais les Génois rentrent paisibles dans l'Isle, il faut le voir pour le croire à quel point ils sont méprisés et haïs, et au vrai je crois qu'on ne leur fait pas injustice.
22 Janvier: PASQUALE PAOLI est dans l'Ornanu. L'hostilité manifestée par GHJACUMU PETRU ABBATUCCI le décide à envoyer sur Zicavu un important détachement de troupes.
L'Atelier de la Monnaie (A Zecca) de Corti frappe de nombreuses pièces de Quattru Soldi et Vinti Soldi, de cuivre pur, ou de teneur en argent très réduite.
Monsieur De la CHAPELLE, médecin des troupes françaises en Corse, effectue une analyse des eaux d'Orezza, à Bastia, et leur trouve une propriété merveilleuse de nature à guérir nombre d'infirmités. Il en conseille d'ailleurs l'usage à Pasquale Paoli.
Février: A Aiacciu, incidents entre les hommes de de LA TOUR du PIN et les Naziunali.
2 Février: PASQUALE PAOLI écrit au Duc de CHOISEUL pour lui rappeler le traité signé avec Monsieur de VALCROISSANT en 1763. Le Duc de CHOISEUL lui répond que l'on a lieu de croire que le sieur de Valcroissant ne s'est pas acquitté exactement de sa mission ( !).
12 Février: Début d'un échange assidu de lettres entre PASQUALE PAOLI et le Duc de CHOISEUL, celui-ci informant le Generale qu'à l'occasion d'incidents entre Corses et Français, ces derniers feront respecter, au besoin par la force, les armes du Roi.
26 Février: De Bastia, quatrième lettre (voir 1764) de MATTEU de BUTTAFUOCO à JEAN-JACQUES ROUSSEAU, dans laquelle le premier s'inquiète de l'avancement des travaux du philosophe.
L'Isulà devient un bourg respectable, grâce à la bonne disposition de son port favorable à la pêche, aux échanges, au commerce de l'huile et aux magasins que les Balanini de Munticellu, de Santa Riparata ou d'ailleurs y ont installés.
Mars: Entrevue entre PASQUALE PAOLI et le Comte de MARBEUF.
10 Mars: De Livia, UGU FRANCESCU PERETTI (voir 1747), fils de ANTONIU PADUVANU, écrit à celui-ci, alors à Bunifaziu, qu'il a des nouvelles des prisonniers de Corti, LILLU PERETTI, GHJUVANNI BATTISTA PIANELLI et GHJABICORSU PERETTI, tous emprisonnés au Palazzu Naziunale.
12 Mars: Réponse de PASQUALE PAOLI au Duc de CHOISEUL: Aucune négociation ne saurait être possible avec Gênes sans la reconnaissance de la partde cette dernière de la liberté et de l'indépendance de la Corse. Plaise au Roi de faire accepter cette condition aux Génois. De plus, il propose au Roi de France de nommer MATTEU de BUTTAFUOCO colonel du régiment français, le Régiment Royal Corse, qui va être remis sur pied (voir 1762).
De Bastia, Monsieur de la VARENNE, officier français en service en Corse, écrit à son ami le général Le COURTPOIS de SURLAVILLE: Nos affaires ici vont prendre une bonne tournure, tout est réglé avec Paoli pour l'ouverture du commerce de l'intérieur, mais avec les Français seulement. Les Corses ne voulant pas encore admettre les habitants des villes, le marché se tiendra à une lieu de la ville. La liberté de circulation étant établie, il sera libre d'aller se promener à l'intérieur de l'Isle.
18 Mars: PASQUALE PAOLI accepte que les troupes françaises s'approvisionnent en vivres frais sur les marchés corses.
22 Mars: GHJACUMU PETRU ABBATUCCI, qui a quitté la Corse, arrive à Livourne.
24 Mars: Réponse de JEAN-JACQUES ROUSSEAU à MATTEU de BUTTAFUOCO. Pour des raisons de santé, le philosophe renonce à rédiger une constitution pour la Corse. Il écrit tout de même son Projet de Constitution pour la Corse, qui est aux antipodes de celui de PASQUALE PAOLI. Il propose également de pouvoir louer en Corse une petite maison pour y finir ses jours en paix.
3 Avril: GHJACUMU PETRU ABBATUCCI arrive à Venise.
11 Avril: Cinquième lettre de MATTEU de BUTTAFUOCO à JEAN-JACQUES ROUSSEAU, lui proposant de se retirer sur l'Ile.
13 Avril: Le Comte de MARBEUF part de Bastia pour aller à San Fiurenzu. En cours de route il rencontre PASQUALE PAOLI qui se rend à Furiani.
16 Avril: Le Comte de MARBEUF écrit au Duc de CHOISEUL pour lui raconter sa rencontre avec PASQUALE PAOLI, et les impressions qu'il en a retiré.
30 Avril: Le Comte de MARBEUF écrit au Duc de CHOISEUL: Les officiers français regardent les Corses comme un amas de paysans qui devraient trembler et s'humilier lorsqu'ils ont l'honneur de leur parler
1er Mai: De Patrimoniu, PASQUALE PAOLI écrit au Comte ANTONIU RIVAROLA, concernant son état de santé.
20 au 26 Mai: Cunsulta Generale di Corti: Elle se tient dans l'église San Marcellu et est présidée par PASQUALE PAOLI. Celui-ci fait part de son attitude envers les troupes françaises. PETRU PAULU de ROCCA SERRA, de Sarté, est élu Président de l'Assemblée et GREGORIU SALVINI, Oratore. On élit également des Députés des Provinces. On délibère sur des questions diverses relatives aux relations avec la France: commerce, création de marchés près des villes occupées par les Français, promotion de l'agriculture, de la navigation et du commerce, costume (noir) des magistrats, durée des mandats, publication de la liste des Cunsiglieri pour l'année suivante, expulsions, rétroactivité pour certaines décisions, publicité des actes civils, soutien des jeunes pour les emplois d'état…
21 Mai: Le Duc de CHOISEUL écrit à PASQUALE PAOLI pour le rassurer sur les intentions françaises. Il lui propose également d'entrer au service du Roi de France, lui offrant même le grade de colonel du Régiment Royal Corse.
26 Mai: Réponse (et dernière lettre) de JEAN-JACQUES ROUSSEAU à MATTEU de BUTTAFUOCO. Il ne viendra pas en Corse.
12 Juin: FRANCOIS MARIE AROUET, dit VOLTAIRE, admirateur des Corses écrit: Jean-Jacques Rousseau va devenir le Législateur des Corses; j'aime mieux qu'il soit le leur que le mien.
17 Juin: Réponse de PASQUALE PAOLI au Duc de CHOISEUL, dans laquelle, entre autre, il refuse les propositions de ce dernier concernant le Régiment Royal Corse, pour lequel il propose MATTEU de BUTTAFUOCO. Il rend compte de la Cunsulta Generale di Corti et rappelle les volontés des Corses, à savoir l'élimination des Génois de l'Ile et leur indemnisation.
30 Juin: L'Università di Corti est en congé régulier.
DALMAZZO FRANCESCO VASCO, idéologue et aventurier originaire de Mondovi, dans le Piémont, décide de se faire Roi de Corse, avec ou sans l'agrément de PASQUALE PAOLI. Il expédie à ce dernier un émissaire muni de son portrait et d'une constitution. Econduit, il forme un complot avec des Corses mécontents et l'accord tacite de l'Angleterre et de la Cour de Turin. Il est arrêté par les Turinois, peu désireux d'un incident diplomatique avec Gênes.
Juillet: Les récoltes en fruits, légumes et céréales sont très mauvaises.
6 Juillet: L'Etat récupère le monopole de la fabrication, du stockage et de la vente du sel, en mettant en adjudication le droit d'exploitation des salines. On crée des greniers à sel: 4 dans le Diquà ( Capicorsu, Nebbiu, Balagna et Terra di U Cumunu) et 2 dans le Dilà ( Pruprià et Cinarca). Trois qualités de sel sont définies: Bonu, Purgatu et Nettu. Le prix est fixé entre 5 et 10 Ventenne le Bacinu de 8 à 10 litres.
Nouvel impôt sur les pêches d'étang: un cinquième de leur produit pour les exploitants de Biguglia et d'Urbinu.
De Bastia, Monsieur de la VARENNE, officier français en service en Corse, écrit à son ami le général Le COURTPOIS de SURLAVILLE: Notre général, le Comte de Marbeuf, fût dîner mercredy dernier à Patrimonio, chez Paoli. Lenchères et moy l'accompagnâmes. J'en revins enchanté de sa conversation, de sa gayeté, et de la sérénité de son âme, on ne le dirait pas plus occupé d'affaires, que s'il était particulier dans sa nation.
9 Juillet: Le Comte de MARBEUF écrit au Duc de CHOISEUL une lettre élogieuse pour MATTEU de BUTTAFUOCO.
19 Juillet: A Orezza, PASQUALE PAOLI reçoit l'abbé Di TIENNE, vicaire général du nouveau visiteur apostolique TOMASO STRUZZIERI.
29 Août: A Suveria, naissance de GHJUVAN BATTISTA CERVONI, fils de TOMASU (voir 1757), futur général d'empire.
Septembre: PASQUALE PAOLI est dans le Dilà en tournée d'inspection, il s'attarde notamment à Vicu.
15 Septembre: Par ordonnance, le Régiment Royal Corse est rétabli (voir 1739). Son nouveau drapeau est jaune et bleu céleste, la croix avec fleurs de lys d'or et au centre une tête de nègre ceinte d'un bandeau blanc.
27 Septembre: De Bastia, Monsieur de la VARENNE, officier français en service en Corse, écrit à son ami le général Le COURTPOIS de SURLAVILLE: Notre général, le Comte de Marbeuf, est reçu et traité par tout avec la plus grande distinction, et la plus grande marque de confiance de la part des Corses. Paoli avait envoyé à Ajaccio dès la veille de notre départ, une vingtaine de paysans armés que l'on appelle soldats, commandés par un chef avec titre de lieutenant pour nous servir d'escorte contre les bandits.
Octobre: En se rendant à Cavru, PASQUALE PAOLI reçoit un accueil triomphal en traversant Aiacciu. Le commissaire génois de la ville CARLO SPINOLA, alité et soigné par le docteur PETRU CUNEO, mesure la notoriété du Generale.
A Morsiglia, mort de GHJACUMU GIACOMINI de'PORRATA, paoliste farouche, qui a fait fortune au Pérou.
12 Octobre: JAMES BOSWELL, voyageur et reporter écossais, parti de Livourne sur le Padrone Livornese, débarque à Centuri, avec une lettre de recommandation de JEAN-JACQUES ROUSSEAU. Il désire rencontrer PASQUALE PAOLI.
13 Octobre: JAMES BOSWELL est à Pinu, puis se rend à Corti, en passant par Canari, où il séjourne au couvent, Patrimoniu, chez le magistrat en chef, Oletta, chez NICULAU RIVAROLA, le frère du consul de Livourne, Muratu, chez GHJUSEPPU BARBAGGI
17 Octobre: JAMES BOSWELL est à Corti. Il y rencontre GHJUSEPPU MARIA MASSESI, le Gran'Cancillieru. De là il doit rejoindre Suddacaro, où se trouve PASQUALE PAOLI, en traversant Vizzavona, Bucugnà, Bastèrga, où il séjourne au couvent des Observants, Santa Maria d'Ornanu
22 Octobre: JAMES BOSWELL est à Suddacaro, où il rencontre PASQUALE PAOLI. Il loge dans la maison d'OTTAVIU COLONNA d'ISTRIA.
29 Octobre: JAMES BOSWELL est obligé de quitter Suddacaro, victime d'un violent accès de paludisme.
31 Octobre: JAMES BOSWELL est de retour à Corti, où il est soigné par deux médecins.
Le Génois GIAN BATTISTA ALBORA est le nouveau commissaire d'Aiacciu. Il remplace CARLO SPINOLA, malade.
Une épidémie de variole tue, dans le Sud (Ulmetu, Fuzzà, Taddà, Livia, Quenza, dans la province de La Rocca), plus des deux tiers des enfants atteints par le mal (327 enfants de 1300 feux environ en meurent). Cette maladie se répend aussi à Sartè et y fait disparaître en peu de temps 36 enfants. Un médecin grec d'Aiacciu, GHJUVANNI STEPHANOPOLI, originaire de Paomia, pratique, à Sarté, la variolisation, sorte de vaccination contre la variole. Il n'essuie qu'un seul échec sur les 95 enfants traités.
4 Novembre: PASQUALE PAOLI quitte Suddacaro, où il a mis sur pied une Ghjunta di Esecuzione, juridiction chargée, entre autre, de l'application des sentences et du recouvrement des impôts.
10 Novembre: Réouverture de l'Università di Corti, avec trois nouveaux agrégés.
JAMES BOSWELL arrive à Bastia, après être passé par Cavru, Cuttuli, Corti, Merusaglia et U Viscuvatu, où il est reçu quelques jours par MATTEU de BUTTAFUOCO, qui l'accompagne jusqu'à Bastia.
A Bastia, JAMES BOSWELL rencontre le Comte de MARBEUF dans sa résidence du Couvent des Missionnaires.
20 Novembre: JAMES BOSWELL quitte la Corse, malade mais ébloui.
28 Novembre: Le Duc de CHOISEUL écrit à MATTEU de BUTTAFUOCO pour lui proposer le poste de Colonel Commandant du Régiment Royal Corse.
6 Décembre: AZicavu, naissance de GHJACUMU PETRU CARLU PASQUALE ABBATUCCI, fils deGHJACUMU PETRU ABBATUCCI. Il sera Consul Général de France à Venise et Inspecteur des bureaux au Ministère de l'Intérieur. Il est baptisé àAiacciu et PASQUALE PAOLI est son parrain.
10 Décembre: Le gouvernement de Balagna, situé à Algaiola, donne l'autorisation d'édifier une fortification, U Scalu, pour protéger le port de Calvi.
23 Décembre: GHJACUMU PETRU ABBATUCCI, secrètement débarqué à Sulinzara, se rend à Corti, où il se constitue prisonnier, et fait acte de repentance envers PASQUALE PAOLI.
A Bucugnà, PASQUALE PAOLI apprend qu'un capitaine réformé génois a tenté de l'assassiner. Ce dernier est découvert, et prend le maquis, où il est tué.
PASQUALE PAOLI est dans le Nebbiu où il tient une Cour Syndicale.
Arrivée, en Corse, du nouveau Visiteur Apostolique TOMASO STRUZZIERI. Evêque de Sardaigne, de l'Ordre des Passionistes, Il remplace CESARO CRESCENZIO de ANGELIS, rentré à Rome (voir 1764).
CARLU MARIA BUONAPARTE est étudiant à l'Università di Corti.
Heurts entre la communauté de Calinzana et celles du Niolu, au sujet des terres de Galeria, qu'elles revendiquent l'une et les autres.
Trois Bonifaciens, FILIPPU CRESCI, PASCIANI et MATARANA décident de livrer Bunifaziu aux Naziunali. FILIPPU CRESCI rencontre OTTAVIU COLONNA d'ISTRIA, président de la Ghjunta, à Aiacciu, pour mettre au point le projet. L'attaque doit avoir lieu par terre et par mer. SANTU FOLACCI, ETIENNE DURAZZO FOZZANI et PETRU PAULU ROCCASERRA se présentent devant les portes de Bunifaziu, avec une troupe nombreuse, tandis que OTTAVIU COLONNA d'ISTRIA et DUMUNICU ANTONIU POMPEANI arrivent par mer après avoir embarqué à Campumoru. Mais les Génois ayant été prévenus, et les soutiens intérieurs prévus ne se manifestant pas, l'expédition se solde par un échec.
L'évêque corse GHJULIU MATTEU NATALI est nommé à l'épiscopat de Tivoli, en Romagne, non loin de Rome.
JACOBU MASSEI, de San Fiurenzu, fils de GHJUSEPPU MARIA (voir 1725), entre au Régiment Royal Corse.
A Calvi, début de la construction de l'église Santa Maria.
Le père BONFIGLIU GUELFUCCI, ami et conseiller de PASQUALE PAOLI, quitte la Corse pour Rome.
A Aregnu, ouverture d'un collège où l'on enseigne la philosophie, la réthorique, les humanités et la grammaire, grâce à un legs du prêtre IGNAZIU LECA.
A Paris, parution d'un ouvrage consacré à la Corse, Mémoires et voyages, du Révérend Père de SINGLANDE, aumônier militaire. Il cite, en parlant des Corses: leurs chaussures répondent au reste de leur habillement ; ce sont d'informes souliers plats, dont le cuir n'est point corroyé et qu'ils garnissent de clous pour se soutenir plus aisément sur le penchant de leurs montagnes et des précipices qu'il leur faut sans cesse parcourir.
Naissance de VINCENTE BIADELLI, futur officier supérieur et littérateur.
A L'Isulà, les magasins, que l'on continue à construire, ne suffisent plus. Le gouvernement demande à TOSI de céder une partie de la surface de ses entrepôts à ANTONMATTEI (voir 1763). Les principales marchandises exportées sont l'huile, les céréales et le sel.
Il y a en Corse 65 couvents de frères mendiants, à savoir 34 d'Observants, 14 de Réformés de l'Ordre de Saint François et 17 de Capucins. On compte également 2 collèges de Jésuites, 2 couvents de Dominicains, 5 de Servites et un de missionnaires.
Le poids de la livre corse est le même que celle de Toscane. La monnaie corse a la même valeur que celle de Toscane. Le salaire d'un artisan ou d'un journalier est d'une livre par jour, plus nourriture et boisson. Si l'artisan est particulièrement habile, il gagne un peu plus. Les moissonneurs ne sont pas payés en argent : chacun d'eux reçoit, outre sa nourriture, un Bacinu de grain qu'il a coupé.



1766:

Janvier: Possibilité de projet d'accord entre la Corse et Gênes, sous garantie du Roi de France.
Les membres des Magistrati de Bastia et Calvi, considérant toujours Gênes comme autorité légale, protestent de leur attachement au Supreme Cunsigliu di U Statu.
Les habitants de Bastia témoignent leur fidélité à PASQUALE PAOLI.
L'affaire des cordonniers d'Aiacciu: Deux cordonniers d'Aiacciu chantent des paroles insultantes pour la République de Gênes. La justice française les condamne. L'un est pendu, l'autre, attaché à un carcan, assiste au supplice de son compagnon.
10 Janvier: PASQUALE PAOLI est dans le Capicorsu où il tient une Cour Syndicale.
20 Janvier: De Bastia, Monsieur de la VARENNE, officier français en service en Corse, écrit à son ami le général Le COURTPOIS de SURLAVILLE: Les affaires de ce pays sont toujours dans le même état. Le partie de Paoli se fortifie des habitants des villes qui tous ont été successivement le reconnaître et lui rendre hommage, à en juger par ce qui se passe, les Génois ont envie d'abandonner la Corse et tout le monde leur en facilite les moyens.
22 Janvier: A Londres, JAMES BOSWELL plaide la cause de la Corse auprès de l'écrivain anglais HORACE WALPOLE.
29 Janvier: Lettre du Comte de MARBEUF au Duc de CHOISEUL concernant son action en Corse.
Création, à Florence, de la Gazetta Patria, qui publiera chaque semaine des reportages sur la Corse.
CARLU BUONAPARTE est l'auteur d'une publication en latin d'exercices mathématiques.
22 Février: A Londres, JAMES BOSWELL, auprès du Premier Ministre anglais WILLIAM PITT,plaide la cause de la Corse: Une grande Nation libre peut en secourir une petite
24 Février: Le Presidente du Magistratu de Sarté écrit au Supreme Cunsigliu pour l'informer que les affaires vont bien, le tribunal ne chôme pas et, chaque jour, remplit les prisons de voleurs.
Mars: Les communautés du Capicorsu font part au Generale de leurs doléances au sujet des impôts nouveaux qui, au mépris de leurs anciens privilèges, les accablent. PASQUALE PAOLI leur répond qu'il les comprend, mais qu'il ne peut faire autrement, vu le peu de ressources de la Nazione.
5 Avril: De Bastia, Monsieur de la VARENNE, écrit au général Le COURTPOIS de SURLAVILLE: Les choses commencent à se gâter relativement à un incident dont je vous parlerai plus loin.
30 Avril: A la demande du Ministre français le Duc de CHOISEUL, le Comte de MARBEUF propose à PASQUALE PAOLI d'étudier un plan de paix avec la République de Gênes. Le Duc de CHOISEUL propose à PASQUALE PAOLI la royauté de la Corse, sous la suzeraineté de Gênes et la garantie de la France, moyennant l'abandon de quelques places.
18 Mai: PASQUALE PAOLI répond au Duc de CHOISEUL, il accepte, mais il y met une condition: Gênes refusera à tout droit sur la Corse, qui doit être considérée comme un état absolu et indépendant. Et il lui adresse un Projet des Corses pour un accommodement avec les Génois, auquel il joint un mémoire.
20 Mai: Cunsulta Generale di Corti: PASQUALE PAOLI fait part du désir des habitants des villes remises aux Français par les Génois (les Présides), d'être considérés comme appartenant à la Nazione. On apporte de nouvelles modifications au mode électoral des Prucuratori: c'est désormais le Pudestà Maggiore, qui avec les Padri di U Cumunu, doit proposer aux voix des électeurs, réduits aux Capi di Famiglia, trois candidats. Plus de suffrage universel, donc. Il y aura ainsi un seul représentant par piève, élu à la majorité des deux tiers. Cette décision est présentée par PASQUALE PAOLI comme un obstacle contre les ambitions des Capipopuli, notables, chefs de clan ou nobles, susceptibles de gêner son action. Il est question, également, de mettre sur pied une armée nationale, où chaque citoyen deviendrait soldat quand il s'agirait de défendre la Patria. On apporte des éclaircissements sur les lois criminelles en créant un véritable code pénal.
JACOBU MASSEI (voir 1765), est sous-lieutenant en garnison en Alsace, au Régiment Royal Corse.
Juin: MARCU MARIA CARLI est reconduit comme Superintendant des Finances (Supraintendante della Zecca) de Corse.
Sur les instances du Duc de CHOISEUL, PASQUALE PAOLI accepte que chaque Général des Corses, après son élection, rende hommage au Sénat de Gênes, qui garderait le titre de Roi de Corse. En contrepartie, toutes les places maritimes doivent revenir à la Nazione.
Le budget de l'Etat est bénéficiaire grâce aux nouveaux impôts, à leur rentrée et à celle des profits de la Zecca, frappée, selon certains, en dessous de sa valeur réelle.
La Zecca, l'Hôtel Corse des Monnaies, frappe de nombreuses pièces de Vinti, Quattru et Duie Soldi de cuivre pur, ou de teneur en argent très réduite. C'est la dernière année d'édition de la pièce de Duie Soldi, deux sous, mal monnayée et mal gravée, des ateliers de la Zecca.
20 Juin: Le contact entre PASQUALE PAOLI et le Duc de CHOISEUL se fera désormais par l'intermédiaire de MATTEU de BUTTAFUOCO.
Juillet: Le Duc de CHOISEUL transmet à la République de Gênes le Projet de la Nation Corse élaboré par PASQUALE PAOLI, à sa demande. Les Génois refusent les propositions des Corses.
PASQUALE PAOLI est à Orezza, où il subit, durant 3 semaines, un traitement aux eaux ferrugineuses de la station thermale.
3 Août: De Livourne, deux anglais FREDERIK AUGUST HARVEY, futur évêque de Cloyne et le révérend ANDREW BURNABY, chapelain de la colonie anglaise de Livourne, accompagnés du comte PATRICE FRANCOIS de NENY, homme d'État des Pays-Bas autrichiens, et de l'abbé corse GIGLI, s'embarquent pour Macinaghju.
7 Août: FREDERIK AUGUST HARVEY, ANDREW BURNABY et l'abbé GIGLI, rencontrent CLEMENTE PAOLI au couvent du Rustinu.
8 au 16 Août: FREDERIK AUGUST HARVEY, ANDREW BURNABY et l'abbé GIGLI, sont à Corti, où ils rencontrent PASQUALE PAOLI. Puis ils rentrent à Centuri pour rembarquer, en passant par Caccia, Belgudé, L'Isulà et Nonza.
29 Septembre: De Compiègne, MATTEU de BUTTAFUOCO adresse deux mémoires au Duc de CHOISEUL. Le premier, relatif à la pacification avec Gênes, réaffirme l'indépendance de la Corse, avec un projet de traité en six articles préliminaires. Le second, relatif aux intérêts réciproques de la France et des Corses en cas d'impossibilité d'accord avec Gênes, souhaite que la France accorde à la Corse, les secours secrets propres à assurer sa délivrance.
Les Génois ne possèdent plus, effectivement, que Bunifaziu. PASQUALE PAOLI estime qu'il est temps d'en pousser les habitants à se soumettre aux Lois de la Nazione.
PASQUALE PAOLI poursuit le développement de L'Isulà.
30 Octobre: A Rome, décès de l'ancien Visiteur Apostolique de la Corse, CESARO CRESCENZIO de ANGELIS.
Décembre: PASQUALE PAOLI est de retour à Corti.
5 Décembre: A Bastia, naissance de GHJUVAN BATTISTA FRANCESCHI, futur général de division et Baron d'Empire.
6 Décembre: PASQUALE PAOLI écrit au Comte ANTONIU RIVAROLA pour l'informer de l'imminence d'une guerre contre les Français.
12 Décembre: Règlement entre PASQUALE PAOLI et l'Eglise corse.
Le Corse PAULU MATTEI, de Centuri, navigant sous pavillon français, est envoyé en exploration sur l'île de Capraia. Prenant prétexte du mauvais temps il relâche dans l'île, puis rentre en Corse, avec des renseignements précis sur l'état des défenses.
Fin Décembre: Cunsulta Generale di Corti: On y traite des problèmes les plus importants de la Patria, son Indépendance et sa Liberté. La préparation à la guerre en est le sujet le plus important.
Le célèbre médecin suisse ANDRE SIMON TISSOT place PASQUALE PAOLI dans la galerie des grands hommes à côté de CESAR, MAHOMET et CROMWELL.
Le Visiteur apostolique TOMASO STRUZZIERI décrit les montagnards frustres qui l'accueillent avec des salves et des battements de mains, se pressent autour de lui « come pecorelle attorno al pastore », les bras chargés de modestes présents, se bousculent à la porte du confessionnal et écoutent, bouche bée, sa prédication : « O che buon terreno è questo ! ».
Le pape CLEMENT XIII donne l'autorisation de créer la Collégiale de L'Immaculée Conception à Spiluncatu (voir 1749).
Les Buonaparte s'installent à Corti.
A L'Isulà, apparaît la première maison d'habitation particulière. La défense de la cité est confiée à ANTON LEONARDU BELGODERE de BAGNAJA, qui a le titre de Commandante di L'Isulà Rossa. La garnison dispose de plusieurs canons que GHJUSEPPU BARBAGGI a envoyé du Capicorsu.
Edition, à Londres, du Journal of a Tour of Corsica, du Révérend ANDREW BURNABY.



1767:

Janvier: Un différent oppose PASQUALE PAOLI et le Visiteur apostolique TOMASO STRUZZIERI, à la suite d'une circulaire qui détruit les immunités et les libertés ecclésiastiques. L'évêque demande l'intervention du pape CLEMENT XIII, lequel l'autorise à décider de l'excommunication des neuf Magistrati di i Provincie.
20 au 30 Janvier: A Corti, réunion du Supreme Cunsigliu di U Statu, afin de prendre des mesures appropriées pour la poursuite de la guerre contre les Génois, dès le départ des Français, ceux-ci, suivant le Traité de Compiègne du 6 Août 1764, doivent quitter l'Ile à partir de cette année. Il est décidé de combattre Gênes sur le terrain maritime, et de lui ravir une possession, l'île de Capraia, que les Corses ont toujours considérée comme faisant partie de leur patrimoine. Cette expédition est suggérée par PAULU MATTEI, de Centuri.
27 Janvier: Manifeste sur la légitimité de la guerre contre les Génois: PASQUALE PAOLI et le Supreme Cunsigliu di U Statu avec GHJUSEPPU MARIA MASSESI, Gran'Cancillieru, lancent un appel au peuple corse pour soutenir l'effort de guerre et renforcer l'union et la concorde.
A Florence, la Gazetta Patria (voir 1766) devient la Gazetta Toscana.
PASQUALE PAOLI concède aux Juifs de Livourne le droit de pêche au corail sur les côtes de Corse. Il compte sur eux et sur l'appui de l'Angleterre pour développer l'économie portuaire et commerciale de Livourne.
Février: AGHJILLIU MURATI, commandant d'Erbalunga, avec GHJUVAN BATTISTA RISTORI della RIVENTOSA, commandant de Furiani, et GHJUVAN CARLU SALICETI, sont chargés de préparer le débarquement de Capraia. Ils seront assistés de PAULU MATTEI pour la navigation. Ils réunissent en secret leurs meilleures troupes sur le port de Macinaghju.
16 Février: Quatorze gondoles embarquent 200 soldats, deux canons et de nombreux volontaires (300 hommes en tout), sous le commandement de AGHJILLIU MURATI. Ils débarquent à Il Ceppo, dans le sud-est de l'île. Les habitants de Capraia reçoivent les Naziunali en libérateurs. Ces derniers occupent le couvent, la chapelle, les deux tours du Sinapito, celle du port, et les magasins.
Le patron GHJULIU FRANCESCU BACIOCCHI, d'Aiacciu, qui est à Capraia pour vendre sa marchandise, racontera ce débarquement.
19 Février: Les Naziunali de AGHJILLIU MURATI et leurs alliés Caprajesi sont sous les murs de la forteresse de San Giorgio, où se sont réfugiés 70 Génois, commandés par le capitaine MAZZARINO, et où se trouve le commissaire BERNARDO OTTONE. Cette citadelle, située sur un sommet rocheux, défendue par 18 canons, est inaccessible, et réputée imprenable.
5 Mars: Gênes envoie au secours de sa garnison de Capraia une escadre de 20 navires, chargés de 500 soldats, sous le commandement du sénateur AGOSTINO PINELLI et ANTONUCCIU de MATRA. Cette escadre ne peut débarquer à cause du mauvais temps, des côtes abruptes et des canons corses.
Le Duc de CHOISEUL fait informer PASQUALE PAOLI que la France se contenterait de l'occupation temporaire d'une place, en garantie de l'accord à intervenir.
17 et 18 Mars: Les Génois tentent de débarquer du côté est de l'île; ils en sont empêchés par les Corses et subissent de lourdes pertes.
27 Mars: Les Génois parviennent à faire passer quelques vivres aux assiégés.
31 Mars: Des Jésuites, expulsés d'Espagne et du Nouveau Monde, sont autorisés par Gênes, et contre l'avis des Français, à se réfugier à Aiacciu, Algaiola et Calvi, les présides français. Ils y enseignent sous la conduite de GUISEPPE PIGNATELLI.
2 Avril: La flotte génoise tente un coup de force pour débarquer, mais elle est repoussée par les Naziunali et leurs alliés Caprajesi.
16 Avril: Nouvelle tentative de débarquement des Génois, nouvel échec.
18 Avril: L'escadre génoise rentre à Portoferraio.
3 Mai: Nouvelle entreprise génoise au secours de Capraia. Une escadre de seize navires, commandée par AGOSTINO PINELLI, avec 300 hommes, tente d'accoster à la Grotta del Bagno, mais c'est un échec. On débarque alors à La Civita, 150 soldats corses alliés de Gênes, sous les ordres de ANTONUCCIU de MATRA. Ces derniers sont rejetés à la mer par les Naziunali, laissant plus de 30 morts dont le capitaine ANGHJULU SANTU MASSONI, le lieutenant PACIOLA, de Calvi, CAMPODONICO, de Bastia, et ANTONIU ROMEI, un des assassins de GHJUVAN PETRU GAFFORI (voir 1753), et une centaine de prisonniers, parmi lesquels les capitaines GRIMALDU GRIMALDI, de Moriani, SANGUINETTI, de Calvi, ANTONIU MASSEI, ancien du Royal Corse, fils de GHJUSEPPU MARIA (voir 1725), le lieutenant LURENZU COTTONI, GIROLAMU MARIANI, de Corti, et PETRU FRANCESCU VINCENTI, de U Viscuvatu. Les Naziunali perdent le commandant ANTONIU OLETTA (voir 1760).
18 Mai: Nouvel essai des Génois, avec une flotte de 40 navires. C'est encore un échec.
22 Mai: Des Jésuites, qui ont été expulsés d'Espagne et du Portugal, arrivent dans le port de Bastia.
28 Mai: Cunsulta Generale di Corti: Elle dure huit jours, sous la présidence de PASQUALE PAOLI. La première mesure prise est l'exigence d'une contribution à la conquête de Capraia, sous forme d'impôt exceptionnel d'une lire pour mille sur les revenus des biens. Du fait des mauvaises récoltes, il est décrété l'interdiction de toute exportation de blé, farine ou autres comestibles. De plus, l'assemblée définit les termes d'un accord sur lequel la négociation avec Gênes pourrait se faire au plus tôt. Il s'agit de reconnaître au Sénat de Gênes l'autorité nominale de souverain, et chaque nouvel élu à la tête de la Nazione rendra à la République l'hommage de son peuple. Bunifaziu restant à Gênes pendant une durée à déterminer, à l'issue de laquelle la ville et le fort seront rendus à la Corse contre paiement d'un tribut annuel.
29 Mai: L'île de Capraia est enlevée grâce aux renforts conduits par ANGHJULU FRANCESCHI, d'Ersa. Les assiégés de San Giorgio se rendent à AGHJILLIU MURATI. Le commissaire BERNARDO OTTONE, avec EMMANUELLE MASSARI et HYACINTO POGGI, signent un acte de capitulation.
31 Mai: Le capitaine PAULU MATTEI, de Centuri, et son détachement prennent possession de la place. Les Corses ont perdu dix hommes en tout. Le sénateur AGOSTINO PINELLI ramène à Gênes 1065 hommes, soldats, marins et réfugiés. La défense de Capraia aura coûté 52000 lires à la République.
3 Juin: Les Français quittent Aiacciu et Algaiola sous prétexte que Gênes veut y accueillir des Jésuites en grand nombre.
5 Juin: Manifeste à la Nazione de PASQUALE PAOLI: Avec le Supreme Cunsigliu, ils décident d'une journée de manifestation dans chaque piève pour fêter la capitulation de Capraia.
GHJUSEPPU BARBAGGI est envoyé à Capraia avec le titre d'Intendant Général. L'île aura les mêmes institutions que la Corse.
Juillet: Plus de 2500 Jésuites en tout, expulsés d'Espagne, du Portugal et des Deux Siciles (voir plus haut), sont accueillis de force par Gênes, qui décide de les envoyer en Corse. Errant de port en port, ils échouent finalement à Bastia, où, faute d'endroit pour les loger, il ne leur est pas permis de débarquer. Gênes les oriente alors vers Calvi, Aiacciu et Algaiola, les présides français, où la place manque déjà.
Il y a plus de 800 Jésuites dans la citadelle de Calvi.
4 Juillet: La République de Gênes, dans l'affolement qui suit la prise de Capraia, décide de céder la Corse à la France, à une seule condition, l'étouffement total, pour ainsi dire, du peuple corse ! (la totale soffocazione, per cosi dire, del popolo di Corsica).
AGOSTINO PAULO DOMENICO SORBA, Génois installé à Aiacciu, ministre plénipotentiaire de Gênes auprès du Roi de France, chargé des discussions avec le Duc de CHOISEUL sur la cession de la Corse, propose à la France de lui céder la souveraineté de la Corse contre l'abandon des subsides qu'elle a avancés depuis trente ans et moyennant le paiement d'une nouvelle aide non remboursable.
PASQUALE PAOLI propose au Duc de CHOISEUL de céder à la France la place de Bunifaziu, pour deux ou trois ans. Ce dernier fait répondre que Sa Majesté choisira elle-même les places qui lui conviennent.
19 Juillet: A Ghisoni, naissance de GHJUVAN BATTISTA OTTAVI, futur général au service de Naples, puis de la France.
25 Juillet: Le Duc de CHOISEUL écrit à PASQUALE PAOLI pour lui rappeler que Gênes autorise les Jésuites à débarquer dans les places de Corse, et que la France, en retirant ses troupes, favorisera leur installation à Calvi, Aiacciu et Algaiola.
27 Juillet: AGOSTINO PAULO DOMENICO SORBA rappelle qu'il entend ne pas laisser les Corses libres et indépendants sur un seul pouce de terrain au bord de la mer…
28 Juillet: A Livourne, un professeur d'histoire moderne anglais de Cambridge, JOHN SYMONDS, s'embarque pour la Corse.
30 Juillet: Les Françaisévacuent Calvi, Aiacciu et Algaiola. Aussitôt, les Naziunali occupent Algaiola, entrent à Aiacciu, tout en laissant libre la citadelle que les Français ont consignée au commissaire du Dilà, GIAN BATTISTA ALBORA, avec une centaine de Génois et de Grecs.
Les Génois, avec le commissaire général AGOSTINO SPERONE, plus rapides que les Corses, entrent à Calvi et occupent la ville.
Août: Les Jésuites sont dans le port d'Aiacciu, et s'apprêtent à débarquer.
1er au 5 Août: JOHN SYMONDS est reçu à Corti par PASQUALE PAOLI.
5 Août: Réponse de PASQUALE PAOLI au Duc de CHOISEUL: Si les Français veulent réoccuper Calvi, Aiacciu et Algaiola, les Corses libéreront les places, sinon, il est hors de question que les Génois en prennent possession.
7 Août: JOHN SYMONDS quitte la Corse par I Fornali.
Le Florentin RAIMONDO COCCHI, fils du célèbre médecin ANTONIO COCCHI, écrivain et philosophe, rend visite à PASQUALE PAOLI. Celui-ci deviendra le parrain de la fille du Florentin.
9 Août: FRANCESCU de GAFFORI et ses Naziunali sont à Aiacciu. Aidés des habitants, ils assiègent la citadelle.
11 Août: Le Comte de MARBEUF, qui ne veut pas laisser Aiacciu aux Naziunali, y envoie JADART en qualité de commissaire chargé d'administrer la ville au nom du Roi de France, jusqu'à la fin du délai de quatre ans (Traité de Compiègne de 1764).
17 Août: A Corti, décès de NABULIU BUONAPARTE, frère de CARLU MARIA. Un des fils de ce dernier portera ce prénom.
28 Août: FRANCESCU de GAFFORI et ses Naziunali quittent Aiacciu. Le commissaire GIAN BATTISTA ALBORA, avec ses soldats (Génois et Grecs), reste sur place, et continue d'occuper la citadelle.
Les Jésuites débarquent à Aiacciu. Ils se répartissent dans les propriétés de leur compagnie: au Casone, et à Bastia, à Campana, où ils demeurent assignés à résidence.
7 Septembre: Gênes rappelle à AGOSTINO PAULO DOMENICO SORBA que la nation corse ne devra jamais pouvoir devenir souveraine et indépendante, ni posséder en cette île aucune place ou établissement maritime, ni être en état de causer préjudice ou d'inquiéter en aucune manière et à aucun moment la navigation, le commerce, et la paix en terre ferme.
9 Septembre: La Gazetta Toscana écrit qu'entre les partisans de Pasquale Paoli et les autorités françaises, est intervenu un armistice général, et que celui-ci durera tant que les français se tiendront dans leurs garnisons.
12 Septembre: Le Duc de CHOISEUL écrit à PASQUALE PAOLI pour l'informer que les Français ont décidé de garder en Corse deux places, Calvi et Aiacciu, et que les Corses devraient rendre Capraia aux Génois, pour obtenir leur consentement aux arrangements qui assureront la liberté à la Nation Corse. Il ajoute:il n'est pas naturel que vous pensiez que Sa Majesté se mêlera des affaires de Corse sans en tirer un avantage.
23 Septembre: A Aiacciu, de sa citadelle, d'où il lui est interdit de sortir, le commissaire génois GIAN BATTISTA ALBORA gouverne la cité pour le civil, tandis que le commissaire français JADART l'administre pour le criminel, et ce, jusqu'à la fin du Traité de Compiègne.
24 Septembre: Réponse de PASQUALE PAOLI au Duc de CHOISEUL, dans laquelle, entre autre, il remercie le Roi de France de sa générosité.
Fin du séjour en Corse du Florentin RAIMONDO COCCHI.
Octobre: Le Roi des Deux Siciles, CHARLES EMMANUEL III, estimant qu'elles sont de son patrimoine, fait occuper les îles des Bocche ( Lavezzi, Cavallu, Maddalena, Caprera, Santu Stefanu, Razzoli et Spargi), rattachées depuis toujours àBunifaziu.
20 Octobre: Le Duc de CHOISEUL écrit à PASQUALE PAOLI, lui proposant d'arrêter un plan entre Gênes et la Corse. Il lui demande d'envoyer à Paris MATTEU de BUTTAFUOCO, avec des instructions, afin de former ensemble un projet raisonnable.
Session d'automne de la Cunsulta Generale di Corti.
22 Novembre: Réponse de PASQUALE PAOLI au Duc de CHOISEUL, dans laquelle il annonce le départ pour Paris de MATTEU de BUTTAFUOCO, avec des instructions très précises, restant dans le cadre des décisions prises par la Cunsulta Generale du 28 Mai.
Décembre: A Centuri, fin de la construction de la deuxième mezza galera (voir 1760).
MIGHELE NOBILI, Corse de Livourne (voir 1760) commande la première mezza galera nationale.
A Muratu, dernière année d'émission monétaire, car la Zecca est désormais installée dans la capitale, à Corti (voir 1764), sous la direction entre autres de GHJUSEPPU et DIONISIA BARBAGGI, TIBURZIU MURATI et PETRU BOCCHECIAMPE.
Naissance de ANTONIU GALLONI d'ISTRIA, futur chef de bataillon à l'état-major de la 23ème Division en Corse et au 10ème Régiment d'Infanterie Légère, commandant au Bataillon des Voltigeurs Corses et chevalier de l'Ordre de Saint Louis.
A Peru Casevechje, naissance de FRANCESCU OTTAVIANU RENUCCI, futur magistrat, principal du collège de Bastia, et fondateur de la bibliothèque de la ville.
Une felouque tunisienne s'étant échouée sur le rivage corse, PASQUALE PAOLI donne l'ordre de respecter l'équipage et la cargaison et fait réparer aux frais de l'état le navire qui peut reprendre la mer. Touché du procédé, le Bey de Tunis lui enverra un cheval barbaresque, baptisé Turco, tout harnaché avec une selle enrichie d'or et des éperons d'argent, et des cadeaux exotiques, y compris un tigre et une autruche.
La Zecca, l'Hôtel Corse des Monnaies, frappe de nombreuses pièces de Vinti et Quattru Soldi de cuivre pur, ou de teneur en argent très réduite.
A Calacuccia, une vindetta est déclenchée par le lancement d'une pierre sur une brebis.
A Londres, parution de Inquiry into the Principles of Political Economy, de JAMES STEVART, lequel reproche aux Corses de vouloir déposséder les Génois de leur île.
Parution à Londres, de Great Events from littles causes, traduction de Essai sur les grands évènements par les petites causes, de ADRIEN RICHER, dans lequel ce dernier donne une version détaillée des causes de la révolution corse de 1729 (voir 1759).



1768:

2 Janvier: A Paris, première entrevue entre MATTEU de BUTTAFUOCO et le Duc de CHOISEUL. Le Corse est informé que Gênes a offert au Roi de France de lui céder ses droits sur la Corse. De plus, le Roi veut avoir, en toute priorité, Bastia, San Fiurenzu et le Capicorsu. MATTEU de BUTTAFUOCO fait connaître au Duc de CHOISEUL son désaccord profond sur une telle proposition.
4 Janvier: Deuxième rencontre entre MATTEU de BUTTAFUOCO et le Duc de CHOISEUL. Ce dernier informe le Corse que le Roi persiste dans sa demande. MATTEU de BUTTAFUOCO propose alors que le Roi de France se fasse céder par Gênes la souveraineté de la Corse et de faire don à celle-ci de son indépendance en se déclarant son protecteur. En échange, la Corse accorderait à la France la garde militaire de Bastia et de San Fiurenzu.
8 Janvier: Le Duc de CHOISEUL fait savoir, par écrit, le refus du Roi de France aux propositions de MATTEU de BUTTAFUOCO.
9 Janvier: De Versailles, MATTEU de BUTTAFUOCO, dans un volumineux dossier, écrit à PASQUALE PAOLI pour l'informer de ses discussions avec le Duc de CHOISEUL, et de l'intransigeance de ce dernier.
5 Février: La réponse de PASQUALE PAOLI à MATTEU de BUTTAFUOCO, confortant celui-ci dans ses propositions, est très claire: La Corse ne peut appartenir à la France.
12 Février: Devant l'intransigeance du Roi de France, PASQUALE PAOLI met fin à la mission de MATTEU de BUTTAFUOCO. Il lui demande, avant son départ, de transmettre trois observations au Roi:
       ·  La Nation Corse demande au Roi de France de comprendre son refus à perdre, un tant soit peu, sa liberté;
       ·  La présence d'un corps de troupes étrangères sur l'Ile ne servirait qu'à perpétuer la guerre;
       · La Nation Corse demande au Roi de France de lui remettre, en retirant ses troupes de Corse, la ville de San Fiurenzu.
18 Février: Edition, à Glasgow, et à Londres, de An Account of Corsica, The Journal of a Tour to that Island, en quatre parties, de JAMES BOSWELL. L'ouvrage sera traduit en hollandais, en allemand, en italien et en français (par J.P.S. Dubois).
28 Février: MATTEU de BUTTAFUOCO remet au Duc de CHOISEUL les observations de PASQUALE PAOLI.
12 Mars: Le Duc de CHOISEUL informe MATTEU de BUTTAFUOCO que le Roi de France prend acte du refus des Corses, et du total désaccord que ces derniers expriment sur ses propositions (Je ne veux plus discuter avec les Corses). Il met donc fin aux discussions, et précise que le Roi de France informera PASQUALE PAOLI, quand il le jugera utile, sur ses décisions concernant la situation de la Corse.
Avril: Le bruit court d'un nouvel envoi de troupes françaises en Corse. Lors de son retour, MATTEU de BUTTAFUOCO écrit au Duc de CHOISEUL pour lui demander ce qu'il en est sur cette nouvelle.
L'abbé CARLU ROSTINI est chargé par PASQUALE PAOLI d'effectuer un recensement complet de la population.
LAZARU COSTA (voir 1760) commandant de La Vengeresse, fait subir aux Franco-Génois de nombreuses pertes, et s'empare de deux vaisseaux, l'un chargé de 334 barils de poudre et de 3000 fusils, l'autre d'uniformes et d'argent liquide.
3 Avril: Le Duc de CHOISEUL informe MATTEU de BUTTAFUOCO que ce mouvement de troupes n'est qu'une relève de garnisons. De plus, il lui propose de le rencontrer à nouveau, et au plus tôt.
13 Avril: Retour à Bastia de MATTEU de BUTTAFUOCO, qui rejoint immédiatement Corti.
14 Avril: PASQUALE PAOLI écrit à RAIMONDO COCCHI pour lui affirmer sa volonté d'introduire en Corse la culture de la pomme de terre, ce qui lui vaudra le surnom de Generale delle patate.
20 Avril: Le Supreme Cunsigliu publie des décisions relatives aux modalités des élections.
FRANCESCU MARIA d'ORNANO (voir 1758) est brigadier d'infanterie au Régiment Royal Corse.
29 Avril: Le Duc de CHOISEUL donne ses instructions pour la subsistance des troupes françaises en Corse.
30 Avril: GHJUSEPPU ANTONIU BACIOCCHI (voir 1763) est nommé lieutenant au Régiment Royal Corse.
2 Mai: Les négociations menées à Versailles par MATTEU de BUTTAFUOCO pour le compte de PASQUALE PAOLI sont définitivement rompues.
De U Viscuvatu, MATTEU de BUTTAFUOCO signale à PASQUALE PAOLI un nouvel envoi de troupes françaises en Corse.
6 Mai: PASQUALE PAOLI écrit au Duc de CHOISEUL son regret de voir les négociations interrompues et en rejette la responsabilité sur les Français.
15 Mai: Signature du Traité de Versailles, Traité conclu entre le Roi de France et la République de Gênes pour la cession de l'Isle de Corse. En quinze articles et une disposition annexe, avec deux clauses séparées et secrètes, il est signé, côté français, par le Duc de CHOISEUL, et côté génois, par AGOSTINO PAULO DOMENICO SORBA.
Le contenu du Traité de Versailles est, en substance, le suivant:
       · Article I: Les troupes françaises occuperont Bastia, San Fiurenzu, Algaiola, Calvi, Aiacciu, Bunifaziu, et toutes les places nécessaires, afin d'ôter tout moyen aux Corses de nuire aux sujets et aux possessions de la République de Gênes.
       · Article II: Les places et ports occupés par les Français seront possédés par le Roi de France, qui y exercera tous ses droits de souveraineté, et lui serviront de nantissement vis à vis de la République de Gênes, afin de compenser les dépenses nécessaires pour les occuper et les conserver.
       · Article III: Le Roi de France ne pourra disposer des places et des ports en faveur d'un tiers, sans le consentement de la République de Gênes.
       · Article IV: Le Roi de France s'engage à conserver sous son autorité toutes les parties de la Corse occupées par ses troupes, jusqu'à ce que la République de Gênes lui en demande la restitution, et ce, en échange des remboursements des frais d'envoi et d'entretien des troupes françaises, et sans aucune autre dette, obligation de dédommagement.
       · Article V: Si l'intérieur de l'Ile se soumet à la domination du Roi de France, la République de Gênes consent à ce qu'il soit soumis aux mêmes conditions stipulées par les articles précédents, concernant les places et ports.
       · Article VI: Le Roi de France s'engage à remettre à la République de Gênes, le plus tôt possible, et au plus tard en 1771, l'île de Capraia, actuellement occupée par les Corses.
       · Article VII: Le Roi de France s'engage à faire cesser toutes hostilités des Corses envers la République de Gênes. Il traitera suivant toute la rigueur du droit de la guerre tout Corse qui nuira aux sujets de la République de Gênes, soit par terre, soit par mer. De son côté, la République de Gênes s'engage à faire cesser les hostilités contre les Corses lorsqu'elle en sera requise par le Roi de France.
       · Article VIII: Les navires barbaresques ne pourront être admis dans les ports, rades et plages occupés par les troupes du Roi de France, sauf en cas de naufrage.
       · Article IX: Les nationaux génois et les individus corses seront rétablis dans la possession de leurs biens qui auraient été confisqués à quelque titre que ce soit, relatif aux troubles passés.
       · Article X: Toutes les concessions particulières, exemptions, franchises ou privilèges dont jouissaient quelques habitants de l'Ile seront abolis, le Roi de France prendra en considération les cas particuliers des habitants de Bunifaziu, Calvi ou San Fiurenzu.
       · Article XI: Le Roi de France s'engage à empêcher la fraude et la contrebande que les bâtiments corses pourraient faire sous son pavillon dans les ports des Etats de la République de Gênes.
       · Article XII: Un inventaire de l'artillerie et des armes de la République de Gênes qui se trouvent dans les places de Corse sera fait, et le Roi de France paiera la somme estimée de ces armements, qu'il conservera. Il sera fait également un inventaire des protocoles et actes civils et criminels.
       · Article XIII: Le Roi de France s'engage à garantir authentiquement et à perpétuité les Etats que la République de Gênes possède, de même que l'île de Capraia quand elle sera rendue à la République de Gênes.
       · Article XIV: Le Roi de France, par ses officiers, exercera, dans les places, forts et pays occupés par ses troupes, la justice et police générale et particulière, ainsi que la justice de l'amirauté.
       · Article XV: Le Roi de France établira en Corse, aussi longtemps que les places, ports et terre de l'Ile seront sous sa domination, les droits de gabelle et d'aides, et tous les droits de ses fermes générales, ainsi que les impositions qu'il jugera convenable. Ces impositions seront déduites de la somme que devra verser la République de Gênes lorsqu'elle voudra rentrer en jouissance de la souveraineté de la Corse.
       · Article XVI (disposition annexe): Les ratifications du présent traité seront échangées dans l'espace d'un mois, ou plus tôt si possible, à compter du jour de la signature du présent traité.
       · Articles séparés et secrets:
              · Article 1: Outre ce qui est stipulé par l'article III, aucune des places de Corse que les troupes du Roi de France doivent occuper conformément à l'article I, ne pourra jamais être remise ou abandonnée aux Corses ni à aucun tiers.
              · Article 2: Le Roi de France pour dédommager la République de Gênes de la perte qu'elle a faite de quelques arrérages de subsides qui lui étaient dus en vertu des conventions antérieures à celles de 1764, et pour lui donner une marque de son amitié, fera payer à la dite République de Gênes une somme de 200000 Livres Tournois par an pendant les dix prochaines années, et plus si nécessaire.
La Corse est-elle cédée, vendue à la France, a-t-elle été réduite à l'obéissance, s'est-elle donnée, s'agit-il d'un tragique malentendu, d'une équivoque ?
PASQUALE PAOLI est à Olmeta, avec le colonel GHJUVANNI LURENZU de PETRICONI, son chef d'état-major, quand il apprend, par une lettre de MATTEU de BUTTAFUOCO, la signature du Traité de Versailles. Très irrité, (Nous sommes vendus comme un troupeau de moutons), il qualifie ce dernier de traître, l'accusant d'avoir gagné les faveurs du Duc de CHOISEUL.
19 Mai: Deux bataillons du Régiment de Bretagne et leur colonel, le Vicomte de BEAUVE, débarquent à Aiacciu.
GHJACUMU PETRU ABBATUCCI se réconcilie officiellement avec PASQUALE PAOLI.
22 Mai: Cunsulta Naziunale di Corti: Le président élu est PAULU LUIGGI VINCIGUERRA et l'Oratore, MARCU AURELIU ROSSI, d'Aiacciu. PASQUALE PAOLI donne le résultat et l'échec des négociations menées avec le Duc de CHOISEUL, et propose à l'Assemblée la conduite à tenir devant l'arrivée massive des troupes françaises. Création d'une Ghjunte di Osservazione. On procède à l'élection des membres du bureau, des magistratures et des conseillers renouvelables. SALVATORE CARLOTTI, ANTONIU ANTONJ, OTTAVIU COLONNA d'ISTRIA, PETRU PAULU FRANCESCHINI, GHJUVAN SEBASTIANU BUTTAFUOCO, DUMENICU MARIA COLONNA, ANTONIU FELICE FERRANDI, GIROLAMU MORLAS et FILIPPU MARIA FARINACCI sont élus Cunsiglieri di a Nazione. Une levée en masse des hommes de 16 à 60 ans est proclamée. L'impôt de 2 pour 1000 sur les biens mobiliers et immobiliers productifs est porté à 4 pour 1000, les biens de l'église sont imposés à 10 pour 1000. CARLU BUONAPARTE, alors avocat à Corti, lance un appel aux jeunes, pour défendre la liberté de la Nazione (il fait prêter le serment de Vivre libres ou mourir, Vince o More). Le recteur FRANCESCU ANTONIU MARIANI est le seul opposant à la guerre contre la France.
29 Mai: Deux autres bataillons français, du Régiment du Prince d'Anhalt, commandés par le Comte de NARBONNE (un descendant de SAMPIERU CORSU par sa mère), arrivent àAiacciu. Un bataillon du Régiment du Médoc, commandé le Marquis de TILLY, débarque àCalvi.
30 Mai: Lettre (c'est la réponse à la lettre du 6 Mai) du Duc de CHOISEUL à PASQUALE PAOLI, par l'intermédiaire de MATTEU de BUTTAFUOCO: Je vous envoie, Monsieur, ma réponse pour le général Paoli. Sa lettre ne signifiait autre chose que m'engager, par des réponses de ma part, dans un piège. Il est bien fin; cependant il faut qu'il acquière quelque finesse pour que nous tombions aussi grossièrement dans les panneaux. Au reste, dans les circonstances présentes, je crois que le meilleur parti à prendre, est de se tenir tranquille et de ne suivre en tout et pour tout, que les impulsions de la France. Je doute qu'il prenne ce parti; et dans ce cas je le plains. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il a manqué le moment que je lui ai tant de fois présenté.
Juin: Les soldats génois de la garnison d'Aiacciu abandonnent la citadelle. Les Français en prennent position.
Le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN (voir1751) est nommé gouverneur général de la Corse.
16 Juin: Deux bataillons français du Régiment Soissonais débarquent à Bastia.
Les couleurs de la France sont hissées sur la citadelle d'Aiacciu.
17 Juin: A Paris, signature del'Edit de Compiègne, signifiant le transfert de souveraineté et les droits du Roi de France sur l'Isle de Corse.
19 Juin: La bannière française flotte sur Calvi.
21 Juin: Les derniers soldats génois de la garnison de Bastia, et le représentant de la République de Gênes quittent la Corse.
22 Juin: A San Fiurenzu, seize bâtiments débarquent quatre bataillons français: deux du Royal Roussillon et deux de l'Eptingen Suisse (parmi lesquels 1200 Jurassiens, appartenant au Régiment de l'Evêché de Bâle), soit 2000 à 3000 hommes en tout, conduits par le maréchal de camp CLAUDE MILLIN de GRANDMAISON.
23 et 24 Juin: La France prend officiellement possession des places, forts, tours et ports de Corse. La citadelle de Bastia arbore le drapeau français. La municipalité dédie une inscription à Ludovico XV Francorum Navarrae et Corsorum Regi Christianissimo.
Les Français commencent à organiser un Conseil Supérieur de la Corse, ou Cour Souveraine, installé à Bastia, qui rendra la justice en dernier ressort, enregistrera les actes de gouvernement et concourra à l'administration civile et religieuse. Il est composé d'un premier (Monsieur de TRESSAN) et d'un second président, de dix conseillers (six Français et quatre Corses), d'un procureur général français et de son substitut, d'un greffier et de deux secrétaires interprètes. Des dispositions sont prises concernant les délits et les peines, l'instruction des procédures criminelles.
29 Juin: Le Comte de MARBEUF écrit à PASQUALE PAOLI, qui est à Corti, afin qu'il libère les routes entre Bastia et San Fiurenzu. Il lui demande en outre de laisser libres les places de Fornali, L'Isulà, Algaiola, Barbaghju et Patrimoniu.
30 Juin: Sans attendre la réponse de PASQUALE PAOLI, le Comte de MARBEUF commande à CLAUDE MILLIN de GRANDMAISON de se mettre en marche. Les troupes de ce dernier, sur deux colonnes, prennent alors la route de Patrimoniu, vers le sommet de Teghjime. La première colonne de deux régiments, le Régiment Soissonais et le Régiment du Languedoc, commandée par le Comte de MARBEUF, et conduite par le Chevalier de LENCHERES, prend le grand chemin de Bastia à San Fiurenzu. La deuxième, avec le Régiment de Rouergue, commandée par le Marquis d'ARCAMBAL, suit le chemin de Furiani, pour rejoindre directement Teghjime. Les Naziunali tiennent un front mobile de Furiani à Ferringule et Patrimoniu, par Barbaghju. La colonne du Marquis d'ARCAMBAL, après quelques embuscades (un capitaine de chasseurs français et trois soldats tués), arrive à Teghjime, rejointe peu après, par la colonne du Comte de MARBEUF.
31 Juin: Toute la journée, du côté de Patrimoniu, il y a des fusillades entre les Naziunali et les troupes de CLAUDE MILLIN de GRANDMAISON.
12 Juillet: Les Français et les Naziunali sont face à face. Leurs gardes avancées se touchent presque. Une trêve s'installe pour quelques jours.
29 Juillet: Premières victoires françaises dans le Nebbiu et dans le Capicorsu.
31 Juillet: CLAUDE MILLIN de GRANDMAISON envoie un lieutenant et 30 hommes pour s'emparer de la gorge de Santa Maria, tenue par les Naziunali. En moins de trois heures, les Français prennent la redoute et font 80 prisonniers.
Les Naziunali, malgré des renforts, abandonnent Barbaghju aux Français. La communication est libre entre Bastia et San Fiurenzu.
1er Août: CLAUDE MILLIN de GRANDMAISON attaque Patrimoniu. Les Naziunali, 150 hommes, avec GHJUSEPPU BARBAGGI, LUIGGI CALVELLI et PETRU CASALE ne peuvent tenir. GHJUSEPPU BARBAGGI se réfugie à Nonza, LUIGGI CALVELLI et PETRU CASALE sont faits prisonniers et enfermés à San Fiurenzu.
2 Août: Le Comte de MARBEUF et CLAUDE MILLIN de GRANDMAISON sont à Barbaghju.
5 Août: Edit de Compiègne: Le Duc de CHOISEUL signe les lettres patentes qui mettent en application le Traité de Versailles.
Les habitants, le couvent et la tour de Ferringule se soumettent, sans se défendre, aux Français.
Quatre bataillons gardent la route de Patrimoniu. Cent cavaliers sont dans le village, deux bataillons tiennent le col et occupent Barbaghju, un autre le chemin, côté Bastia, douze compagnies et le reste des cavaliers campent à Toga, San Niculaiu, Erbalunga et Brandu. A Aiacciu, les régiments du Prince d'Anhalt et de Bretagne ne sont pas sortis de leurs cantonnements. Il en est de même à Calvi.
PASQUALE PAOLI écrit au Comte ANTONIU RIVAROLA pour l'informer de la gravité de la situation sur l'Ile, et que si les Naziunali ne sont pas secourus, ils sont perdus.
13 Août: GHJUSEPPU MARIA MASSESI, le Gran'Cancillieru, au nom du Supreme Cunsigliu, édite un nouveau Manifeste répondant à la lettre que le Duc de CHOISEUL a adressée aux Corses le 29 Mai. Une Cunsulta Generale est décidée pour le 20 Septembre, en Casinca.
20 Août: L'attaque de Nonza est décidée par le Comte de MARBEUF pour s'assurer la conquête définitive du Capicorsu.
22 Août: Le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN ordonne que tout village de Corse qui ne se rendra pas aux troupes du Roi après en avoir été préalablement sommé, sera au pillage…
23 Août: Trois colonnes sont mises en place: la première, commandée par le Chevalier de LENCHERES, partie de Brandu, marche sur Siscu, prend le village, traverse le Capicorsu à A Bocca à Serra, et occupe Olcani et Albu, au nord de Nonza. La deuxième, avec le Général Comte de COIGNY, partie de Bastia, passe A Bocca à San Leonardu, s'empare d'Olmeta di Capicorsu, et marche sur Nonza. La troisième, commandée par CLAUDE MILLIN de GRANDMAISON, pourvue d'artillerie, partie de Patrimoniu, marche sur Nonza, où se trouve GHJUSEPPU BARBAGGI.
Manifeste de PASQUALE PAOLI, où il affirme le Droit des Peuples à disposer d'eux-mêmes.
24 Août: Olmeta di Tuda tombe.
Le Comte de MARBEUF arrive en renfort à Nonza, avec le Comte de COIGNY. GHJUSEPPU BARBAGGI ne peut que capituler. 200 Naziunali, avec une trentaine de leurs meilleurs officiers, dont LUCA OTTAVIU ALESSANDRINI, AMBROGHJU FRANCESCHETTI, beau-frère de PASQUALE PAOLI (il est l'époux de sa sœur MARIA FRANCESCA), GHJUSEPPU BARBAGGI, et GHJACUMU CASELLA, le dernier à sortir, seul, après avoir défendu la tour (il a droit aux honneurs du commandant français), sont pris et conduits à San Fiurenzu.
25 Août: Tout le Capicorsu est soumis.
28 Août: Le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN, et ses chefs d'état major, de FONTETTE et de PUJOL débarquent à San Fiurenzu.
De Corti, PASQUALE PAOLI et le Supreme Cunsigliu lancent un appel à la Nazione. (U Generale, e Supremu Cunsigliu di U Statu di U Regnu di Corsica a u nostru Dilettu Populu).
29 Août: Le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN, arrivé par la route à Bastia, reçoit les députés du Capicorsu. Il fait publier l'Edit de Compiègne, avec deux ordonnances, la première sommant toutes les communautés à se soumettre aux lois du Roi de France, la deuxième, imposant le drapeau français comme le seul à pouvoir flotter en Corse. Il met en place, à Bastia, le Conseil Supérieur de Justice, qui est composé d'un premier (DANIEL MARC ANTOINE CHARDON) et d'un second président, de dix conseillers, dont six Français et quatre Naturels du pays, d'un procureur, d'un substitut, d'un greffier, de deux huissiers et de deux secrétaires interprètes. Il crée en outre un siège de maréchaussée à Bastia et Aiacciu, composé chacun d'un prévôt, d'un lieutenant, de deux assesseurs, d'un procureur du Roi et de deux greffiers.
DANIEL MARC ANTOINE CHARDON, maître des requêtes, premier président du Conseil Supérieur de Justice, est nommé également Intendant Général de la Justice, de la Politique et des Finances pour toute la Corse.
Le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN rend sa liberté à LUCA OTTAVIU ALESSANDRINI, président de la Magistrature, fait prisonnier à Nonza.
Le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN fait embarquer les 2500 Jésuites accueillis en Corse en 1767, sur 22 tartanes, à destination du continent.
ANGHJULU LUIGGI ASTOLFI, qui tenait l'île de Capraia pour les Naziunali, livre le port et les tours au capitaine JOANNES, du Régiment du Languedoc.
ANGHJULU FRANCESCHI (voir 1760), commandant un brick chargé de munitions de guerre et de bouche pour la garnison de Capraia, arrive au moment où ANGHJULU LUIGGI ASTOLFI livre l'île à la France. Il échappe à trois navires français et se réfugie à Livourne.
JAMES BOSWELL lance une souscription privée en Ecosse et parvient à réunir 700 Llivres Sterling qu'il utilise pour expédier des canons en Corse.
5 Septembre: Offensive générale des troupes françaises. Le Comte de MARBEUF, avec CLAUDE MILLIN de GRANDMAISON et le Comte de COIGNY, et le Régiment du Languedoc et la Légion Royale, investissent Poghju d'Oletta, Ulmetu di Tuda, Oletta et Biguglia. Furiani est cerné. Les Naziunali de GHJUVAN CARLU SALICETI réussissent à décrocher et à gagner la Casinca.
PASQUALE PAOLI abandonne le Nebbiu. Il laisse, à Lentu, pour garder le passage de Tenda, FRANCESCU ACQUAVIVA, FRANCESCU de GAFFORI, GHJACUMU DANTE GRIMALDI et PETRU COLLE. Il demande une trêve de six jours au Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN, afin de tenir une Cunsulta. Cette trêve est refusée.
7 Septembre: Plusieurs dizaines de Naziunali, dont GHJUSEPPU BARBAGGI, emprisonnés à San Fiurenzu, sont embarqués pour les prisons de Toulon.
8 Septembre: MATTEU de BUTTAFUOCO ouvre la Casinca aux Français: Le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN et CLAUDE MILLIN de GRANDMAISON investissent la Casinca. Le Général Marquis d'ARCAMBAL occupe Viscuvatu, que vient d'abandonner CLEMENTE PAOLI, et dont les habitants, fidèles de MATTEU de BUTTAFUOCO, sont des partisans de la France, A Venzulà, Loretu et Penta. Des détachements français sont à Borgu, Lucciana, Vignale et au pont du Golu.
10 Septembre: PASQUALE PAOLI attaque Viscuvatu et Vignale, sans succès, puis Penta di Casinca, où les Naziunali font 75 prisonniers, dont un capitaine de compagnie du Régiment du Rouergue.
12 Septembre: Les Naziunali attaquent Loretu di Casinca. Les Français du Régiment du Soissonais, commandés par le colonel de JUIGNE résistent.
14 Septembre: Les villages de San Niculaiu, Rutali et Muratu retombent aux mains des Naziunali. CLAUDE MILLIN de GRANDMAISON se retire sur le vallon du Nebbiu, puis dans Oletta.
15 Septembre: L'intendant DANIEL MARC ANTOINE CHARDON publie un édit concernant la tenue des registres des paroisses, dont le clergé a la charge, qui sont mal rédigés et mal tenus. Désormais ils seront aux nombres de deux, l'un pour les baptêmes et les mariages, l'autre pour les décès et les sépultures.
17 Septembre: Les Naziunali tenant le pont du bas Golu menacent d'isoler les troupes de Casinca.
La garnison française de Penta di Casinca (75 hommes) doit capituler.
18 Septembre: Le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN décide de se retirer vers Bastia, à Santa Maria dell'Ortu, abandonnant la Marana, et ne conservant que Borgu, avec 500 hommes et trois canons, aux ordres du Chevalier Colonel de LUDRE, neveu du Duc de CHOISEUL.
20 Septembre: Cunsulta Naziunale di Oletta. Initialement prévue en Casinca, elle se tient sur le lieu des opérations. On brûle l'Edit de Compiègne et les ordonnances du Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN, et, à l'unanimité, on décide de poursuivre la guerre à outrance. PASQUALE PAOLI est nommé général en chef, GHJACUMU PETRU ABBATUCCI et FRANCESCU de GAFFORI, lieutenants généraux. Il est décidé également de sévir le plus rapidement contre le parti français de MATTEU de BUTTAFUOCO, qui ne cesse de s'accroître. Trois conseillers sont élus, SALVATORE CARLOTTI, GHJUVAN SEBASTIANU BUTTAFUOCO et ANTON FELICE FERRANDI.
2 Octobre: Les Naziunali sont à l'assaut de Loretu di Casinca. Faute de poudre, ils doivent abandonner la lutte.
4 Octobre: PASQUALE PAOLI écrit à GHJUVAN BATTISTA RISTORI della RIVENTOSA, qui est prisonnier des Français à Bastia, et médiateur entre lui et le Comte de MARBEUF. Il lui confirme sa volonté de se battre jusqu'au bout: Sa Majesté très chrétienne nous intime de nous soumettre en vertu d'un traité conclu entre Elle et la Sérénissime. Je demande qu'on me montre ce traité, on refuse de me répondre.
Entre Furiani et Borgu, la Légion Royale perd six hommes et des chevaux dans un affrontement avec les Naziunali.
Installation de deux Amirautés, ou Tribunaux Maritimes, l'un, à Bastia, régit Calvi et San Fiurenzu, l'autre, à Aiacciu, gère le Valincu, Sagone, Porti Vechju et Bunifaziu.
5 Octobre: A Lucciana, PASQUALE PAOLI tient un conseil de guerre pour attaquer Borgu. GHJUVAN CARLU SALICETI, GHJACUMU DANTE GRIMALDI, CARLU RAFFAELLI et l'abbé FERDINANDU AGOSTINI, de U Silvarecciu, avec 500 hommes, se posteront à l'ouest du village, FRANCESCU de GAFFORI, GAVINI et 500 autres, à l'est. CLEMENTE PAOLI, avec 300 hommes, tiendra la route du Nebbiu, FRANCESCU SERPENTINI et 200 des siens garderont Serra, et NICODEMU PASQUALINI, avec 200 autres encore, se porteront au-dessus de Lucciana. CARLU BUONAPARTE, GHJACUMU PETRU ABBATUCCI, ANTONIU GENTILI, PETRU COLLE sont également de la partie.
6 Octobre: Les Français, 700 hommes commandés par le Chevalier Colonel de LUDRE, sont à Borgu.
7 Octobre: Les Naziunali occupent deux maisons de Borgu, tenues par un lieutenant français et vingt hommes, près d'une tour, et prennent la partie supérieure du village.
8 Octobre: Bataille de U Borgu: Le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN part de Santa Maria dell'Ortu pour porter secours à Borgu. Il ordonne à CLAUDE MILLIN de GRANDMAISONqui est à Oletta, de faire mouvement afin de prendre les Naziunali, commandés par GHJACUMU PETRU ABBATUCCI, CLEMENTE PAOLI, GHJUVAN CARLU SALICETI et AGHJILLIU MURATI, en tenaille, par Muratu. 1500 hommes, du Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN, du Comte de MARBEUF et du Comte de NARBONNE, maréchal de camp, avec quatre canons, arrivent au contact des Corses, devant Borgu. Le combat commence, et la fin du jour, les Français commencent à battre en retraite. Ils déplorent quatre officiers tués, 25 blessés, plus de 100 soldats morts, de nombreuxblessés, dont le Comte de MARBEUF, touché à l'épaule, le colonel du Régiment du Rouergue, à une jambe, et celui du Régiment du Soissonais, au ventre, 600 à 800 prisonniers, et laissent neuf canons et 700 fusils sur le champ de bataille. Borgu, abandonné, ne peut que se rendre aux Naziunali. Parmi les combattants corses se trouve ROSANA FRANCESCHETTI épouse de FRANCESCU SERPENTINI.
9 Octobre: La garnison française de Borgu, commandée par le Chevalier Colonel de LUDRE, entre en négociations.
10 Octobre: Le Chevalier Colonel de LUDRE capitule. 50 officiers, 430 soldats, trois pièces de canon, des vivres, des munitions, tombent aux mains des Naziunali. Les prisonniers sont transférés à Corti.
Après la bataille de Borgu, les Naziunali, selon l'usage qui est aussi une nécessité, rentrent chez eux. A Lucciana, où il s'est installé, PASQUALE PAOLI n'a plus que 160 hommes avec lui.
13 Octobre: Affaire Massesi: Alors qu'il dort à Lucciana, PASQUALE PAOLI, averti par un officier français (le Chevalier Colonel de LUDRE), échappe à un complot ourdi par un de ses proches, MATTEU MASSESI, membre de sa garde et de son secrétariat, fils de GHJUSEPPU MARIA MASSESI, le Gran'Cancillieru di A Nazione. Le comploteur, espion des Français pour le compte du Chevalier de LENCHERES, est condamné à mort. Son père démissionne de ses fonctions.
A Bastia, DANIEL MARC ANTOINE CHARDON, premier intendant et commissaire du Roi de France en Corse, ordonne la libre circulation des vivres et marchandises de consommation courante.
Le prix du pain est fixé à quatre sous la livre de seize onces.
L'amiral corse GHJUVAN BATTISTA de PERI, dit Comte de PEREZ après avoir brillamment commandé plusieurs Batelli Nazionale (voir 1764), passe au service des Français. Il promet au Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN de lever 1500 hommes dans le Dilà. Il n'en trouve que 300 ou 400 à Aiacciu.
17 Octobre: Les renforts français arrivent: A San Fiurenzu, débarquement du Régiment de la Marine et du Régiment de Lamarck. Ils se mettent sous les ordres de CLAUDE MILLIN de GRANDMAISON.
18 Octobre: Le Royal Italien et le Régiment de Tournaisis débarquent à leur tour, et prennent position, le premier entre San Fiurenzu et Oletta, le second devant l'accès de Patrimoniu.
Lettre de MATTEU BUTTAFUOCO au Duc de CHOISEUL dans laquelle il demande au ministre de sacrifier une somme d'argent en Corse, laquelle, distribuée avec discernement, ne manquera pas de produire un mouvement décisif pour les intérêts du Roi de France.
23 Octobre: Le Comte de MARBEUF est nommé Lieutenant Général des troupes françaises en Corse.
25 Octobre: Le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN prend ses quartiers d'hiver: trois bataillons du Régiment de la Marine à Oletta, le quatrième à San Fiurenzu, le Royal Roussillon à Calvi, le Régiment de Lamarck se partage entre Barbaghju et Patrimoniu, avec trois compagnies de Volontaires Corses sous les ordre du Marquis d'ARCAMBAL, le Royal Italien à Nonza, les Régiments du Soissonais, du Rouergue et d'Eptingen, avec la Légion Royale, à Bastia et Furiani, le Régiment de Tournaisis à Biguglia, le Régiment du Languedoc à Erbalunga et Brandu, la Légion du Prince de Soubise, à Ruglianu, les Régiments de Bretagne et du Prince d'Anhalt à Aiacciu.
Le Duc de CHOISEUL répond favorablement à la suggestion de MATTEU de BUTTAFUOCO. Son traitement est de 1000 livres par mois.
31 Octobre: Le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN écrit au Duc de CHOISEUL pour lui faire état de l'arrestation par les Naziunali de MATTEU MASSESI, l'espion qu'il avait soudoyé auprès de PASQUALE PAOLI.
2 Novembre: Le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN, malade et destitué et déçu, est rappelé à Paris.
A Toulon, le Régiment Royal Corse, commandé par MATTEU de BUTTAFUOCO, est appelé à se rendre en Corse, pour renforcer les troupes françaises. Sur l'injonction de FRANCESCU MARIA ORNANO, retiré en chez lui, ses officiers corses (le lieutenant colonel MARENGO et le major ANTONIU de ROSSI), puis son propriétaire, le Comte de LUC, demandent au Roi de France de renoncer à cette décision, ce qu'il accepte.
9 Novembre: Les Français envoient 40 maçons et 40 charpentiers en Corse qui seront chargés des bâtiments des troupes.
13 Novembre: Le Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN envoie auprès de PASQUALE PAOLI deux religieux Servites (les Révérends Pères GHJUSEPPU MARIA MORAZZANI et FRANCESCU MATTEU GUASCO) pour négocier l'installation de ses quartiers d'hiver en Casinca. Refus de PASQUALE PAOLI.
15 Novembre: Les Français tentent de s'emparer de L'Isulà par la mer. Les troupes du Roi, commandées par CHARLES FRANCOIS DUMOURIEZ et l'amiral GHJUVAN BATTISTA de PERI, dit Comte de PEREZ, avec les Corses, PETRU PERUDI, l'abbé GHJUVAN ANDRIA FABIANI, ANTONIU CAPRIASSI et GHJUVAN AGOSTINU BIANCONI, échouent, et ceux qui ont réussi à débarquer sont massacrés par les Naziunali; l'abbéGHJUVAN ANDRIA FABIANI périt noyé. 
Manifeste de PASQUALE PAOLI à Santa Riparata di Balagna.
25 Novembre: PASQUALE PAOLI est en Balagna, où ses adversaires (dont des anciens Naziunali) s'activent à former un Parti Français. Parmi eux, dans le Diquà, les trois fils de SIMONE FABIANI ( GHJUSEPPU MARIA, GHJUVAN ANDRIA et ANTON GUERINU), qui fuient alors la Balagna, et recrutent à Aiacciu pour la nouvelle campagne des Français, GHJACUMU FRANCESCU PIETRI, dit Cannuchjale (voir 1762), RAFFAELLE de CASABIANCA, en Casinca, et PETRU BOCCHECIAMPE, d'Oletta, sont passés au service du Roi de France. A Viscuvatu, les Buttafuoco sont, depuis longtemps, acquis à la cause du Roi de France. Dans le Dilà, CESARE MATTEU de PETRICONI, passe aux côtés des Français. Dans le Celavu, à Bucugnà, c'est PAULU BATTISTA FERRI, à Ulmetu, SIMONE PIANELLI et ANTONIU GALLONI d'ISTRIA, à Sarté, ETIENNE DURAZZO FOZZANI, à Fuzzà, PETRU PAULU PAOLI, à Cuttuli, DUMENICU CUTTOLI. Par contre, les Rucchisgiani de l'Alta Rocca, de Quenza à Porti Vechju, avec ORAZIU di QUENZA et ROCCU FRANCESCU COLONNA de CESARI ROCCA restent fidèles à PASQUALE PAOLI, ainsi que GHJUVAN QUILICU de CASABIANCA et GHJUVAN SEBASTIANU de BUTTAFUOCO, en Casinca.
ANGHJULU MATTEU PICCIONI, de Calacuccia, s'engage comme volontaire, en tant que fourrier, dans la Légion Corse du Marquis d'ARCAMBAL.
Un navire chargé de 30 canons, 2917 boulets, 5020 mitrailles et 38 fûts, affrêté en Ecosse grâce à une souscription menée par JAMES BOSWELL, débarque sa cargaison à L'isula. A son bord EMMANUEL STUART, expert en métaux et maître armurier.
6 Décembre: La corruption est utilisée à grande échelle par les Français. Le Chevalier de LENCHERES écrit: il n'y a pas de village, grand ou petit, où il n'y ait eu quelque Capo Popolo qui n'ait reçu de l'argent pour gagner les autres ou pour conseiller la soumission à l'arrivée des troupes ou pour contrarier les levées, sans compter ceux qui prennent ouvertement la solde dans les légions et autres corps francs.
9 Décembre: PASQUALE PAOLI est dans le Nebbiu, où vient d'être découvert un complot contre la vie de son frère CLEMENTE.
22 Décembre: Le Marquis de CHAUVELIN autorise de lever des volontaires corses dans le Dilà.
23 Décembre: Le Marquis de CHAUVELIN quitte la Corse et s'embarque pour la France.
PASQUALE PAOLI écrit au Comte ANTONIU RIVAROLA pour lui demander de venir en Corse, où il se sent de plus en plus isolé.
24 Décembre: A Bastia, installation officielle du Conseil Supérieur de Justice (voir 29 Août) et de son président DANIEL MARC ANTOINE CHARDON.
En conformité avec l'Edit de 1764 qui supprime la Compagnie de Jésus, fermeture des collèges des Jésuites à Aiacciu et à Bastia.
A Corti, la Zecca a pratiquement cessé ses activités, malgré le projet de PASQUALE PAOLI de frapper des monnaies d'argent et même d'or, avec la devise Libertate Asserta. Elle frappe encore des pièces de Vinti et Unu Soldi,et de Ottu Denari, de cuivre pur, ou de teneur en argent très réduite.
A Bastia, parution, chez le libraire ANTON GHJUSEPPU PAGANI, d'une carte de la Corse du géographe génois DOMENICO POLICARDI et du graveur INNOCENZO CHIESA. Cette carte donne des informations sur la démographie de l'Ile : On y compte 57 pièves, 10 juridictions, 26336 feux, 32332 hommes en état de porter les armes (de 17 à 60 ans), et 130680 âmes.
L'abbé LUIGGI ZERBI dénonce PASQUALE PAOLI comme étant athée et Franc-maçon.
GHJUSEPPU MARIA PIETRASANTA, d'Aiacciu, est nommé conseiller au Conseil Supérieur de la Corse.
GHJUVAN LUCA POGGI, de Bastia, est nommé conseiller au Conseil Supérieur de la Corse.
A Aregnu, fermeture du collège (voir 1765).
A Paris, édition d'une carte militaire de la Corse, rectifiée suivant les ordres du Marquis de MAILLEBOIS (voir 1741).
Le Baron LOCKARD, colonel écossais au service impérial, Gran Pensatore e Soldato Illuminato, est en voyage en Corse.
Le Genevois DUNANT, ancien capitaine dans les troupes du Roi de Sardaigne, Curioso Viaggiatore, possible agent anglais, est en visite sur l'Ile.
Projet de transplantation en Corse, depuis Saint-Malo où elles sont réfugiées, de 80 familles d' Acadiens.
Décès dans un combat contre lesFrançais deNABULIU BUONAPARTE, ancien commandant de la garnison d'Aiacciu, frère de GHJUSEPPE MARIA (voir1767).
COSMU de GENTILE, seigneur de Brandu, Siscu et Petra Curbara, (voir 1740), est envoyé à Vienne par les Nazionali.
Parution, àVenise, chez Colombani, de Saggio storico del Regno di Corsica dalla sollevazione del 1729 sino alla metà del 1768, par DOMENICO CAMINER.
A Londres, JAMES BOSWELL fait publier une petite gravure de PASQUALE PAOLI dans le Gentleman's Magazine. De plus, il charge le peintre américain HENRY BENBRIDGE, originaire de Philadelphie, d'aller en Corse peindre sur place le portrait grandeur nature de PASQUALE PAOLI.
Portrait imaginaire de PASQUALE PAOLI, en tenue militaire, par le peintre hollandais HENDRIK KOBELL.
Plusieurs cartes de la Corse sont éditées: A Londres, une anonyme, une de DIDIER ROBERT deVAUGONDY (voir 1756>), une autre, anonyme, reprenant celle de DIDIER ROBERT de VAUGONDY, une de JOHN ELLIS, graveur et éditeur à Londres, une de GEORGE LOUIS LEROUGE, éditeur et géographe à Paris, une de THOMAS PHINN, graveur à Londres et une de JOHANNA DOROTHEA SYSANG, graveuse à Leipzig.



1769:

1er Janvier: Les Naziunali sont plus de 6000 dans le Nebbiu. Ils font une tentative, infructueuse, dans les marais de San Fiurenzu.
Les troupes françaises restent dans leurs cantonnements, peu actives.
14 Janvier: Le Duc de CHOISEUL prescrit à l'intendant DANIEL MARC ANTOINE CHARDON de procéder à l'organisation matérielle de l'armée en Corse, afin de préparer une campagne prochaine.
Des renforts de troupes françaises sont concentrés à Toulon.
15 Janvier: Parution d'un Gazzettino di Corsica (voir 1764), destiné aux Corses de l'extérieur, écrit par l'abbé CARLU ROSTINI et PASQUALE PAOLI lui-même.
19 Janvier: Le Duc de CHOISEUL convoque NOËL de JOURDA, Comte de VAUX (voir 1757), maréchal de camp, afin de remplacer le Marquis de CHAUVELIN, et lui confie la mission d'en finir rapidement avec la rébellion et soumettre la Nation Corse à l'obéissance.
21 Janvier: FAWKENER et MENZIES, férus de science militaire, visitent le camp deSan Niculaiu.
Utilisant ses anciennes relations dans le parti Fabiani, CHARLES FRANCOIS DUMOURIEZ se fait fort de s'emparer par surprise de L'Isulà. Le lieutenant AGOSTINI, dit Capuchja, l'attire dans une embuscade, et son expédition est décimée.
Le colonel MATTEU de BUTTAFUOCO organise un corps de volontaires corses auxiliaires des Français dans lequel les partisans de Gênes s'y retrouvent.
30 Janvier: PASQUALE PAOLI écrit au Comte ANTONIU RIVAROLA. Il lui envoie un exemplaire du Gazzettino di Corsica.
9 au 13 Février: Conspiration d'Oletta: Les Naziunali décident de s'emparer du village d'Oletta, tenu par le Chevalier d'AMPUS, et 1500 hommes, point stratégique dominant le Nebbiu. Un plan est élaboré avec les habitants du village, menés par l'abbé FRANCESCU ANTONIU SALICETI, dit Peverinu. Mais le complot est éventé par PETRU BOCCHECIAMPE.
14 Février: 600 Naziunali, emmenés par GHJUVAN CARLU GUIDUCCI et OTTAVIU COLONNA d'ISTRIA, décident d'attaquer Barbaghju au lieu d'Oletta comme prévu. FRANCESCU ANTONIU SALICETI, dit Peverinu, et ses amis participent à cette action, et Barbaghju et Teghjime sont pris par les Naziunali. FRANCESCU ANTONIU SALICETI est très gravement blessé.
15 Février: Le Comte de MARBEUF reprend Teghjime.
16 Février: Décès de FRANCESCU ANTONIU SALICETI, dit Peverinu.
Le Comte de MARBEUF reprend Barbaghju.
Le Marquis d'ARCAMBAL, commandant français du Nebbiu, fait ouvrir une enquête sur l'affaire d'Oletta. Dix-huit habitants sont arrêtés et conduits à Bastia. La justice militaire est dessaisie du procès, un tribunal est créé pour la circonstance.
A Corti, MATTEU MASSESI, condamné à mort, est exécuté par le supplice du garrot (voir 1768).
3 Mars: PETRU BOCCHECIAMPE, forcé, semble-t-il de dénoncer les conspirateurs d'Oletta, rentre à Bastia, où l'intendant DANIEL MARC ANTOINE CHARDON le nomme conseiller. L'instruction de la Conspiration d'Oletta est terminée. Mais le Duc de CHOISEUL décide que cette affaire est un crime de lèse-majesté. La justice militaire est dessaisie, et les inculpés renvoyés devant une commission spéciale présidée par l'intendant DANIEL MARC ANTOINE CHARDON.
15, 16 et 17 Mars: Cunsulta (particulare) di Aleria: Elle se tient dans le couvent. On y vote toute une série de lois, 17 au total, qui organisent la mobilisation et la préparation du pays à la guerre. On décrète la levée en masse des hommes de seize à soixante ans. C'est l'Appel à la Guerre. C'est la dernière Cunsulta tenue sous le gouvernement de PASQUALE PAOLI.
21 Mars: PASQUALE PAOLI écrit au Comte ANTONIU RIVAROLA, se plaignant de son état de santé.
CARLU ANTONIU QUESTA, de Calvi, est fusilier au Régiment Royal Corse.
25 Mars: De Postdam, le Roi de Prusse FREDERIC II Le Grand écrit au sujet le PASQUALE PAOLI, le général protecteur et défenseur de sa patrie… ce grand homme dont l'estime et la vénération publique ont déjà rendu le nom immortel.
5 Avril: Le Comte de VAUX arrive à Bastia. Il est nommé Commandant Général des troupes françaises en Corse. Il remplace le Marquis de CHAUVELIN. Sa mission est de terminer la guerre.
Suite à la Cunsulta di Aleria, le Comte de VAUX fait publier un Manifeste conseillant aux Corses de ne pas prendre les armes.
9 Avril: Quinze bataillons d'infanterie, des cavaliers, et surtout une très puissante artillerie débarquent en renfort à San Fiurenzu. Le Comte de VAUX dispose ainsi de 22000 à 24000 hommes, dont 800 à 900 Volontaires Corses, 200 ou 300 Grecs, commandés par GIORGIO MARIA STEPHANOPOLI, d'une artillerie moderne et d'une bonne logistique.
Le Comte de VAUX estime que la réunion des troupes dans la partie de Bastia et du Nebbiu laisse quatre directions principales pour arriver sur le centre: déborder par l'Ouest, la Caccia, et arriver par Ponte a A'Leccia; descendre par le littoral, Aleria, et remonter vers Corti; déboucher sur la Casinca et, par Campile, foncer vers l'Ouest; forcer le passage du Golu à Ponte Novu.
15 Avril: A Sant'Antoniu della Casabianca, la décision est prise de lever 15000 à 20000 Naziunali. Mais ces derniers sont mal armés et mal équipés.
23 Avril: Les forces françaises du Comte de VAUX sont disposées ainsi: A Barbaghju, Patrimoniu, Oletta et San Fiurenzu, les Régiments de La Marine, de Lamarck, du Médoc, de La Marche, de Buckley et de Roscommon, avec 150 Volontaires Corses, et un détachement de Dragons et d’ Artillerie; à Patrimoniu, Barbaghju, San Fiurenzu et Oletta; à Biguglia, le Régiment de Tournaisis; à Bastia, les Régiments du Soissonnais, du Rouergue, d'Eptingen et le Corps Royal; en campement près de la ville, les Régiments de Champagne, d'Aquitaine, la Légion de Soubise; le Royal Italien à Nonza; le Régiment du Languedoc à Erbalunga et Brandu; à Calvi, le Régiment de Bourgogne, 77 servants d' Artillerie et 130 Volontaires Corses; à Aiacciu les Régiments de Bretagne, du Royal Roussillon, de Provence, d'Anhalt, un détachement du Corps Royal de Bastia et 600 Volontaires Corses; à Bunifaziu, 300 du Corps Royal d'Artillerie. Total général de l'armée : 38 bataillons, une légion, 880 Volontaires Corses et environ 900 hommes du Corps Royal. Les Régiments Dauphin Infanterie et la Légion de Lorraine, dans laquelle sert MIRABEAUen tant que sous-lieutenant volontaire, sont en route pour la Corse.
Les forces des Naziunali, 20000 hommes dont deux compagnies de déserteurs prussiens qui ont abandonné les rangs de l'armée française, sont disposées en deux fronts: le premier est situé sur la Bocca à Tenda, et domine trois vallées, celles de l' Alisu, du Golu et de l' Ostriconi, le deuxième est sur un fleuve, le Golu, avec son unique passage dans la région des Custere, Ponte Novu.
PASQUALE PAOLI se tient au-dessous d'Oletta.
Parmi les chefs corses, outre PASQUALE PAOLI et son frère CLEMENTE, on trouve, entre autres, AGHJILLIU MURATI, DUMENICU ANTONIU POMPEANI, PAULU LUIGI NASICA, AGOSTINU COTTONI, GHJACUMU DANTE GRIMALDI, CARLU RAFFAELLI, FERDINANDU AGOSTINI, FRANCESCU SERPENTINI, NICODEMU PASQUALINI, PETRU COLLE, FRANCESCU MARIA PIETRI, ANTONIU GENTILI, CARLU FRANCESCU GIAFFERI, FRANCESCU de GAFFORI, GHJACUMU FILIPPU GAFFORI, FRANCESCU PETRIGNANI, PELONE d'OLETTA, GHJUVAN CARLU SALICETI, pour le Diquà, et CARLU BUONAPARTE, GHJACUMU PETRU ABBATUCCI, le père PETRU PAULU ROCCASERRA, le curé de Guagnu DUMENICU LECA (dit Circinellu), ORSONE TAVERA (dit Pelone), OTTAVIU COLONNA d'ISTRIA, SANTU FOLACCI, GHJUVAN DUMENICU PERETTI, SEBASTIANU POLI, pour le Dilà.
26 Avril: En Casinca, PASQUALE PAOLI inspecte son armée, en compagnie de Lord PEMBROKE, colonel du 1er Royal Dragon, et Premier Lord de la Chambre, de l'amiral anglais SMITTORY, du Marquis milanais FAGNANI, du Chevalier TANCREDO et du peintre romain VINCENZO ROTIGLIARDI. Les cinq hommes sont arrivés par L'Isulà, et sont reçus à Muratu par PASQUALE PAOLI,dont le peintre fait le portrait. Puis, après avoir vu Corti, A Venzulasca et Borgu, ils arrivent à Bastia, où ils sont reçus fraîchement par le Comte de VAUX.
27 et 28 Avril: Le Comte de VAUX rassemble son état-major dans son quartier général, qu'il a installé dans le couvent d'Oletta. Le Marquis d'ARCAMBAL l'y rejoint. Le Comte de MARBEUF est au sud de Biguglia, prêt à prendre la route vers le Ponte à Golu. Le Comte de NARBONNE est à Aiacciu et Bucugnà, prêt à contenir les Naziunali du Dilà. De Calvi, deux bataillons du Régiment de Bourgogne, commandés par le Marquis de LUCKER, attaquent Calinzana, et y laissent, quatre officiers tués ou blessés.
29 Avril: De Rustinu, PASQUALE PAOLI prévient AGHJILLIU MURATI de l'imminence d'une attaque des Français sur Rapale.
1er Mai: Le Comte de VAUX dispose son armée en ordre de bataille, orientée vers le Sud: L'armée française est en place, avec 14000 hommes, pour attaquer le premier objectif, Ponte Novu, son but étant de marcher sur Corti. Au centre, les Régiments de Champagne, de La Marine, d'Aquitaine, du Languedoc, de Tournaisis et d'Eptingen. A son aile droite, vers l'Ouest, campent les Régiments de Rouergue et du Médoc, un détachement de la Légion de Soubise et les trois compagnies de Volontaires Corses, aux ordres du Marquis d'ARCAMBAL. En avant, sur la gauche du Régiment de La Marine, les 130 Volontaires Corses aux ordres du Baron de VIOMESNIL. Très à l'Est, l'aile gauche, aux ordres du Comte de MARBEUF, se porte sur les hauteurs de Bevincu, en avant de Biguglia, avec les Régiments du Soissonnais, de La Marche, de Buckley, de Roscommon, 100 chevaux, 100 fantassins de la Légion de Soubise, 20 Volontaires Corses et deux pièces d'artillerie.
2 Mai: Les Français achèvent la mise en place du dispositif d'attaque en effectifs et en moyens, ainsi que l'aménagement du chemin de Bastia à San Fiurenzu: le Royal Italien, mis en devant du Régiment de La Marine, et le Régiment de Lamarck en avant du Régiment d'Eptingen. Près de couvent d'Oletta, 50 chevaux de la Légion de Soubise, et une grande partie de son infanterie. On procède à la construction de petites redoutes. Le chemin de Bastia à San Fiurenzu n'est toujours pas terminé. L'artillerie est attendue pour le soir même.
Les Naziunali tiennent les villages des hauteurs entre le Bevincu et Tenda, d'Olmeta di Tuda à Santu Petru di Tenda. Ils tiennent Borgu, défendu par 400 ou 500 hommes. PASQUALE et CLEMENTE PAOLI sont dans le Nebbiu, à Muratu, avec 1200 à 1500 hommes.
Un navire marchand, en provenance de Portoferraio, sous pavillon de Savoie, décharge, à Portu Vechju, une grande quantité de poudres et autres provisions de guerre à l'usage des Naziunali.
3 Mai: Une artillerie française (4 canons de 8, 6 canons de 4 et 2 mortiers) débarque à San Fiurenzu. L'ordre de bataille est le suivant: le corps d'armée, mené par le Comte de VAUX, au centre (avec 14000 hommes), l'aile droite, menée par le Marquis d'ARCAMBAL, avec de BOUFFLERS (2000 hommes), et l'aile gauche par le Comte de MARBEUF, avec ESCOULOUBRE, (2800 hommes).
Le Comte de VAUX déclare: N'épargnez ni les moissons, ni les vignes, ni les oliviers de ceux qui refuseront de se soumettre, c'est le seul moyen de leur imprimer la terreur et de les ramener à l'obéissance.
4 Mai: L'artillerie française, débarquée à San Fiurenzu, arrive à Oletta.
Le Régiment du Languedoc, commandé par le Marquis de CAMPENNE, fait mouvement sur les hauteurs de la Bocca à San Ghjuvanni, au-dessus de Olmeta di Tuda, précédé par 100 volontaires du Baron de VIOMESNIL. La Légion de Lorraine avance sur Oletta. Le Comte de MARBEUF, qui s'approche du Ponte à Golu, menace la Casinca. Il envoie tous ses chevaux et 300 grenadiers et chasseurs dans la plaine de Borgu, et jusqu'au bord du Golu. La Balagnaest bloquée par les troupes du Marquis de LUCKER et de de GEOFFRE.
PASQUALE PAOLI installe son poste de commandement à Muratu. Les bataillons de GHJUVAN CARLU SALICETI, FRANCESCU SERPENTINI et AGOSTINU COTTONI, défendent la Casinca, le bataillon de CARLU RAFFAELLI occupe Borgu et défend la route Bastia Casamozza, les bataillons de CLEMENTE PAOLI et ANTONIU GENTILI défendent les cols de Lentu et de Bigornu, avec en réserve à Canavaghja deux compagnies de mercenaires prussiens, le bataillon de GHJACUMU DANTE GRIMALDI d'ESDRA occupe A Bocca à San Ghjacumu di Tenda, le bataillon de FRANCESCU de GAFFORI occupe Ponte à A Leccia.
5 Mai: Les Français déclenchent l'offensive générale sur l'ensemble du front. Ils enlèvent le quartier général de PASQUALE PAOLI, à Muratu, lequel se replie à l'orée du Rustinu, à Riscamone. Les Naziunali, bousculés, décrochent vers les gorges de Bigornu et Lentu. Ils abandonnent Olmeta, Muratu, Vallecalle, Rapale et Pieve. L'armée française est sur le plateau de San Niculaiu, à la Chjesa Nera. Borgu est repris. Un détachement d'une soixantaine de cavaliers du Comte de MARBEUF, commandé par HALSTAT passe le Golu, à Lagu Benedettu.
6 Mai: Le Comte de VAUX et son armée bivouaquent à San Niculaiu. Ils se préparent à l'attaque du lendemain. La piève de Bigornu fait sa soumission. Lentu et Canavaghja résistent toujours.
7 Mai: Le Comte de VAUX et ESCOULOUBRE, avec leurs volontaires corses, prennent les hauteurs de Lentu et Canavaghja, et campent entre San Cervoni et San Ciprianu. San Gavinu, Santu Petru di Tenda et Soriu se rendent au Baron de VIOSMENIL, venu d'Oletta. DOIGNY et 300 de ses hommes prennent San Ghjacumu di Tenda. Une violente contre attaque des Naziunali coûte deux officiers et quelques soldats tués aux Français.
8 Mai: Battaglia di Ponte Novu: Nouvelle offensive des Naziunali, qui, avec plus de 1000 hommes venus de Petralba, menés par GHJACUMU DANTE GRIMALDI, tentent de déloger les Français de la Bocca à San Ghjacumu di Tenda. Ces derniers reçoivent les renforts des grenadiers et des chasseurs du Marquis d'ARCAMBAL et de de BOUFFLERS. ORSONE TAVERA (Pelone) et 2000 Naziunali, passent le Golu à Ponte Novu, et attaquent le camp des Volontaires Corses de l'armée française à San Ciprianu. Surpris, ces derniers sont en déroute. Alertés, les Français, avec ESCOULOUBRE, ALTERMALT, VARGEMONT, HAUSSONVILLE et le Régiment de la Marine, la Légion du Prince de Soubise, chasseurs et grenadiers, foncent alors sur Canavaghja, Costa et Ponte Novu. Pendant ce temps, les volontaires corses, ayant reçu des renforts, repoussent les Naziunali vers Ponte Novu. PASQUALE PAOLI, avec FRANCESCU de GAFFORI, ANTONIU FELICE FERRANDI et GHJUVANNI LURENZU de PETRICONI, est au-dessus de Valle di Rustinu, d'où il observe toute la rive droite du Golu et Ponte Novu: La garde du pont (5 arches, 3 mètres le large et 50 mètres de long) a été confiée à ANTONIU GENTILI, avec les deux compagnies de déserteurs prussiens. Il doit empêcher quiconque de traverser. GHJACUMU DANTE GRIMALDI, lui, a pour tâche de tenir les Costere, sur la rive gauche du Golu, d'où il doit ensuite attaquer Lentu. Or, il néglige de garder une petite colline (a-t-il été acheté ?, a-t-il trahi ?), par où les Français vont déboucher, et prendre à revers les Naziunali de ORSONE TAVERA (Pelone). Ces derniers sont empêchés de s'enfuir en traversant le Golu, car les Prussiens de ANTONIU GENTILI, obéissant aveuglément aux ordres, leur tirent dessus. C'est un véritable massacre, les Naziunali tombent par dizaines. 250 sont blessés ou tués sur le pont où se noient dans le Golu. Seule, la nuit sauve 300 ou 400 Naziunali. Au total, on dénombrera environ 1000 morts. Les Français accusent environ 250 blessés et 40 morts.
9 Mai: Les survivants du désastre, avec femmes et enfants, se réfugient sur les pentes du Monte Rotondu. Parmi ces derniers, LITIZIA BUONAPARTE, alors enceinte de NABULIU.
PASQUALE PAOLI, avec quelques centaines des siens, est au couvent de Merusaglia. Son frère CLEMENTE pense à l'exil. GHJUVANNI LURENZU de PETRICONI insiste également en faveur de cette solution.
Le père BONFIGLIU GUELFUCCI passe à L'Isulà, et s'embarque pour Livourne, d'où il va préparer l'exil de PASQUALE PAOLI.
10 Mai: Le Comte de MARBEUF marche sur Vignale et le couvent de Lucciana, où les habitants et les religieux ont pris les armes contre les Français. Il brûle village et couvent.
Petralba se rend au Marquis d'ARCAMBAL et à de BOUFFLERS.
11 Mai: Lama, Urtaca, Nuvella et toute la piève de Caccia, tombent aux mains des Français. L'Isulà est ainsi isolée de tout le reste de l', privant PASQUALE PAOLI des secours en argent, vivres et munitions qui y arrivaient.
Le Comte de VAUX est à la Bocca à San Ghjacumu di Tenda et y ordonne de construire un camp retranché pour deux bataillons.
12 et 13 Mai: Le Comte de VAUX, après avoir regroupé son armée, se prépare à poursuivre son offensive, dont la prochaine étape est Corti.
14 Mai: PASQUALE PAOLI propose un cessez-le-feu au Comte de VAUX. Celui-ci lui répond qu'il se prépare à lui en dicter les conditions.
PASQUALE PAOLI fait libérer les prisonniers français de sa campagne précédente, dont il se trouve plutôt embarrassé. Ces derniers, par Lentu, rentrent à Bastia.
Dix sept bataillons de l'armée française, qui campent entre Canavaghja et Costa, se préparent à franchir le Golu.
15 Mai: Le Comte de VAUX fait construire un pont provisoire sur le Golu, peu en amont de Ponte Novu.
16 Mai: Les troupes de de VIOSMENIL, de BOUFFLERS et ESCOULOUBRE passent sur la rive droite du Golu, évitent Merusaglia, protégée par 500 à 600 Naziunali, et campent entre le village de Valle di Rustinu et le hameau de Grate. Le Comte de VAUX rejoint Grate dans la soirée, et établit son quartier général à Valle di Rustinu.
17 Mai: Les Français marchent sur Merusaglia. Ils sont divisés en deux colonnes: la première, avec de BOUFFLERS, prend la Bocca à Cerna, pour rejoindre la route de Corti, la deuxième, avec ESCOULOUBRE, prend le chemin de Grate à Merusaglià, contourne le village, et arrive au couvent, abandonné et en feu.
PASQUALE PAOLI rejoint son frère CLEMENTE, FRANCESCU de GAFFORI et GHJUVANNI LURENZU de PETRICONI à Corti.
Au Ponte à Golu, à Lagu Benedettu, le Comte de MARBEUF, avec sept bataillons et la Légion de Lorraine, passe à son tour le Golu, malgré la résistance de 500 à 600 Naziunali qui tiennent le pont. Il se dirige ensuite vers le Monte Sant'Anghjulu, au-dessus de Loretu, et s'installe à Penta di Casinca.
Le Comte de NARBONNE prend le village de Mezzana.
19 Mai: Omessa se rend au Comte de VAUX.
20 Mai: Le Comte de MARBEUF fait occuper Sant'Antoniu della Casabianca par son Régiment de Lamarck, et Merusaglia par le Régiment du Languedoc.
PASQUALE PAOLI, n'ayant pu convaincre les habitants de Corti de défendre la ville, laisse celle-ci à la garde de FRANCESCU de GAFFORI, et se replie sur Vivariu.
21 Mai: Les Français marchent sur Corti en deux colonnes: la première, avec de BOUFFLERS, et les Régiments de Champagne et d'Aquitaine, prend la route de Suveria, la deuxième, avec ESCOULOUBRE, et ses grenadiers et chasseurs, deux canons, les Régiments de Marine, d'Eptingen, de Tournaisis, et le Royal Italien, prend le chemin ordinaire de Corti, les Volontaires Corses, commandés par ANTONIETTU de TALCINI, ouvrant la marche. GHJACUMU DANTE GRIMALDI d'ESDRA rejoint ces derniers au pont de Francardu.
Les Français arrivent à Corti. FRANCESCU de GAFFORI, avec une délégation de notables cortenais, se présente pour les accueillir. La ville se rend, sans résistance.
22 Mai: La citadelle de Corti, tenue par un capitaine et 25 Naziunali, résiste un temps, puis capitule. L'officier et ses hommes sont autorisés à partir pour Vivariu.
Le Comte de VAUX, qui campe, avec ses troupes sous les murs de la ville, attend les soumissions des communautés d'alentour. Toutes se soumettent, sauf celles du Fiumorbu, fidèles à PASQUALE PAOLI.
Les familles qui s'étaient retirées sur le Monte Rotondu et ailleurs envoient une députation au Comte de VAUX, à Corti, composée entre autres de CARLU BUONAPARTE et NICOLAS-LOUIS PARAVICINI, d'Aiacciu, LURENZU et DUMENICU GIUBEGA, de Calvi, DUMENICU ARRIGHI, de Spiluncatu, et GHJUVAN TOMASU ARRIGHI, de Corti.
23 Mai: Toute la vallée de l'Ostriconi est aux mains des Français.
PASQUALE PAOLI, toujours replié à Vivariu, y attend GHJACUMU PETRU ABBATUCCI. CLEMENTE PAOLI est à Vicu, où, avec CARLU BUONAPARTE, FRANCESCU SERPENTINI, GHJUVAN CARLU SALICETI et le curé de Guagnu, DUMENICU LECA (Circinellu), il tente de reconstituer et de réorganiser l'armée autour des quelques hommes qui restent avec lui, et de faire de la piève de Vicu, un bastion de résistance. La plupart des Capipopuli de la région s'y refusent et décident de se soumettre aux Français.
Edit Royal vouant à la peine de mort tout porteur ou détenteur d'arme à feu et ordonnant sa pendaison immédiate au premier arbre venu et sans autre forme de procès.
24 Mai: ANTON LEONARDU BELGODERE de BAGNAJA, AGHJILLIU MURATI, PETRU COLLE, PELONE d'OLETTA, GHJUVAN CARLU SALICETI, PETRU PIZZINI, avec près de 200 Balanini, quittent L'Isulà sur un navire anglais, et s'exilent en terre ligure.
La Balagna, complètement isolée, dépose les armes au Marquis de LUCKER.
L'Isulà, malgré la résistance du prêtre GHJUVAN BATTISTA CROCE et de quelques hommes, se rend aux grenadiers du Marquis d'ARCAMBAL.
Les Français, maîtres de Corti, de la Balagna et du Niolu, tiennent désormais la quasi-totalité du Diquà.
25 Mai: A Corti, la Stamperia imprime la dernière gazette du gouvernement, Ragguagli dell'Isola di Corsica (voir 1764). Ce dernier numéro évoque le désastre de Ponte Novu: Nous n'avons pas perdu courage… et si nous avons été battus, c'est sans honte.
CLEMENTE PAOLI, qui vient de recevoir l'appui et le soutien de GHJACUMU PETRU ABBATUCCI, lieutenant général des Naziunali du Dilà, du père PETRU PAULU ROCCASERRA, d' OTTAVIU COLONNA d'ISTRIA, et de GHJUVAN BATTISTA d'ORNANO, dit Bachjolu, décide de passer dans le Dilà, en Cinarca, où il se propose d'attaquer les Français à Mezzana.
1er au 5 Juin: CLEMENTE PAOLI et les Naziunali du Dilà harcèlent, sans trop de succès, les troupes françaises de Comte de NARBONNE, stationnées au Ponte alle Peri, sur la route de Bucugnà. Leur but est de les retarder au maximum afin de permettre à PASQUALE PAOLI de rejoindre Porti Vechju.
3 Juin: Offensive des Français dans le Dilà. Son but est de repousserPASQUALE PAOLI de plus en plus vers le sud, jusqu'àMezzana, où l'attendent les troupes duComte de NARBONNE.
PASQUALE PAOLI quitte Vivariu pour Porti Vechju.
4 Juin: Une colonne française, quatorze compagnies sous les ordres du Marquis de CAMPENNE, colonel du Régiment du Languedoc, part de Corti vers Vivariu, pour en chasserPASQUALE PAOLI. Une autre colonne, la Légion de Lorraine, avec le Baron de VIOSMENIL, se dirige alors sur Ghisoni, pour rejoindre ensuite Vivariu, et talonner PASQUALE PAOLI, devenu fugitif, jusqu'à Porti Vechju, où l'attendent déjà deux vaisseaux anglais, Le Vermouth et Le Rachel.
5 Juin: Les Français passent le Vechju. PASQUALE PAOLI est à Bucugnà.
6 Juin: PASQUALE PAOLI est àBastèrga, le village deSAMPIERU CORSU, où la population lui est acquise. Les Capipopuli lui conseillent de quitter l'Ile, la plupart desCorses ayant fait leur soumission aux Français.
PASQUALE PAOLI décide d'abandonner laCorse, avec l'espoir d'y revenir un jour.
PASQUALE PAOLI poursuit sa fuite par Zicavu.
7 Juin: La colonne française arrive à Vivariu. Le Comte de VAUX y reçoit la soumission des habitants de Ghisoni.
8 Juin: Les Français sont à Bucugnà. PASQUALE PAOLI est à Quenza, où il est accueilli par le capitaine ORAZIU di QUENZA, un de ses fidèles.
9 Juin: A Bucugnà, les troupes françaises du Diquà (le Comte de VAUX) et du Dilà (le Comte de NARBONNE) font leur jonction.
Le capitaine ORAZIU di QUENZA accompagne PASQUALE PAOLI jusqu'à Porti Vechju.
PASQUALE PAOLI passe par Zonza.
11 Juin: PASQUALE PAOLI est à Porti Vechju, dans la maison de ROCCU FRANCESCU COLONNA de CESARI ROCCA, où il loge.
12 Juin: Le Comte de VAUX est à Bastèrga, qui se soumet à son tour.
13 Juin: A Porti Vechju, PASQUALE PAOLI, avec FILIPPU MASSERIA, d'Aiacciu, s'embarque sur Le Vermouth, son frère CLEMENTE et 340 Naziunali, sur Le Rachel. Les Français, deux chebecs ancrés à quelques encablures, ne s'opposent pas à leur départ vers Livourne.
14 Juin: Les Anziani de Porti Vechju décident de capituler. Ils envoient trois des leurs, le podestat, ORAZIU di QUENZA, le consul, GHJUSEPPU ORLANDI, et le curé de Sarra di Scupamena DON GHJACUMU ROCCASERRA, à bord d'un des chebecs français, Le Singe, où ils sont reçus par le commandant du bord, le Chevalier de RAIMONDIS. Celui-ci accepte la reddition et envoie à terre 80 hommes, commandés par le lieutenant de vaisseau FRAMONT de PRESCE et l'enseigne GUESDON de ROURET, pour prendre possession de la place.
15 Juin: Les Français de la Légion de Lorraine, avec le Baron de VIOSMENIL, entrent à Porti Vechju, accueilli par les soldats de marine.
16 Juin: PASQUALE PAOLI débarque à Livourne. Il loge dans la demeure du consul anglais Sir JOHN DICK, où de nombreuses personnalités, dont Lord PEMBROKE et le Comte ANTONIU RIVAROLA viennent lui rendre visite.
20 Juin: CLEMENTE PAOLI et les 340 Naziunali, dont TOMASU CERVONI, ANTONIU GENTILI et l'abbé CARLU ROSTINI, avec 16 autres ecclésiastiques, à bord du Rachel, débarquent eux aussi à Livourne.
22 Juin: PASQUALE PAOLI quitte Livourne pour Florence.
Le Comte de VAUX annonce au Roi de France: Toute la Corse est soumise au Roi.
23 Juin: Cunsulta di Corti: On y prête serment de fidélité au Roi de France.
La Nation Corse est vaincue. Les villes et les principaux chefs-lieux sont occupés par les Français. Mais nombreux sont les Corses qui refusent de se soumettre. Ils constituent un mouvement fidèle à PASQUALE PAOLI. Parmi ceux-là, PACE MARIA FALCONETTI, MARS ACQUAVIVA, de l'Acquale di Niolu, ANDRIA ANFOSSI, du Niolu, le curé de Guagnu DUMENICU LECA (Circinellu), BONAVENTURA BENEDETTI (dit Venturone), et tant d'autres, comme ANGHJULU MARIA BONELLI, dit Zampaglinu di Bucugnà, un lointain parent des Buonaparte, à qui l'on reproche de venir, chaque année, de laSardaigne, son refuge, prélever sur les notables insulaires, qu'ils soient Corses ou Français, sa moisson d'impôts révolutionnaires.
Il y a, toutefois, un Parti Français solidement implanté en Corse. Et, dès l'exil de PASQUALE PAOLI, nombreux sont les Capipopuli qui viennent se rallier à laFrance. Parmi eux GHJACUMU PETRU ABBATUCCI, CARLU BUONAPARTE, ETIENNE DURAZZO FOZZANI, GHJACUMU DANTE GRIMALDI, ANTONIU GALLONI d'ISTRIA... FRANCESCU MARIA PIETRI, de Fuzzà, resté fidèle, constate que la plupart des notables de la région ont déjà adhéré au Parti Français.
9 Juillet: Le Comte de VAUX est nommé Gouverneur Général de la Corse, en remplacement du Marquis FRANCOIS CLAUDE de CHAUVELIN (voir 1768).
15 Juillet: PASQUALE PAOLI est à Florence où il obtient du Grand Duc de Toscane, PIETRO LEOPOLDO 1er, fils de CHARLES III, le Roi d'Espagne, l'hospitalité pour lui et ses compagnons. CLEMENTE PAOLI séjourne dans un couvent à Vallombrosa, près de Florence.
16 Juillet: Un détachement de Volontaires Français est attaqué dans les environs de Porti Vechju.
17 Juillet: Sentence rendue dans le procès de la Conspiration d'Oletta: Le tribunal militaire de l'intendant DANIEL MARC ANTOINE CHARDON condamne 18 accusés: cinq seront roués vifs ( DON PETRU LECCIA, FRANCESCU ANTONIU SANTAMARIA, GHJUVAN DUMENICU CERMOLACCE, GHJUVANNI GUIDONI, de Poghju d'Oletta, et GHJUVAN CAMILLU GUIDONI, de Poghju d'Oletta, ces trois derniers volontaires dans la compagnie de CRISTOFARU CERMOLACCE), un est envoyé aux galères à vie (RINUCCIU, dit U Rossu). L'histoire retient le comportement de MARIA de GENTILE, qui,malgré l'interdiction, récupère le corps de son fiancé afin de l'ensevelir dignement. Les autres, en fuite, sont condamnés à mort (douze) ou à la chiourme (cinq).
PASQUALE PAOLI, avec le père BONFIGLIU GUELFUCCI, décide de prendre le chemin de l'Angleterre, où il est l'invité du Roi GEORGES III . Par Bologne, il rejoint Mantoue où il est reçu par l'empereur JOSEPH II d'Autriche.
27 Juillet: Un corps du Régiment du Languedoc tome dans une embuscade, dans le Niolu.
28 Juillet: PASQUALE PAOLI quitte Mantoue pour Vérone.
LITIZIA BUONAPARTE, enceinte de NABULIU, séjourne au Palazzu Acquaviva, à Lozzi, dans une maison datant de 1735.
8 Août: Nomination des commissaires de guerre chargés de la police, et affectations des cantonnements des troupes du Roi de France: à Calvi, la Légion du Prince de Soubise avec le Régiment de Bourgogne de Monsieur de MONTCARVILLE, à Oletta, le Régiment de la Marine, à Omessa, le Régiment de Tournaisis, avec Messieurs BLANCHARD et PAS de LOUP Fils, en Balagna, le Régiment du Médoc et le Régiment du Rouergue, avec Monsieur GREFFIER de La GRAVE, à Corti, le Régiment du Soissonais, de Buckley et le Régiment de Roscomon, à Venacu, le Régiment de Lamarck, à Vivariu, le Régiment de La Marche, à Ghisoni, 300 Volontaires Corses, avec CLAUDE MILLIN de GRANDMAISON, à Cervioni, le Régiment de Champagne, à Tallone, le Régiment du Languedoc, avec Monsieur PALTEAU de VEYMERANGES, à Zuani, Erbaghjolu et Boziu, le Régiment d'Aquitaine, avec Monsieur PAS de LOUP Père, à Merusaglia, le Royal Italien, en Casinca, le Régiment d'Eptingen, avec Monsieur DROLANVAUX, à Borgu, la Légion Lorraine, à Bastia, la Légion du Dauphiné, avec Monsieur de MONTMESNIL, à Aiacciu, le Régiment de Bretagne et le Royal Roussillon, avec Monsieur de JADART, à Bastèrga et Bucugnà, le Régiment du Prince d'Anhalt, avec Monsieur DENIS, à Sarté et Bunifaziu, le Régiment de Provence, avec Monsieur HULIN de CHAMPROUX, à Castifau (dans le couvent San Francescu di Caccia), le Régiment Provincial.
9 Août: PASQUALE PAOLI, après être passé par Vienne arrive à Munich.
10 Août: Ordonnance de création de deux légions de Volontaires Corses, une dans le Dilà, commandée par le colonel de SIONVILLE, avec GHJUVAN BATTISTA de PERI, dit Comte de PEREZ pour adjoint, l'autre dans le Diquà, commandée par le Marquis d'ARCAMBAL, assisté de CESARE MATTEU de PETRICONI.
15 Août: Naissance, à Aiacciu, de NABULIU BUONAPARTE, fils de CARLU et LITIZIA BUONAPARTE.
PASQUALE PAOLI est à Francfort, où il visite JOHANN WOLFGANG von GOETHE.
23 Août: Un édit du Comte de VAUX ordonne le désarmement général: Tout individu qui est trouvé portant sur lui ou recelant dans sa demeure des armes à feu sera immédiatement jugé sans appel et puni de mort.
A Toulon, Monsieur SERCAL, avocat au parlement, traduit en Français les Statuti Civili di Corsica.
Des Ordonnances Royales servent désormais (voir Décembre 1768) les lois criminelles et remplacent les Statuti Criminali. Elles sont un véritable code de sang. La potence, le feu et la roue sont les supplices dont on punit les plus petits délits. Deux cours prévôtales, l'une à Aiacciu, l'autre à Bastia, sont chargées de la justice expéditive du Roi.
Le Comte de VAUX sollicite un édit pour établir un corps de noblesse en Corse et ériger le pays en province d'état. En tant que pays frontalier conquis, la Corse se trouve rattachée au Ministère de la Guerre.
Le colonel de SIONVILLE est nommé maréchal de camp, avec mission de parcourir l'Ile à la tête de quelques compagnies de soldats, afin de parfaire le désarmement et la pacification. Le désarmement est très difficile, et les Français multiplient les recherches, les perquisitions, les menaces, augmentant ainsi le nombrede suspects, d'accusés et de condamnés à mort. Déjà, de nombreux prisonniers peuplent les souterrains de la forteresse de Toulon.
Formation de la Légion Corse, avec pour colonel, CESARE MATTEU de PETRICONI (elle est mise sur pied à Tournon, par le Marquis d'ARCAMBAL), dont neuf compagnies d'infanterie seront incorporées au Royal Corse, commandé par le colonel MATTEU de BUTTAFUOCO.
Le Comte de VAUX fait sa tournée d'inspection dans toute la Corse. Il fait publier les Ordonnances Royales qui désormais remplacent les Statuti Criminali. Il crée neuf tribunaux, chargés de les faire observer.
Le cours de la monnaie corse est dévalué et aligné sur celui de la monnaie française: la lire nationale ne vaut plus que quinze sous de France, et n'aura bientôt plus cours.
Le Comte de VAUX ordonne de rendre carrossable le chemin de Bastia à Corti, ainsi que celui de Corti à Aiacciu. Cette route prendra le nom de Route Royale, et pour en assurer la sécurité, il fait construire deux fortins, un à Vivariu et l'autre à Vizzavona.
Le Comte de VAUX fait dessiner par Jean BOURCET de la SAIGNE les plans de la citadelle de Corti, afin de la désolidariser des maisons des Castellace et du reste de la ville, laquelle devra se développer à ses pieds.
Septembre: Importants édits sur la juridiction ecclésiastique, l'exercice et le droit de régale, ainsi que sur l'administration civile des bénéfices vacants. Le but est d'affranchir les évêques de Corse de la trop étroite tutelle de Rome, et de les soumettre aux lois communes du clergé de France.
Installations de neufs tribunaux civils de première instance, à Bastia, Aiacciu, Corti, Oletta, Vicu, Ruglianu, Sarté, Cervioni et Calvi. Ils sont composés d'un juge nommé par le Roi, d'un assesseur corse, d'un procureur et d'un greffier.
GHJUVANNI BATTISTA PASQUALINI (voir 1747) est lieutenant-colonel d'infanterie attaché à la Légion Corse.
5 Septembre: PASQUALE PAOLI arrive à La Haye.
10 Septembre: 69 Corses arrivent dans les geôles du Fort Lamalgue à Toulon.
13 Septembre: 136 Corses arrivent dans les geôles du Fort Lamalgue à Toulon. 160 parviennent à s'en échapper, la plupart seront repris les jours suivants.
A La Haye, le peintre français SOPHIE CARON peint un portrait de PASQUALE PAOLI.
17 Septembre: PASQUALE PAOLI quitte la Hollande pour l'Angleterre.
18 Septembre: PASQUALE PAOLI débarque à Harwich, en Angleterre.
19 Septembre: PASQUALE PAOLI part pour Londres. Avec lui, BONFIGLIU GUELFUCCI et ANTONIU GENTILI. Dés son arrivée dans la capitale anglaise, il reçoit la visite de JAMES BOSWELL.
25 Septembre: Sur la place de l'église d'Oletta, DON PETRU (ou BERNARDU) LECCIA, dont la fiancée MARIA GENTILE récupèrera le corps bravant l'interdiction des Français, FRANCESCU ANTONIU SANTAMARIA, GHJUVAN DUMENICU CERMOLACCE, GHJUVANNI et GHJUVAN CAMILLU GUIDONI, jugés dans le procès de la Conspiration d'Oletta, sont torturés et roués vifs.
1er Octobre: Le Royal Corse devient la propriété du colonel MATTEU de BUTTAFUOCO.
10 Octobre: JAMES BOSWELL présente PASQUALE PAOLI à l'écrivain SAMUEL JOHNSON. Le Duc de GRAFTON, Premier ministre, lui obtient une pension de 1200 livres par an.
CARLU BUONAPARTE part pour l'Université de Pise afin d'y obtenir son doctorat en Droit.
Octobre: 232 Corses sont détenus dans les geôles du Fort Lamalgue et de la Tour Royale, à Toulon.
30 Novembre: CARLU BUONAPARTE est reçu Docteur en Droit à l'Université de Pise.
Décembre: GHJUVAN CARLU SALICETI, retiré en Casinca, rejoint Florence où il retrouve CLEMENTE PAOLI.
11 Décembre: De retour de l'Université de Pise, CARLU BUONAPARTE rentre en Corse. A Bastia il prête serment comme avocat devant le Conseil Supérieur de la Corse.
20 Décembre: ANTONIU MARIA de CASTELLI est nommé Juge Royal au siège de Calvi.
27 Décembre: Institution d'une compagnie de maréchaussée, ou gendarmerie, avec à sa tête, un prévôt général et trois lieutenants. Elle est constituée de 14 brigades de 8 exempts, 3 brigadiers, 47 cavaliers et un trompette.
Le Conseil supérieur de la Corse adresse une supplique au Roi LOUIS XVI afin d'obtenir l'ouverture à Bastia d'un établissement composé de 4 classes (humanités, rhétorique, philosophie et langue française).
Décès de MATTEU d'ANGELIS, l'évêque corse d'Aleria.
Les campagnes de 1768 et 1769 ont coûté 16 746 816 livres à la Couronne de France. Le bilan des pertes humaines s'élève à 10721 militaires tués dont 549 officiers.
L'abbé CARLU ROSTINI, ex-aumônier auRoyal Corse et ancien directeur de la Stamperia (voir 1764), se retire àCervioni.
DON FRANCESCU COLONNA de GIOVELLINA, de U Pratu di Ghjuvellina, est nommé inspecteur de la piève de Caccia par leComte de VAUX.
Un recensement est mis en place, afin de déterminer avec précision le nombre, l'âge, la profession et la nationalité des habitants de l'Ile, la composition des feux et l'importance du cheptel. On compte sur l'Ile 57 pièves, 10 juridictions, 26336 feux, soit 130680 âmes, dont 32322 hommes en état de porter les armes.
Bastia compte plus de 5300 habitants.
Les salaires alloués aux Corses restent toujours inférieurs à ceux des Français.
GHJUSEPPU MARIA MASSESI, ancien Gran'Cancillieru di A Nazione, est nommé par le Roi, membre du Conseil Supérieur de la Corse, chargé d'inventorier toutes les archives du gouvernement corse.
OTTAVIU COLONNA d'ISTRIA est nommé capitaine au Régiment Royal Corse.
PETRU CROCE, de Calvi, entre comme cadet gentilhomme au Régiment Royal Corse.
FRANCESCU de GAFFORI est nommé capitaine de dragons à Tarascon.
JEAN BOURCET de LA SAIGNE, ingénieur géographe (voir 1740) est nommé Directeur des fortifications en Corse.
GHJUVAN BATTISTA de CARAFFA, de Bastia, est major au Régiment Royal Corse.
COSIMU MARIA de CASALTA, de Bastia, est capitaine d'infanterie de la Légion Corse.
PIERRE BARRAL (1742,1826) officier d'infanterie, ingénieur des Ponts et Chaussées, est envoyé enCorse, où il sera nommé Inspecteur Général des Ponts et Chaussées.
PASQUALE PAOLI, entre 1755 et 1769 a écrit 1779 lettres: 542 depuis Corti, 133 depuis Olmeta, 116 depuis Patrimoniu, 106 depuis Ruglianu, 13 depuis Tominu
A Londres, publication de la troisième édition, revue et corrigée, de An Account of Corsica, the journal of a tour to that island and memoirs of Pascal Paoli, suivie d'une carte de la Corse, dite de BOSWELL.
A Londres, parution du manuscrit de JOHN SYMONDS intitulé Remarks on the present state of Island of Corsica (voir 1767), dans sa version italienne sous le nom de Osservazioni di un viaggiatore inglese sopra l'Isola di Corsica, scritte in inglese sul luogo nel 1767 ed ora tradotto in italiano.
Portrait de PASQUALE PAOLI par le peintre italien PIETRO GHERARDI, dont la gravure est effectuée par RICHARD HOUSTON.
Gravure d'un portrait dePASQUALE PAOLI exécutée par le graveur hollandais REINIER VINKELS.
Le Révérend Père Jésuite italien BETTINELLI, dans une lettre, après plusieurs rencontres, fait une description dePASQUALE PAOLI et résume objectivement les aspects de son action en Corse, le comportement de ses compatriotes et les espérances que l'exilé nourrit pour l'avenir.
JAMES BOSWEL fait exposer le portrait grandeur nature de PASQUALE PAOLI (Pascal Paoli à la bataille de Ponte Novo), exécuté par HENRY BENBRIDGE (voir 1768), à la Society of Free Artists de Londres.
JACQUES NICOLAS BELLINI (voir 1764), publie à Paris, chez Didot, un Atlas de l'Isle de Corse, composé de 38 planches, inséré dans sa Description géographique et historique de l'Isle de Corse. La partie historique de l'ouvrage est empreinte d'un vif parti pris de dénigrement du peuple corse.
Edition de plusieurs autres cartes de la Corse: à Londres, une anonyme, une de ABRAHAM ISAAC POLAK, graveur à La Haye, une de MARTINUS de BRUYN, éditeur et libraire à Amsterdam, une de THOMAS JEFFERYS, géographe anglais, une de GIOVANNI (ou GIROLAMO) LAPIS, graveur italien, une de PRUVOST, géographe à Paris, une de L. MONDHARE, éditeur à Paris, une de TOMAS LOPEZ, géographe et éditeur à Madrid, une de VITTORIO BOASSO, graveur à Turin, et une de CLERMONT, géographe à Paris.



1770:

ETIENNE POGGI est podestat de Bastia.
Février: Les hommes du Régiment de La Marche sont assaillis à Zuani. Le couvent est brûlé.
5 Février: Le Comte de VAUX écrit au Duc de CHOISEUL, au sujet des Corses encore armés: Il me semble nécessaire que vous m'autorisiez à faire démolir leur maison et dévaster les biens de leurs parents. La justice ordinaire est si lente que cette lenteur persuade les peuples qu'ils peuvent commettre des crimes impunément.
10 Février: L'intendant DANIEL MARC ANTOINE CHARDON décrète que toute monnaie corse sera prescrite dans l'Isle.
26 Février: Par lettres patentes, le collège de Bastia est érigé en établissement d'enseignement public, et l'une des 4 sections du collège est consacrée, comme prévu (voir 1769), à l'étude de le langue française. L'enseignement est confié aux Doctrinaires.
JACOBU MASSEI (voir 1766), est lieutenant en garnison en Alsace, au Régiment Royal Corse.
CARLU ANTONIU QUESTA, (voir 1769) est sergent au Régiment Royal Corse.
Mars: La garnison d'Appietu manque d'être massacrée par des rebelles, bandits ou séditieux corses.
13 Mars: Le Comte de VAUX écrit au Duc de CHOISEUL, au sujet des Corses encore armés: Ils se multiplient chaque jour, ainsi que les vols et les assassinats. La crainte de la justice ordinaire ne remédie à rien, parce que les formes éloignent les punitions; celles qui sont faites trois mois après le délit sont des exemples qui ne produisent pas les mêmes effets que ceux qui suivent de près les crimes commis.
19 Mars: Le Comte de VAUX écrit au Duc de CHOISEUL, au sujet du village d'Appietu: Ses habitants, lors du succès de l'armée dans la campagne dernière, témoignaient la plus grand douleur et donnaient des marques de joie quand ils voyaient les blessés. C'est le cas de faire un acte de justice sue ce village par la démolition des maisons et la confiscation des biens des plus coupables.
24 Mars: Le Comte de VAUX écrit au cardinal de Bernis: L'abbé Francescu Acquaviva excite les paysans de la plus méchante piève de l'île, qui sont presque tous ses parents, à assassiner en différentes occasions un très grand nombre de Français; actuellement il a un neveu qui continue les mêmes désordres. Ledit prêtre est de tous ces hommes le plus méchant, suivant l'opinion de ses compatriotes: il a tous les vices des crapuleux, et même celui de l'ivrognerie, et il n'y a point de crimes dont il ne soit soupçonné. La première cure de sa piève étant devenue vacante par la mort de son principal ennemi, il est vraisemblable qu'il s'occupe à Rome de se la procurer. Pour l'avantage de ses paroissiens, je dois vous supplier d'y mettre les obstacles qui dépendent de votre Eminence.
Déclaration du Roi: Le port et la détention d'armes blanches, sauf exceptions limitées, sont punis de mort.
Avril: Création d'un tribunal civil de première instance à Bunifaziu. C'est le dixième (voir 1769).
1er Avril: Signature, à Versailles, des lettres patentes nommant LOUIS CHARLES RENE, Comte de MARBEUF à la succession du gouverneur NOËL de JOURDA, Comte de VAUX.
8 Avril: Seules, cinq familles corses ont été anoblies par les Génois: les Cortinco (de GHJUVANNINELLU CORTINCO), les Casale (de PETRU et son fils GUGLIELMU), les Cuneo (de PETRU CUNEO, voir 1765), les Sorba (de AGOSTINO PAULO DOMENICO SORBA, voir 1768) et les de Matra (de ALERIU FRANCESCU de MATRA, voir 1763).
Un Edit Royal institue l'Ordre de la Noblesse Corse. Celle-ci doit être prouvée (depuis plus de 200 ans), avouée (reconnue de notoriété publique) et authentifiée (par les Nobili Dodeci du Conseil Supérieur de la Corse). On distingue quatre catégories: la Noblesse Reconnue, la Noblesse Accordée, la Noblesse Etrangère et la Noblesse Obtenue par Grâce. Les Buonaparte seront ainsi anoblis.
16 Avril: Règlement provisoire déterminant la composition, le nombre et le mode électoral des députés des pièves et des provinces des deux futures Assemblées Générales (Assemblée des Provinces et Assemblée des Etats de Corse): 69 députés au total ( pour chaque ordre, Clergé (13 élus plus les 5 évêques), Noblesse et Tiers Etat). Chaque tranche de 1000 feux (4000 âmes environ) aura un député de la Noblesse (noble ou à défaut notable) et un du Tiers Etat. L'Assemblée des Provinces élit ses députés. L'assemblée des pièves comprend le piuvanu, les nobles, les podestats et les Padri di U Cumunu. Celle des provinces est constituée par un ecclésiastique (piuvanu le plus souvent), un noble et un représentant du tiers état.
21 Avril: Le Comte de VAUX écrit au Duc de CHOISEUL, au sujet des au sujet des Corses: Vous jugerez peut-être que les coupables ne pouvant être châtiés dans leurs personnes, il est nécessaire de dévaster leurs maisons et leurs autres biens.
23 Avril: A Corti, réunion des représentants des communautés de l'Ile. Elle prépare la première grande Assemblée des Etats de Corse, prévue le 15 Septembre. Cette assemblée n'a aucun pouvoir de décision. Sa seule compétence est la répartition et la perception des impôts, et sa tâche est l'examen des comptes du pays. Il en est terminé des Cunsulte Naziunali.
A la demande du Duc de CHOISEUL, le Comte de MARBEUF, le colonel MATTEU de BUTTAFUOCO et le Général de SIONVILLE rédigent, chacun, un Mémoire sur l'état physique et moral de laCorse.
Un Edit Royal ordonne la mise en place du Plan Terrier de Corse. C'est un registre contenant le dénombrement, les déclarations des particuliers qui relèvent d'une seigneurie, et le détail des droits, cents et rentes qui y sont dus. Tous les propriétaires doivent se plier aux formalités nécessaires. Tous les biens sans légitimes propriétaires tomberont aux mains du Roi.
27 Avril: L'impératrice CATHERINE de RUSSIE écrit à PASQUALE PAOLI, à Londres, une lettre lui témoignant de son amitié. Elle se déclare sensible à sa grandeur d'âme et à la façon généreuse dont il a défendu sa patrie.
30 Avril: Arrivée à Bastia des personnels chargés d'élaborer le Plan Terrier de Corse. Les cadres s'installent au couvent des Jésuites. Les deux principaux responsables sont TESTEVUIDE, de Haute-Marne, animateur et contrôleur général, et BEDIGIS, de Champagne, exécuteur des plans.
7 Mai: Le Comte de VAUX, lassé de ne pas être entendu par Versailles, démissionne de ses fonctions. Le Comte de MARBEUF lui succède.
23 Mai: Arrêté ordonnant à tous les Corses de livrer leurs armes à feu, sous peine de mort, et quiconque ne sera pas muni d'une permission expresse de commandant en chef sera jugé prévôtalement et sans appel.
23 Juin: Réouverture du collège des Jésuites à Bastia (voir 1768).
Les commissaires du Roi déterminent la Contribution Provisoire du Pays (Subvention Territoriale). Elle est fixée aux deux vingtièmes des fruits de la terre (céréales, légumes, huile, vin, châtaignes, lait, fromage…) et du bétail (dix sous par vache, cinq pour une truie, deux pour une chèvre), et payable à chaque trimestre. C'est l'Assemblée des Etats de Corse qui en fixe la répartition entre les provinces de l'Ile.
24 Juin: LeComte de MARBEUF confirme l'Edit Royal (voir 1769) vouant à la peine de mort tout porteur ou détenteur d'arme à feu et ordonnant sa pendaison immédiate au premier arbre venu et sans autre forme de procès.
10 Juillet: Ordonnance Royale complétant l'édit de l'intendant DANIEL MARC ANTOINE CHARDON du 15 Septembre 1768. Désormais, les registres des paroisses devront être paraphés par le juge royal et déposés au greffe du tribunal.
25 Juillet: De Bastia, le Visiteur Apostolique TOMASO STRUZZIERI (voir 1765) quitte la Corse, après avoir exercé sans succès son ministère et sa fonction de visiteur auprès des Naziunali, et sans avoir réussi à les ramener dans le sein des Génois.
1er Août: Le Comte de MARBEUF décrète de faire brûler tous les maquis de l'Ile, afin d'ôter la faciliter de retraite à une race aussi exécrable, à savoir les Corses.
6 Août: BENEDETTO ANDREA DORIA est évêque d'Aiacciu (voir 1759), DOMINICO MARIA SAPORITO est évêque de Mariana-Accia (voir 1747), l'archidiacre de Bastia et vicaire général de Mariana-Accia, ANGELO ODARDO STEFANINI (voir 1746) est nommé évêque de Sagone, et MATTEU FRANCESCU GUASCO (voir 1768), évêque du Nebbiu. Un Français, JEAN JOSEPH MARIE de GUERNES, est nommé évêque d'Aleria.
1er Septembre: GHJACUMU PETRU ABBATUCCI est nommé Capitaine de Dragons à la Légion Corse levée par le Marquis d'ARCAMBAL, avec rang de lieutenant-colonel.
15 Septembre: A Bastia, ouverture de la Première Assemblée des Etats de Corse. Elle comprend les députés du Clergé, à savoir, les évêques ou leurs grands vicaires, et les députés des provinces, au nombre de deux (un pour la Noblesse et un pour le Tiers Etat) pour 1000 et au-dessous. Chacune des 13 provinces ( Bastia, le Nebbiu, le Capicorsu, Aleria, Corti, Calvi, la Balagna, Aiacciu, Vicu, Sarté, Bunifaziu, Porti Vechju et l' Istria) a un ou deux envoyés. Au total, 50 députés ecclésiastiques et 46 des provinces (23 pour la Noblesse et 23 pour le Tiers Etat). Les commissaires du Roi sont le Comte de MARBEUF et l'intendant DANIEL MARC ANTOINE CHARDON, le chancelier (ou greffier) étant GHJUSEPPU OTTAVIU QUESTA. La première séance se tient en l'église de La Cuncezzione. Tous les députés prêtent serment au Roi de France. Onze séances vont se succéder.
16 Septembre: Première séance de l'Assemblée des Etats de Corse. Le discours d'ouverture est lu par le Comte de MARBEUF, à qui est confiée la présidence des débats. Mise en place des ordres du jour et des délégations. Puis on traite de l'organisation de la justice et de la législature. Les commissaires du Roi demandent l'abrogation des Statuti di Corsica. Les députés corses, avec à leur tête GHJACUMU PETRU ABBATUCCI, en réclament le maintien. Finalement les Statuti Civili sont conservés, alors que les Statuti Criminali sont remplacés par les ordonnances royales, beaucoup plus rigoureuses. Les Podestats et les Padri di U Cumunu sont conservés.
LURENZU GIUBEGA, de Calvi, est député de la Noblesse de la Balagna à l'Assemblée des Etats de Corse.
SAVIERU GRAZIETTI, de Vezzani, est député de la Noblesse de Corti à l'Assemblée des Etats de Corse.
DON FRANCESCU COLONNA de GIOVELLINA est élu député de la Noblesse de la province de Corti.
GHJUSEPPU MARIA PASSANI, chanoine de l'église collégiale de Curbara, est député du Clergé de Balagna à l'Assemblée des Etats de Corse.
17 Septembre: Deuxième séance de l'Assemblée des Etats de Corse. La rédaction des actes publics pourra continuer à se faire en langue italienne (toscane), jusqu'à ce que la pratique de la langue française devienne générale. On fixe le montant des émoluments des greffiers, avocats et avoués, des taxes des tribunaux ecclésiastiques. On délibère sur le maintien ou l'abrogation des sentences des tribunaux précédents. La monnaie corse n'aura plus cours. Elle sera remplacée par la monnaie du Roi de France, qui reprendra les pièces de cuivre au prix de leur poids, et celles d'argent à la moitié de leur valeur.
18 Septembre: Troisième séance de l'Assemblée des Etats de Corse. Il est décidé de la tenue d'un Registre Général de l'Ile de Corse (Cadastre). Le prix du sel est fixé à quinze deniers de France la livre.
19 Septembre: Quatrième séance de l'Assemblée des Etats de Corse. On y détermine les taxes des douanes des marchandises entrant ou sortant du territoire de la Corse, des ports francs, des droits d'ancrage et autres taxes (gabelle, papier timbré, enregistrement…). Les routes à construire le seront désormais aux frais de la communauté corse. Toute terre laissée en friche durant plus de trois ans tombera désormais et de plein droit dans le domaine de la couronne.
21 Septembre: Cinquième séance de l'Assemblée des Etats de Corse. On y traite de la Subvention, qui est l'impôt payé, par ses sujets, au souverain. Elle est fixée à 120000 livres: 80000 pour le Diquà et 40000 pour le Dilà. Chaque province paie, en fonction de son importance: Bastia, 28000 livres, Aleria, 12000, le Capicorsu, 6000, le Nebbiu, 6400, Corti, 9200, Calvi et la Balagna, 18000, Aiacciu, 19000, Vicu, 4000, Sarté, Bunifaziu, Porti Vechju et l' Istria, 17000. Cet impôt est exigible par quatre quarts par année (un par trimestre).
22 Septembre: Sixième séance de l'Assemblée des Etats de Corse. La plantation et la culture des châtaigniers doivent désormais être agréées par l'intendant Général. L'élevage des chèvres, trop nombreuses, sera également soumis à son contrôle. Les représentants de la Nation devront tout mettre en œuvre pour purger le pays des bandits qui infestent et désolent l'Ile, par exemple ANGHJULU MARIA BONELLI, dit Zampaglinu di Bucugnà, cousin de CARLU BUONAPARTE, qui bat le territoire de Pentica à Vizzavona, pillant et rançonnant tout ce qui circule entre Aiacciu et Corti.
Le gouvernement royal projette d'installer à Bucugnà une colonie de Grecs d'Aiacciu, qui, fidèles et loyaux sujets du Roi, seront garants de la présence française dans ce village insoumis et peu sûr.
23 Septembre: Septième séance de l'Assemblée des Etats de Corse. On y désigne les Nobili Dodeci parmi les députés nobles de l'Assemblée: huit pour le Diquà ( GHJUVAN QUILICU de CASABIANCA, ANTONIU MASSEI, le DuttoreCARLU GRIMALDI d'ESDRA, TIBURZIU MURATI, GHJUVAN BATTISTA GENTILI, LURENZU GIUBEGA, ANICETU PIETRI et PAULU MARIA ROSSI), et quatre pour le Dilà ( MARCU AURELIU ROSSI, MARCU COLONNA, GHJACUMU PETRU ABBATUCCI et ANTONIU GHJUSEPPU (ou ETIENNE) DURAZZO FOZZANI).
24 Septembre: Huitième séance de l'Assemblée des Etats de Corse. On y détermine le tour de rôle des deux Nobili Dodeci qui devront résider auprès du commissaire à Bastia pendant deux mois. Les députés refusent, à l'unanimité, de recevoir honoraires ou indemnités pour leurs vacations, ne voulant pas grever le budget de l'Ile. Toute province devra être délimitée de façon précise, avec la superficie exacte de chaque communauté, le nombre, l'âge, le sexe et la profession de ses habitants. La piève d'Istria est séparée de la province de Sarté, et rattachée à celle d'Aiacciu.
Lors des débats, parmi les contestataires au Comte de MARBEUF, on peut citer GHJACUMU PETRU ABBATUCCI, l'abbé J.M. BRUNI, d'Olmeta, le chanoine PASQUALE SUSINI et GHJUVAN BATTISTA GALEAZZINI, député du Niolu.
Un édit du Comte de MARBEUF décrète que les mères, femmes et filles de ceux qui ont suivi le parti de PASQUALE PAOLI doivent quitter la Corse et rejoindre ces derniers en exil sous un mois, sinon, elles seront mises en prison et chassées de l'Ile.
25 Septembre: Neuvième séance de l'Assemblée des Etats de Corse. L'Isulà demande et obtient le statut de ville. Chaque province et chaque piève expriment leurs vœux (uniformisation des poids et mesures, créations d'hôpitaux, de maisons de charité, d'un cimetière à Aiacciu, d'un collège à Sarté, demande du rétablissement de l'Università di Corti …). Les chapitres et les ordres religieux à leur tour, formulent leurs revendications.
26 Septembre: Dixième séance de l'Assemblée des Etats de Corse. Suite des requêtes des provinces. Contestations ou litiges entre pièves au sujet des limites de leurs territoires. Sarté demande et obtient le statut de ville. Tout livre pernicieux est formellement interdit sur le territoire de Corse. On lève une Milice Nationale (Milizia Naziunale), aux frais des Corses, auxquels il en coûtera 16000 lires par an. Chaque piève devra posséder son sceau (sugellu).
27 Septembre: Onzième et dernière séance de l'Assemblée des Etats de Corse. Les députés offrent une médaille commémorative de la Réunion de la Corse à la France, et désignent trois des leurs pour la présenter au Roi LOUIS XV, parmi lesquels LURENZU GIUBEGA, ANTONIU MASSEI et l'évêque de Sagone ANGELO ODARDO STEFANINI.
La récolte du corail rouge est désormais interdite aux pêcheurs d'Aiacciu, sous prétexte que ce corail est de mauvaise qualité. De nombreux corailleurs doivent s'expatrier sur les côtes d'Afrique ou à Marseille.
1er Octobre: Dans le compte rendu financier de laCorse, en un an, les recettes représentent 295718 livres, et les dépenses 272822 livres.
Le Comte de NARBONNE est à Aiacciu, où il s'est constitué un solide parti, avec JEAN JOSEPH MARIE de GUERNES, l'évêque français d'Aleria, CESARE MATTEU de PETRICONI, colonel de la Légion Corse, et le colonel MATTEU de BUTTAFUOCO. Il remplace le Comte de MARBEUF chaque fois que celui-ci se rend à Paris. L'antagonisme entre les deux hommes s'exaspère.
Ouverture du premier théâtre de Bastia. Il est en bois, et accolé au mur d'enceinte de la citadelle.
CARLU BUONAPARTE devient le substitut occasionnel et officieux de LURENZU GIUBEGA, procureur du Roi à Aiacciu.
Organisation d'un service régulier des postes, avec un bureau centralisateur à Bastia, et d'autres installés à Aiacciu, Corti, Calvi, Cervioni, U Viscuvatu, Vicu, Sarté et Bunifaziu.
GUY ANTONIU ORTICONI, de Munticellu, est sous-lieutenant au Régiment Royal Corse et lieutenant dans la compagnie Colonelle.
A Corti, construction, au frais du Roi, d'un canal qui conduit à la fontaine l'eau pour alimenter la population, la garnison et le moulin.
Publication, à Florence, de la première partie de l'œuvre Istoria del Regno di Corsica, de GIOVACCHINO CAMBIAGI, qui comporte en tout quatre tomes.
A Livourne, publication des Lettere italiane sopra la Corsica, sous la fausse indication de Lausanne, de RAIMONDO COCCHI, attribuées également à l'abbé Del TURCO ou à l'abbé LUCA MAGNANIMA, de Toscane.
A Santa Riparata di Balagna, naissance de AGOSTINU FONDACCI de PAOLI, futur officier au service britannique, puis émigré et pensionné en Angleterre.
Le Comte ANTONIU RIVAROLA, fils de DUMENICU RIVAROLA, épouse ELENA ZERBI, fille de GHJUSEPPU BARBAGGI, lequel était le gendre de CLEMENTE PAOLI.
FRANCESCO MARIA ACCINELLI (voir 1731), dans sa Storia Veridica Della Corsica, fait une très brève mention de la mort de SAMPIERU CORSU, en citant FILIPPO CASONI (voir 1708).
ANTONIU BONACCORSI, docteur en droit civil et canonique, est chanoine de la collégiale de Calinzana.
Dans le Capicorsu, la population se répartit ainsi: Barrettali, 4072 habitants, Brandu, ?, Cagnanu, 386, Canari, 551, Centuri, 600, Ersa, 236, Luri, 995, Meria, 364, Morsiglia, 533, Nonza, 279, Ogliastru, 148, Olcani, 157, Olmeta, 259, A Petra Curbara, 624, Pinu, 310, Ruglianu, 1398, Siscu, 717 et Tominu, 501. Il y a 13 couvents et 154 moines. On compte également : 1111 ânes, 237 bœufs, 224 chevaux, 5264 chèvres, 1828 moutons, 13 mulets et 354 vaches.
Aiacciu compte 3907 habitants, Bastia, 5286.
La Corse compte entre 117000 et 126000 habitants.



1771:

ETIENNE POGGI est podestat de Bastia.
29 Janvier: Des bandits attaquent et dévalisent des soldats français en déplacement.
21 Février: La filiation de la famille Baciocchi, d'Aiacciu, est établie par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse depuisTOMASU BACIOCCHI (voir 1557).
22 Février: La filiation de la famille de MATTEU de BUTTAFUOCO, de U Viscuvatu, est établie par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse depuisPAULU BUTTAFUOCO (voir 1674).
Février: CARLU BUONAPARTE est nommé, parVersailles, assesseur de la juridiction royale d'Aiacciu , avec un traitement de 900 livres par an.
23 Mars: La Franc Maçonnerie est implantée en Corse par les militaires du Régiment de Guyenne qui constituent à Bastia la loge Saint Louis.
1er Avril: Le Comte de MARBEUF ordonne de brûler les maquis où se cachent des bandits.
Le pape CLEMENT XIV fait don à MATTEU FRANCESCU GUASCO, l'évêque du Nebbiu de la relique de SAINT FLORENT (voir 484), qui l'amène en Corse et qui est conduite de Biguglia à San Fiurenzu, où elle est installée dans la cathédrale du Nebbiu, Santa Maria di l'Assunzione.
9 Avril: PETRU PAULU CUNEO d'ORNANO et sa famille d'Aiacciu, sont reconnus nobles par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse, établissant la filiation depuis FRANCESCO CUNEO (voir 1585).
13 Avril: La branche de la famille d'Ornano d'Aiacciu, issue d'ALFONSU d'ORNANU, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
20 Avril: Le gouvernement menace de châtier toute personne qui donnerait du secours aux bandits, tiendrait des propos séditieux ou correspondrait avec des exilés.
27 Avril: Un arrêt du Conseil Supérieur de la Corse établit la filiation de la famille d'Angelis, de Nonza, depuis ANTONIETTU d'ANGELIS vivant au XVIe siècle.
6 Mai: Edit de Mai: Le Marquis de MONTEYNARD, secrétaire d'état à la guerre, présente au Chancelier RENE NICOLAS de MAUPEOU un projet administratif pour la Corse, qui devient l'Edit de Mai. C'est une profonde reforme municipale réglementant la nouvelle organisation des communautés de Corse. Il vise, entre autres, à donner au seulPodestat et à deux Padri di U Cumunu, élus pour deux ans par l'assemblée de la communauté, la charge de l'administration communale. Des Inspecteurs de Province sont créés qui représentent l'intendant dans chaque province de Corse. Les provinces sont, désormais, au nombre de 10: Bastia (13 pièves), le Nebbiu, le Capicorsu, Aleria, Corti (8 pièves), Calvi, la Balagna, Vicu, Aiacciu et Sarté-Bunifaziu.
L'intendant DANIEL MARC ANTOINE CHARDON est rappelé àParis. Un conseiller à la cour des comptes le remplace, BARTHELEMY COLLA de PRADINES, qui va devoir mettre sur pied les mesures de l'Edit de Mai, et organiser les élections.
12 Mai: Le gouvernement ordonne que les podestats doivent avertir de la conduite des bandits et des habitants, les commandants des postes voisins, spécifier l'endroit où paissent les troupeaux et le nom de leurs propriétaires. Il est interdit aux bergers d'allumer des feux sur les hauteurs et faire de faire des signaux lorsqu'ils découvrent des gens armés.
Le couvent du Boziu est ratissé.
30 Mai: A Aiacciu, naissance deLUIGGIA ANTONINI, future aventurière corse.
Juin: Toute une série d'articles de lois, d'ordonnances royales, d'arrêts du Conseil d'Etat, vont faire suite à l'Edit de Mai. Une Police des Campagnes est crée, qui contrôle jusqu'au nombre de châtaigniers à planter en dehors des zones de culture.
4 Juin: GHJUVAN QUILICU de CASABIANCA, avec sa famille de U Viscuvatu et Bastia, est reconnu noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
22 Juin: Après la fusion de deux pièves (Opinu et Serra), et la création de celles deSan Fiurenzu, de Vighjanu et de Peri, laCorse compte soixante six pièves.
22 Juin: La plantation de châtaigniers dans les terrains susceptibles d'être ensemencés en blé ou en prairies, ou plantés de vignes ou d'oliviers est interdite, sous peine d'amende, voire de prison.
L'ancienne colonie grecque de Paomia (voir 1676), exilée à Aiacciu où elle est très mal installée, souhaite récupérer ses terres. Son chef,GIORGIO MARIA STEPHANOPOLI, Il Capitan Giorgio demande au Marquis de MONTEYNARD, secrétaire d'état à la guerre, de lui permettre d'installer ses 120 familles à Carghjese. Le Comte de MARBEUF favorise cette requête, et elle est acceptée par le Marquis de MONTEYNARD.
24 Juin: Le gouvernement prescrit de pendre, sans aucune forme de procès, les partisans de PASQUALE PAOLI.
1er Juillet: Dans le compte rendu financier de laCorse, les recettes représentent 616487 livres et les dépenses 357083 livres. Le plus gros chiffre des dépenses est constitué par le traitement des fonctionnaires.
12 Juillet: La famille Cardi de Sansonetti, de Bastia, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
21 Juillet: A Aiacciu, dans la cathédrale, baptême de NABULIU BUONAPARTE, en même temps que sa sœur MARIANNA. Son parrain aurait du être, à la demande de CARLU BUONAPARTE, le Comte de MARBEUF, mais celui-ci n'ayant pu se libérer, c'est LURENZU GIUBEGA, de Calvi, qui le remplace.
Août: L'intendant DANIEL MARC ANTOINE CHARDON quitte la Corse. Il n'y laisse que des mauvais souvenirs.
MARS ACQUAVIVA, avec une poignée d'hommes, dont le bandit TAGLIACAPO, débarque dans le Capicorsu en provenance de Livourne. Pour survivre, il commet crimes et pillages.
2 Août: Un édit interdit désormais la plantation des châtaigniers dans l'Ile.
8 Août: La famille da Ponte, d'Aiacciu, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
20 Août: Déclaration royale qui punit d'une amende de 50 à 100 livres, et en cas de récidive, du carcan et des galères, quiconque possède un stylet ou couteau pointu.
13 Septembre: CARLU BUONAPARTE, avec sa famille d'Aiacciu, est déclaré de noblesse prouvée au-delà de 200 ans (depuis FRANCESCU et GABRIELE) par le Conseil Supérieur de la Corse.
23 Septembre: GHJACUMU PETRU ABBATUCCI est breveté lieutenant-colonel d'infanterie.
24 Septembre: CARLU BUONAPARTE est élu député de la Noblesse de la province d'Aiacciu, au détriment de son concurrent FOZZANI, après l'intervention du Comte de MARBEUF.
22 Octobre: Ordonnance royale précisant que les territoires de Paomia, Salogna et Regonda, cédés aux grecs par les Génois en 1676, sont désormais rattachés au domaine de la couronne.
Le nouvel intendant BARTHELEMY COLLA de PRADINES prend ses fonctions en Corse. Il est logé, à Aiacciu, chez CARLU BUONAPARTE.
28 Octobre: Un détachement français se rendant à Aiacciu tombe dans une embuscade à la bouche des Agriates. Des officiers et des soldats sont tués, d'autres sont faits prisonniers. Les Corses demandent une rançon de 6000 Louis pour les libérer.
23 Novembre: Ordre est donné d'organiser de nouvelles élections sur l'Ile.
3 Décembre: La famille Morelli, de Bastia, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse, établissant ainsi la filiation depuis MORELLO MORELLI (voir 1570).
13 Décembre: La famille Rossi, d'Aiacciu, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse, établissant ainsi la filiation depuis LAZARU ROSSI.
A A Venzulà, le jour de la Santa Lucia, un festin pantagruélique (pas moins de 45 plats) est donné, par l'abbé PAOLI, auquel participe Monsieur de GRANDVAL, officier au Régiment du Berry, et le pievanu VITERBI, recteur de A Penta.
24 Décembre: Nouveau tarif douanier applicable en Corse. Il se veut favorable aux insulaires, en recherchant à favoriser l'exportation des produits locaux.
La Légion Corse (voir 1769), tient garnison à Montauban.
Les familles Pianelli et Zerbi sont reconnues nobles par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
Tout fabriquant, vendeur ou détenteur de stylet sera puni d'une amende de cinquante à cent lires.
LUCIANU BUONAPARTE (voir 1759) est archidiacre de la cathédrale d'Aiacciu.
Les ingénieurs proposés au Plan Terrier commencent par la province du Capicorsu.
A Bastia, parution en un petit in-folio, du procès verbal de l'Assemblée des Etats de Corse, qui s'est tenue en Septembre 1770.
Décès du curé deGuagnu, DUMENICU LECA (Circinellu), dont le cadavre est retrouvé au fond d'une grotte (à Santu Saridi di Fiumorbu). Il serrait dans une main l'arme de son sacerdoce, et dans l'autre celle de son combat: un crucifix et un stylet.
A Zicavu, naissance de GHJUVANNI CARLU ABBATUCCI, fils de GHJACUMU PETRU.
A Spiluncatu, le chanoine ANTONIU ABRAINI est nommé prévôt de l'église collégiale Santa Maria.
A Bastia, naissance de SEBASTIANU de CARAFFA, fils de GHJUVAN BATTISTA (voir 1769).
GHJUVAN SEBASTIANU BUTTAFUOCO est nommé sous-aide major au Régiment Provincial Corse.
ANTONIU FRANCESCU de ROSSI (voir 1745), est lieutenant-colonel à la Légion Corse.
PASQUALE de BONAVITA, jeune Capicorsinu, marin du pape, navigue vers le Brésil sur une goélette armée pour le compte du Roi de France. Il y obtiendra ses lettres deCorsaire du Roi.
BONAVENTURA BENEDETTI (dit Venturone), capture le Colonel de VIRIEU, Chevalier de Malte, en visite en Corse. Sur les conseils de sa victime, il se rend aux Français, à Aiacciu, où il est condamné à être déporté en Amérique, à la grande colère des Corses.
Début de la construction de la tour de A Pasciola, à Vivariu.
Un gisement d'antimoine est découvert près du village de Granaghjolu (Ersa).
Publication, à Paris, chez Hérissant le fils et Demonville, des Tomes 1 et 2 de l'Histoire des Révolutions de Corse depuis ses premiers habitants jusqu'à nos jours, par l'abbéde GERMANES, vicaire général de Rennes.
Publication anonyme, à Paris, chez Vincent, des Anecdotes des Républiques. Une première partie comprend Gênes et la Corse. On y trouve une relation fantaisiste de la mort de SAMPIERU CORSU.
Publication, à Florence de la deuxième partie de l'œuvre Istoria del Regno di Corsica, de l'abbé florentin GIOVACCHINO CAMBIAGI.
Edition d'une carte de la Corse de GASPERO PECCHIONI, graveur italien.
La population de l'Ile est de 118942 habitants.



1772:
ETIENNE POGGI est podestat de Bastia.
14 Janvier: La famille de Rocca Serra, de A Sarra di Scupamena, Quenza, Sarté, Porti Vechju, Santa Lucia et Livia, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse, établissant la filiation depuis GHJUVAN PAULU di ROCCA SERRA.
24 Janvier: La famille de Varese, de Bastia, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse sur preuves de 1581.
18 Février: La famille Bustoro, de Bastia, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
La famille Morati, de Muratu, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse, établissant la filiation depuis LURENZU MORATI (voir 1556).
21 Février: La famille Colonna-Ceccaldi, de Calvi, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse, établissant la filiation depuis MARCANTONIU CECCALDI.
Mars: A la veille de la prochaine Assemblée des Etats de Corse, le Roi donne une nouvelle promotion de nobles corses. Parmi elles, aucune famille de Corti. Conformément à l'édit d'Avril 1770, 44 familles corses ont été déclarées nobles depuis cette date.
A Favone, des paysans, excédés par les pillages, manquent de faire tuer ANGHJULU MARIA BONELLI, dit Zampaglinu di Bucugnà.
A Ota, mort dans une embuscade, de SEBBIU ACQUAVIVA, dit Marzu di Niolu.
12 Mars: La branche de la famille d'Ornano, de Santa Maria Siché, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse, établissant la filiation depuis le capitaine ANTON FRANCESCU d'ORNANU.
La famille Susini, de Sarté, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
17 Mars: Une branche de la famille Colonna de Cesari Rocca, de Porti Vechju, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
23 Mars: Le Régiment Royal Corse, du colonel MATTEU de BUTTAFUOCO devient le noyau du Régiment Provincial de l'île de Corse, dont FRANCESCU de GAFFORI est colonel.
Avril: Création d'un tribunal civil à La Porta d'Ampugnani, ce qui porte à 11 leur nombre dans l'Ile (voir 1770).
FRANCESCU de GAFFORI rentre en Corse, où il prend le commandement du Régiment Provincial de l'île de Corse.
2 Avril: La famille Massei, de Siscu, est reconnue noble, par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse, établissant la filiation depuis MARCANGHJELU SANTU MASSEI (voir 1588).
10 Avril: La famille Frediani, de A Penta di Casinca, est reconnue noble, par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
27 Avril: LUIGGI BELGODERE de BAGNAJA, et sa famille de Bastia, sont reconnus nobles, en établissant la filiation depuis le capitaine PETRU di BELGUDE (voir 1577), et la familleCasabianca est confirmée noble par arrêts du Conseil Supérieur de la Corse.
La famille Poggi, de Bastia, originaire de San Martinu di Lota, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse, établissant la filiation depuis le capitaine GHJACUMU SANTU POGGI (voir 1596).
La famille de Rocca Serra, de A Sarra di Scupamena, Quenza, Sarté, Porti Vechju, Santa Lucia et Livia, est confirmée noble par un nouvel arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
28 Avril: La famille de Peretti della Rocca, de Livia, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse, établissant la filiation depuis NAPOLEONE di LIVIA.
1er Mai: A Bastia, en l'église de La Cuncezzione, ouverture de la Deuxième Assemblée des Etats de Corse. Elle doit se considérer comme permanente jusqu'au mois de Novembre. Elle comprend 35 membres immuables, tous religieux, et 69 élus par les provinces (23 ecclésiastiques, 23 nobles ou notables et 23 du tiers état). GHJACUMU PETRU ABBATUCCI et le Duttore CARLU GRIMALDI d'ESDRA sont membres de la commission des Nobili Dodeci (8 pour le Diquà et 4 pour le Dilà), lesquels veillent au bon usage des finances publiques et à l'application des lois civiles et criminelles. Après la messe traditionnelle, les questions protocolaires et les prestations de serment occupent cette première journée.
Le chanoine ANTONIU ABRAINI (voir 1771), est député du Clergé aux Etats de Corse.
GHJUSEPPU DAMIANU GIUBEGA, de Calvi, est député de la Noblesse de Balagna aux Etats de Corse.
ANTONIU FELICE MASSEI, de Bastia, est député de la Noblesse de Bastia aux Etats de Corse.
LURENZU GIUBEGA est détenteur de la charge de Greffier en Chef aux Etats de Corse.
MATTEU FRANCESCU GUASCO, l'évêque du Nebbiu, est élu député du Clergé de Corse à la Cour de Versailles.
2 Mai: Deuxième séance de l'Assemblée des Etats de Corse: Les commissaires du Roi, le Comte de MARBEUF, président de l'Assemblée, et l'intendant BARTHELEMY COLLA de PRADINES annoncent que la Subvention, fixée à 120000 livres lors de la première Assemblée des Etats de Corse (voir 1770), est portée à 180000 livres pour cette année. De plus les Corses devront payer 64000 livres pour le logement des troupes du Roi en Corse. L'Assemblée, par la voix de son évêque, BENEDETTO ANDREA DORIA, l'évêque d'Aiacciu, fait appel, en vain, à la générosité du Roi pour alléger ses charges.
La famille Susini, de Sarté, est à nouveau reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
5 Mai: Quatrième séance de l'Assemblée des Etats de Corse: On y demande que la Corse soit érigée en grand gouvernement, et que le Secrétaire d'Etat de la Guerre, le Marquis de MONTEYNARD, en soit nommé Gouverneur Protecteur. Accord du Roi.
La famille Corsi, de Talasani, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
8 Mai: Suite de l'Assemblée des Etats de Corse: Lors de cette séance, on traite de l'administration ecclésiastique et de la question de la Subvention.
La famille Caraccioli, de Morsiglia, originaire de Naples, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
9 Mai: Suite de l'Assemblée des Etats de Corse: Lors de cette séance, on traite de l'instruction publique. Les commissaires du Roi annoncent le rétablissement de l'Università di Corti, avec quatre facultés ( Théologie, Droit, Médecine et Art), et la création de quatre collèges ( Bastia, Aiacciu, Cervioni et Balagna), avec des internats à Bastia et Aiacciu.
10 Mai: La famille Durazzo Fozzani, dont GHJUVAN PAULU DURAZZO FOZZANI, fils de DURAZZU di FUZZA (voir 1716), et dix autres de ses parents (ANTONIU GHJUSEPPU, ANTONIU FRANCESCU, ETIENNE …), est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
10 au 14 Mai: Suite de l'Assemblée des Etats de Corse: On y débat, entre autre, du logement des troupes royales, des honoraires notariaux et de la libération des captifs corses d'Alger et de Tunis.
12 Mai: La famille Leca, de Montemaio, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
15 Mai: Suite de l'Assemblée des Etats de Corse: Lors de cette séance, on traite à nouveau de l'administration ecclésiastique et de la question de la Subvention.
18 Mai: Suite de l'Assemblée des Etats de Corse: Election des Nobili Dodeci (parmi lesquels CARLU BUONAPARTE, député de la Noblesse, et GHJACUMU PETRU ABBATUCCI).
19 Mai: Suite de l'Assemblée des Etats de Corse: Les commissaires du Roi annoncent la création de Juntes et de Tribunaux Correctionnels: quatre juridictions inquisitoriales, installées à Castifau (Caccia), Orezza, Guagnu (puis Mezzana) et Quenza (puis Taddà). Elles sont composées de six commissaires corses choisis par les représentants de la Nazione. Leur fonction est principalement de remplir un rôle de paceri afin de prévenir les querelles et de fixer les conditions du retour des exilés paolistes dans leur communes. Mais elles sont plutôt chargées d'une justice expéditive et sans recours. Cette mesure, avec d'autres, est l'objet de violentes critiques de la part des autorités corses. Le Roi ne cédera pas.
20 Mai: Dernière séance de la première partie de l'Assemblée des Etats de Corse: Les députés se séparent sans avoir désigné les trois d'entre eux qui doivent se rendre à Paris faire déférence envers le Roi, cette démarche étant jugée par eux trop onéreuse au vu des charges de la Corse (19 députés du Tiers sur 23 et 8 de la Noblesse refusent d'être députés à Versailles). Le Roi s'en offusque, et ordonne la tenue d'une nouvelle Assemblée pour régler cette question.
Le Comte de NARBONNE est à Bastia, où il remplace le Comte de MARBEUF, parti à Paris afin de recevoir des instructions lui permettant de calmer les esprits.
21 Mai: FRANCESCU ANTONIU COLONNA-ANFRIANI, fils de GHJUVANNI IERONIMU (voir 1755), est reconnu noble français par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
22 Mai: La famille de Mari est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
Les familles Ortoli, d'Ulmiccia, et Pietri, de Sarté, sont reconnues nobles par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
5 Juin: La famille de Rocca Serra, de A Sarra di Scupamena, Quenza, Sarté, Porti Vechju, Santa Lucia et Livia, est à nouveau reconnue noble par un nouvel arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
13 Juin: Un ecclésiastique note dans son journal qu'on a pu voir jusqu'à cents bandits vers le pont du Golu, à Lagu Benedettu.
15 Juillet: A Bastia, nouvelle session de l'Assemblée des Etats de Corse. Elle se tient dans l'église San Roccu. Trois députés sont désignés pour se rendre à Versailles. Ils apporteront à LOUIS XV, non pas un cahier de doléances, mais le procès verbal des délibérations.
Août: Edit Royal établissant une prévôté de quatre juntes. (voir 19 Mai). Ce sont les podestats qui ont le devoir de dénoncer aux juntes tous les Malviventi de leur communauté. Une maréchaussée, composée d'un prévôt général, de deux officiers et de dix-sept sous-officiers et cavaliers est établie à Bastia.
4 Août: Le Secrétaire d'Etat de la guerre, le Marquis de MONTEYNARD, est nommé Gouverneur Protecteur de la Corse, mais il n'y réside pas.
15 Août: Ordonnance Royale concernant le traitement des fugitifs de vindette.
17 Août: PAULU VINCENZU COLONNA d'ISTRIA est formellement reconnu pour parent par le prince LAURENT COLONNA, grand connétable du Royaume de Naples.
OTTAVIU COLONNA d'ISTRIA est nommé capitaine au Régiment Provincial de l'île de Corse.
Lettres Patentes du Comte de Cinarca à OTTAVIU COLONNA d'ISTRIA confirmant la filiation depuis UGO COLONNA.
CARLU ANTONIU QUESTA (voir 1770), est sous-lieutenant au Régiment Royal Corse.
15 et 16 Novembre: A Bastia, nouvelle et dernière session de l'Assemblée des Etats de Corse. Le Comte de MARBEUF est de retour de Versailles, avec les trois députés corses. Il préside l'Assemblée. On donne le règlement définitif, en une vingtaine d'articles, et on fixe la composition des futures Assemblées des Etats de Corse.
GHJACUMU PETRU ABBATUCCI est attaché au Régiment Provincial de l'île de Corse.
Un Edit Royal précise le fonctionnement et les attributions des juntes et tribunaux correctionnels, ainsi que de la maréchaussée et de la prévôté.
Parution d'une Ordonnance du Roy sur la matière des bois et forêts de l'Isle de Corse.
La famille Pietri, du Capicorsu, est reconnue noble par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
Les familles Anfriani, Benielli, Costa, Dangelo, Folacci, Fozzani, Morlas et Santini sont reconnues nobles par arrêt du Conseil Supérieur de la Corse.
L'avocat GHJACUMU MARIA da PONTE, d'Aiacciu, est nommé Juge Royal à Vicu.
Le mécontentement grandit devant l'établissement des quatre juntes. La grogne s'installe, puis les récriminations, les protestations, et éclatent enfin les actes de résistance ou de rébellion.
Le nombre de bandits armés grandit. Ils tendent des embuscades aux troupes françaises. Vingt d'entre eux, du côté de Bastèrga, font prisonniers le commandant d'ORNANO, à la tête de trente grenadiers français.
ANGELO ODARDO STEFANINI, l'évêque de Sagone, devient évêque de Mariana-Accia. Il succède à DOMINICO MARIA SAPORITO, décédé (voir 1747).
Les récoltes, de blé notamment, sont très mauvaises en cette année.
Les Génois restés en Corse réclament la restitution des biens confisqués par PASQUALE PAOLI. Le Comte de MARBEUF leur donne satisfaction: les frères Doria rentrent en possession de leurs fiefs du Capicorsu et de leur seigneurie de San Columbanu, et les Spinola retrouvent leur maison de Bastia.
Publication, à Florence de la troisième et quatrième partie de l'œuvre Istoria del Regno di Corsica, de l'abbé florentin GIOVACCHINO CAMBIAGI.
Début de la construction des tours de Bucugnà, Vizzavona et Vivariu, ordonnée par LOUIS XV, pour abriter la garnison.
A A Porta d'Ampugnani, naissance de ORAZIU FRANCESCU SEBASTIANI, futur Comte d'Empire.
A Calacuccia, fin de la vindetta (voir 1767). Elle aura provoqué 36 morts.
A Corti, la garnison française transforme quelques terres incultes en jardins.
A Aiacciu, la Confrérie de San Roccu (voir 1600) compte 800 matelots.



1773:

ETIENNE POGGI est podestat de Bastia.
8 Mars: MATTEU FRANCESCU GUASCO, l'évêque du Nebbiu, devient évêque de Sagone et FRANCESCO CITTADELLA est nommé évêque du Nebbiu.
Juin: Le subdélégué de Calvi, le juge royal DUVAL, se plaint de la difficile rentrée des impôts. De nombreux Corses ne peuvent payer les deux premiers quarts provisionnels de la Subvention (voir 1770), sans compter le rappel des années échues.
6 Juin: L'écrivain anglais JAMES BEATTIE, dans son Journal de Londres, décrit sa rencontre à Londres avec PASQUALE PAOLI.
1er Juillet: Un recensement des Grecs à Aiacciu donne 150 familles pour un total de 428 personnes. Leurs représentants, parmi lesquels GIORGIO MARIA STEPHANOPOLI, reprennent contact avec l'intendant BARTHELEMY COLLA de PRADINES, afin de récupérer leurs terres de Paomia (voir 1771).
Août: Elections des officiers municipaux (pudesti, Padri di U Cumunu, greffiers et huissiers), en application l'Edit de Mai (voir 1771).
L'ensemble des pièves désigne par ailleurs trois députés (un par ordre) qui siègeront à l'Assemblée des Provinces. De plus, les pièves doivent, au cours de deux jours de session, choisir leurs membres appelés à siéger à l'Assemblée des Etats de Corse.
L'Assemblée Provinciale de Sarté-Bunifaziu, qui compte 2236 feux, a droit à six députés (un député de chaque ordre par millier de feux): deux du Clergé (FRANCESCU ANTONIU QUILICI, piuvanu de Porti Vechju, et MARINU MELA, piuvanu de Bunifaziu, deux de la Noblesse, et deux du Tiers Etat.
GHJACUMU PETRU ABBATUCCI est lieutenant colonel du Régiment Provincial de l'île de Corse.
25 Septembre: Le Comte de MARBEUF accorde aux Grecs d'Aiacciu (voir 1771), l'autorisation de construire 120 maisons sur le site de Carghjese, près dePaomia, comprenant les territoires de Paomia, Revinda, Salogna et L'Ombriccia di Peru.
Octobre: On dénombre à ce jour 150 prisonniers corses qui sont enfermés dans le Fort Lamalgue, à Toulon.
8 Novembre: A Bastia, en l'église de La Cuncezzione, ouverture de la Troisième Assemblée des Etats de Corse. Elle comprend 69 députés, 23 pour chaque ordre (dont GHJUVANNI AGOSTINU PIETRI, PETRU PAULU COLONNA de CESARI ROCCA, fils deROCCU FRANCESCU, FILIPPU FILIPPI et GHJUVANNI BATTISTA ROCCASERRA. Les commissaires du Roi sont toujours le Comte de MARBEUF, président de l'Assemblée, et l'Intendant BARTHELEMY COLLA de PRADINES. La grande préoccupation des parlementaires corses est toujours le montant et la répartition de la Contribution, c'est à dire de la masse fiscale. Un aménagement est consenti par les commissaires. Il est formé un Comité de 23 membres, afin de concilier les intérêts du Roi et eux de la Nation. On choisit les 16 commissaires des juntes, et on élit les Nobili Dodeci parmi lesquels PETRU PAULU COLONNA de CESARI ROCCA et GHJACUMU PETRU ABBATUCCI.
25 au 27 Novembre: Ces trois séances de l'Assemblée des Etats de Corse sont, en partie, consacrées à l'instruction civique, avec le rétablissement de l'Università di Corti (avec quatre facultés:Théologie, Droit, Médecine et Arts), et l'ouverture de quatre collèges (